Historiographie s2

Historiographie : activité de celui qui écrit l’histoire de son temps/des temps passés.

Comment est-elle écrite ? Comment s’est-elle constituée ?

Il existe de grands courants historiques.


L’h gréco-romaine :

Les grecs ont-ils cru à leurs mythes, par Paul Veyne

Manière d’écrire l’h évolue, à l’époque : pas d’école hk.

Historien français

Paul Veyne (1930-2022)

Spécialiste de la Grèce et la Rome antique.

I. Naissance mythique de l’h en Grèce

Selon les romains : deux auteurs à l’origine de l’h :

Historien, a écrit “Historia”

Hérodote (484-425)

Acteur π, auteur de “La guerre du Péloponnèse”

Thucydide (460-398)

Il y a aussi Homère

Aède, une ou plusieurs personnes, a/ont écrit L’Illiade et L’Odyssée

Homère (8è)

En dehors des Grecs : Egypte et Mésopotamie

h → nv genre littéraire, pour raconter les conflits, concours entre les cités

Hellénisation des élites romaines, donc certains h1 écrivent l’histoire romaine en grec

→ Comme Quintus Fabius Pictor

Sénateur romain, a participé à la 2nde guerre Punique

Quintus Fabius Pictor (254-201)

Dire qui est l’auteur d’une œuvre permet de crédibiliser les sources et le récit.

→ Exigence de l’honnêteté/impartialité de celui qui écrit : devoir

→ N’empêche pas les erreurs.

II. Démarches antiques.

Hérodote cherche des témoignages vrais, mais cela prend du temps (des décennies).

On ne peut pas se fier qu’à sa seul exp → valorise le témoignage, donc l’exp des autres

Biographe, a écrit “La vie des 12 Césars”.

Caius Suetonius Tranquillus (70-140)

Suétone utilise les sources sénatoriales pour écrire “Les 12 Césars” (h des premiers dirigeants s’étant appelés César)

Il est important de dégager les causes, et marquer les conséquences des évènements.

III. Place de l’h contempo et des évènements π

Quels sujets intéressent les auteurs antiques ?

  • Une h contempo, car ils assistent aux évents, puis il y a des continuateurs.

  • h π/militaire, comme Hérodote/Thucydide, conscience des caractères exceptionnel de certains évents, écrit pour la mémoire

  • Dynamisme de l’h et ses antiquités, on l’étudie car les autres genres sont moins fiables.

A l’Antiquité, l’h n’est pas une discipline universitaire, revêt d’un besoin de raconter des faits qui paraissent exceptionnels.


L’h au MA

Ecriture à caractère R.

I. La naissance d’une culture hk occidentale

A. Une rareté des h1 au moins jusqu’au 12è.

Minorité d’écriture hk av. le 12è.

Les monastères centralisent les scribes.

Sénateur romain, écrivain latin, fondateur d’un monastère

Cassiodore (485-580)

Cassiodore a travaillé chez les OGoths, remarque que l’éducation se dégrade, fait traduire des ouvrages pour les préserver.

→ Marque une rupture entre les temps païens et celui des Pères, en préservant les ouvrages antiques dans la culture littéraire.

Les prêtres ont un grand rôle dans l’écriture de l’histoire :

Evêque de Tours

Grégoire de Tours (538-594)

Suite à son histoire de France en 10 ouvrages, dont le récit s’arrête en 591, il obtient son surnom de père de l’h de France.

Evêque de Séville, puis Saint

Isidore de Séville (570-636)

Il a :

  • contribué à la préservation des ouvrages antiques (et donc à la transmission de l’h)

  • eu un grand rôle dans la conversion des WGoths ariens.

B. Le rôle de l’h

L’histoire est une forme culturelle, qui sert à Dieu :

  • Elle permet de transmettre l’amour de la Religion

  • Elle permet de faire de l’hagiographie

On assiste à une christianisation de la société, la perception du temps est transformé, il y a un début (Genèse), et une fin (Apocalypse). Ce temps devient linéaire et unitaire.

On remarque un intérêt très marqué pour la Bible : au 11è, J-C devient un repère pour le calendrier.

