Psychologie Différentielle - Personnalité
Le Concept de Personnalité
- Pour le psychologue, la personnalité correspond à une théorie.
- Concept central en psychologie et dans la vie quotidienne.
- Permet de décrire les autres et d'avoir des images cohérentes des personnes.
- Implique une force intérieure influant sur comportements et pensées.
- Donne l'impression que les caractéristiques distinguent une personne des autres, permettant de prédire les comportements.
- Le concept de personnalité est présent dès l'enfance.
- La description de la personnalité et la catégorisation des autres sont déjà présentes chez les enfants.
Chapitre 1: Historique et Définitions
Historique
- La personnalité vient du mot latin "persona", désignant le masque de théâtre pour exprimer émotions et attitudes.
- (Personare : retentir, résonner ; phersu – étrusque)
- Ces masques n'étaient pas des déguisements, mais des attitudes faciales suscitant des interprétations communes.
- Les acteurs jouaient différents rôles sans adapter leurs expressions faciales réelles, palliant les carences d’expression.
- Le masque ne change pas pendant l'action, symbolisant la stabilité de la personnalité.
- Le nombre de masques est limité à 12, suggérant un nombre limité de types de personnalité.
- Le masque permet de prévoir les actions, offrant une image stable et cohérente des autres.
- Dans l'Antiquité, la personnalité était ce que nous paraissions sans l'être, le rôle que nous jouions.
- Aujourd'hui, elle est l'être et non le paraître, la manière habituelle de se comporter, penser et ressentir.
- APTITUDES : Ce qui nous distingue des autres et ce qui convient à certains comportements.
Définitions
- La personnalité chez le psychologue correspond à une théorie applicable à tous, contrairement aux descriptions non rigoureuses.
- Importance de la validité de la mesure et d'une théorie basée sur des faits observables (consistance/causalité interne/distinctivité).
- Définitions de différents auteurs:
- ALLPORT (1937) : Organisation dynamique des systèmes psychophysiques déterminant comportement et pensées.
- EYSENCK (1953) : Organisation ferme et durable du caractère, tempérament, intelligence et physique, déterminant l'adaptation unique.
- CATTELL (1950) : Prédiction du comportement dans une situation donnée.
- BYRNE (1966) : Combinaison de dimensions durables de différences individuelles mesurables.
- LINTON (1986) : Conglomérat organisé des processus.
- CARVER & SCHEIER (2000) : Organisation, concept psychologique avec bases physiologiques, patterns de réponses récurrents, force interne déterminant les comportements, processus dynamique influant comportements, pensées et sentiments.
Terminologie
Tempérament
- BUSS & PLOMIN (1984) : Origine biologique, dimension affective et émotionnelle, apparaît tôt et persiste, traits innés modifiables par expérience.
- GALIEN (Antiquité) : Relation entre 4 tempéraments et humeurs:
- Flegmatique (lymphe): Calme, rationnel.
- Mélancolique (bile noire): Introverti, triste.
- Sanguin (sang): Joyeux, optimiste.
- Colérique (bile jaune): Énergique, ambitieux.
- Les associations de Galien sont simplistes mais retrouvables dans certaines théories psychobiologiques.
- Modèle biosocial de Cloninger (1986):
- Recherche de nouveauté (système dopaminergique).
- Évitement du danger (système sérotoninergique).
- Dépendance à la récompense (système noradrénergique).
- Technique de l'analyse factorielle: regroupement de tempéraments.
- DIGMAN (1994): Impulsivité, sociabilité, peur, colère.
- BUSS & PLOMIN (1975): Emotionnalité, activité, sociabilité.
Caractère
- Longtemps synonyme de personnalité, terme délaissé à cause des connotations morales.
- ALLPORT (1937) préfère le trait.
- Journal scientifique "Character and Personality" remplacé par "Journal of Personality" en 1945.
- CLONINGER (1993): Dimensions influencées par apprentissage social et cognitif, pas par hérédité. Autodétermination, coopération, transcendance.
Trait et Type de Personnalité
- Trait: Disposition comportementale dans divers contextes, continuum entre extrêmes (impulsivité, générosité, timidité, honnêteté).
- Type: Assemblage de traits (ex: extraversion incluant chaleur, activité, recherche de sensations).
