SOCIO DES AGES

  

Introduction :

 

Age : en socio, c’est une des grandes trois variables sociales pour caractériser individu. (mais variable moins étudié qu’autres variables.)

 

Appartenance sociable = variable REINE de la sociologie, la + importante.

On utilise deux indicateurs pour définir appartenance sociale : profession et niveau d’étude.

Nos façons d’être de faire et de penser sont influencées par notre milieu social.

Opinions, politiques, gouts…tout est influencé, lié à mon milieu, ma famille, ma socialisation.

 Mais aussi à l’âge et le sexe.

 

L’âge et le sexe ont été moins étudiés que l’appartenance sociales :

On s’est intéressé au sexe grâce aux féministes et à la sociologie du genre, mais l’âge a été longtemps mis de côté :

 

Durkheim (un des fondateurs de la sociologie) a écrit une recherche sur le suicide au début de la discipline, a une époque ou ce qui est important pour lui c’est de faire exister la sociologie en tant que science a part : une étude purement sociologique, non pas psy ou philo. Dans sa recherche, il recueille la donnée « âge », mais ne l’analyse pas, ou très insuffisamment.

Pourquoi ? Pour Durkheim, l’âge et le sexe ne concernent pas la sociologie, donc pas d’analyse à faire.  

 

Ça pose un problème : l’âge et le sexe sont pourtant des variables importantes :

(Les taux de suicides augmentent avec l’âge.)

 

L’âge n’est pas non plus très présent dans la sociologie même plus récemment : Bourdieu, sociologue influent, n’analyse que très peu l’âge : pour a peu près les mêmes raisons que Durkheim. Pour lui, l’âge ne doit pas intéresser le sociologue.

 

Ex : dans un de ses ouvrage, il écrit un article nommé « la jeunesse n’est qu’un mot » (questions de sociologie 1984), et dis :

« C’est par un abus de de langage formidable que l’on peut subsumer sous le même concept des univers sociaux qui n’ont pratiquement rien de commun »

 

  Pour lui, quand on parle de la jeunesse, on met derrière ce terme des gens qui sont socialement très différents : pour Bourdieu, c’est un groupement qui n’a pas de sens. Les « jeunes » ne viennent pas des mêmes milieux, n’ont pas les mêmes positions, etc.… pas de point commun entre un jeune étudiant et un jeune ouvrier. Pour lui, on devrait parler DES jeunesses, des jeunesses différentes. 

Pour Bourdieu, l’âge nous trompe, serait une fausse piste, ce qui est important est la classe sociale.

 

Cependant, d’autres sociologues eux considéraient l’âge comme quelque chose d’intéressant :

Morin (années 60) propose une autre perspective de l’Age. Pour lui, il y a une culture jeune. Les jeunes, peu importe leur milieu social, ont quelque chose en commun (des manières de s’habiller, une manière de parler, des héros en commun, gouts musicaux, magazines, etc.…) Les jeunes partagent des codes culturels.

 

 Au contraire, Chamboredon pense plutôt comme Bourdieu. Pour lui, la culture adolescente est une illusion idéologique qui masque les différences causées par la classe sociale.

 

Il y a donc un début de réflexion sur la sociologie de l’âge dans les années 60, même si beaucoup s’y opposent.

 

 

Les enquêtes statistiques jusqu’à assez récemment découpaient des tranches d’âge qui n’étaient pas très pertinent, arbitraire, par tranche de 5 ou 10 ans sans se demander si ça correspond a quelque chose, sans pertinence sociologique.

 Ex : les « plus de 60 ans ». C’est une catégorie trop vague et large : c’est comme dire les « moins de 60 ans » en incluant nourrissons et pompiers dans le même groupe.

 

Mais cela progresse et change.

 

En conclusion, l’âge est une caractéristique centrale qui fut longtemps négligée. A l’échelle de la discipline c’est une sociologie récente (a peu près 60 ans). Elle est encore peu développée comparée à d’autres sociologies mais se structure autour de trois grandes dimensions :

 Socio de la jeunesse, socio de la vieillesse, et l’étude des différentes générations.

 

La socio de la jeunesse est la première a apparaitre : les sociologues s’intéressent aux jeunes quand la jeunesse devient visible, dans les années 60. Les jeunes intriguent et inquiètent.

 Ex : 1963 : 1ere fête de la musique. C’est une fête de jeunes, et c’est marquant pour l’époque.  

Une question apparait à cette époque : Est-ce que finalement, l’opposition des générations ne serait pas aussi une des oppositions majeures de la vie sociale ?

Cette question peut encore se poser aujourd’hui.

 

Par la suite, les recherches se sont élargies grâce à une demande du pouvoir public, par exemple par rapport à l’insertion professionnelle des jeunes, ou bien la délinquance (associée à la jeunesse).  

 

 

La sociologie de la vieillesse est elle apparue plus tard, a cause d’un constat démographique de l’augmentation des personnes âgées. Comme pour les jeunes, les âgés deviennent de plus en plus visibles, et le pouvoir publique veut des réponses par rapport au « problème vieux » (les retraites, la dépendance…) Mais aussin des analyses des modes de vie des retraités, vu que les retraités ont maintenant une plus longue espérance de vie.

Ces deux sociologies sont apparues quand les groupes étudiés sont devenus plus visibles, puis quand ils ont commencé à inquiéter les pouvoirs publics.

 

Il y a peu de sociologie des adultes : car c’est souvent la sociologie du travail. Mais il commence à avoir une sociologie des âges adultes (ex : le milieu de la vie, les changements de carrière, les divorces…) C’est une sociologie qui se développe.

 

 

I-              L’AGE EN SOCIOLOGIE ET LA SOCIOLOGIE DES AGES

 

A)    Types d’âges

 

-       L’âge chronologique : nombre d’années ecoulées depuis la naissance.

-       L’âge biologique (ou physiologique) : l’âge des artères, l’état général de l’organisme.

-       L’âge subjectif : l’âge chronologique que la personne se donne.

-       L’âge social : l’âge de la vie tel que le reconnaissent ou le définissent les règles d’une société en attribuant a cet âge des rôles et un statut distinct.  association âge chronologique et rôle social.

 

L’âge chronologique :

 

C’est un nombre : la durée écoulée depuis la naissance (INSEE)

Il peut être calculé de deux manières :

-       Age en années révolues (âge au dernier anniversaire)

-       L’âge atteint dans l’année : (différence entre l’année de l’évènement et l’année de naissance de l’individu)

 

Il est a la fois révélateur du focntionnement de notre société, et un outil pour notre société.

Il révèle notre façon de concevoir le temps et le passage du temps, et donc de la vie humaine.

 

On pense le déroulement du temps de manière linéaire :

 


Alors que certaines sociétés ont une conception cyclique du temps et de la vie humaine.

 

Cette manière de voir l’âge est intégré dans notre société, vie et identité. Mais ça n’a pas toujours été ainsi :

Au Moyen Age, les gens ne connaissaient pas leur âge. (Ex : durant les procès, les gens donnaient un âge approximatif.) L’âge chronologique n’était pas important.

 

A partir du 16e siècle, l’âge chronologique devient important avec la création des registres d’état civil et des papiers d’identité.