La périodisation de St Augustin date les évènement de la Bible

L’un des 4 Pères de l’Eglise, il a été évêque, théologien chrétien

St Augustin

Les Pères de l’Eglise sont des auteurs ecclésiastiques dont les écrits, les actes et l'exemple moral ont contribué à établir et à défendre de multiples aspects de la théologie chrétienne : Saint Augustin, Jérôme de Stridon, Ambroise de Mila, et Grégoire Ier.

C. La manière de travailler des historiens.

Le nombre de copistes augmente.

Renforcement de la vérité ecclésiastique : est vrai ce qui est dit par une autorité, donc un témoin fiable est un témoin qui a de l’autorité.

L’histoire reste un genre mineur, analogue à la culture du temps.

Conservation dans des monastères/abbayes.

L’histoire reste centrée sur la culture occidentale et chrétienne.

II. Un essor de pratique à partir du 12è

A. Une dynamique culturelle favorable.

On assiste à une autonomie et un élargissement de la pratique historique

→ Les premières facultés apparaissent au cours des 11/12è siècles.

→ Celle-ci est étudiée dans les universités, et s’accompagne de la figure de l’intellectuel

De plus en plus de mécènes sont engagés pour raconter l’histoire des grandes familles.

Avec la bureaucratie, il y a de nouvelles rigueurs en ce qui concerne les sources.

B. Quelques références

On assiste à une diversification et une augmentation du nombre de profils d’historiens.

Les moines écrivent l’h en // de leurs fonctions de clercs.

Chroniqueur du début de la guerre de 100 ans, beaucoup de sources de première main, mais trop peu critique.

Jean Froissart (1337-1404)

Abbé et homme politique sous Louis VI et VII, il a réformé la Basilique de St Denis, et créé l’art gothique.

Abbé Suger (1081-1151)

Roi de Castille, a fait écrire de nombreuses productions culturelles et religieuses, il a aussi été un chroniqueur.

Alphonse X (1221-1284)

C. Le progrès des outils.

On crée un début d’ère : la temporalité remonte à la naissance du Christ.

Les milieux monastiques racontent l’h de manière exhaustive (ex : on attribue des numéros aux Rois).

La démarche historique devient rationnelle (ex : le récit arthurien est mythique car il aurait combattu un empereur qui a vécu 1siècle av lui).

On commence à chercher le vrai.

D. Une évo des méthodes, des investigations.

Le meilleur usage des sources témoigne d’un usage de la raison, on remet en question certains documents, comme la Donation de Constantin.

→ Texte rédigé au 4è siècle, utilisé au 11è, et réfuté au 15è, il accordait, à la papauté, Rome

→ Il y a un nouveau rapport à l’authenticité : est vrai ce qui peut être prouvé.

C’est Lorenzo Valla, un humaniste, qui démontra finalement la fausseté du document, en 1440

E. Vers une histoire culturelle dominante ?

Philippe Auguste II, Roi de France, et non plus des français, capétiens

On finance des historiens (mécénat) pour faire la généalogie des familles des seigneurs.

Auteur médiéval, romancier, et historien, il produit une narration pour les nobles.

Chrétien de Troyes (1135-1183)

Apparition de l’historiographie à la Cour.

A l’époque médiévale, l’histoire est d’abord une question de religion. Si l’auteur de la source a de l’autorité, alors il dit vrai.

Mais ce rapport à l’authenticité évolue, notamment au 11è, avec l’arrivée de nouvelles méthodes historiques (remise en question de sources par exemple), mais aussi de nouveaux historiens.


L’h aux temps modernes

3 évènements majeurs au début de l’époque :

  • arrivée de moines de Constantinople, avec des archives grecques → revalorisation de la culture de l’antique, et dévalorisation de la culture médiévale

  • 1492 : découverte de l’Amérique par CC

  • 1517 : 95 thèses de Luther à l’égard de la R

I.

Renaissance : conscience de rupture avec le passé

→ volonté d’imiter les h1 antiques

→ érudition et retour aux sources

→ naissance de l’archéologie

A. L’histoire Humaniste

On redécouvre des historiens classiques : Hérodote, Polybe, Tacite

Historien antique, qui a travaillé sur la période des guerres Puniques

Polybe (210-126)

Sénateur et historien romain, a bcp critiqué les empereurs Julio claudiens

Tacite (55-120)

Machiavel fait une histoire de Florence

→ Louis XII lit son histoire et en veut une pour la France, une histoire politique, avec les grands Hommes, et une dimension morale

→ obj est de donner des ex à suivre

Démarche littéraire

Théoricien de la politique et de l’histoire, vient de Florence

Machiavel (1469-1527)

Apparition des antiquaires (ancien nom des archéologues), qui fondent au 15è, l’Academia Romana, qui regroupe des antiquaires. Ceux-ci comparent texte et image, s’intéressent aux monuments et aux objets d’art.

