Cours de Terminale SES : Sources et Défis de la Croissance Économique
Introduction : Qu'est-ce que la croissance économique ?
Définition générale : La croissance économique est l'augmentation soutenue, sur une période de longue durée, des quantités de biens et de services produites par une nation. Elle est mesurée par l'évolution du Produit Intérieur Brut (PIB).
Mesure de la croissance : Elle se calcule via le taux de variation du PIB en volume (ou PIB réel) d’une période à l’autre, exprimé en pourcentage. * Exemple : Une croissance de signifie que le PIB en volume a augmenté de par rapport à l'année précédente.
Notions clés sur le PIB : * Définition du PIB : Indicateur mesurant la production réalisée par les organisations productives résidentes sur un territoire donné au cours d'une année. Il est calculé par la somme des valeurs ajoutées (). * Calcul de la Valeur Ajoutée (VA) : . * Distinction Valeur vs Volume : Pour mesurer la croissance réelle, il faut "déflater" le PIB nominal (en valeur) pour éliminer l'effet de l'inflation. Si la production passe de à mais que les prix ont augmenté de , la croissance réelle est nulle.
Croissance vs Expansion : * Croissance : Augmentation de la production sur le long terme. * Expansion : Augmentation de la production sur le court terme (ex: un trimestre). * Stagnation : Production qui ne progresse plus. * Récession / Dépression : Taux de croissance du PIB négatif.
Limites qualitatives : La croissance est une mesure strictement quantitative. Elle ne renseigne pas sur l'accès à la santé, à l'éducation, le bien-être ou les inégalités. On distingue alors la croissance du développement.
Perspective historique : La croissance est un phénomène récent qui débute avec la Révolution Industrielle (milieu XVIIIe - début XIXe siècle) marquée par le passage aux formes modernes de production (machines, usines, salariat).
I/ Quelles sont les sources de la croissance économique ?
La croissance repose sur deux leviers principaux : l'augmentation des quantités de facteurs de production (croissance extensive) et l'amélioration de leur efficacité (croissance intensive).
A/ L'augmentation des quantités de facteurs de production (Croissance extensive)
Les facteurs de production : Moyens mis en œuvre dans le processus productif. * Le Travail () : Activités humaines contribuant à la production de biens et services. * Le Capital () : Ensemble des moyens de production durables (machines, outils, bâtiments). On parle de capital fixe (utilisé plus d'un an). Les consommations intermédiaires (détruites en moins d'un an) ne sont pas considérées comme du capital au sens strict. * Exemple (Pizzeria) : Travail = pizzaïolos et livreurs ; Capital = locaux, fours, ustensiles ; Consommations intermédiaires = farine, sauce tomate.
La combinaison productive : Proportion de capital et de travail associée par une entreprise pour produire.
Limites de l'explication par le travail : Au XXe siècle, bien que la population active (nombre d'actifs) ait augmenté, le volume total d'heures travaillées a diminué (congés payés, retraite, réduction du temps de travail hebdomadaire). L'augmentation de la quantité de travail n'explique donc pas la croissance à elle seule.
Le rôle du Capital et de l'Investissement : * Investissement (Flux) : Dépense visant à maintenir ou augmenter le stock de capital. * Stock de Capital : Ce qui est détenu à un moment donné. * Types d'investissements : Investissement de capacité (produire plus), investissement de remplacement (remplacer le matériel usé). * Effets sur la croissance : * À court terme : Stimule la demande globale (). * À moyen/long terme : Augmente les capacités de production (effet sur l'offre). * Constat : L'intensité capitalistique (volume de capital par travailleur) a augmenté au XXe siècle, mais cela n'explique que très partiellement la croissance.
B/ Le rôle du progrès technique et de la Productivité Globale des Facteurs (Croissance intensive)
La Productivité Globale des Facteurs (PGF) : Mesure l'efficacité de la combinaison productive. Elle correspond au rapport entre la production et l'ensemble des facteurs utilisés. *
Le Progrès Technique (PT) : Ensemble des améliorations apportées aux produits et aux façons de produire. Il permet d'obtenir plus de production avec la même quantité de facteurs.