Si l’état fait ça, c’est car il a besoin de critères de gestion des populations.

 

Avec la création de ces registres, l’âge devient un critère qui permet d’ouvrir des droits et des devoirs qui se développent : droit de vote, majorité pénale, obligation scolaire, âge de la retraite….

On attache des droits et devoirs a l’âge chronologique. L’âge est donc devenu un élément de catégorisation et de classement des individus (comme le sexe et la profession.)

 

L’âge chronologique s’impose donc progressivement dans le quotidien et révèle le mouvement de rationalisation de la société : on mesure tout.

Il traduit aussi le besoin d’identifier les individus, de les gérer en fonction de leur âge.

 

Il institue des normes, des règles… en faisant ça, il crée des communautés d’appartenance, de conditions… (ex : enfants en bas âge, adolescents…)

On a des attentes normatives liées à l’âge.

 

C’est notre manière de fonctionner en Occident : mais dans d’autres sociétés, on ne parle pas d’âge chronologique mais des classes d’âges.

Ces classes d’âges représentent des groupes de personnes ayant environ le même âge, organisés en un groupement socialement reconnu.

En appartenant à cette communauté, ils ont le même statut, et on attend d’eux qu’ils exercent certaines activités.

On passe d’une classe d’âge a une autre par un rite de passage.

 

Ce n’est pas l’âge chronologique qui compte, mais bien les classes d’âge.

Tout le monde passe par des rites : c’est une cérémonie que traversent tous les gens de cette classe d’âge.

Ces classes d’âges sont officielles, institutionalisées. Chaque société organise différemment l’organisation des populations dans des classes d’âge.

 

Ex : Les Kipsigis d’Afrique de l’Est ont un rite de passage à l’adolescence : une fois que les garçons ont passé ce rythme, et sont reconnus comme des guerriers. Leur rôle social est maintenant de faire la guerre.

Ils ont des nouveaux droits : la viande, la sexualité… Mais ils n’ont pas encore le droit à la paternité.

 

Dans quasiment toutes les sociétés traditionnelles, il y a donc des rites de passages. Pour découper la vie, et toujours à l’union, la naissance et la mort…

Ces rites prennent des formes différentes selon la société, le milieu dans lequel les individus vivent. Van Gennep a étudié les rites et a trouvé un point commun : la structure ternaire des rites, c’est-à-dire que les rites ont trois temps :

 

-       La séparation : on sépare l’individu du groupe ou il était avant :

Souvent, la phase de séparation passe par des pratiques de purification, car il faut symboliquement se purifier de ce que l’on était.

 

 

 

 

-       La liminalité/marge : l’individu est entre deux états, entre deux classes d’âges.

Dans certaines sociétés, les enfants quittent le village, et doivent survire seuls sans nourriture ni eau pendant plusieurs jours. Dans d’autres, il y a consommation de plantes hallucinogènes, ou scarifications… Il y a toujours une idée d’épreuve physique et/ou psychologique.

 

-       La phase d’agrégation : l’individu est agrégé, fait partie du nouveau groupe.

Il doit maintenant s’acquitter de toutes les taches attendues de son nouveau groupe d’âge.

 

 

Les rites des femmes sont moins connus, à cause d’un manque d’intérêt des anthropologues ou d’impossibilité de les voir.

 

Peut ont parler de classe d’âge en Occident ?

Il n’existe pas de véritables classes d’âge, mais certains chercheurs parlent de « rites faibles » : Bizutage, pot de départ a la retraite, conduites à risques adolescentes…

 

Dans notre société, on assiste à un mouvement général de dé-ritualisation. Les rites traditionnels (anniversaires, mariages), sont moins importants.

 

Peut-on parler de groupes d’âges plutôt que classes d’âges dans notre société ?

Les gens du même âge ont souvent approximativement le même comportement, les mêmes gouts, etc. On produit quand même un découpage institué des âges de la vie.

 

L’âge organise notre société de manière légale et de manière normative.

 

 

L’âge biologique :

 

Critère majeur dans le champ biomédical.

Deux phases :

-       Croissance.

-       Sénescence.

 

Les manifestations du corps sont très importantes pour évaluer l’âge biologique d’un individu.

 Le vieillissement est un phénomène hétérogène : il est toujours différent et présente une grande variabilité intra et inter individuelle. On ne vieilli pas tous de la même manière, et tous nos organes ne vieillissent pas de la même manière.

 

Il y a du social dans le biologique : en fonction des modes de vies, certains individus vieillissent différemment. On observe un vieillissement précoce des classes défavorisées.

 

On va regarder le corps pour savoir si la personne est plus ou moins usée, donc âgée.

 

L’épigénétique : l’évolution génétique des humains ne se fait pas que pour des raisons biologiques ou par hasard. Ce sont les pratiques sociales humaines qui nous ont modifié génétiquement sur le long terme.

 

La culture fabrique la nature.

 

On utilise aussi des mesures biologiques pour mesurer l’age chronologique : pour connaitre l’âge des migrants, par exemple ( radio du poignet par exemple)

 

 

L’âge subjectif :

 

Se sentir plus ou moins vieux.

Les enquêtes montrent 2 tendances, une cherchant

à se vieillir puis à partir de 25ans, une autre cherchant à se rajeunir. De plus, les individus de 50 peuvent se sentir plus proche des personnes de 40 ans.

On l’explique par une valeur sociale attachée à la jeunesse et à la vieillesse. Des adolescents vont avoir tendance à se vieillir pour gagner en autonomie, en liberté et en responsabilité. Les adultes inversement cherche à se rajeunir pour continuer à apparaitre performant d’un point de vue sportif, professionnel ou sexuel.

 Le marketing met en scène des individus plus jeunes ou plus vieux que le public qu’il vise. (Exemple : pub voyage proposé aux seniors dans laquelle, est mis en scène des personnes de 50 ans – public visé : jeunes filles de 13ans alors pub avec des lycéennes).

 

L’âge social :

 

En sociologie, l’âge est une construction sociale. C’est-à-dire que les sociétés -nos sociétés - construisent, fabriquent, donnent forme à la façon dont on perçoit l’âge. C’est la société qui met du sens derrière l’âge. En conséquence, chaque société fait différemment.

L’organisation des âges de la vie comme :

-       Un produit d’une lutte de classement

-       Un produit de modernité

-       Un produit de l’action de l’État

-       Une variable selon les espaces sociaux

 

C’est un produit d’une lutte de classement :

‘La jeunesse n’est qu’un mot’ Bourdieu.

Pour Bourdieu, l’âge est une donnée biologique manipulé et manipulable par la société. Le réflexe du sociologue est de rappeler que les divisions entre les âges sont arbitraires.

La frontière entre la jeunesse et la vieillesse est dans toutes les sociétés un enjeu de lutte parce que les représentations, l’image que l’on se fait des choses (de la jeunesse, de la vieillesse) donnent l’opportunité à des individus ainsi caractérisé d’accéder à un certain statut et à une certaine prérogative.

 

 L’enjeu, c’est la détention du pouvoir économique, politique, symbolique. On fabrique ainsi des stéréotypes d’âges qui jouent sur les rapports de pouvoirs.