- Mythe 1: Les personnalités sont de types distincts.
Nombre de Dimensions
- Pas de consensus sur le nombre de dimensions de la personnalité.
- Controverse EYSENCK vs. COSTA sur le modèle des cinq facteurs.
- Différents modèles:
- EYSENCK (1967): 3 dimensions (extraversion, neuroticisme, psychoticisme).
- TELLEGEN (1985): 3 dimensions (émotion positive, émotion négative, contrainte).
- CATTELL (1957): 16 dimensions.
- GUILFORD & ZIMMERMAN (1956): 14 dimensions.
- ZUCKERMAN (1994): 3, 5 ou 7 dimensions.
- CLONINGER (1993): 7 dimensions (recherche de nouveauté, évitement du danger, dépendance à la récompense, persistance, auto-détermination, coopération, transcendance).
- DIGMAN (1990): Modèle des cinq facteurs (extraversion, neuroticisme, agréabilité, consciencieusité, ouverture).
- L'analyse factorielle réduit les variables à un nombre plus restreint de facteurs, déterminant la relation entre facteurs et mesures. Le nombre de facteurs dépend de la technique d'analyse, expliquant le désaccord entre psychologues.
Chapitre 2: Stabilité de la Personnalité
Consistance de Rang
- Les traits de personnalité sont stables mais malléables.
- Les individus ont besoin de stabilité et de cohérence.
- Les psychologues ont besoin de faire des prédictions dans les domaines professionnel et clinique.
- Mischel (1968) : Faibles corrélations des traits de personnalité dans différentes situations.
- Stabilité intra-individuelle: Un trait peut être stable en moyenne avec des profils différents.
- Études transversales vs. longitudinales: Difficulté de distinguer les effets de l'âge des effets générationnels dans les études transversales.
- LEWIS (1999) : Les traits sont des constructs développementaux, mais la personnalité est assez stable au cours de la vie.
- Deux approches pour vérifier la stabilité:
- Évolution du niveau moyen (mean-level): Évolution moyenne des traits avec l'âge.
- Consistance de rang (rank-order): Stabilité du classement/score par rapport aux autres dans le temps (mesure test-retest).
- Mythe 2: Les traits de personnalité ne présentent pas une grande constance tout au long de la vie.
- Mythe 3: Les facteurs situationnels l’emportent sur la personnalité lorsqu’il s’agit de prédire le comportement.
Changement du Niveau Moyen avec l’Âge
- DIGMAN: modifications avec l’âge.
- La stabilité de la personnalité augmente jusqu'à 25-30 ans.
- Adolescents: extraversion et neuroticisme élevés, agréabilité et consciencieusité faibles vs. adultes.
- Principe de maturité entre 20 et 30 ans.
- Après 30 ans, les changements sont moins importants.
- Le neuroticisme diminue entre 20 et 40 ans.
- L’agréabilité et la consciencieusité augmentent continuellement avec l`âge pour décroître vers 60 ans.
- Adolescence : Les traits négatifs s’amplifient et les traits positifs s’émoussent.
- CLONINGER: modifications avec l’âge.
- Relations négatives entre la recherche de nouveauté et l’âge, et positives pour la coopération et l’autodétermination.
- MROCZEK & SPIRO (2003), MCCRAE & AL (2005), ROBERTS & AL (2006), DONNELLAN & LUCAS (2008), SOTO & AL (2011):
- Augmentation de la consciencieusité et de l’agréabilité.
- Diminution de l’extraversion, du neuroticisme, et de l’ouverture.
- C+ A+ N- = Principe de maturité (adaptation sociale, études, travail, relations, santé et bien-être).
- Mythe 4: La personnalité est complètement stable (ou figée comme du plâtre) après 30 ans.
Différences Individuelles dans le Changement
- La population générale suit un pattern normatif en moyenne.
- Il existe des différences individuelles importantes (changements non normatifs).
- Plus grande hétérogénéité entre 18 et 30 ans.
- ASENDORPF (1992): Différences individuelles dans le changement.
- ROBERTS & AL. (2001): Bonne stabilité des traits en moyenne, mais variation chez les jeunes adultes et faible chez les personnes âgées. Le développement de la personnalité n’est à aucun moment parfaitement homogène entre les individus.
Taille d’Effet
- Seuil de significativité à 0,05.