Données empiriques (Exemples) : * Allemagne (1995-2014) : Croissance du PIB de par an. La PGF explique de cette croissance, le capital , et le facteur travail . * Zone Euro (1890-2017) : Croissance moyenne de . La PGF contribue pour et l'intensité capitalistique pour .
Mécanismes de transmission des gains de productivité : 1. Hausse des profits : Permet plus d'investissements. 2. Baisse des prix : Stimule la consommation et la compétitivité (exportations). 3. Hausse des salaires : Stimule la demande globale. 4. Hausse des prélèvements obligatoires : Permet d'augmenter les dépenses publiques.
L'innovation et la R&D : * Invention : Découverte scientifique pure sans application pratique immédiate (ex: principe de la vapeur). * Innovation : Application industrielle et commerciale réussie d'une invention (ex: machine à vapeur). * Recherche & Développement (R&D) : Investissements immatériels visant à accroître les connaissances et concevoir de nouvelles applications (fondamentales ou appliquées).
C/ La croissance endogène et la destruction créatrice
Croissance endogène : Modèle où le progrès technique est généré par l'activité économique elle-même. La croissance permet de dégager des revenus qui financent l'accumulation de différents capitaux (humain, technologique, public, fixe), créant un cercle vertueux d'innovation auto-entretenue.
Destruction créatrice (Schumpeter) : Processus permanent de renouvellement du système productif où les innovations (le "neuf") détruisent les anciennes activités devenues obsolètes (le "vieux"). * Exemples : Le chemin de fer a remplacé les diligences ; le smartphone a remplacé les téléphones classiques (Nokia, Motorola) ; le streaming a remplacé le téléchargement et les CD ; le commerce en ligne (Amazon) impacte le commerce traditionnel.
Conséquence : Ce processus fait des perdants (chômage dans les secteurs déclinants) mais est globalement favorable à la création d'emplois sur le long terme.
D/ Le rôle des institutions dans la croissance
Définition des institutions : Ensemble de règles (normes, valeurs, pratiques) qui structurent les relations économiques et sociales (ex: le marché, la monnaie, l'État de droit).
Droits de propriété : Cruciaux pour l'échange marchand. Ils incluent l'Usage (usus), le Fruit (fructus : tirer un revenu), et la Cession (abusus : vendre ou donner).
Le Brevet : Titre de propriété temporaire (maximum ) accordé à un inventeur. * Rôle : Garantit un monopole d'exploitation pour rentabiliser les coûts de R&D. * Importance : Sans brevet, les agents seraient des "passagers clandestins" (imitant sans payer), ce qui annulerait toute incitation à innover.
Autres institutions favorisant la croissance : * Banques centrales et règles budgétaires : Stabilité financière et lutte contre l'inflation. * Services publics : Éducation et santé pour renforcer le capital humain. * Stabilité politique : Séparation des pouvoirs et lutte contre la corruption pour protéger les investissements.
II/ Les défis et limites de la croissance économique
A/ L'augmentation des inégalités de revenus
Progrès technique biaisé en faveur des qualifiés : Les innovations (numériques, IA) sont complémentaires aux travailleurs hautement diplômés (aide à la décision), augmentant leur productivité et leur salaire. À l'inverse, elles remplacent les travailleurs peu qualifiés effectuant des tâches simples.
Progrès technique biaisé contre les tâches routinières : * Tâches routinières : Répétitives et codifiables (ex: scannage de code-barres en caisse). Elles sont facilement automatisables et remplacées par le capital (robots). * Tâches non-routinières : Demandent créativité, leadership, dextérité ou résolution de problèmes. Elles ne sont pas (encore) remplaçables.
Les inégalités "au top" (Aghion et al.) : L'innovation est corrélée à l'augmentation de la part de revenu du "top ". L'innovateur réduit ses coûts et augmente ses profits (rente temporaire). Cependant, cela favorise aussi la mobilité sociale (les nouveaux innovateurs détrônent les anciens).
B/ Les limites écologiques et la soutenabilité
Les trois dégradations majeures : 1. Pollution : Dégradation de l'environnement par les déchets et substances (externalités négatives). 2. Épuisement des ressources non renouvelables : Pétrole, gaz, charbon. 3. Surexploitation des ressources renouvelables : Déforestation (13 millions d'hectares/an entre 1990 et 2005), surpêche ( des stocks surexploités, épuisés).
