Partie 3 : Jalons d’histoire constitutionnelle de la France

Laboratoire constitutionnel pendant le XIXème siècle

  • Élaboration de typologies (formes de régimes regroupées).

  • Depuis la rupture révolutionnaire, l’histoire constitutionnelle est marquée par un double mouvement :

    • Instabilité constitutionnelle (15 constitutions écrites).

    • Continuité politique.

    • Des constitutions différentes adoptent des règles similaires, expliquées par des grands principes généraux fixés par quelques auteurs de doctrine.

    • Carré de Malberg : importance de la loi dans l’organisation du régime français forme une typologie.

Deux cycles marquants de l’histoire constitutionnelle depuis la Révolution

  1. Premier cycle (1789-1815)

    • 1789 : Début avec la monarchie constitutionnelle.

    • 1791 : Première Constitution française.

    • 1792 : Proclamation de la première république.

    • 1799 à 1815 : Succession du Consulat et de l’Empire (Napoléon).

  2. Deuxième cycle (1815-1875)

    • Commence avec la chute de Napoléon.

    • Restauration des Bourbons et monarchie de Juillet.

    • Chute, seconde république en 1848.

    • 1852 : Second Empire.

    • A la fin de ces deux cycles, la république s’installera (1875).

    • Continuité républicaine jusqu’à nos jours.

    • Noter l’absence de logique dans la succession de ces cycles : l’histoire est toujours ouverte et imprévisible.

Chapitre 1 : les constitutions de la Révolution et de l’Empire

Section 1 : l’Assemblée nationale Constituante

  • Contexte : Caisses vides, Louis XVI convoque les États Généraux (le 5 mai 1789).

  • Structure sociale de la France en ordres : noblesse, clergé, tiers-état, chacun ayant des lois particulières (privilèges).

  • Le tiers-état supporte l’essentiel des contributions fiscales.

  • Cahiers de doléances au moment des États Généraux, requêtes du tiers-état :

    • Maintien de la monarchie.

    •  Égalité civile entre tous les citoyens (suppression des ordres et des privilèges).

    • Rédaction d’une constitution écrite pour ramener l’ordre dans le royaume et dans les finances, inspirée du modèle américain.

  • Réaction du roi : doublement du nombre de représentants du tiers-état, mal interprété.

    • Vote par ordre, pas par tête : frustration du tiers-état.

  • Coup d’État du tiers-état : déclaration de l’Assemblée Nationale et Assemblée Nationale Constituante (17 juin).

  • Serment du jeu de Paume (27 juin) : abolition des privilèges le 4 août.

  • Proposition de la DDHC (Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen) le 26 août 1789.

Paragraphe 1 : La DDHC
  • Inspiration : texte fondamental, inspirant la déclaration de l’ONU et reconnu sous la Vème République pour sa valeur normative.

  • Représente le grand principe libéral : tous les individus ont des droits naturels qui ne peuvent être restreints par le pouvoir.

    • Les droits naturels incluent : liberté, propriété privée, sûreté (sécurité juridique), résistance à l’oppression.

    • Article 1 : « Les hommes naissent libres et égaux en droits ».

  • Article 16 : Affirmation du principe de la séparation des pouvoirs.

  • L’idée de la souveraineté nationale (art. 3 et 6) remplace la souveraineté royale.

  • Elle pose les bases pour la Constitution à venir.

Paragraphe 2 : la Constitution du 3 septembre 1791
  • Fixe l’organisation politique autour de trois grandes idées :

    • Séparation des pouvoirs.

    • Suprématie de la Constitution.

    • Souveraineté nationale et décision politique représentative.

A. La question du pouvoir législatif
  • Apparition de l’idée de souveraineté nationale.

  • Souveraineté nationale répond à deux défis :

    • Sortir de la souveraineté royale.

    • Éviter que cette souveraineté nationale ne devienne populaire et démocratique.

  • Souveraineté est :

    • Unique (s’exerce univoquement sur tous).

    • Indivisible (aucun individu ne peut la revendiquer).

    • Inaliénable (pas restituable à la royauté).

Représentation dans le corps législatif

  • Corps législatif, chambre unique : l’Assemblée nationale législative.

    • Permanente, le roi ne peut la dissoudre.

    • Durée mandat : 2 ans.

B. La question du pouvoir exécutif

  • Le roi : représentant selon son pouvoir législatif, doit respecter la loi.

