HISTOIRE MODERNE 16e (copy)
HISTOIRE MODERNE : XVIe siècle
INTRODUCTION :
1. Délimiter le cours.
Cette période est déterminée par des expressions valorisantes :
- « Renaissance » (renaitre) on estime que l’humanité a atteint son apogée sous l’antiquité : on parle de la naissance du génie humain. Puis ce génie humain se serait perdu pendant 10 siècles, jusque ce qu’il puisse « renaitre ». Mais il y a un effet collatéral : en mettant en avant la renaissance, on nuit aux 10 siècles qui ont précédés en les mal jugeant (en les appelants « Medii aevi » âge médiocre, ou « dark ages » en anglais.)
- « Humanisme » : les hommes sont capables de comprendre et transformer le monde dans lequel ils vivent.
- « Beau 16E siècle » une idée d’un beau 16e siècle, surtout jusqu’aux années 1560 (avant le petit âge glaciaire)
Bornes chronologiques :
Le 16E siècle commence en 1515 avec l’avènement de François 1er, et la bataille de Marignan. Certains préfèrent la date de 1519 : c’est quand Leonard de Vinci meurt, ce qui est un évènement marquant.
Le point final est 1610 : l’assassinat d’Henri 4. C’est la fin d’un cycle.
Le 16e siècle est subdivisé en différentes phases : 2 versants opposés.
- De 1515 à 1559, on est dans une phase ascendante, de croissance et de prospérité. Tout va bien, il y a une très grande croissance économique, et un épanouissement artistique (art de la Renaissance)
Une exception : crise religieuse en Europe, une déchirure dans le christianisme.
- En 1559 : mort du roi Henri 2, qui n’as pas d’héritiers assez vieux. Crise politique et religieuse, début de guerre religieuse en 1562.
- Guerres civiles qui se prolongent jusqu’à 1598. (8 guerres civiles.) Au bout de la 8e guerre on signe l’édit de Nantes en 1598 4E phase.
- 1598-1610, Redressement de la France : la Restauration. On restaure l’économie, l’empire colonial… etc.
2. L’État du royaume vers 1515 :
a) Un nouveau roi de 20 ans
On est majeurs à 14 ans pour un roi.
C’est un roi inattendu : il n’est pas fils de souverain. Les deux rois qui précédaient (Charles 8 et Louis 12) n’avaient pas de fils, seulement des filles, ce qui pose problème a cause de la loi salique cette loi interdit la transmission de la couronne par les femmes. Cette loi est une invention qui a 1 siècle.
Louis 12 est remplacé par François d’Angoulême, car celui-ci a épousé Claude de France, fille de Louis 12. C’est une promesse importante : un roi jeune.
b) Un royaume vaste et peuplé.
On estime que le premier critère de la puissance d’un pays est sa population, et sa jeunesse.
« Copiosité du populaire », dis Claude de Seyssel (1515).
« Il n’est de richesse que d’hommes », dis J. Bodin (1560)
plus de population, plus de contribuables et soldats.
La France est le pays le plus peuplé d’Europe : de 17 à 18 millions.
Il y a également une prospérité économique : la France est en paix depuis la fin de la guerre de 100 ans (1337-1453)
Les villes sont prospères : Lyon, capitale économique du royaume, et Rouen, port pour les voyages transatlantiques.
La prospérité est représentée par la popularité de Louis 12, « père du peuple ».
Il baisse les impôts, augmentant sa popularité. Il est adoré du peuple.
c) Une autorité politique intérieure
Il y a très peu d’opposition, le pouvoir est respecté. Le Roi est obéi, et dirige tout le royaume. Il existe des territoires qui sont des enclaves (territoires indépendant) : comme la Bretagne.
Mais le royaume n’est pas complètement contrôlé : il existe quand même quelques contestations les états de Bourbon, dirigés par le chef des armées, aussi riche que le Roi.
d) Affaires internationales
Les guerres d’Italie : les Français ont déclenché cette guerre. François 1ER va les prolonger.
I. LE BEAU 16E SIÈCLE
Période des règnes de François 1Er (1515-1547) et d’Henri 2 (1547-1559).
Ce sont deux règnes similaires.
L’expression « beau 16E siècle » signifie qu’il y a plus de réussites que de difficultés. La difficulté principale, c’est le défi religieux ( qui cause une rupture.)
