Relation entre les puissances
COURS - LES RELATIONS ENTRE LES PUISSANCES ET LES MODÈLES POLITIQUES DEPUIS LES ANNÉES 1980
A. Introduction
Dès 1975, la confrontation bipolaire entre les États-Unis et l’URSS connaît une intensification dans le cadre de la "guerre fraîche" (1975-1985). Pendant cette période, les États-Unis sous la présidence de Jimmy Carter font face à un recul diplomatique que l’URSS de Léonid Brejnev exploite pour démontrer sa supériorité. Cette phase est marquée par le retour d'une menace nucléaire avec la crise des euromissiles. Cependant, l’arrivée de Mikhaïl Gorbatchev en 1985 marque un tournant critique dans les relations internationales, amorçant la fin de la logique bipolaire et un passage vers un nouvel équilibre international en gestation, plus multipolaire. Anciennement, les relations internationales ont mis en avant les rivalités et les affrontements aux enjeux transfrontaliers dans ce monde multipolaire qui émerge.
B. L’achèvement de la guerre froide
1. Les derniers sursauts de la guerre froide
En 1981, Ronald Reagan accède à la présidence des États-Unis. Suivant son programme "Make America Great Again!", il adopte une posture ferme contre l'URSS, qualifiée d’"empire du mal". Sa doctrine conduit à soutenir des dictatures et des mouvements anti-communistes comme ceux au Nicaragua et en Afghanistan. L’année 1983 voit le lancement d’une course aux armements sous l’Initiative de Défense Stratégique (IDS) qu’il nomme "guerre des étoiles". L’objectif est de pousser l’URSS dans une course aux armements insoutenable. En même temps, des missiles américains Pershing II sont déployés en Europe dans le cadre de l'OTAN pour faire face aux missiles SS.20 soviétiques, rétablissant l'équilibre dans la crise des euromissiles.
2. L’Union soviétique à bout de souffle
À la fin de l’ère Brejnev en 1982, l’économie soviétique s’essouffle. Les dépenses militaires atteignent 16 % du PIB, causant des pénuries et un désir accru de liberté parmi la population. Gorbatchev, en accédant au pouvoir en mars 1985, propose des réformes nécessaires pour sauver le socialisme, telles que la perestroïka (restructuration) et la glasnost (transparence). La perestroïka vise à donner plus de liberté aux entreprises et aux paysans, mais les résultats sont décevants en raison du manque de capitaux. La glasnost, en revanche, permet une certaine démocratisation de la société soviétique, comme le montre la levée partielle de la censure. En décembre 1987, Gorbatchev signe à Washington un traité sur le désarmement avec les États-Unis, éliminant les missiles nucléaires en Europe.
3. La fin du bloc soviétique et de la guerre froide
Depuis les années 1980, des mouvements d'opposition à la domination soviétique émergent dans les démocraties populaires, en particulier en Pologne avec le syndicat Solidarnosc mené par Lech Walesa. La Hongrie et la Pologne organisent des élections libres en mai-juin 1989. Le Mur de Berlin est ouvert le 9 novembre 1989, entraînant la réunification allemande. Après un coup d’État en Roumanie, le bloc soviétique s’effondre, et plusieurs pays Baltes et républiques soviétiques proclament leur indépendance. Ce processus s'accélère avec l’élection de Boris Eltsine comme président de la Russie en juin 1991, conduisant à la dissolution officielle de l’URSS en décembre 1991.
II. DE LA FIN DU MONDE BIPOLAIRE AU NOUVEL ORDRE MONDIAL (1980-1995)
A. Une recomposition géopolitique en marche
1. La poursuite de la construction européenne
Au début des années 1980, la CEE accueille la Grèce en 1981 et l'Espagne et le Portugal en 1986. En 1986, la CEE devient un acteur majeur, représentant 15 % du commerce mondial. Plusieurs projets tels qu'Eurêka et Erasmus émergent, tandis que l'Acte unique européen de 1986 prépare la réalisation d'un marché unique.
2. Le Moyen-Orient et l’Afrique : cœur des revendications nationalistes
Les conflits se multiplient, touchant l'Iran et l'Irak, ainsi que le conflit israélo-palestinien. En Afrique, l’entraide de l’OUA est mise à l'épreuve par des conflits internes. Le colonel Kadhafi tente d'étendre son influence, tandis que les mouvements nationalistes prennent de l’ampleur.
3. La Chine et le Japon : le réveil de l’Asie
Le Japon, en tant que deuxième puissance économique mondiale, connaît une forte croissance. Pendant ce temps, la Chine, sous l'initiative des "Quatre Modernisations" de Deng Xiaoping, commence à s'ouvrir sur le plan économique. Cela stimule ses relations avec les États-Unis et l'Europe, bien que la répression de Tian’anmen pose une ombre sur son image.
B. Le monde de l’après-guerre froide (1980-1995) : vers un nouvel ordre mondial ?
1. La crise du Golfe et un nouvel ordre onusien
L’invasion du Koweït par l’Irak en août 1990 mène à une intervention militaire de la coalition sous commandement américain, qui libère le pays ; cette guerre marque un tournant pour le rôle de l'ONU dans le maintien de la paix mondiale.
2. Les espoirs de paix déçus
Le soi-disant "nouvel ordre mondial" s’accompagne d’un retour à des conflits ethniques et religieux, notamment en Yougoslavie, où la guerre éclate suite à l’effondrement du régime communiste. L’ONU et la CEE effectuent des interventions insuffisantes dans ce contexte chaotique.
III. UN NOUVEAU DÉSORDRE MONDIAL (1995-2008)
A. La pax americana en question
A ce stade, les États-Unis sont dénoncés pour leur interventionnisme, et la menace du terrorisme, exacerbée par des événements comme les attentats du 11 septembre, remet en question leur hégémonie.
B. Des États en quête de puissance
La compétition entre puissances est toujours présente, avec des conflits d'intérêts en Asie mais également en Europe, où la dynamique du couple franco-allemand demeure cruciale.
IV. UN MONDE MULTIPOLAIRE ENTRE FRAGMENTATIONS ET RIVALITÉS (DEPUIS 2008)
A. Le maintien du risque nucléaire
La prolifération nucléaire incarne une menace mondiale croissante avec des cas préoccupants comme la Corée du Nord et l’Iran, qui cherchent à étendre leur capacité nucléaire, suscitant peur et tensions globales.
B. Du printemps arabe à Daesh
Les révolutions du Printemps arabe de 2011 ouvrent la voie à des guerres civiles, notamment en Syrie, tandis que Daesh s'installe comme acteur majeur de la violence et du terrorisme à l'international.
C. Un monde fragmenté et incertain
La décennie 2010 observe une fragmentation croissante des puissances, où des pays d'Afrique et du Moyen-Orient sont en lutte contre le terrorisme et les crises humanitaires. La rivalité entre États-Unis, Chine et Russie souligne des tensions persistantes entre blocs dans le nouveau paysage global.
CONCLUSION
La répartition des puissances dans le monde actuel se caractérise par des rivalités multiples et un déséquilibre croissant, marqués par des conflits encore non résolus aux conséquences humaines tragiques. Les affaires étrangères des États-Unis oscillent entre unilatéralisme et multilatéralisme, tandis que les aspirations de la Russie et de la Chine compliquent ce paysage géopolitique de façon inédite. Dans cet environnement, la coopération multilatérale semble essentielle pour faire face aux défis globaux croissants comme le climat, la guerre et les inégalités.