C. L’h parfaite

Concept qui apparait avec celui de l’humaniste, lui même créé par des théologiens et des juristes, l’histoire parfaite est une écriture historique qui vise à atteindre l’objectivité et la véracité de l’étude. Elle s’intéresse à tous ses aspects, ce sont des écrits sur l’h et les h1. Un travail important sur les sources est effectué. Celle-ci est notamment menée par :

Juriste, conseiller des Rois Henri III et IV, il valorise la langue française

Etienne Pasquier (1529-1615)

Etienne Pasquier produit une histoire nationale, fait des recherches sur la France, la sté, le pv royal

→ renonce aux origines troyennes de la France, et accepte les Gaulois

Philosophe de la politique, a défini la notion de souveraineté, et inclut dans son histoire parfaite, les peuples orientaux

Jean Bodin (1529-1596)

Jean Bodin place la monarchie absolue au centre de ses ouvrages

→ définit l’histoire comme une science humaine

Historien, il a fait des ouvrages sur le colonialisme, et les guerres de Religions

La Popelinière (1541-1608)

La Popelinière à l’ambition de dépasser les auteurs antiques. Il écrit des ouvrages sur les guerres de religion, mais aussi sur l'h de France (qui resteront des sources privilégiées de cette époque), et enfin, des ouvrages historiographiques.

Apparition de la philologie : étude historique d’une langue, en critiquant les textes

→ favorisé par les juristes, qui replacent l’évolution des lois dans le contexte hk

→ utilisé lors des conflits entre les R

→ s’accompagne de nouvelles pratiques : notes de bas de pages, annonce des sources, citation entre guillemets

L’invention de l’histoire parfaite est avant tout une conviction patriote, gallicane, partisane d’un pv royal fort.

II. Le 17è, l’h littéraire, l’histoire savante

A. Intérêt pour l’histoire

Au 17è, recul de l’intérêt pour l’h

→ on remarque tout de même trois missions :

  • politique : officielle, rôle de l’historiographie

  • morale : justifie les liens et rôles de l’Etat

  • divertissement : comme genre littéraire

B. Naissance de l’h comme discipline

Dévalorisation de l’h car intérêt pour les sciences exactes

Philosophe, mathématicien français

René Descartes (1596-1650)

Il est l’un des pionniers de la méthode, en général. Il souhaite qu’une méthode soit imposée dans les recherches pour obtenir la véracité la plus parfaite.

Moine Bénédictin, dans son ouvrage De Re Diplomatica, il pose les bases de la diplomatique

Jean Mabillon (1632-1707)

En 1681, dans son ouvrage De Re Diplomatica, Jean Mabillon nous apprend à certifier une source.

La diplomatique est une méthode qui permet de présenter un document

MEP de réseaux d’érudits laïcs, l’h comme discipline liée au travail sur les sources

III. L’h au temps des Lumières

A. Fascination de l’antique

Siècle des Lumières : 18è

→ période qui commence au 17è, et qui s’étend à l’Europe au 18è, menée par de grands philosophes (Descartes, Spinoza, Newton), qui ont combattu contre les répressions religieuses et politiques, l’irrationalité, l’obscurantisme, etc.

→ établissement des faits par accumulation descriptive et construction intellectuelle

Multiplication des chantiers archéologiques, avec des publications sur les trouvailles

→ Montfaucon publie un ouvrage avec plus de 30k illustrations manuscrites

B. L’h philosophique ou philosophie hk

Les deux notions sont complémentaires.

Voltaire veut une histoire comme une pratique du vrai, qui s’intéresse à tout

→ on retrouve le concept de l’histoire parfaite

La présence de la Destinée n’était pas à écarter avant le 18è.

Au 18è, l’histoire est considérée comme le résultat de l’action humaine : guidés par leur seule raison et selon des objectifs qu'ils s’assignent eux même.