1. Un pouvoir royal fort
a) Le nouveau style de François 1ER
Ce pouvoir royal fort peut être observé sur le plan national (renforcement de l’état) ET international (renforcement du pouvoir français)
Il y a une nouvelle manière de reigner : on quitte l’ancien modèle monarchique féodale pour un nouveau modèle plus centralisé « 1ER absolutisme »
On passe d’une monarchie plutôt horizontale, ou le roi n’est pas vraiment au-dessus des autres pouvoirs, a une monarchie verticale ou le roi est complètement au-dessus.
On passe du suzerain au souverain.
Ce pouvoir s’appuie sur des piliers :
Pas de constitution, mais des coutumes générales qu’on appelle des lois fondamentales. Ces lois s’appliquent à tous, même au roi :
- La primogéniture masculine (le roi doit être le premier né male)
- La loi salique (le royaume ne se transmet pas par les femmes)
- L’inaliénabilité du Royaume (on ne peut pas vendre ou se séparer d’une partie du territoire)
Le jour du sacre, le roi prête serment de respecter ces lois.
Les titres du roi.
- Empereur en son royaume.
- Suzerain des suzerains/ seigneur des seigneurs.
- Primus inter pares (premier d’entre les nobles)
- Roi très chrétien (le titre de « très catholique » était déjà pris par l’Espagne)
- Fils ainé de l’Église
- Sa Majesté
Les images.
Ce sont les produits du mécénat royal. Le roi se fait faire des portraits valorisants pour qu’on le voie. Il se fait représenter comme un roi de guerre, un roi chevalier, mais aussi un roi sacré et mécène. Le souverain est omnipotent : il possède tous les pouvoirs.
Maitre de l’exécutif, du législatif, et du judiciaire.
Le roi ne gouverne pas seul.
Il gouverne par conseil : il prend des avis, puis tranche.
Curia Regis (conseil du roi). Cette Curia Regis se divise en deux assemblées :
- Le conseil du roi.
- La Cour.
Le roi est aidé par des ministres qui ont été créés au cours du moyen âge :
Les grands officiers de la couronne.
- Le Chancelier : numéro 2 de la justice après le roi.
- Le Connétable : chef des armées terrestres après le roi.
Le roi a aussi des cours souveraines :
La principale, ce sont les Parlements, qui ont des rôles administratifs, politiques et judiciaire. Il y a un parlement par grande province :
Tout projet de loi doit être discuté dans les Parlements. Si le Parlement est d’accord, il « enregistre » la loi, la copie dans son registre. Dès lors, la loi devient concrète.
Parfois, les Parlements s’opposent au pouvoir royal. Ils font des remontrances au roi.
Enfin, le roi a des États Généraux (clergé, noblesse et tiers état)
Les derniers réunis étaient à Tours, en 1484.
Les rois suivants n’en ont pas eu besoin.
Les Parlements et les États Généraux ont souvent des ambitions politiques. Ils aimeraient être les gardiens de la constitution, des contre-pouvoirs constitutionnels.
Le roi François 1ER va décider de renforcer son pouvoir en donnant des nouveautés institutionnelles :
- Un renforcement théorique : des traités sont écrits, comme celui de Claude de Seyssel en 1515 « Grant Monarchie de France », ou celui de Guillaume Budé en 1522 « Institution du Prince », a la gloire du roi.
- Un renforcement pratique : il va créer de nouveaux ministères. Les grands officiers sont des membres de la grande noblesse et sont souvent rivaux du roi, le roi estime donc qu’il serait mieux d’avoir des ministères plus faciles à contrôler. (Secrétaire d’état aux affaires étrangères, guerre, marine et maison du roi.) Les titulaires sont des hommes fidèles, choisis par le roi. Les 4 se partagent le territoire.
François 1ER crée deux ruptures : il ne convoque plus les États Généraux.
Il crée aussi le « lit de justice » en 1527 : le roi a le dernier mot contre les parlements.
Il va aussi faire en sorte que le territoire soit mieux contrôlé :
- Il crée des fonctionnaires (officiers), environ 5 000, puis 10 000.
- Il crée les généralités fiscales en 1542. Le territoire est divisé en 22 régions fiscales.
- Il crée aussi de nouveaux tribunaux en 1552, les Présidiaux (environ 60)
- Il va multiplier ses déplacements, surtout dans les châteaux de la Loire, mais aussi dans les provinces, pour que le peuple le voie.