    • Inviolabilité et irresponsabilité en tant que titulaire du pouvoir exécutif.

    • Contresignature obligatoire par les ministres.

Conflits internes et convocation de la Convention
  • Appels au suffrage universel (1792) pour une nouvelle assemblée, la Convention.

  • Le 10 août 1792 : suspension du roi.

Section 2 : La Convention et les Constitutions sous la Convention

  • La Constitution de 1791 était libérale.

  • La Convention, élue au suffrage universel, met en avant la radicalité démocratique.

    • Abolition de la royauté (21 septembre 1792).

  • Proclamation de la République, changement de calendrier et rationalisation des poids et mesures.

  • Pouvoir exercé par les conventionnels jusqu’au coup d’état de Napoléon.

DDHC de 1793

  • Introduction à la Constitution de 1793, orientée vers l’égalité politique.

  • Égalité réelle et politique, droit de concourir à la formation de la loi.

    • Art. 21 et 22 : Droit au travail, à l’assistance, à l’instruction.

A. Le pouvoir législatif de la Constitution de 1793

  • Assemblée unique, élue pour un an.

  • Règles à chaque niveau (cantons) pour statuer sur des propositions de loi.

B. Le pouvoir exécutif de la Constitution de 1793

  • Exécutif collégial, élu par l’Assemblée, sans pouvoirs d’initiative.

  • La Constitution ne sera pas appliquée à cause de la guerre.

Paragraphe 2 : La Constitution du 5 Fructidor an 3 (22 août 1795)

  • Retour à une perspective moins démocratique, organisation en deux chambres.

A. Organisation des pouvoirs
  • La portée électorale est réduite, retour au sufrage censitaire.

  • Introduction du bicaméralisme : Conseil des anciens et Conseil des 500.

B. Nature du pouvoir exécutif sous le Directoire
  • Collégialité du Directoire, tension avec les conseils.

Chapitre 2 : L’établissement progressif de la monarchie parlementaire (1814 à 1870)

  • Phase de restauration (1814-1830), et avènement de la monarchie de Juillet (1830-1848).

Section 1 : La charte du 4 juin 1814, la restauration
  • Déclaration du peuple français appelant Louis XVIII.

  • Articulation entre légitimité de l’ancien régime et réformes libérales.

A. En quoi la charte est une Constitution octroyée par le roi
  • Refus de la souveraineté nationale.

B. Aspects de libéralisme dans la Charte
  • Reconnaissance de droits individuels : liberté de la presse, liberté religieuse, égalité et droit de propriété.

C. Caractères du sufrage
  • Restrictions concernant le système électoral, favorisant la bourgeoisie.

D. Pouvoirs publics sous la Charte
  • Le roi détient le pouvoir exécutif et possède des prérogatives importantes.

  • Parlement en deux assemblées : chambre des Pairs (nommée par le roi) et chambre des députés (élue par un électorat restreint).

Paragraphe 3 : Émergence d’un régime parlementaire
  • Introduction de la responsabilité des ministres devant les chambres.

Section 2 : La Charte du 14 août 1830, la monarchie de Juillet
  • La Charte est imposée par les chambres au roi Louis-Philippe.

  • La souveraineté nationale est rétablie.

  • Aménagement du corps électoral.

Chapitre 3 : L’avènement du suffrage universel (1848-1875)

  • Nouveau cycle républicain et tentative dictatoriale de transformation en second empire.

Section 1 : La Constitution du 4 novembre 1848
  • Adoption du suffrage universel pour l’élection de l’assemblée constituante.

  • La Constitution de 1848 instaure des droits sociaux.

A. Pouvoir législatif
  • Assemblée législative unique, 3 ans, 750 membres.

B. Pouvoir exécutif
  • Président élu par le peuple, autonomie par rapport à l’assemblée.

  • Louis Napoléon Bonaparte devient président.

Paragraphe 3 : Le coup d’état du 2 décembre 1851
  • Coup d’État pour modifier les règles de réélection.

Section 2 : Du prince président au régime impérial (1852-1870)
  • Évolution vers l’empire et consolidation du pouvoir de Napoléon.

A. La Constitution du 14 janvier 1852
  • Maintien des institutions de l’an 8 avec absence de réciprocité du pouvoir législatif.

B. Proclamation de l’empire
  • Officiellement annoncée par le Senatus consulte du 7 novembre 1852.