- Dépend de la taille de l’échantillon (N).
- Une corrélation de 0,3 peut être significative si N=100, mais pas si N=20. à même valeur d’association mais dans un cas on la considère comme réelle, et pas dans l’autre.
- Une différence de 5 points sur une échelle de personnalité entre femmes et hommes peut être significative si l’échantillon est grand (et même à p<0.0001), ou ne pas l’être s’il y a peu de participants dans l’étude. à même différence mais conclusion différente.
- Taille d’effet ne dépend pas du N, et reflète l’importance / la valeur, de la différence.
Différences Relatives de Profil
- Stabilité ipsative: stabilité/variabilité intra-individuelle des traits.
- Informations sur la stabilité des caractéristiques dans le temps.
- Prédictions sur différents aspects de la vie.
- Trois indices: élévation des scores, variabilité des scores, différences de pattern.
- La stabilité ipsative suit celle de la variabilité individuelle: 90% chez les enfants et adolescents, 84% chez les jeunes adultes, pratiquement 100% chez les adultes, et diminue légèrement après 70 ans.
- ROBINS & AL. (2001): Seulement 17% de personnes de 18 à 22 ans voient leur profil se modifier dans un intervalle de quatre ans.
- FRUYT & AL. (2006): La différence de pattern dans la tranche d’âge 6-13 ans est inférieure à 10%.
- TERRACCIANO & AL. (2006): La stabilité des profil est très élevée chez les personnes plus âgées puisqu’aucun changement n’est observé en moyenne dans un échantillon de 17 à 74 ans.
- POIER (2022): Au delà de 70 ans, les personnes montrent une légère diminution de la stabilité du profil.
- ROBERTS & AL. (2001): L’agressivité et la vulnérabilité au stress semblent prédire modérément l’instabilité du profil, au contraire du traditionalisme et du contrôle de soi.
Impact de l’Âge Subjectif
- KASTENBAUM & AL. (1972): Distinction entre âge réel et âge subjectif.
- Se sentir plus jeune: moins de maladie, bien-être plus élevé, meilleure perception de la santé, meilleur état physique et cognitif.
- Se sentir plus vieux: facteur de risque de mortalité.
- STEPHAN & AL. (2012) (transversale): lien entre âge subjectif et extraversion et ouverture. Des personnes âgées extraverties et ouvertes se sentent plus jeunes que leur âge réel. Leurs comportements social et ouvert les incitent à faire plus d’activités.
- STEPHAN & AL. (2015) (longitudinale): effet sur le pattern normatif. Les personnes qui rapportent un âge subjectif plus jeune ont une diminution moins marquée d’agréabilité et d’ouverture. L’âge subjectif diminue avec le temps.
- STEPHAN & AL. (2022): neuroticisme est associé à un âge subjectif plus élevé alors que l’extraversion, la consciencieusité, l’agréabilité, et l’ouverture poussent les individus à ressentir un âge subjectif plus jeune. La présence d’éléments dépressif, la pratique d’activité physique, les maladies chroniques, et la perception subjective de la santé expliquent en partie ces liens.
- STEPHAN & AL. (2022): Puisque les grandes dimensions de personnalité exercent une forte influence sur la santé, la personnalité, indirectement, va influencer la perception de son âge.
Influence des Évènements de la Vie
- Les évènements de vie peuvent modifier notre personnalité pour mieux s’adapter à la situation.
- Changement de statut modifiant la personnalité, si nous adhérons à ces statuts (néo-socioanalytic model, ROBERTS, 2018).
- PEU D’ÉTUDES sur le sujet.
- BLEIDORN & AL. (2018): effet de neuf évènements de la vie sur la personnalité : les relations intimes, Le mariage, Devenir parent, Le divorce, Le veuvage, La réussite d’études supérieures, Le premier emploi, La perte d’emploi et la retraite
Taille de l’Effet
- BÜHLER & AL. (2023): Méta analyse basée sur 44 études publiées entre 1995 et 2022. Effets peu nombreux et la plupart très faibles (d<0,10), sauf pour: la Consciencieusité et la première relation (), Ouverture et le mariage (). Neuroticisme et le diplôme () et Consciencieusité et le premier job ()
- Mythe 5: Les évènements traumatiques de la vie remodèlent considérablement la personnalité.