 (Exemple : être jeune c’est l’immaturité, la liberté, l’énergie, le temps pour les loisirs. En utilisant le stéréotype de l’immaturité, le pouvoir de décision, de responsabilité est enlevé. Les personnes âgées sont dites comme fatigué et donc trop faible pour faire face à des problèmes. C’est quasiment omniprésent dans la politique (Joe Biden).

 

 

Un produit de la modernité :

 Révolution industrielle modernité XIXe siècle.

 Selon les auteurs qui attachent l’organisation des âges de la vie à un produit de la modernité, ça a conduit à ce que Kohli appelle l’institutionnalisation du cours de la vie. La secondarisation des emplois découpe en 3 temps le cours de la vie : la jeunesse (avant le travail), l’adulte (travaillant), la vieillesse (incapacité de travailler). L’âge chronologique devient beaucoup plus fort (école obligatoire jusque quand, quand peut-on commencer à travailler, quand doit-on arrêter.

Avant la révolution industrielle, les filles ou fils de paysans commence à travailler sans s’en rendre compte et travaillent jusqu’à leur mort. C’est une standardisation des trajectoires de vie. On assiste également à une spécialisation des âges, pour chaque âge son rôle.

 

Cette institutionnalisation est rigide. Le passage d’une étape à l’autre s’organise par des seuils d’âge. C’est une rigidité double car à chaque âge, les individus ont un rôle social à tenir (étudier, travailler). Il existe toutefois depuis quelques années des recherches sur une désinstitutionalisation car on peut quitter le foyer parental puis y retourner, étudier plus tard voir en retraite... Ce sont des discussions qui restent toujours ouvertes.

 

Un produit de l’action de l’état :

L’État légifère sur les âges : de la scolarité (13ans en 1882, 14ans en 1936 puis depuis 1956, 16ans), de la majorité (21 ans jusqu’en 1974) du permis de conduire

(17ans), de la retraite (64ans).

 L’État organise alors la vie des gens. Outre l’État, de nombreuses institutions publiques et privées imposent des limites d’pages et renforcent l’idée que l’un est un moyen de distinguer et discrimine les individus

(SNCF carte 12-25 ans).

 

Une variable selon les espaces sociaux :

Dans certains contextes ou espaces sociaux la perception de l’âge varie :

A 55ans, si on est salarié c’est vieux. Mais à la personne est également trop jeune pour être à la retraite.  Sur le marché matrimonial, l’âge et le sexe impactent l’attractivité de l’individu (Homme de 50ans plus attractant qu’une femme de 50ans).

 

 

Pourquoi les enquêtes actuelles montrent que les personnes de 50 ans ont plus de relations sexuelles :

-       Hypothèse de santé (ils sont plus jeunes)

-       Hypothèse de l’époque (libéralisation des mœurs)

-       Hypothèse du renouvellement de couple (divorce, remise en couple, devoir conjugal)

-       Hypothèse de la véracité des données (ce qu’on déclare n’est pas forcément ce que l’on fait, fait d’avoir l’air jeune donc déclaré avoir une vie sexuelle active)

B)     Rapport d’âge et d’âgisme

 

L’âgisme est une discrimination en fonction de l’âge et donc envers les personnes âgées.

Le premier a utiliser ce terme est le médecin Butler (1969) ou il y rattachait les stéréotypes des personnes âges. Maintenant, c’est une ségrégation liée à l’âge.

L’âgisme est défini comme un processus de stéréotypes systématiques et de discrimination contre les personnes, parce qu’elles sont vieilles, tout comme le racisme ou le sexisme le fait pour la couleur de peau ou le sexe. Les personnes sont cataloguées de séniles, rigides dans leur pensée et leur manière, vieux jeu dans leur moralité et dans leur pratique. Parfois l’âgisme amène une discrimination positive (situation dans le bus où on laisse des places pour les personnes âgés).

 

En occident, les sociétés sont dans des formes d’âgisme ordinaire ou les personnes âgées sont traitées différemment simplement du fait de leur âge chronologique ou de leur apparence physique. L’âge est également naturalisé, on confond l’âge de vieillir avec la sénescence. Quand on naturalise l’âge (=biologise l’âge), on ne le voit que comme une dégradation du corps et de l’esprit. On oublie l’acquisition d’expérience...On standardise l’âge comme ‘LA’ personne âgé fonctionne comme ça... Alors qu’on ne peut tirer de généralité depuis qu’une personne qui n’existe finalement peut être même pas.

 D’autre part, notre époque favorise l’âgisme car la société de consommation apprécie le neuf et le remplacement. Dans les sociétés traditionnelles - notamment en Afrique subsaharienne – un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle parce que ce le savoir provient des ancêtres (: Amadou Hampaté Bâ).

Dans ces sociétés, l’âgisme ne semble pas exister parce qu’ils ont du savoir et qu’on a besoin d’eux. Manquer de respect aux anciens nuit au bon fonctionnement de la société.

La place de l’ancien diffère quand même selon les sociétés africaines.

 

« Comportement visant à hâter la mort » : Dans plusieurs sociétés, les personnes trop âges sont abandonnées, notamment dans les sociétés nomades.

Chez les inuits, lorsque le parent devient trop amené, les enfants peuvent l’emmener à l’écart sur la banquise et même parfois le poignarder pour atténuer ses souffrances. Ces sociétés abandonnant ou tuant, sont des sociétés très pauvres ou les personnes âgées peuvent elles-mêmes demandé à être abandonnée ou tuée.

 

 

C)     Générations

 

Il existe 4 manières de concevoir les générations :

-       Familiales

-       Démographiques

-       Sociales

-       Du welfare

 

La génération familiale désigne la place occupée dans un rapport de filiation. Au sens ethnologique, c’est un ensemble de oursonnes quelle que soit leur hétérogénéité d’âge, qui ont en commun un même degré de filiation par rapport à un autre ensemble bien identifié.

La génération démographique désigne la cohorte des personnes nées lors d’une même année. (exemple la génération de 2004)

 

La génération sociale désigne l’ensemble des personnes nées à peu près dans les mêmes années (18-25ans, 16-22ans). Les personnes nées dans les mêmes années partagent un certain nombre de choses car elles ont été socialisées (imprégnées) à la même époque.

Mannheim (1928) Le problème des générations : ceux qui sont nées à la même époque partage une même situation de génération mais ne deviennent une vraie génération que dans des circonstances particulières.

Des individus nés à la même époque peuvent devenir une vraie génération mais ce n’est pas obligatoire. Pour le devenir, il faut se reconnaitre et avoir conscience d’exister en tant que vraie génération. Marx considère des classes en soi et des classes pour soi. Une classe en soi est une classe existante en tant que telle alors que dans une classe pour soi, les individus se reconnaissent comme appartenir à leur classe.

Mannheim reste toutefois flou sur cette conscience de génération.

 

 

Une génération existe parce qu’elle se définit par le fait qu’elle a subi dans sa totalité une exposition massive à une conjoncture historique lourde. Pour un historien, une conjoncture historique lourde n’est pas à prendre à la légère, ce sont par exemple les jeunes de 16 à 25ans lors de la Première Guerre Mondiale.