Réchauffement climatique : Causé par l'émission de Gaz à Effet de Serre (GES) comme le et le . Hausse de depuis fin 1800 ; prévision de à d'ici 2100. Conséquences : hausse du niveau des mers ( à ), extinction d'espèces, événements extrêmes.
Développement durable / Soutenable : Développement répondant aux besoins du présent sans compromettre ceux des générations futures.
L'approche par les capitaux : La soutenabilité dépend du maintien d'un stock de richesses : * Capital technique : Machines, infrastructures. * Capital humain : Savoirs, santé. * Capital naturel : Ressources naturelles, écosystèmes. * Capital institutionnel / social : Règles, confiance, paix civile.
Le débat sur la substitution : * Soutenabilité faible : Les capitaux sont substituables. Le progrès technique peut remplacer le capital naturel détruit (ex: énergies renouvelables remplaçant le pétrole). Confiance optimiste dans l'innovation. * Soutenabilité forte : Le capital naturel est complémentaire et souvent irremplaçable ou irréversible (biodiversité, climat). Il faut protéger chaque type de capital séparément. L'innovation ne peut pas tout compenser.
Questions et Discussion
Q : Quelles sont les limites du PIB comme indicateur ?
R : Le PIB est purement quantitatif. Il ne mesure pas le bien-être, les inégalités, ou la santé environnementale. Il peut même augmenter suite à des catastrophes (reconstruction). C'est pourquoi on utilise aussi l'IDH (Indicateur de Développement Humain), compris entre et , qui inclut l'éducation et l'espérance de vie.
Q : Le progrès technique peut-il rendre la croissance infinie ?
R : C'est le cœur du débat entre partisans de la soutenabilité faible (optimistes technologiques) et forte (réalistes écologiques). Si certaines ressources sont substituables (charbon par pétrole), d'autres comme le climat et la biodiversité présentent des seuils de rupture irréversibles.
Q : Quel est le lien entre investissement et demande globale ?
R : L'investissement est une composante de la dépense globale. Lorsque les entreprises investissent dans des machines, elles achètent à d'autres entreprises, ce qui stimule la production et les revenus immédiats dans l'économie.
Introduction : Qu'est-ce que la croissance économique ?
Définition générale : La croissance économique est l'augmentation soutenue, sur une période de longue durée, des quantités de biens et de services produites par une nation. Elle est mesurée par l'évolution du Produit Intérieur Brut (PIB).
Mesure de la croissance : Elle se calcule via le taux de variation du PIB en volume (ou PIB réel) d’une période à l’autre, exprimé en pourcentage.
Exemple : Une croissance de signifie que le PIB en volume a augmenté de par rapport à l'année précédente.
Notions clés sur le PIB :
Définition du PIB : Indicateur mesurant la production réalisée par les organisations productives résidentes sur un territoire donné au cours d'une année. Il est calculé par la somme des valeurs ajoutées ().
Calcul de la Valeur Ajoutée (VA) : .
Distinction Valeur vs Volume : Pour mesurer la croissance réelle, il faut "déflater" le PIB nominal (en valeur) pour éliminer l'effet de l'inflation. Si la production passe de à mais que les prix ont augmenté de , la croissance réelle est nulle.
Croissance vs Expansion :
Croissance : Augmentation de la production sur le long terme.
Expansion : Augmentation de la production sur le court terme (ex: un trimestre).
Stagnation : Production qui ne progresse plus.
Récession / Dépression : Taux de croissance du PIB négatif.
Limites qualitatives : La croissance est une mesure strictement quantitative. Elle ne renseigne pas sur l'accès à la santé, à l'éducation, le bien-être ou les inégalités. On distingue alors la croissance du développement.
Perspective historique : La croissance est un phénomène récent qui débute avec la Révolution Industrielle (milieu XVIIIe - début XIXe siècle) marquée par le passage aux formes modernes de production (machines, usines, salariat).
I/ Quelles sont les sources de la croissance économique ?
La croissance repose sur deux leviers principaux : l'augmentation des quantités de facteurs de production (croissance extensive) et l'amélioration de leur efficacité (croissance intensive).
A/ L'augmentation des quantités de facteurs de production (Croissance extensive)
Les facteurs de production : Moyens mis en œuvre dans le processus productif.