→ idée de Voltaire

Philosophe français, fait parti du mouvement des Lumières, a combattu pour la République et la libre pensée

Voltaire (1694-1778)

C. Le passé au service du présent

L’écriture de l’h sert à légitimer les oppositions

→ ex : Montesquieu, à travers sa critique d’Auguste, critique la pratique du pv de LXIV

Penseur politique, critique de la monarchie à travers par exemple, les Lettres Persanes

Montesquieu (1689-1755)

Mably érige Sparte comme un modèle pour le système d’égalité

On s'intéresse de +en+ à l’histoire nationale, les h1 en faveur du Roi sont minoritaires

L’une des causes de la révolution française est l’échec de la monarchie française à rallier les français à l’histoire nationale


L’h au 19è : une institutionnalisation

I. Première moitié du 19è entre h-science et romantisme

Révo fr transforme les archives : on crée les archives nationales

Création de l’école des Chartes en 1821, spécialisée dans la formation auxiliaire de l’h.

→ Condensé de la Révolution et de la Monarchie : demande de Louis XVIII, mais héritage révolutionnaire

Poète, historien et homme politique français, républicain

Alphonse de Lamartine (1790-1869)

Bien que la révo eut été violente, Lamartine, en 1847, affirme qu’elle est positive, et qu’un retour à l’ancien régime est impossible.

Il participa aussi à la révolution de 1848, et eut un grand rôle dans la proclamation de la 2nde République.

Homme politique, historien et philosophe, il considère la démocratie comme inéluctable, en analysant le système américain

Alexis de Tocqueville (1805-1859)

Tocqueville, durant les 5 dernières années de sa vie, se replie à Tours, où il travaille sur les archives de la Révolution. De ses recherches découlent notamment deux ouvrages, mais aussi l’idée que le progrès de l’égalité est l’une des causes et non conséquences de la Révolution Française

Historien français, s’intéresse à l’histoire nationale, de la Gaule à la France

Jules Michelet (1798-1874)

Dans les ouvrages de Michelet, la révolution française marque un tournant : c’est une grande liberté qui est acquise.

→ De par son parcours, il a un accès privilégié aux sources

Historien et ministre de l’éducation sous NBIII, il a réformé l’école

Victor Duruy (1811-1894)

Sous Duruy, en 1867, l’école est plus accessible, les instituteurs sont publics et laïcs, les communes de plus de 500 habitants doivent avoir deux écoles : une pour filles, une pour garçons.

L’apprentissage de l’histoire est favorisé à l’école grâce à lui.

Qlqs dates :

  • 1820 : HG au bac

  • 1830 : agreg histoire

  • 1868 : Ecole Pratique des Hautes Etudes, sciences de l’h

  • 1876 : Création de la Revue Historique

Historien, en quête de vérité et de désintéressement.

Ernest Renan (1823-1892)

Historien, a travaillé sur les Religions, dans son ouvrage “la Cité Antique (1864), et sur le doute en Histoire, notamment sur les erreurs d’interprétations

Fustel de Coulanges (1830-1889)

Historien et historiographe, gros travail sur l’historiographie, la définit comme une science exacte si l’on suit sa méthode d’analyse scientifique

Hyppolite Taine (1828-1893)

B. L’influence allemande

Voyage à Berlin, série d’historiens qui se base sur le modèle éducatif allemand, supérieur au français selon eux.

  • système de séminaires

  • utilisation de sciences auxiliaires

  • lien avec la philo (pour contester l’hégémonie de la Sorbonne)

L’idéalisme allemand est le nom qui est donné au mouvement allemand de la fin 18è-début 19è, avec de nouvelles idées philosophiques

Philosophe et théologien allemand

Johann Herder (1744-1803)

Herder a grandement remis en cause les idées des Lumières, lié à l’histoire, qu’il pensait trop nationaliste (sur la France), et il s’insurge contre tout modèle. Ce rejet de tout modèles incitera les nazis à utiliser ses travaux.

Philosophe et théologien allemand

Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831)

Hegel élimine de ses ouvrages le hasard. La Raison (qui prend des traits divins) se trouve dans l’h universelle.

Pour comprendre un évènement historique, l’historien doit la placer dans son contexte, et ce, dans sa totalité.

Selon Hegel, l’Esprit a une fin, un obj non connu, mais porté par les intérêts.