 Gen babyboom né après la guerre, n’ayant pas connu la guerre sur le territoire français alors que jusqu’à 1915 il y a toujours eu des guerres sur le sol français.

 

La sociologie tend à considérer que des individus nés à la même époque ont nécessairement des choses en commun. C’est l’influence sociale qui fait qu’on a nécessairement des choses en commun avec les autres de notre âge, parce qu’on a baigné dans un même esprit du temps. Dilthey considère que la génération forme un cercle assez étroit d’individus qui malgré la diversité d’autres facteurs sont reliés en un tout homogène par le fait qu’ils dépendent des mêmes grands évènements et changements survenus durant leur période de réceptivité. Cette période correspond à celle durant laquelle les choses s’impriment chez les individus par la socialisation familiale, amicale, scolaire, l’époque (de 0 à 25ans).

Souvent ce que l’on est est le fruit d’imprégnation des 25 premières années.

 

 

La génération Welfare désigne la position d’un individu dans le système de protection sociale. On distingue les générations actives (engagées sur le marché du travail et qui versent des cotisations), des générations plus âgées ou plus jeunes (sorties ou pas encore entrées dans le marché du travail). Le contrat social intergénérationnel intervient alors dans cette génération ce qui amène la question de la gestion de ces solidarités publiques entre les générations. Ces générations fonctionnent ensemble et ne sont pas destinés à n’être étudié que par un biais.

Pour un même individu, il y a plusieurs identités générationnelles (familiale fils de, sociale né quand, welfare actif ou retraité).

 

 

 

Les rapports entre les générations :

-       Différences (notamment culturelles, de loisirs, de consommation)

-       Inégalités (nuance avec différence, même une question de justice sociale)

-       Solidarités (famille, amis)

-        Ségrégations (des groupes d’âges)

 

 

 

·      Différences. :

 

Le fait d’être né a une certaine époque influence le comportement des individus.

Des individus issus de deux générations différentes vont présenter des differences culturelles.

Des individus qui ont vécu dans le même contexte, la même époque, qui ont partagé les mêmes contraintes Partagent des valeurs communes, mais aussi des manières de se comporter. Le fait d’appartenir a une génération influence notre façon de voir le monde, notre façon d’agir, et nos choix. Il s’agit de différences de valeurs et de gouts.

 

Souvent, on considère que les générations les plus anciennes seraient plus rigoristes, moins tolérantes que les générations plus jeunes sur des questions comme l’adultère, le divorce, l’homosexualité, l’avortement, l’euthanasie.

 

L’éducation et la religion influencent la manière de voir le monde.

Les gouts (musicaux, culturels, etc.) évoluent avec les époques mais aussi avec l’âge, et avec la société qui changent (  réseaux sociaux)

 

L’accélération de la société : avant, il y avait davantage de transmission générationnelle des plus âgés vers les plus jeunes. L’accélération de la société fait que les jeunes grandissent dans un monde différent de celui de leurs parents. Ce que disent les anciens apparait en décalage avec la réalité.

 

Le rapport au travail a changé, son organisation a changé. Aujourd’hui, les travailleurs sont beaucoup plus mobiles.

 

 

·      Inégalités (nuance avec différences, question de justice sociale)

 

On parle d’inégalité dans le destin social.

La génération est marquée par les évènements qu’elle traverse (ex : guerre)

Il y a une conjoncture économique et sociale (ex : marché du travail rempli ou pas en fonction des époques.)

 

Le monde du travail s’est transformé, et ça crée au sein des entreprises des inégalités salariales.

 Jusqu’en 1975, il y avait un double mécanisme salarial :

-       Augmentation du salaire avec l’ancienneté

-       Le salaire de base augmentait avec le temps pour les nouveaux employés

 Égalité des salaires.

Mais maintenant, sans ce mécanisme, il y a un gros écart de salaires entres les jeunes et vieux. Il y a aussi une inégalité de pouvoir.

 

 

Ces inégalités peuvent créer des conflits entre les générations.

D’autres éléments peuvent aussi créer des tensions :

-       La dette de la France.

-       L’écologie.

 

 

·      Solidarités (famille, amis)

 

Au sein de la famille, il y a plusieurs types de solidarité :

-       Soutien matériel (s’aider) : garder les enfants, faire les courses pour son parent âgé, jardiner, etc...

-       Aides financières : don d’argent…

-       Ressources en termes d’information : les parents qui font bénéficier les enfants de leur réseau (ah je connais quelqu’un.)

 

Attias Donfut s’est particulièrement intéressée a ce qu’elle appelle la génération pivot (génération des grands parents).  Elle joue un rôle central dans la famille, car elle va aider a la fois ses enfants et ses parents.

 

 

La solidarité familiale génère des inégalités :

-       Tout le monde n’a pas les mêmes moyens financiers, et richesse de réseau, etc.… creuse les inégalités déjà existantes.

-       Différences démographiques : certaines familles ont 3 enfants, d’autres 12.

-       Solidarités sont souvent assurées par les femmes : solidarité essentiellement féminine.

-       Elles créent de la dépendance : crée une forme de dette a l’égard des parents.

 

Pour éviter ça, il faudrait que la solidarité ne soit pas juste familiale, mais étatique

 Les Dannois ont une bourse.

 

 

·      Ségrégation des groupes d’âge

 

Le constat fait par les sociologues et anthropologues, c’est qu’on est passé d’une société qui mélangeait les âges et séparait les sexes, a une société qui mélange les sexes et séparait les âges. Il y a donc actuellement peu d’espaces ou les âges se rencontrent.

 

Il y a aussi une ségrégation dans le domaine de l’habitat : aux États Unis, il y a des gated communities réservées aux personnes âgées. Il y a aussi les effets de vieillissement mécanique d’un quartier (certains quartiers ou il y’a que des vieux.)  

 

Pour contrer ça, il y a des démarches pour créer ce que l’on appelle des liens intergénérationnel : construire une crèche près d’une maison de retraite, construire des immeubles intergénérationnels. Ces demarches marchent de manière partielle, vu que les générations continuent un peu de s’éviter.

 

 

II. SOCIOLOGIE DE LA JEUNESSE

 

Dans la littérature sociologique, le terme jeunesse peut être pris dans un sens plus ou moins large. On peut distinguer deux approches de la jeunesse :

-       La jeunesse comme première phase de l’existence, celle qui précède l’âge adulte.

-       La phase située entre l’enfance et l’âge adulte, voire même entre l’adolescence et l’âge adulte.  

 

 

A.    La jeunesse comme construction historique et institutionnelle

 

Phillipe Aries s’est intéressé a la question de l’enfance au moyen âge.

Il montre que dans la société traditionnelle du moyen âge, on faisait assez peu de différences entre les enfants et les adultes.

Il n’y a pas de sentiment de l’enfance au moyen âge, les gens ne voient pas les enfants comme un âge a part :  les enfants sont des adultes miniatures.

Il y a des raisons pour ça : notamment la mortalité infantile. Les gens étaient moins attachés aux enfants car ils savaient qu’ils mourraient tôt.

 Plus d’un enfant sur trois meurt a la naissance ou dans sa première année.

(Cette thèse de Aries a été critiquée par des historiens.)