Le Travail () : Activités humaines contribuant à la production de biens et services.
Le Capital () : Ensemble des moyens de production durables (machines, outils, bâtiments). On parle de capital fixe (utilisé plus d'un an). Les consommations intermédiaires (détruites en moins d'un an) ne sont pas considérées comme du capital au sens strict.
Exemple (Pizzeria) : Travail = pizzaïolos et livreurs ; Capital = locaux, fours, ustensiles ; Consommations intermédiaires = farine, sauce tomate.
La combinaison productive : Proportion de capital et de travail associée par une entreprise pour produire.
Limites de l'explication par le travail : Au XXe siècle, bien que la population active (nombre d'actifs) ait augmenté, le volume total d'heures travaillées a diminué (congés payés, retraite, réduction du temps de travail hebdomadaire). L'augmentation de la quantité de travail n'explique donc pas la croissance à elle seule.
Le rôle du Capital et de l'Investissement :
Investissement (Flux) : Dépense visant à maintenir ou augmenter le stock de capital.
Stock de Capital : Ce qui est détenu à un moment donné.
Types d'investissements : Investissement de capacité (produire plus), investissement de remplacement (remplacer le matériel usé).
Effets sur la croissance :
À court terme : Stimule la demande globale ().
À moyen/long terme : Augmente les capacités de production (effet sur l'offre).
Constat : L'intensité capitalistique (volume de capital par travailleur) a augmenté au XXe siècle, mais cela n'explique que très partiellement la croissance.
B/ Le rôle du progrès technique et de la Productivité Globale des Facteurs (Croissance intensive)
La Productivité Globale des Facteurs (PGF) : Mesure l'efficacité de la combinaison productive. Elle correspond au rapport entre la production et l'ensemble des facteurs utilisés.
Le Progrès Technique (PT) : Ensemble des améliorations apportées aux produits et aux façons de produire. Il permet d'obtenir plus de production avec la même quantité de facteurs.
Données empiriques (Exemples) :
Allemagne (1995-2014) : Croissance du PIB de par an. La PGF explique de cette croissance, le capital , et le facteur travail .
Zone Euro (1890-2017) : Croissance moyenne de . La PGF contribue pour et l'intensité capitalistique pour .
Mécanismes de transmission des gains de productivité :
Hausse des profits : Permet plus d'investissements.
Baisse des prix : Stimule la consommation et la compétitivité (exportations).
Hausse des salaires : Stimule la demande globale.
Hausse des prélèvements obligatoires : Permet d'augmenter les dépenses publiques.
L'innovation et la R&D :
Invention : Découverte scientifique pure sans application pratique immédiate (ex: principe de la vapeur).
Innovation : Application industrielle et commerciale réussie d'une invention (ex: machine à vapeur).
Recherche & Développement (R&D) : Investissements immatériels visant à accroître les connaissances et concevoir de nouvelles applications (fondamentales ou appliquées).
C/ La croissance endogène et la destruction créatrice
Croissance endogène : Modèle où le progrès technique est généré par l'activité économique elle-même. La croissance permet de dégager des revenus qui financent l'accumulation de différents capitaux (humain, technologique, public, fixe), créant un cercle vertueux d'innovation auto-entretenue.
Destruction créatrice (Schumpeter) : Processus permanent de renouvellement du système productif où les innovations (le "neuf") détruisent les anciennes activités devenues obsolètes (le "vieux").
Exemples : Le chemin de fer a remplacé les diligences ; le smartphone a remplacé les téléphones classiques (Nokia, Motorola) ; le streaming a remplacé le téléchargement et les CD ; le commerce en ligne (Amazon) impacte le commerce traditionnel.
Conséquence : Ce processus fait des perdants (chômage dans les secteurs déclinants) mais est globalement favorable à la création d'emplois sur le long terme.
D/ Le rôle des institutions dans la croissance
Définition des institutions : Ensemble de règles (normes, valeurs, pratiques) qui structurent les relations économiques et sociales (ex: le marché, la monnaie, l'État de droit).
Droits de propriété : Cruciaux pour l'échange marchand. Ils incluent l'Usage (usus), le Fruit (fructus : tirer un revenu), et la Cession (abusus : vendre ou donner).