Changement Volontaire de Personnalité
- Plus facile chez les jeunes adultes.
- Les dimensions de personnalité sont associées à de nombreux domaines de vie: éducation, travail, relations, santé et bien-être.
- Volonté de changer certaines dimensions pour un profil plus favorable (pôles socialement désirables des cinq facteurs).
- Changer la manière de se comporter (l’état) pour atteindre des changements des traits: motivation, objectifs atteignables, pratique régulière.
- Beaucoup veulent changer leur personnalité vers un profil optimal. Le changement est associé négativement à la satisfaction de vie.
- BLEIDORN & AL. (2019) Le changement améliorerai le bien-être.
- HUDSON & ROBERTS (2014) : Outils composé de 45 questions portant des adjectifs. La personne doit répondre à chaque proposition selon un système en cinq points: +2 nettement plus que je ne le suis, +1 plus que je ne le suis, 0 je ne veux pas changer ce trait, -1 moins que je ne le suis et -2 nettement moins que je ne le suis.
- Vouloir changer semble suffire, mais une intervention augmente l’effet.
- Il plus facile de forcer quelqu’un à augmenter les traits liés à la consciencieusité que ceux associés à la stabilité émotionnelle sans être motivé à changer.
Chapitre 3: Buts de la Psychologie de la Personnalité
Modifications
- Nombreuses interventions cliniques: changements consécutifs de la personnalité.
- Neuroticisme et extraversion principalement.
- Changement moyen (ROBERTS ET AL., 2017).
- Neuroticisme .
- Efficacité plus marquée pour les personnes qui souffrent de troubles anxieux et dépressifs.
- Impact d’une formation aux compétences émotionnelles sur la personnalité.
- Mythe 6: Les mesures de la personnalité ne permettent pas de prédire des aspects importants de la vie, comme la santé, la richesse ou le divorce suffisamment bien pour être utiles.
Description
- 1er objectif: Description de la personnalité par des méthodes objectives (psychologie de la personnalité).
- Discipline s’intéressant aux différences individuelles, et qui englobe la personnalité et les aptitudes cognitives (psychologie différentielle).
- Deux méthodes de description:
- Démarche taxonomique/lexicale: termes pour décrire les autres + statistiques.
- Démarche hypothético-déductive : La Valider données empiriques. Exemple: Théorie d’EYSENCK
Explication
- 2ème objectif: Comment expliquer les différences de personnalité ?
- Conception freudienne: développement psychosexuel.
- Théorie psycho biologique: différences biologiques et facteurs du milieu.
- EYSENCK : La différence se situe au niveau de l’éveil cortical plus intense chez les seconds.
- Environ 40% de facteurs génétiques, le reste étant attribuable à l’environnement non partagé.
Prédictions
- 3ème objectif: capital pour certains, moins pour d’autres.
- Les prédictions ont du sens car la personnalité est suffisamment stable.
Modifications
- 4ème objectif: interventions sur des traits jugés favorables.
- Les traits sont stables mais suffisamment malléables.
- Changement de personnalité est possible, principalement en diminuant du neuroticisme et en augmentant de l’extraversion, après des prises en charge thérapeutiques de troubles cliniques.
- Distinction avec la psychologie clinique: la psychologie de la personnalité étudie la personnalité normale tandis que la psychologie clinique étudie plus particulièrement les troubles de la personnalité.
Chapitre 4: Qu'est-ce qu'une Théorie ?
- Une théorie est un ensemble de principes et de règles associés à des phénomènes divers.
- Objectifs: expliquer le phénomène étudié et prédire de nouvelles informations.
- Fonctions: organise, intègre, résume le savoir et guide la recherche.
- Réciprocité entre théories (validation ou infirmation) et recherche (modification des théories).
Étapes d'une Théorie
- Quatre étapes:
- Observation: description des caractéristiques des variables et de leurs relations.
- Généralisation: ce qui est vrai pour un individu est vrai pour d'autres.
- Vérification: si les généralisations représentent quelque chose de significatif.
- Construire la théorie: ensemble cohérent de généralisations avec relations logiques nécessaires.
Critères d'une Théorie
- Vérifiabilité: doit être vérifiée et testée.
- Source d'information: La Source d’information ne doit pas être trop étroite.