 

Pour Aries, il faudra attendre le 18E siècle pour voir apparaitre un sentiment d’enfance, pour voir les enfants comme différents des adultes. ( moins de mortalité infantile, moins d’épidémies.)

Il y a un autre élément qui change : le souci éducatif. Déjà au sein de la famille, l’enfant est considéré comme un être à devenir, et est donc considéré comme un vrai investissement.

L’école qui se développe devient un lieu spécifique aux enfants.

 On commence a considérer le fait que les enfants ont un rôle particulier dans la société : s’éduquer et se préparer a l’âge adulte. L’école a donc un role central et majeur sur la prise en considération par la société des enfants.

 

Grandes étapes du développement de la scolarisation :

 

-       19E siècle, il y a encore beaucoup d’enfants qui travaillent.

-       Première loi qui limite le travail des enfants en 1841 : maximum de 8H de travail par jour pour les enfants de 8 à 11 ans, et de 72h par semaine pour les enfants de 12 a 16 ans.

-       Loi Ferry de 1882 rends la scolarisation obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans

 scolarisation de masse.

-       Au 20E siècle, l’emprise de la scolarisation s’étends massivement (14 ans en 1936, 16 ans en 1959.)

 

Il y a ensuite une explosion scolaire dans les années 60. Entre 1966 et 1975, en France on inaugure en moyenne un collège par jour. On crée des collèges de manière massive.

La deuxième explosion scolaire se déroule dans les années 80 avec un but : amener 80 % d’une classe d’âge jusqu’au bac.  Augmentation très forte des bacheliers.

 1945, il y avait 3 % de bacheliers, 25% en 1975, et plus de 70% d’une classe d’âge à partir des années 2010.

L’âge médian de la fin des études recule : on fait des études de plus en plus tard.

 

Ce développement de l’école va aussi du côté des plus jeunes, avec le développement dans les années 60-70 de l’école maternelle.

 En 1963, 40% des enfants de 3 ans étaient a l’école. En 1970, c’est 61%.

Ce changement est lié au travail des femmes : de plus en plus de femmes travaillent et ne peuvent donc plus garder leurs enfants.

On commence aussi à faire des recherches qui donnent des connaissances sur les premières années de la vie d’un enfant : on voit que les premières années de la vie sont essentielles pour le développement humain, on y mets donc plus d’importance.

 

Tout ça amène donc a un modelage de la petite enfance.

Chamboredon publie un article, « le métier d’enfant », en 1973, qui montre qu’il y a maintenant un rôle pour les enfants.

Il ya des nouvelles normes sur la manière d’éduquer, de nourrir, d’élever les jeunes enfants.

 

 

B.    La jeunesse comme phénomène culturel

 

 

On va chercher a mettre en évidence les comportements et les valeurs propres a la jeunesse.

Aux États Unis, on s’intéresse a la « youth culture ». Talcott Parsons publie en 1942 ce qui est considéré comme le premier article de sociologie de la jeunesse.

Il s’intéresse a l’adolescence et la définit comme une culture de l’irresponsabilité.

Il observe des jeunes, et dit qu’être jeune consiste a prendre du bon temps et à se conformer a des stéréotypes : il faut conformer a ces stéréotypes pour être bien classé dans l’échelle de prestige fondée sur l’attractivité sexuelle.  

 

En France, on a Edgard Morin dans les années 60. En 1962, il essaye de comprendre la jeunesse. Il dit qu’on peut parler de classe d’âge a partir du moment ou apparaissent a grande echelle des traits distinctifs communs. La classe adolescente tends a développer ces traits communs, et une idée de « nous les jeunes ».

Dans les traits distinctifs, il y a : les manières de s’habiller, moyens de communication, une façon de parler, des gouts musicaux…

Ce qui définit la culture jeune, pour Morin, c’est une culture du divertissement.

Cette culture ado est étroitement liée a la culture de masse, et donc aux États Unis.

 

Il y a des modèles de culture de masse créés pour les adolescents ( James Dean, Brando, ect..) Des codes culturels se mettent en place chez les jeunes. Il y a une standardisation : l’industrie culturelle prends les reines et fournit des standards aux jeunes.

Il y a une continuité, des années 60 jusqu’à nos jours.

 

 

La culture adolescente s’oppose aux adultes. Conflit d’autorité avec les parents et la société.

 Mai 68, révolution socio juvénile.

Il y a une opposition de valeurs entre les jeunes et les adultes.

 

Cela étant, tous les jeunes ne sont pas les mêmes, il y a juste une culture commune.

Il y a aussi des sous cultures jeunes.

Au Royaume Uni dans les années 60, il y en a deux : les rockers et les mods.

 

Aujourd’hui, le culturalisme n’est plus populaire, mais les sociologues continuent de s’intéresser aux jeunes. Il y a toujours une culture de masse, de plus en plus organisée par l’univers marchand. Ce qu’il change, c’est qu’il y a moins de révolte vis-à-vis des adultes, plutôt de l’indifférence.

 

 

 

C.    La jeunesse comme transition vers l’âge adulte

 

Olivier Gallan.

 

L’idée d’une jeunesse étudiée comme un moment de transition vers l’âge adulte.

Selon Gallan, cette transition est marquée par des étapes, le franchissement d’une série de seuils sociaux.

 

Les seuils sociaux se situent sur deux axes :

-       L’axe scolaire et professionnel : études, premier emploi…

-       L’axe familial : départ de chez les parents, installation en couple, naissance du premier enfant.

Il y à une vision assez normative chez Gallan.

 

Au cours des 40 dernières années, on constate un déplacement des seuils, qui sont de plus en plus tardifs.

 

 Recul de l’âge de fin d’étude :

 

L’âge médian de la génération née en 1960 était 18 ans. Pour la génération des 1975, l’âge médian était 22 ans. Aujourd’hui, on est autour de la vingtaine. Depuis la fin des années 2000, l’âge médian ne bouge plus beaucoup (il y à moins de redoublement + développement de filières plus courtes.)

 Entre 1985 et 1995, on assiste à un allongement très rapide de la durée de scolarité :

Au milieu des années 80, moins de 50% des jeunes de 18 ans qui sont encore en études. Au début des années 90, c’est 80% des jeunes de 18 ans qui sont encore en étude.

 

 

 

 Recul de l’âge d’entrée sur le marché du travail.

 

En 1960, l’âge médian pour les garçons est 16 ans.

Pour la génération née en 1960, l’âge médian est 19-20 ans.

Pour celle née en 1975, c’est 23-24 ans.

Aujourd’hui, c’est 27 ans.

 

 L’âge de départ de chez les parents :

 

Pour ceux nés en 1960, c’était 22 ans pour les hommes, 20 ans pour les femmes.

Ceux nés en 1975, c’est 24 ans pour les hommes et 22 ans pour les femmes.

 

 L’âge d’installation en couple :

 

Pour ceux nés en 1960, la moyenne est 23 ans.

1975, 25 ans. Aujourd’hui aussi, 25 ans.

 

 Recul de l’âge à la naissance du premier enfant :

 

Pour ceux nés en 1960, 27 ans. 1970, 29,5 ans. Aujourd’hui, 28,5 ans.