Philosophe, historien et sociologue prussien

Karl Marx (1818-1883)

Il est ce que l’on appelle un penseur complet, car il ne réfléchit pas qu’en tant qu’historien ou sociologue, mais il utilise toutes les disciplines pour ses recherches.

Il instaure la notion de “matérialisme historique”, selon laquelle les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé.

Il est aussi à la base de la critique de l’économie des stés, que celle-ci influe sur l’évolution historique et sociale des sociétés.

Historien français

Albert Soboul (1914-1982)

Spécialiste de la Révolution française, mais aussi de l’approche marxiste de cet évènement, il est la conciliation entre militant et historien. Il est aussi spécialisé dans l’histoire des mouvements populaires.

Historien français

Pierre Serna (1963-)

Pierre Serna est professeur d'histoire de la Révolution française à l'université la Sorbonne. Il s'intéresse aussi à la culture de la violence dans l'Ancien Régime, ainsi qu'aux idées et aux pratiques républicaines élaborées par la Révolution.

Historien français

François Furet (1927-1997)

A étudié la révolution française sous le prisme du libéralisme, s’opposant au passage aux recherches de Soboul, qui prônait un soulèvement populaire. Pour Furet, la révolution française est une révolution de élites, qui aurait dérapée.

Politique et économiste américain

Francis Fukuyama (1952-)

Fukuyama est à l’origine d’un livre nommé “la fin de l’h”. Pour lui, la démocratie libérale amènera la fin des conflits idéologiques, et donc, la fin de l’h. Cependant, ses idées sont contredites par la République Populaire de Chine, qui se trouve être un régime autoritaire, bien que s’étant modernisée économiquement.

II. La crise allemande de l’h fr

A. L’instituteur et le fusil

La défaite face à la Prusse de 1870 est vue comme la conséquence d’un retard mental chez la jeunesse. Alors l’école se transforme à nouveau.

On apprend désormais à manier un fusil.

En 1877, on crée des postes de maitres de conférences dans les facultés de sciences humaines (notamment en histoire). Ceux-ci servent à compléter des points que les professeurs n’ont pas le temps d’aborder. Ils sont souvent spécialistes de leur sujet.

Les maitres de conf sont basés sur un modèle allemand.

Ernest Lavisse se convertit au républicanisme en Allemagne. Il est fait parti du courant du positivisme, à savoir un mouvement philosophique qui se caractérise par le refus de toute spéculation métaphysique et l'idée que seuls les faits d'expérience et leurs relations peuvent être objets de connaissance certaine.

B. L’école méthodique

Gabriel Monod est à l’origine de “La Revue Historique”, elle même la cause de “l’école méthodique”, un courant de la fin du 19è.

L'histoire n'est que “la mise en œuvre de documents”. L’école méthodique veut imposer une recherche scientifique écartant toute spéculation philosophique et visant à l'objectivité absolue dans le domaine de l'histoire.

L'école méthodique représente le courant dominant de l'historiographie universitaire française, se caractérise par sa démarche qui identifie l'histoire comme science en posant l'équivalence de la critique et de la méthode expérimentale.

Pour obtenir cette véracité du fait, il nous faut une fiabilité de la source. Il y a donc une réflexion sur celles-ci : “l’histoire n’est que la mise en œuvre de sources”. Il y a une remise en cause des sources orales, vues comme anecdotiques, fausses.

Il y a enfin une valorisation de certaines histoires, comme l’h politique, géo, ou militaire.


L’h au 20è : une professionnalisation

I. L’importance de l’histoire sociale

A. L’école des Annales

Historien français

Lucien Febvre (1878-1956)

Historien français

Marc Bloch (1886-1944)

La production historique augmente à partir de 1930, grâce notamment à l’école des Annales, fondée dans les années 1920, à la base une revue de Lucien Febvre et Marc Bloch. Elle s’oppose à celle de Monod, en prônant une histoire globale, qui s’étale plus dans l’espace et le temps, mais aussi à l’école positiviste, qui ne prendrait en compte que le politique, et le militaire. Les Annales prennent en compte le social, qui est à la base des relations humaines. Mais il y a une volonté de la part de ces deux historiens, puis de leurs continuateurs, d’intégrer l’h aux sciences sociales. On préconise non pas la description des choses, mais leur explication.