- Il va aussi s’affirmer avec des lois (ordonnance de Villers-Cotterêts qui fait le français la langue administrative), des mariages (il marie sa sœur), et des procès.
b) Le défi international
Tenir son rang dans le concert des nations.
Les critères d’une (grande) puissance que la France rempli :
- Solidité politique intérieure
- Unité religieuse
- Rayonnement culturel et artistique
- Rayonnement commercial et économique
- Pays le plus peuplé de l’Europe
La puissance française se manifeste a travers les guerres d’Italie (1494-1559) :
L’Italie est une terre convoitée : a cause d’un paradoxe. C’est un géant dans certains domaines (culturel, artistique et économique), mais un nain dans autre (politique : l’Italie n’est pas unifiée, elle est morcelée.)
L’Italie ne peut pas de défendre.
La France a des rivaux affaiblis :
- L’Angleterre est empêtrée dans une guerre civile.
- L’Espagne est un état divisé, et est empêtrée dans la « reconquête », puis la « conquête ».
- Le saint empire romain germanique (empire allemand) est divisé as usual. (autant d’états que de jours dans l’année)
La France a un « rêve italien » : celui de récupérer deux territoires (royaume de Naples, et le duché de milan). Il y aura deux phases de guerre :
- 1494 : Charles 8 fait une campagne éclair et s’empare de Naples, qu’il occupera pendant un an. Il est allé a Naples car jusqu’à 1450, le roi de Naples était un français de la famille d’Anjou. Charles 8 est chassé des 1496.
- Le deuxième lieu revendiqué est la Lambardie. Jusqu’en 1447, c’est une terre tenue par les Visconti (unis a la France par le mariage), jusqu’à qu’ils soient chassés par les Sforza. C’est Louis 12 qui lance la campagne en 1506, mais il est chassé en 1512. Reprendre Milan sera le but de François 1ER : victoire magistrale (triomphe de marignan)
Il négociera des avantages ( Leonard de Vinci vient en France. Il négocie un accord avec le pape qui lui donne contrôle sur les affaires religieuses. Les Suisses deviennent la garde privée du roi. En 1517, il est officiellement déclaré duc de Milan.)
Mais cet équilibre ne va pas durer longtemps : un rival entraine la reprise des guerres.
Charles Quint. Il a trois couronnes : il se prétend duc de bourgogne depuis 1506, roi d’Espagne depuis 1516, et en 1519 il est élu empereur du saint empire romain germanique (il n’y a que sept électeurs), face a François 1er.
Il contrôle énormément de territoires, partout en Europe, encerclant la France.
Les guerres vont reprendre dès 1521 :
- 1521-1525 :
Guerre acharnée (chevalier Bayard). Le pire est la bataille de Pavie en 1525 : armée française est décimée, François 1ER est fait prisonnier et sera détenu pendant 1 an a Madrid (territoire de Charles Quint). Il est libéré en 1526 contre de lourdes concessions (il renonce à Milan, la Bourgogne, a la confiscation des terres du connétable, il paye une forte rançon, et envoie ses deux fils en hottage en échange, qui resterons jusqu’en 1529.)
- 1526-1529, conclue par une paix des femmes
- 1536-1538
- 1542-1546
- 1552-1559, dernière guerre entre les fils qui récupère les trois évêchés lorrains.
Participer aux grandes découvertes.
Bulle (loi) du pape est accordée en 1493 + traité de Tordesillas en 1494 : les découvertes sont réservées aux Espagnols et Portugais.
Il y a un lobbying fait par les armateurs et marchands français pour que le pays rentre dans la course : François 1ER se laisse convaincre.
« Je voudrais bien voir la clause du testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde », dis François 1ER.
Il lance une politique américaine :
- Il faut se munir d’un port moderne qui puisse concurrencer les autres ports
Le Havre.
- Monter des expéditions officielles, financées par les lobbys.
le premier « pilote » français est un italien ( Jérôme Verrazzano qui découvre la future NYC puis se fait manger.)
Après Verrazzano, il y a Jacques Cartier, qui vise plutôt le Canada, découvre les futurs Québec et Montréal. Mais il n’a pas énormément de financement a cause des guerres, et il n’arrive pas a installer de colonies.
En 1555, une nouvelle destination de rêve apparait : le Brésil.
Les Français occupent la baie de Rio pendant 5 ans.