 

 

Gallan se demande s’il y a une désynchronisation des seuils ou juste une translation.

Les seuils n’ont jamais été simultanés, il y à toujours eu un écart entre les seuils.

Est-ce que leur évolution s’est faite de manière distincte, changeant don la manière dont ils s’articulent ? Est-ce que l’on met plus de temps à devenir adulte aujourd’hui ?

 

Selon lui, il y à une désynchronisation, car depuis les années 60 il y à une nouvelle étape de la vie : la post-adolescence.

Il constate le développement de modes de vies intermédiaires entre la famille d’origine et le futur couple (célibat, couple non marié, colocation…)

 Transformation des mécanismes de la construction identitaire.

 

Mais cette désynchronisation est quand même relative : elle n’est pas systémique.

Il constate aussi une inversion des seuils.

 Avant, le changement de logement arrivait après avoir trouvé un emploi. Pareil pour le couple.

 

Selon Gallan, le dernier seuil de la jeunesse est la parentalité.

 

La signification des seuils change avec le temps 

 Décohabitation parentale. Autrefois, on quittait la maison quand on était indépendant financièrement. Aujourd’hui, un nombre important de jeunes quittent le logement des parents sans être indépendant financièrement.

 

 

 

Comment cette post adolescence doit être interprétée sociologiquement ?

Gallan voit deux grandes façons :

-       Permet de profiter de la jeunesse, repousser plus tard le moment ou il faut prendre des engagements. Permet de ne pas avoir de responsabilités.

-       La jeunesse serait une phase d’apprentissage des responsabilités à une époque ou les trajectoires de vie sont incertaines.

 

Il y à donc trois âges de la jeunesse :

 

-       L’adolescence : autonomie en construction, dépendance financière complète vis-à-vis des parents.

-       Post adolescence : plus grande autonomie (logement), mais indépendance économique incomplète.

-       Jeunes adultes : indépendance économique, sans responsabilités familiales.

 

Gallan à donc l’idée d’un nouvel âge de la vie qui s’étire dans le temps, qui amène à une fragmentation de la jeunesse.

 

 

D.    La jeunesse comme expérience identitaire

 

(Pas une vision psychologique !!)

François de ??

 

Critique de la vision normative de Gallan.

Il y a un décalage entre les seuils et la manière dont les jeunes se positionnent par rapport aux seuils.  Quels seuils d’entrée dans l’âge adulte ? (Enquête sur les jeunes européens)

 

Quitter le foyer parental :

Dans les pays nordiques, il y a un départ précoce des jeunes (20 ans). L’autonomie s’acquiert quand on quitte le domicile parental.

Dans les pays méditerranéens, il y a un départ tardif (27-28 ans).

Dans les pays continentaux, il y à un départ moyen (23 ans.)

 

Sur quel seuil les jeunes mettent-ils de l’importance ?

En France, UK, l’étape qui compte est d’être inséré sur le marché du travail est d’avoir une indépendance financière.

En Russie, c’est l’entrée dans la parentalité.

Pour les pays nordiques et la Suisse, c’est de quitter le domicile parental.

 Tout cela est lié à des normes socio culturelles, influencées par notre pays, mais aussi notre genre.

 

Cette enquête a été beaucoup utilisée par Cécile Van de Velde, qui distingue 4 manières de devenir adulte :

 

-       Se trouver (Danemark) : jeunesse longue, vécue dans la non-urgence et dont le but est le développement personnel. Culture de l’autonomie, rester chez ses parents est une perte de temps. Cette indépendance est encouragée par l’État, avec une politique defamilalisante.  Tout citoyen de plus de 18 ans à droit à des prestations financières en fonction de ses ressources.

 

 

-       S’assumer (Royaume-Uni) : l’entrée dans la vie adulte est caractérisée par l’émancipation, avec une indépendance résidentielle précoce (payer son propre logement). Il y a souvent des colocations, des complications financières…le but est d’avoir rapidement un emploi stable. Les britanniques sont ceux qui quittent leur parents, se marient et ont des enfants le plus tôt. Ils sont souvent endettés.  

 

 

-       Se placer (France) : mode d’entrée dans la vie d’adulte est caractérisée par l’intégration sociale. Les études et le diplôme déterminent de façon assez figée le statut social futur de l’individu, et l’appartenance à un corps professionnel. Départ du foyer parental assez précoce. Il y a de la solidarité familiale, mais associée à une éthique de l’autonomie. S’il y a un soutien financier des parents, c’est car les études représentent un enjeu social fort pour les familles, considéré comme un investissement. Le choix de la filière est un enjeu majeur qui est perçu comme lié à une absence de droit à l’erreur. Beaucoup de pression sur les études, liée à des perspectives d’emploi incertaines et un niveau de chômage des jeunes important. Les jeunes français, peu importe leur milieu d’origine, sont apparu comme les moins insouciants.

 

-       S’installer (Espagne) : mode d’entrée caractérisé par l’appartenance familiale, l’attente au domicile parental des trois conditions nécessaires au départ L’emploi stable, le mariage, et l’achat d’un logement. Dépendance financière à l’égard des parents, qui est integrée dans une logique de réciprocité sur le long terme qui s’inscrit dans une culture de la solidarité. Chômage et précarité sont assez répandus.

 

 

Le passage à l’âge adulte varie fortement d’une société a une autre, pour plusieurs raisons :

-       Les modes d’intervention de l’État.

-       Les solidarités familiales

-       L’état du marché du travail

-       Les héritages culturels et religieux (protestant vs catholique)

 

 

On étudie aussi la manière dont les jeunes expriment leur « devenir adulte ».

 Cécile Van de Velde et François de Singly.

 

Ces auteurs ont enquêté auprès de différents types de jeunes et constatent que beaucoup se considèrent adulte sans en avoir tous les attributs. Ils n’ont pas le statut d’adulte mais l’identité d’adulte.

 

RATTRAPER CETTE PARTIE

 

De Singly considère qu’être adulte aujourd’hui n’est pas forcément un statut enviable car ça signifie être en décalage avec les représentations contemporaines de l’individu : quelqu’un en devenir, mobile, inachevé… 

 

Autre critique de De Singly envers la vision de la jeunesse de Galand : Dans notre société actuelle, on peut perdre nos attributs d’adultes, mais ça ne nous fait pas pourtant redevenir des adolescents.

 rupture psycho socio

 

Sur ce point-là, De Singly est en désaccord avec un psychanalyste, Tony Anatrella, qui lui parle des « adulescents », qui seraient des individus qui font une crise d’adolescence tardive, des adultes qui vivent comme des ados. De Singly, lui, dit que ce sont des gens qui font juste une expérience différente du « devenir adulte ».

 

Selon De Singly, le « devenir adulte » doit être compris comme une expérience au cours de laquelle l’enjeu est la construction identitaire, la définition de soi, qui passe par un processus d’autonomisation.

 

Il a étudié ce processus d’autonomisation chez les jeunes ados, des collégiens de 11 a 13 ans, qu’il nomme « les ados naissants ». Il s’intéresse à comment ces adolescents construisent leur sphère d’autonomie. Il montre que cette autonomie se construit d’abord dans le domaine des loisirs et des pratiques culturelles.