- Parcimonie: rendre compte des faits avec un minimum de notions.
- Logique/Cohérente/Systématique: concepts précis et explicites.
- Compréhensible: doit être comprise par les spécialistes.
- Stimulante: susciter enthousiasme et intérêt.
Chapitre 5: Méthodes en Psychologie de la Personnalité
Les Deux Grandes Approches de la Personnalité
- Idiographique: Individu unique, observation approfondie dans diverses situations.
- Nomothétique: Règles générales, étude et comparaison de caractéristiques sur un grand nombre d'individus.
- Les cliniciens préfèrent l'approche idiographique, car elle cherche à comprendre l’individu dans sa propre existence, dans son intimité.
La Méthode de l'Étude de Cas
- Analyse de cas: informations auprès de l'entourage.
- Informations de différentes sources :
- La situation de la famille. Combien de personne vivent ensemble, quels sont les habitudes à la maison.
- La culture. Le groupe culturelle, la déviation culturelle.
- L’anamnèse et les examens médicaux. L’état de santé, les maladies, le développement physique etsexuel.
- Le développement. La naissance, les premiers signes développementaux, le développement de l’intelligence, le développement émotionnel, et le développement social.
- L’économie. Travail, ambitions, réalisations.
- La justice. Condamnations, délits.
- Les activités. Hobbies, intérêts, vie sociale, habitude de vie.
Avantages
- Recueillir beaucoup de données, mieux cerner le problème, informations du sujet et de personnes proches.
Inconvénients
- Basée sur des souvenirs, évaluateur non neutre (biais théoriques et attentes), difficile à généraliser.
La Méthode des Corrélations
- Mesure l’association entre deux variables, coefficient de corrélation variant entre +1 et -1 (Spearman pour variables non paramétriques, Pearson pour variables paramétriques).
- Signe: corrélation positive et négative.
- La significativité dépend de la taille de l’échantillon
Limites
- Association n'implique pas causalité.
- La méthode des corrélations ne fournit pas d’informations sur le lien causal entre deux variables, mais peut suggérer des relations causales et suscite des recherches pour vérifier, par expérimentation, si une telle relation existe ou non.
- Absence de corrélation : pas de causalité possible.
- L’analyse factorielle – méthode statistiques employée par de nombreux auteurs de la psychologie de la personnalité comme EYSENCK et CATTELL – repose sur des corrélations entre de nombreuses variables.
La Méthode Expérimentale
- Opposée aux faiblesses des corrélations, la méthode expérimentale répond aux faiblesses des corrélations.
- Méthode de la méthode corrélationnelle VS Analyses multivariée.
- L’expérimentateur à l’inverse de la méthode corrélationnelle, la méthode expérimentale permet de répondre à la question de la causalité et jouit d’une plus grand pouvoir d’explication.
- L’expérimentateur s’intéresse aux effets de la manipulation d’une variable indépendante sur une autre variable dépendante.
- Les variations de la variable indépendante déterminent ou causent les variations de la variable mesurée.
Précautions
- Effet John Henry, effet Rosenthal, utilisation de groupes contrôle.
- L’effet produit par la manipulation d’une variable sur une autre est bien dû à la manipulation de la variable en question et non à l’effet d’une autre variable non contrôlée.
- Les sujets inclus dans les expériences et les expérimentateurs eux-mêmes ont souvent des idées, des attentes par rapport à l’expérience, ce qui peut biaiser le réel effet induit par la manipulation de la variable.
- L’expérimentateur ne se limite pas à la manipulation d’une seule variable, mais elle peut s’articuler sur deux, trois, quatre, variables. On parle alors d’études multifactorielles.
Quelle Est la Méthode la Plus Utilisée ?
- Les études de cas ont été à la base de plusieurs théories de la personnalité. Elles Intéressantes, mais beaucoup de défauts.
- Manque de généralisation et implication personnelle de l’expérimentateur n’offrent pas la possibilité de construire une théorie rationnelle de la personnalité.
- Les corrélations sont souvent utilisées même lorsqu'elles n'apparaissent pas des plans expérimentaux.
Chapitre 6: Évaluation de la Personnalité
Les Sources de l’Information
- Il n’existe pas à l’heure actuelle une méthode unique adoptée par tous les psychologues.