Le Brevet : Titre de propriété temporaire (maximum ) accordé à un inventeur.
Rôle : Garantit un monopole d'exploitation pour rentabiliser les coûts de R&D.
Importance : Sans brevet, les agents seraient des "passagers clandestins" (imitant sans payer), ce qui annulerait toute incitation à innover.
Autres institutions favorisant la croissance :
Banques centrales et règles budgétaires : Stabilité financière et lutte contre l'inflation.
Services publics : Éducation et santé pour renforcer le capital humain.
Stabilité politique : Séparation des pouvoirs et lutte contre la corruption pour protéger les investissements.
II/ Les défis et limites de la croissance économique
A/ L'augmentation des inégalités de revenus
Progrès technique biaisé en faveur des qualifiés : Les innovations (numériques, IA) sont complémentaires aux travailleurs hautement diplômés (aide à la décision), augmentant leur productivité et leur salaire. À l'inverse, elles remplacent les travailleurs peu qualifiés effectuant des tâches simples.
Progrès technique biaisé contre les tâches routinières :
Tâches routinières : Répétitives et codifiables (ex: scannage de code-barres en caisse). Elles sont facilement automatisables et remplacées par le capital (robots).
Tâches non-routinières : Demandent créativité, leadership, dextérité ou résolution de problèmes. Elles ne sont pas (encore) remplaçables.
Les inégalités "au top" (Aghion et al.) : L'innovation est corrélée à l'augmentation de la part de revenu du "top ". L'innovateur réduit ses coûts et augmente ses profits (rente temporaire). Cependant, cela favorise aussi la mobilité sociale (les nouveaux innovateurs détrônent les anciens).
B/ Les limites écologiques et la soutenabilité
Les trois dégradations majeures :
Pollution : Dégradation de l'environnement par les déchets et substances (externalités négatives).
Épuisement des ressources non renouvelables : Pétrole, gaz, charbon.
Surexploitation des ressources renouvelables : Déforestation (13 millions d'hectares/an entre 1990 et 2005), surpêche ( des stocks surexploités, épuisés).
Réchauffement climatique : Causé par l'émission de Gaz à Effet de Serre (GES) comme le et le . Hausse de depuis fin 1800 ; prévision de à d'ici 2100. Conséquences : hausse du niveau des mers ( à ), extinction d'espèces, événements extrêmes.
Développement durable / Soutenable : Développement répondant aux besoins du présent sans compromettre ceux des générations futures.
L'approche par les capitaux : La soutenabilité dépend du maintien d'un stock de richesses :
Capital technique : Machines, infrastructures.
Capital humain : Savoirs, santé.
Capital naturel : Ressources naturelles, écosystèmes.
Capital institutionnel / social : Règles, confiance, paix civile.
Le débat sur la substitution :
Soutenabilité faible : Les capitaux sont substituables. Le progrès technique peut remplacer le capital naturel détruit (ex: énergies renouvelables remplaçant le pétrole). Confiance optimiste dans l'innovation.
Soutenabilité forte : Le capital naturel est complémentaire et souvent irremplaçable ou irréversible (biodiversité, climat). Il faut protéger chaque type de capital séparément. L'innovation ne peut pas tout compenser.
Questions et Discussion
Q : Quelles sont les limites du PIB comme indicateur ?
R : Le PIB est purement quantitatif. Il ne mesure pas le bien-être, les inégalités, ou la santé environnementale. Il peut même augmenter suite à des catastrophes (reconstruction). C'est pourquoi on utilise aussi l'IDH (Indicateur de Développement Humain), compris entre et , qui inclut l'éducation et l'espérance de vie.
Q : Le progrès technique peut-il rendre la croissance infinie ?
R : C'est le cœur du débat entre partisans de la soutenabilité faible (optimistes technologiques) et forte (réalistes écologiques). Si certaines ressources sont substituables (charbon par pétrole), d'autres comme le climat et la biodiversité présentent des seuils de rupture irréversibles.
Q : Quel est le lien entre investissement et demande globale ?
R : L'investissement est une composante de la dépense globale. Lorsque les entreprises investissent dans des machines, elles achètent à d'autres entreprises, ce qui stimule la production et les revenus immédiats dans l'économie.