Cette sphère d’autonomie est tolérée par les parents de manière conditionnelle, souvent conditionnée par les resultats scolaires. Leur construction identitaire oscille donc entre l’identité familiale, et leur identité personnelle qui se construit dans leur groupe de pairs.

 

De Singly marque une différence entre les enfants de cadres et d’ouvriers : l’univers culturels des enfants de cadres est plus diffèrent de celui de leurs parents.

Dans cette approche à la De Singly, le « devenir adulte » est quelque chose qui se construit et qui se négocie.

 

Aurelia Mardon a travaillé sur les collégiennes et sur la manière dont les collégiennes négocient et travaillent leur apparence pour coller au « bon âge ». Elle montre comment ces enfants choisissent des vêtements, ou du maquillage, pour ajuster leur âge chronologique à la représentation subjective qu’elles se font d’elle-même. L’enjeu est de ne paraitre ni plus jeune, ni plus âgées. Elles font face à deux obstacles : leurs transformations corporelles, et les décalages qu’il peut y avoir avec les autres filles de leur âge, et le contrôle des parents sur leur apparence.

 C’est ce que l’on appelle la pression de la conformité.

Pour les garçons, le plus gênant est l’immaturité corporelle, moins de restrictions vestimentaires.

Du point de vue des parents, le corps féminin reste perçu comme un objet du désir masculin.

 

Martine Ségalaine et Claudine Attias-Donfut ont écrit un livre « avoir 20 ans en 2020 », qui s’intéresse à en quoi cette génération est différente des autres.

 Sociologie des âges et des générations, perspective générationnelle. Enquête dans des campus.

 Rapport spécifique à la consommation, avec une posture critique sur les usages, rapport au travail différent, rapport au sexe, à la politique…

 

Ceux qui avaient 20 ans dans les années 80 étaient qualifiés de génération « sacrifiée ».

Les Gen Z sont « désenchainés » (libérée de l’autorité), génération de l’éphémère.

 

En France, le diplôme a une très grande importance : grandes inégalités a l’intérieur de la jeunesse. Presque 650 000 de 20 a 24 ans qui ne sont ni employés, ni en études. 1,1 million de 18 a 24 ans qui ne possèdent que le brevet des collèges.

 

Il y a une coupure inédite et radicale entre la Gen Z et les générations précédentes.

 Internet est un élément important. La question climatique aussi, et les « nouvelles identités sexuelles »

 

Il y a des changements dans la famille aussi (familles monoparentales, homosexuelles, ect..)

Rapport a la consommation a changé (on ne possède plus mais on consomme), le rapport a la sexualité, ect..

 Génération sans concessions, politisée autrement.

 

 

CONCLUSION

 

Il y a plusieurs « manières » de penser la jeunesse en sociologie (construction historique, phénomène culturel, transition vers l’âge adulte, expérience identitaire.)

 

Ces distinctions constituent des lectures sociologiques de la jeunesse qui orientent l’analyse et peuvent donc s’opposer.

 

Mais la jeunesse demeure structurée par les évolutions historiques.

Il est possible d’identifier des comportements partagés entre certains jeunes.

La jeunesse est une expérience dans laquelle il est possible d’identifier des étapes/seuils auxquelles les individus accordent plus ou moins d’importance.

 

De Singly n’as pas une vision psychologique !!!

 

 

 

 

 

III. SOCIOLOGIE DE LA VIEILLESSE

A)    Focus sur le vieillissement dans une perspective démographique

 

Age moyen de la population : proportion des jeunes et moins jeunes.

Passage d’un modèle démographique « traditionnel » a un modèle « moderne » avec des taux de natalité et mortalité différents.

 Transition démographique.

Pyramide des âges  conjoncturel.

 

Vieillissement par le bas de la pyramide des âges : il y a une diminution de naissance par rapport au passé.

Vieillissement par le haut de la pyramide des âges : les plus de 80 ans vivent plus longtemps, ont gagné en espérance de vie, donc disparaissent plus tard de la pyramide. Ils sont plus nombreux à vivre plus longtemps. (Papy-boom)

 

Ces phénomènes se traduisent par une différente répartition des jeunes et moins jeunes dans la société. Il y a une augmentation des classes d’âge « âgées » par rapport aux classes d’âge « jeunes »

 

Baby boom: politiques pro enfant.

A l’inverse, de nos jours le taux de natalité est en baisse, toujours pour des raisons politiques.

 Travail des femmes, pas possible ou très compliqué de travailler en ayant des enfants.

 

Le vieillissement de la population est présenté comme un problème.

 Il faut plus de jeunes pour payer les retraites et s’occuper des jeunes (immigration, baby-boom)

Le japon a une politique de robots qui s’occupent des personnes âgées.

 

 

Progression de l’espérance de vie en France :

 

On a triplé l’espérance de vie en deux siècles. Pendant 150 000 ans, l’espérance de vie était inferieure a 30 ans. C’est une transformation profonde. Chaque année qui passe, on gagne entre 3 et 4 mois d’espérance de vie. Les raisons qui expliquent ce phénomène continu ne sont pas les mêmes au cours de l’histoire :

-       Des années 1945 a 1980, ça s’explique par le recul de la mortalité infantile. En un siècle, on a divisé par deux la mortalité infantile. A partir des années 1980, on tombe à un taux de mortalité de 2-3/1000.

-       A partir des années 50, l’espérance de vie des plus de 60 a énormément augmenté. La covid a réduit cette augmentation, comme la canicule de 2003.

 

 

L’écart d’espérance de vie entre les femmes et les hommes a augmenté :

Les hommes ont plus d’accidents de travail, de la route, plus de consommation de tabac et d’alcool, et le suicide  conduites a risque.

Mais les courbes font surement se rapprocher car les comportements a risques des femmes augmentent.

 

 

On a donc un constat : une augmentation des personnes âgées, mais surtout TRÈS âgées. Selon L’INSEE, d’ici 2050, une personne sur trois aurait 60 ans ou plus. Soit 22,3 millions, contre 12,6 millions en 2005, soit une hausse de 80% en 45 ans.

 

Les personnes de 90 ans ou plus représentent aujourd’hui 1 million contre 35 000 il y a 35 ans. Les centenaires : 200 en 1953, 3000 en 1988. Ils sont aujourd’hui 30 000 et pourraient être 210 000 en 2070, voire 600 000 si on fait une projection haute.

 

 Le grand âge est une question de femmes : il y a 10 fois plus de centenaires femmes qu’homme.

 

Les campagnes vieillissent parce que les jeunes partent en ville et les vieux restent.

Les vieux se déplacent aussi vers le sud.

 

Dans le monde, il y a une plus grosse population de personnes âgées dans les pays plus riches et avancés guerre, situation socio-économique, accès a l’eau, pas de vaccination ou médicament…

Très peu de vieux en afrique subsaharienne.

 

Le lieu où on est né est la première inégalité sociale.

 

 

Le discours « traditionnel » : ralentissement économique et cout des retraites

 

On retrouve un discours dans les médias qui dit que le vieillissement démographique est un problème. On parle de marée grise, d’hivers démographique, de « papy krach », crépuscule de l’Occident, pour parler de la vague de personne âgées.