2. Défis culturels et religieux
a) Un foyer humaniste et artistique
La France est à la hauteur du reste de l’Europe.
Vrai succès.
On parle donc de renaissance : on quitte l’ombre pour rentrer dans la lumière avec l’humanisme. A la mort de François 1Er on dit :
« Nous sommes véritablement devenus des hommes sous François 1er »
La culture humaniste repose sur le principe du retour aux sources. Retour aux sources de la culture, notamment la culture gréco romaine.
La fin de l’empire byzantin entraine un mouvement intéressant : beaucoup de savants et de manuscrits vont trouver refuge en occident. Il y a donc une masse de témoignages écrits de savants de l’antiquité qui arrivent.
Ceci entraine des mouvements en direction de l’Italie.
Guillaume Budé, qu’on appelle l’Érasme français, à des crédits illimités pour racheter des manuscrits antiques en Italie et les ramener en France.
Il y à aussi Lefèvre d’Etaples, grand humaniste chrétien.
Une autre grande figure de l’humanisme est Marguerite de Navarre, la sœur du roi.
Un humaniste, c’est un homme trilingue, un homo trilliguis. Il parle :
- Le latin : langue de l’antiquité, des sciences et de l’église. Les gens qui parlent latin sont très nombreux.
- Le grec : sert à lire les philosophes et les médecins de l’antiquité, et à lire le Nouveau Testament. Rare.
- L’hébreu : langue de l’ancien testament, et importante pour la culture médicale. Très rare de parler cette langue. (Guillaume Postel, inventeur de « nos ancêtres les gaulois »)
Pour accéder à la culture humaniste, il y a 3 manières :
- Un précepteur.
- Création d’académies ou de cercles savants. (Cercle de Nérac, réuni autour de Marguerite de Navarre. Cercle de Meaux.)
- Créer une institution humaniste. (Le collège humaniste. Université humaniste.)
A l’échelle européenne il y à trois grandes universités humanistes :
- L’Alcala, en Espagne.
- Louvain, en Belgique, premier directeur est Érasme.
- Le collège des lecteurs royaux, collège de France, créé en 1530.
L’humanisme bénéficie de la création de l’imprimerie, qui arrive en France vers 1460.
On peut donc imprimer des ouvrages humanistes.
Les ouvrages humanistes sont surtout des traités éducatifs qui parlent d’humanisme. Notamment les ouvrages d’Érasme (ex : La civilité puérile, guide pour bien éduquer un enfant.) Il y a aussi Rabelais (Pantagruel)
Il y a aussi des grands traités d’éducation, notamment par Castiglione.
L’humanisme est aussi un temps de promotion de langues nationales :
En 1539 en France, le français devient la langue officielle de l’administration.
Des écrivains et poètes créent un mouvement qui s’appelle « La défense et illustration de la langue française », 1549.
Foyer français des arts.
Il y a une grande influence italienne. Les Français ont des contacts avec l’Italie, notamment après les guerres. Charles 8 va à Naples, et s’intéresse aux arts :
Il fait du pillage, mais passe aussi commande chez des artistes italiens. Il va recruter et ramener en France des artistes. Tous les autres rois imiterons ces pratiques.
François 1er réussi les meilleures prises : Leonard de Vinci. Il n’apporte pas beaucoup à la France car il est très vieux quand il vient, et meurs 3 ans après. Mais on lui doit les plans du château de Chambord. On lui doit aussi les plans de Romorantin, cité idéale.
Après Leonard de Vinci, il y à un nouveau mouvement d’arrivée d’italiens, notamment à Fontainebleau. On fait venir deux grands artistes italiens : Le Rosso, et le Primatice.
Ils gèreront la politique artistique française.
Il y a aussi une grande influence de l’antiquité.
Il y a un grand architecte italien, Serlio, qui rappelle les grands sculpteurs de l’antiquité.
Le mécénat royal est très important, et se marque notamment par les portraits du roi.
La création de châteaux est aussi très importante : le Château de Madrid, créé après que François 1Er ai été pris en hotage à Madrid.
b) Le défi religieux du protestantisme
A cette époque, tout le monde est religieux à sa propre manière.
Il y a deux urgences :
- Garantir son salut, sa place après la mort.
- Pour garantir le salut, il faut une bonne église et des bons prêtres. Mais ce n’est pas forcément le cas : il y a beaucoup d’abus
Il y à un besoin de réforme : on veut reformer l’église.
