Synthèse Terminale SES : Engagement, Commerce, Croissance et Europe
- Participation Citoyenne : L'engagement politique est la contribution du citoyen à la cité et au bien-être commun. Le droit de vote, base de la démocratie représentative en France, est devenu effectif pour l'ensemble de la population en 1944 avec le droit de vote des femmes.
- Le Paradoxe de l'Action Collective : Théorisé par Mancur Olson (1966), il explique que les individus rationnels peuvent refuser de s'engager pour éviter les coûts tout en bénéficiant des gains (stratégie du Passager Clandestin ou Free Rider).
- Mécanismes de Mobilisation :
- Incitations Sélectives : Avantages personnels (positifs ou négatifs) pour pousser à l'action.
- Rétributions Symboliques : Théorisées par Daniel Gaxie, elles concernent le prestige, la satisfaction morale et l'identité sociale.
- Structure des Opportunités Politiques (SOP) : Concept de Peter Elsinger liant l'émergence des mouvements à l'environnement politique (accès au débat, alliés influents, degré de tolérance).
- Variables Sociodémographiques : L'École de Columbia (Paul Lazarsfeld, Bernard Berelson) montre que le vote dépend de variables lourdes (CSP, patrimoine, âge, diplôme, religion). Le militantisme traditionnel décline au profit de l'engagement associatif et de la consommation engagée (CREDOC, Victoire SESSEGO, Pascale HEBEL).
- Objets de l'Action : Transition des conflits du travail offensifs vers des actions défensives. Émergence de valeurs Post-Matérialistes (Ronald Inglehart) et de luttes minoritaires (intersectionnalité chez Eric Fassin et Mara Viveros Vigoya).
- Répertoires d'Action Collective : Charles Tilly identifie trois modèles historiques :
- Local-patronné (traditionnel).
- National-autonome (moderne : grèves, manifestations).
- Transnational-solidariste (Éric Neveu : réseaux sociaux, dimensions mondiales, expertise).
Fondements du Commerce International et Spécialisation
- Théories Classiques : Adam Smith (Avantage Absolu) et David Ricardo (Avantage Comparatif) prônent la spécialisation pour obtenir des gains à l'échange. Le modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson (HOS) base la spécialisation sur les dotations factorielles (Capital/Travail).
- Échanges entre Pays Comparables : Expliqués par la différenciation des produits (horizontale et verticale) et la recherche de qualité (Paul Krugman).
- Chaîne de Valeur Mondiale : Concept de Michael Porter (1982) sur la fragmentation des processus productifs pour optimiser les coûts. L'internationalisation est portée par les FMN via les IDE.
- Inégalités Mondiales : Branko Milanovic utilise la Courbe de l'Éléphant pour montrer les gagnants (classes moyennes émergentes, les 1% plus riches) et les perdants (classes moyennes des pays développés) de la mondialisation.
- Débat Libre-Échange vs Protectionnisme : Le libre-échange favorise la baisse des prix et les économies d'échelle, tandis que le protectionnisme (éducateur chez Friedrich List, défensif chez Nicholas Kaldor) vise à protéger les industries naissantes ou en déclin.
Sources et Défis de la Croissance Économique
- Progrès Technique Endogène : La croissance résulte de l'accumulation de quatre capitaux : physique, humain, technologique (R&D) et public.
- Processus de Destruction Créatrice : Joseph A. Schumpeter décrit l'innovation comme un moteur instable remplaçant les anciennes structures par des nouvelles, générant des cycles économiques.
- Rôle des Institutions : Douglas North et Daron Acemoglu soulignent que le droit de propriété (brevets) et l'État de droit sont indispensables pour inciter à l'investissement.
- Limites Écologiques : La croissance se heurte à l'épuisement du capital naturel et au réchauffement climatique (GIEC). Le débat oppose la Soutenabilité Faible (substituabilité des capitaux par l'innovation) à la Soutenabilité Forte (complémentarité et nécessité de préserver le capital naturel).
Politiques Économiques dans le Cadre Européen
- Marché Unique : Vise la croissance par l'intensification de la concurrence, les économies d'échelle et la libre circulation (marchandises, services, capitaux, personnes).
- Politique de la Concurrence : Gérée par la Commission européenne, elle lutte contre les ententes, les abus de position dominante et contrôle les aides d'État (exemple du refus de fusion Siemens-Alstom).
- Politiques Conjoncturelles :
- Politique Monétaire : Unique, menée par la BCE (objectif de stabilité des prix proche de 2%).
- Politique Budgétaire : Nationale mais contrainte par le Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC) (limites de 3% de déficit et 60% de dette).
- Défis de l'Euro : Difficultés de coordination du Policy-mix et gestion des chocs asymétriques affectant certains États membres différemment.