On parle de vieillissement économique, une peur de se faire dépasser par des pays aillant moins de personnes âgées.

 

C’est présenté comme une catastrophe économique programmée.

 Rapport de 99, « l’avenir de nos retraites », présente le ratio entre les plus et moins de 60 ans. En 2000, c’est 4 personnes de + de 60 ans contre 10 de moins, contre 7/10 en 2040. C’est un discours qui dure depuis longtemps. Même dans les années 60, on présentais le vieillissement de la population comme un problème.

 

Le cout des retraites est présenté comme un problème principal : 338 milliards d’euros, 13,5% du PIB.

 Mais la question des retraites est une question financière, pas démographique.

On ne peut pas transposer des gens et de l’argent.

 

Il y a aussi un discours plus idéologique, ou on parle de baisse de productivité, et qu’avec les personnes âgées il y a plus de conservatisme et d’immobilisme, voire que les vieux seraient réactionnaires… ce qui n’est pas vraiment vrai quand on s’y penche.

 

Le cout de la perte d’autonomie.

 

Les dépenses liées à l’aide des personnes âgées représentent environ 30 milliards d’euros (sans compter les dépenses assurées par les familles).

En France, environ 2 millions de vieux en perte d’autonomie, ce qui va augmenter, de 15% en scenario bas jusqu’à 33% selon le scenario haut.

Alzheimer : 1,3 millions de malades, 225 000 nouveaux cas chaque année.

Ces chiffres sont aussi des projections et estimations, non pas des chiffres basés sur des diagnostics.

 

 

1/3 des femmes nonagénaires atteinte d’un type de démence.

De plus en plus de cas de cancer, d’ostéoporose, de rhumatisme….

 Augmentation des couts de prise en charge.

 

MAIS une projection sur l’avenir n’est pas forcément une prédiction réelle, on ne sait pas ce qui va arriver.

La santé des âgés de demain nous concerne dès aujourd’hui.

 

Augmentation de consommation pharmaceutique et des hospitalisations avec l’âge.

 

Un autre discours

 

A l’échelle de l’humanité, le « papy-boom » n’est qu’un passage transitoire.

En 2050, on aurait « seulement » 30% de plus de 65 ans. Ce n’est pas un tsunami démographique non plus.

 

L’âge évolutif de la vieillesse : une personne de 65 ans aujourd’hui vs il y a 50 ans, ce n’est pas la même personne. Aujourd’hui, quelqu’un de 65 ans peut être en bonne santé, avoir 30 ans d’espérance de vie devant elle… Alors qu’il y a 50 ans, une personne de 65 ans avait 5 ou 10 ans d’espérance de vie, des problèmes physiques. Quelqu’un de 65 ans ajd n’est plus en fin de vie.

 

Aujourd’hui, beaucoup de gens de 80 ans mènent une belle vie. Seulement 20% des plus de 80 ans se situent dans la grande fragilité, et seulement 7% de la population des plus de 65 ans est dépendante.

 

Au lieu de parler de plus et moins de 60 ans, on pourrait parler d’inactifs et d’inactifs.

-       2000 : 16 inactifs pour 10 actifs

-       2040 : 17 inactifs pour 10 actifs.

 

Des vieux qui partent en retraite = postes libérés, ce qui pourrait aider avec le chômage.

L’aide aux personnes âgées dépendantes donne aussi des emplois.

Les seniors restent consommateurs, et participent donc à l’économie.

 

 

Vieillir ? Personne âgée ? Notions a définir.

 

En biologie : dès l’âge de 20 ans, on commence a vieillir.

 

Pour la loi, on définit une personne âgée comme « une personne plus âgée que la moyenne des autres personnes de la population dans laquelle elle vit ». Selon cette définition, on peut être considéré comme « personne âgée » dès 42 ans.

Pour la démographie, c’est l’ensemble des 60 ans et plus. Mais cette définition a été faite au 18e siècle. C’est aberrant : quelqu’un de 60 ans et de 90 n’ont pas grand-chose en commun.

 

Pour d’autres approches démographiques, on devient âgé à partir du moment où on a dépassé la moitié de sa vie, donné par l’espérance de vie à la naissance : 40 ans pour les hommes et 43 pour les femmes.

 

Il existe de multiples catégories de la vieillesse, avec une profusion de termes :

Personnes âgées, retraités, personnes du 3e âge, personnes du 4e âge, personnes âgées dépendantes, seniors, ainés… ect.

 

Le terme « retraité » apparait dans les années 50 avec les systèmes de retraites.

 

 « Elderly » est considéré comme discriminatoire.

 

Il y a des enjeux sociaux derrière les termes et définitions utilisés.

Les représentations actuelles de la vieillesse sont polarisés entre deux pôles :

-       Le senior actif, retraité actif : qui profite de l’existence tout en se montrant utile a ses proches et a la société.

-       La personne âgée dépendante : bloquée dans son fauteuil, souffrant de solitude, a la charge des autres (de sa famille et la société)

 

On passe à côté de la diversité des profils en stéréotypant.

 

Considérée une des premières sociologues du vieillissement : Anne Marie Guillemard, publie en 1972 l’ouvrage « La retraite, une mort sociale ».

 

Elle crée des typologies de la retraite :

 

-       La retraite retrait :

Des activités qui se limitent à des actes purement fonctionnels, destinés à l’entretien de la vie.  Mode le plus rependu.

 

-       La retraite troisième âge :

 Le retraité développe une nouvelle activité « créatrice » qui prends la place de son activité professionnelle.

 

-       La retraite consommation/loisir :

Centrée sur la consommation de masse

 

-       La retraite famille :

Centrée sur les relations familiales

 

-       La retraite revendication :

Toute pratique tendant à contester la place qui est faite aux vieillards dans la société et à mettre en avant le rôle social des retraités.

 

 

-       La retraite participation :

Les pratiques marquent une adhésion passive a la société, qui se manifeste par une participation intense à travers la consommation des mass médias.

 

 

 Nouveau type d’activité : activités de solidarité, de bénévolat ou « d’utilité sociale ».

 

En 1980, une autre typologie est mise en avant par la Fondation Nationale de Gérontologie, avec trois axes :

-       Le niveau d’activité

-       Caractéristique des activités

-       Niveau et nature de la sociabilité

 

A partir de ces trois axes, ils ont créé les types de retraite :

 

-       Retraite loisir, 1/3 des retraités

-       Retraite conviviale

-       Retraite intimiste

-       Retraite retranchée

-       Retraite abandon

 

10 ans après la typologie de Guillemard, on se rends compte que la retraite retrait/abandon a énormément diminué : les retraités font de plus en plus d’activités. Au contraire, la retraite loisir augmente énormément. On a aussi l’apparition de la retraite intimiste, des vieux qui ne sont pas en retrait de la société mais qui veulent juste être tranquille.

 

Quand on fait des typologies, il ne faut pas perdre de vue la classe sociale. Tout le monde n’as pas les mêmes capitaux sociaux, économique, ect…

 « On vieilli comme on a vécu »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

a)     Lexique et modes de vie à la retraite

b)    Grand âge