On à un contexte d’eschatologie (science des fins dernières).
Cette réforme sera portée par un groupe d’acteurs : des humanistes dis chrétiens, des Bibliens, des Évangélistes.
La France est touchée par les débuts de l’Évangélisme français vers 1515-1530. Elle est touchée par une influence extérieure, celle du moine réformateur allemand Luther.
Luther est un théologien, spécialiste de la connaissance de Dieu. Il est scandalisé par le « trafic des indulgences » : les remises des peines à encourir au purgatoire. Ces indulgences sont vendues, et profitent donc aux plus riches. Luther trouve ça scandaleux et inégal.
Luther se mets en colère, et le 31 octobre 1417 il affiche ses 95 thèses sur la porte de la chapelle de l’université ou il enseigne. Mais cette révolte à un impact interne, allemand, mais aussi international.
On essaye de dialoguer avec Luther, mais rien y fait. Il est deux fois condamné en 1520 : une première fois par son souverain Charles Quint, mis au banc de l’empire, deviens un hors la loi ( il n’est plus protégé par la loi). Il est aussi condamné par l’eglise : il est excommunié.
Mais grâce à son enseignement, à ses livres et à ses disciples, il connait un succès dans l’empire et dans toute l’Europe. Son enseignement à trois principes :
- Sola fide, la foi seule.
- Solas scriptura, l’écriture seule, la bible seule.
- Solo christo, le christ seul.
Luther est donc en rupture avec l’église catholique, et sa voie deviendra le protestantisme.
En France, le luthéranisme arrive vers 1521. La faculté de théologie condamne ses idées. Mais il n’y aura pas vraiment d’implémentation.
Il y à aussi une influence intérieure avec un courant réformateur français (qui à les mêmes idées que Luther) : le cercle de Meaux. Il rassemble des réformateurs français, notamment un évêque, Guillaume Briçonnet. Il transforme son diocèse un laboratoire pour la reforme de l’église. Il y à beaucoup de jeunes théologiens et humanistes.
Ce cercle est placé sous la protection de Marguerite de Navarre, la sœur du roi.
De 1521 à 1525, le cercle est très actif.
Ce cercle à deux problèmes :
- Jalousie et incompréhension.
- Cercle infiltré par les idées luthérienne.
Tout s’effondre avec la captivité du roi et le départ définitif de Marguerite. Trop d’opposition, et le cercle est stoppé. L
L’addition de ces deux expériences crée un climat de défiance, au point ou on crée un amalgame entre l’humanisme et le protestantisme.
Louis Berquin est exécuté sur place publique en 1529, considéré comme hérétique. Après cette exécution, il y a un répit de 1530 à 1534.
L’affaire des Placards va tout bousculer en 1534 : une campagne d’affichage mené par un protestant français exilé, Antoine Marcourt. Des affiches injurieuses et caricaturales contre la messe catholique. Ces placards sont affichés PARTOUT en France. Depuis Luther, d’autres courants protestants plus radicaux se sont développés : les sacramentaires.
François 1ER rentre dans une royale colère, et réprime sévèrement. Il fait arrêter une centaine de personnes pour rébellion, en condamne un certain nombre, dont 6 exécutions. Ceci crée un mouvement d’exil des humanistes chrétiens qui ont peur.
Un des exilés, Jean Calvin, pars vers le sud, chez Marguerite de Navarre. Il se réfugie enfin en Suisse. C’est là qu’il développe une nouvelle doctrine protestante encore plus radicale. Il écrit un livre, « institution de la religion chrétienne ». Ce livre est dédié à François 1er . A partir de ce moment-là, on assiste à la calvanisation du protestantisme français.
Vers 1559, le calvinisme est bien implanté en France. Les plus grosses zones de densité sont dans le Sud. Beaucoup de protestants sont lettrés : c’est une religion élitiste, composée de beaucoup de nobles et d’anciens membres du clergé.
Le calvinisme est très radicalisé : l’État se montre très répressif, sous François 1ER et Henri 2. En 1445, François 1ER réprime un groupe d’hérétiques qui se rapprochent des calvinistes. 3000 morts.
Henri 2 lui crée un tribunal spécial.
II. CHANGEMENT DE DÉCOR, 1559-1572
En l’espace de 3 ans, c’est un demi siècle de prosperité qui s’effondre totalement.