- Lorsque le psychologue doit évaluer la personnalité, il peut se baser sur différents outils et ses choix orienteront significativement ses conclusions.
- Observation subjective & rigoureuses de comportements
- Échelles d’évaluation
- Entretiens semi structurés
- IPDE (International Personality Disorder Examination,1994)
- Examine les troubles de personnalité́ selon le DSM-V et l’ICD10
Les Tests de Personnalité
Tests Projectifs
- Consiste à présenter aux sujets un matériel ambigu et peu structuré qui donne libre cours à leur imagination et qui par conséquent donne naissance à de nombreuses réponses. Le principe général étant que, comme le matériel est ambigu, l’individu va se projeter dedans et livrer ainsi une part de son inconscient.
- Mythe 7: Les tests projectifs sont la meilleure manière de mesurer la personnalité.
Test de Rorschach
- Le test consiste en une série de 10 planches sur lesquelles apparaissent des taches d'encre symétriques, élaborées par Rorschach en pliant une feuille de papier au centre de laquelle était versée de l'encre.
- Consigne : « Qu'est-ce que cela pourrait être ? ».
- Il existe différents systèmes de cotation qui se veulent objectifs: CHABERT (1983, 1987): BEIZMANN (1966) EXNER (1993)
- Énormes problèmes psychométriques quant à sa fidélité et à sa validité. L’absence de publications scientifiques est vivement critiquée.
- Il est difficile d'arriver à un consensus de cotation sur les réponses car les réponses sont cotées en fonction de : Leur localisation, leur déterminant et leur contenu.
Thematic Apperception Test (TAT)
- Le TAT est constitué de 31 planches qui représentent des dessins (tableaux ou photographies noir et blanc) à propos desquelles le sujet est prié de raconter une histoire.
- Il existe des planches spécifiques pour les hommes et d'autres pour les femmes, si bien que la passation du test comprend normalement 20 planches.
- BELLAK & HURVICH (1966) propose une forme pour enfant : Children Apperception Test (CAT) incluant soit des formes animales (CAT-A) soit des formes humaines (CAT-H).
- Ce test présente d’importantes failles quant à ses propriétés psychométriques.
- Il est cité comme « le plaisir des cliniciens et le cauchemar des statisticiens », car d'une part son administration n'est pas standardisée, les cliniciens opérant souvent un choix arbitraire des planches, et d'autre part, l'interprétation qui en est faite repose davantage sur l'intuition et l’expérience clinique que sur des critères standardisés.
Tests Objectifs
- Questionnaires comprennent des centaines de phrases types comme “Je suis généralement timide quand je rencontre des gens pour la première fois” et “Je me mets facilement en colère”.
- Création MMPI en 1943.
- Nombreux questionnaires de personnalité NEO PI, TCI, ZKA-PQ…
- Mythe 8: Le MBTI est la meilleure manière d’évaluer la personnalité.
Fin des Mesures Auto-rapportées
- La manière la plus traditionnelle d’évaluer la personnalité dans la tradition psychométrique repose sur les questionnaires de personnalité et donc des mesures auto-rapportées.
- Les mesures obtenues par ces questionnaires souffrent de différents biais comme celui de la désirabilité sociale.
- Il faut signaler que ces tests partent du principe que la personne est capable de s’autoévaluer avec une certaine précision.
Expérience Sampling
- Au lieu de demander aux personnes de décrire comment elles se comportent sur la base de questionnaires, on va directement regarder ce qu'elles font réellement grâce à des questionnaires remplis pendant la journée.
Life logging
- = quantification de soi (BROWN & AL. (2017) – LUPTON (2016).
- Afin de voir réellement ce que la personne fait, on utilise un appareil qui permet de prendre des photos à intervalles réguliers et variables (toutes les 10 secondes ou toutes les 2 minutes)
Lieux de Vie
- Une autre façon, plus indirecte, d’appréhender objectivement la personnalité est d’observer les lieux de vie des personnes (GOSLING (2009)).
Big Social Data
- Les nouvelles technologies, et notamment les réseaux sociaux, sont à même de fournir quantité de données utiles en psychologie de la personnalité.
- On utilise des capteurs portatifs: Téléphone et média.
Personne, Comportement et Situation. - Fournissent des données objectives de la manière dont la personne se comporte, pense et vit des émotions dans diverses situations.