De plus, les historiens sont invités à s’intéresser aux autres sources, comme les cartes, les plans, etc. Il y a une volonté affichée d’élargir la notion de source.

Après la GM2, l’école des Annales se transforme, notamment à cause de la mort de Marc Bloch, mort pour la France. On assiste à un matérialisme historique de la part des Annales.

Historien français

Fernand Braudel (1902-1985)

Fernand Braudel est un disciple de Febvre, et il est spécialiste du monde méditerranéen, et met en avant, à travers son étude de la mer, le concept d’économie monde (plus on est connecté au monde, et plus on est puissant). Il écrit une histoire de moyenne durée qui se veut quantitative, et distingue 3 temps :

  • structure, soit géographique, les interactions entre l’homme et son milieu

  • conjoncture, éco/social,, ayant trait aux groupes humains

  • évènement, intervention humaine, celle de l’agitation en surface

Les mandarins sont, en Chine, des fonctionnaires au service de l’empereur. Pour décider de qui travaillera pour le pouvoir impérial, on leur fait passer des examens. Ce modèle, qui pour les chinois a duré de 600 à 1900 environ, s’est exporté en Occident.

II. Vers une fragmentation de l’histoire

A. La nouvelle histoire

Massification scolaire aux 19 et 20è, avec donc une massification scolaire, mais aussi, bien que cela reste une minorité après la guerre, un accès plus important aux facs, grâce notamment au baby-boom.

On assiste aussi à de nouveaux types de profs, plus proches de leurs élèves, plus volontaires, contestataires.

Nous assistons à un éclatement de l’histoire, à savoir, des histoires qui n’ont plus de liens entre elles, comme l’histoire de la femme et du genre, etc. L’histoire devient une pratique pluridisciplinaire.

Historien français, professeur de Le Roy Ladurie

Ernest Labrousse (1895-1988)

Par exemple, les élèves de Labrousse passent du socio-éco aux travaux sur les mentalités.

Historien français

Emmanuel Le Roy Ladurie (1929-2023)

Emmanuel Le Roy Ladurie est un historien français, du climat, dont l’ouvrage Montaillou, village occitan de 1294 à 1324, a eu un grand retentissement. Cet ouvrage traite de la société du 14è, à travers les spectres de la sociologie, de l’économie, de la démographie, de la culture, etc. On passe donc d’études qui traitent de longues périodes, à de plus courtes.

Puis, l’écriture de l’histoire quitte la sphère scolaire pour la publique.

Historien français, spécialiste de la Rome antique

Paul Veyne (1930-2022)

En 71, il publie un ouvrage : comment écrire l’histoire, dans lequel il s’éloigne de l’approche marxiste. Il est assez critique de la société, et il affirme que l’histoire est aussi basée sur des pratiques théoriques.

Philosophe français, spécialiste de la sexualité

Michel Foucault (1926-1984)

Il s’intéresse notamment aux discours, ce que le langage raconte. Il est l’un des derniers grands intellectuels médiatiques, très connu aux EU.

Il affirme que l’histoire est incapable de restituer le temps de manière continue. L’h est donc, à certains endroits, basée sur des suppositions/hypothèses.

B.

L’institut Sciences Po est créé en 1872. Suite à la défaite contre la Prusse, il y a une volonté de créer des élites pour le pays. C’est de ce besoin que découle SPo.

SPo est réformé après la GM2, à la demande de De Gaulle lui même. Dans les années 70, l’histoire politique deviendra l’histoire du politique. Celle-ci fut longtemps méprisée, notamment par l’école des Annales, car elle était trop mise en avant, en dépit d’autres sujets, comme l’histoire sociale.

Mais cela change, lorsque les autres branches de l’histoire la secoue. A l’histoire politique se mêle l’histoire culturelle par exemple. Cette nouvelle histoire politique s’oppose au marxisme car libérale.

Il y a un intérêt marqué par le parlement, des pratiques électorales, la question du droit de vote.

Historien français

Pierre Rosanvallon (1948-)

Ses travaux portent principalement sur l'histoire de la démocratie et du modèle politique français, et sur le rôle de l'Etat et la question de la justice sociale dans les sociétés contemporaines.

Professeur de philosophie et de science politique

Luc Ferry (1951-)

Il développe à partir de 1985 une philosophie politique d'inspiration libérale, qui porte notamment sur l'écologie, la technique, la famille ou la religion.