1. Un 1er tournant : 1559-1562
Paix du Cateau-Cambresis marque la fin des guerres d’Italie. Mais cette paix est diffcile pour la France : La dernière bataille décisive (St Quentin, 1557) à été perdue par la France, gagnée par Philippe 2 d’Espagne (fils de Charles Quint). La France doit renoncer à ses prétentions italiennes pour pouvoir protéger la capitale des forces de Philippe 2.
Une paix, ça se fête : on organise des festivités à Paris à la fin du mois de Juin, dont un tournoi. Au cours de ces joutes, Henri 2 se bats contre un chevalier anglais qui le blesse sans faire exprès (sa lance se coince dans la visière du casque d’Henri 2 et perce son œil.) Henri 2 est soigné, mais meurs en quinze jours en juillet 1559 a l’âge de 40 ans.
Sa mort plonge le pays dans une crise politique de succession.
a) Un pouvoir royal affaibli.
Il y a quatre héritiers potentiels, quatre garçons. L’ainé, François, deviens le roi François 2. Il est marié avec Marie Stuart. Il n’a que 15 ans, ce qui est une bonne et mauvaise nouvelle :
Il n’est pas mineur, donc pas besoin de régence. Mais il est inexpérimenté, car son père ne l’a jamais associé au pouvoir, ne lui a jamais rien appris.
Heureusement, il y a la reine mère, Catherine de Médicis, qui est très expérimentée en politique. La deuxième mauvaise nouvelle, c’est que François 2 est en très faible santé (tuberculeux) et il est caractériel.
Encore une fois, heureusement sa mère est là pour le gérer. Le roi et la reine mère doivent donc se trouver des alliés.
Ils doivent accepter qu’il y ai des contre-pouvoirs, et choisir entre différents clans.
Chez les catholiques, il existe deux grands clans :
- Les Montmorency, des catholiques modérés titulaires de la charge des connétables.
- Le clan des Guise, des catholiques intransigeants par rapport au protestantisme, sert le roi de France depuis François 1ER, a même été naturalisé.
A l’époque de la mort d’Henri 2, les Guise sont un clan à deux têtes : il y a le duc François, qui est surement l’homme le plus populaire de France, pour trois raisons :
- Il est vainqueur de Metz (défait Charles quint)
- Il est vainqueur de Thionville (dernière bataille des guerres d’Italies.)
- Il à repris Calais des mains des anglais.
Son frère est le cardinal Charles de Lorraine, qui est archevêque de Reims (ville des sacres, seconde capitale du royaume), ce qui lui donne un énorme pouvoir : premier pair de France.
La politique des Guise serait une politique très anti-protestante.
La deuxième option serait de choisir un clan protestant, qui sont dominés par une famille :
Les Bourbons, notamment Antoine de Bourbon, le fils de Marguerite de Navarre (sœur de François 1Er), qui réside à la cour. Il à le titre prestigieux de premier prince de sang.
Il exisye deux autres clans protestants : les Condé, et les Chatillons, aussi appelés les Coligny.
Les clans protestants souhaiteraient la légalisation ou dépénalisation du protestantisme : ils ont donc organisé une assemblée clandestine en 1559.
(Les protestants sont appelés « huguenots » par leurs adversaires, terme péjoratif, qui désigne les protestants comme étant tous des rebelles.)
Catherine de Médicis va choisir les Guise, donc les catholiques extrêmes. On chasse les Montmorency de la cour. Mais ce choix des Guise à des conséquences dramatiques.
b) La marche à la guerre, 1559-1562.
Le règne de François 2 sera à la fois court (1559-1560), et dramatique.
Les Guise vont reprendre la politique de répression du protestantisme qui existait sous Henri 2.
Un parlementaire protestant, Anne du Bourg, avait protesté contre la politique de répression d’Henri 2. Il est donc emprisonné, mais le roi meurt donc entre temps. En décembre 1559, les Guise qui reprennent les reines l’exécute publiquement (brulé).
On voit se mettre en place une coalition anti-Guise : les clans protestants, les clans catholiques écartés (Montmorency), l’opinion publique (car les Guises sont réputés pour être des étrangers), et les soldats (les Guise ont démobilisé l’armée d’un coup, les laissant sans travail.)