- Permettent d’appréhender les variations dynamiques de la personne en fonction des contextes et du temps.
- On utilise des analyse complexes
- Machine learning.
Capteurs Sociaux
- En utilisant différents capteurs sensoriels lors d’une interaction sociale entre deux personnes, il est possible d’inférer des prédictions relativement fiables de la personnalité et d’adéquation du comportement social
Conclusion
- Il existe une large panoplie d’instrument pour évaluer la personnalité. Le choix qu’on opère dépend avant tout de ses orientations théoriques et du contexte historique et philosophique.
- Le principe général:
- La personne évaluée produit certains échantillons de comportements. Action, référence à une observation directe du comportement, manifestation physique logique et réponses aux différentes questions posées dans le questionnaire + référence à une évaluation quantitative.
- Sur base des informations recueillies (les échantillons de comportements), le psychologue tente de déterminer les traits de la personnalité de la personne évaluée. Il est souhaitable de regrouper différentes données d’une personne (comportementale, biologique, psychométrique) avant de déterminer la personnalité de celle-ci, surtout dans la pratique clinique.
La Fidélité de la Mesure
- Quelle que soit la méthode d’observation utilisée, il importe de savoir si la mesure qui a été faite est fidèle ou fiable.
- Un observateur est rarement neutre car il a souvent des attentes. À cause de leur subjectivité, chaque mesure est associée à une probabilité d’erreur comme les appareils utilisés, le contexte ou les variations intra-individuelles.
La Consistance Interne
- Poser des questions plus ou moins similaires auxquelles le sujet devrait répondre de manière cohérente. Puisque chaque item est associé à un facteur aléatoire d’erreur, le fait d’en utiliser plusieurs a tendance à atténuer l’erreur.
- Plus il y a d’observations, plus on a de chances de voir disparaître l’erreur.
- La fidélité des observations dépend de la corrélation entre les réponses de différentes personnes.
- Formes parallèles, test - retest
- La fidélité sera bonne si la corrélation entre les diverses formes est élevée
- Méthode pair-impair / split half. La fidélité est donnée par la corrélation entre ces deux scores obtenus chez de nombreux sujets.
La Fidélité Intercotateurs
- Pour s’assurer que la mesure soit fidèle, il convient de demander à plusieurs personnes d’évaluer le même comportement dans les mêmes conditions.
- Si les différents observateurs évaluent de la même manière le même événement, la fidélité est haute.
- A l’instar de la consistance interne, elle est mesurée par des coefficients de corrélations.
La Stabilité au Cours du Temps
- Plus la mesure est stable dans le temps mieux c’est pour la personnalité.
- L a stabilité des mesures au fil du temps est appelée fidélité test-retest.
La Validité de la Mesure
- La validité n'est pas la seule caractéristique à envisager mais il se pourrait que la mesure soit fidèle, mais qu’elle n’ait aucune signification.
- Il essaitent de faire correspondre la définition conceptuelle du trait à mesurer à la définition opérationnelle .
*L’amour
Sa définition est conceptuelle « Une forte affection envers quelqu’un d’autre »
*Mais la définition
Demander à une personne d’indiquer sur une échelle allant de 0 à 100 combien elle aime une autre personne
*Etudier la quantité de regard qu’elle lui adresse
*Evaluer le nombre de SMS ou d’emails envoyés
*Demander si elle accepterai volontiers d’annuler des activités qu’elle avait prévues pour rester en sa compagnie.
*Ils essayent de faire correspondre cette notion
Concept Central
Si une théorie n'est pas valides, les conclusions risquent d'être totalement fausses. Grande importance car on mesure des traits sur lesquels on va inférer un type de personnalité. Un clinicien peut se faire une opinion erronée sur quelqu'un s'il utilise un test qui n'est pas valide.
Effet Barnum.
Il faut signaler que les jugements des sujets testés sur leurs propres résultats ne constituent pas une base crédible pour l'évaluation de la validité d'un test de personnalité.
Il a été démontré que les sujets adhèrent souvent aux résultats des tests de personnalité qu'ils ont passés, même quand les résultats ne sont que des affirmations vagues et générales qui pourraient s'appliquer à peu près à n'importe qui (comme les horoscopes).