Les Guise n’ont donc aucune stabilité. A cause de ça, on va voir en 1560 toute une série d’initiative pour essayer de renverser les Guise : la plus importante est celle de la conjuration d’Amboise. Les conjurés, conspirateurs, sont des protestants. Ce n’est pas Antoine de Bourbon, ni les Condés, ni les Coligny. Il s’agit d’un membre de la noblesse, La Renaudie. L’objectif est d’enlever le jeune roi François 2 pour le soustraire à l’influence de l’église. On veut que soient organisés des états généraux de royaume (pas organisés depuis 1484) et que des protestants soient mis au pouvoir.
Mais le plan n’est pas un secret, et on les arrêtés. La répression est extrêmement sévère : la plupart sont condamnés et exécutés. La Renaudie est tué et dépecé en 5 morceaux (pour 5 portes de la ville d’Ambroise.)
Catherine de Médicis à le choix entre deux alternatives :
- Renforcer la répression contre les protestants et de confirmer les Guise. (On arrête préventivement Condé.)
- Complètement changer le personnel politique et la politique suivie : mettre en place la politique de Concorde, une politique d’entente et d’ouverture. Une politique moyenne, le pari des « moyenneurs ».
On rappelle les Montmorency, et on dégage les Guise. Catherine de Médicis, pour apaiser le jeu, accepte la convocation des états généraux. Malheureusement, François 2 décède début décembre, juste avant les états généraux.
Mais il reste des frères : le prochain roi sera Charles 9. Mais il n’a que 10 ans, donc mineur : il faut donc une régence. C’est donc Catherine de Médicis qui devient régente.
Les états généraux se déroulent quand même. A l’occasion, Catherine de Médicis s’appuie sur le chancelier, Michel de l’Hospital, un homme très modéré favorable à la coexistence et tolérance religieuse. Les états généraux se tiennent jusqu’au printemps 1561, et offrent des solutions pour régler les crises économiques et politiques. Mais on évite la crise religieuse.
Pour la crise religieuse il y à un concile qui échoue. Catherine de Médicis tente quelque chose et impose un édit de cohabitation entre catholiques et protestants.
III. LE ROYAUME DIVISÉ PUIS RÉCONCILIÉ (1572-1610)
1. Henri III, roi contesté, 1574-1589
Appelé le duc d’Anjou, fils d’Henri II et Catherine de Médicis. Acteur de la St Barthelemy (a poussé Charles 9 a prendre une décision). On l’éloigne de France des 1573 pour se faire oublier, et il est élu roi de Pologne de 1573 a 1574.
Charles 9 décède de la tuberculose : Henri deviens donc automatiquement le nouveau souverain, et rentre en France en mai 1574.
Il démarre avec une nouvelle guerre dès qu’il arrive au pouvoir, sans état de grâce.
Cette guerre dura jusqu’en 1576.
Il est confronté à 2 priorités :
- Pacifier le royaume et rétablir la concorde entre cathos et protestants.
- Renforcer son pouvoir et son crédit personnel.
a) Un pouvoir en équilibre, 1574-85
Il demande a son petit frère François D’Alençon de négocier une paix entre catholiques et protestants : l’édit de Beaulieu, aussi appelé la paix de monsieur (monsieur est le surnom du frère du roi). Il demande a son frère car c’est son successeur désigné.
(Henri épouse une fille du duc de Lorraine en 1575, mariage d’amour, mais pas d’enfants.)
Son frère est un chef d’un parti politique hérité des moyenneurs (cathos et protestants modérés, maintenant appelés malcontents.) C’est un catholique modéré, qui essaye de rassurer les protestants.
Cette paix proclame la réhabilitation des victimes de la saint Barthelemy. On restitue les biens qui avaient été confisqué aux familles protestantes. On leur donne une exemption d’impôts pendant 6 ans. L’État confirme la liberté de culte protestante. Les protestants ont le droit d’avoir leurs propres cimetières. L’État donne des places de sureté de plus aux protestants : de 4 a 8. Enfin, on décide que dans chaque parlement sera créé un conseil supplémentaire, la chambre de l’édit (mi-parti, 50% catho et 50% protestants).
Cette paix est contestée immédiatement et donne naissance a une 6E guerre, de 1576 et 1577. En effet, on refuse toutes les concessions faites aux protestants. On estime que cette minorité a trop reçu. Ce sont les Guises qui protestent, notamment Henri de Guise (surnommé le balafré). Il crée une ligue nobiliaire, en 1576, qui rassemble la noblesse catholique mécontente intransigeante (pas les modérés).
Ils contestent tellement que Henri III doit convoquer les états généraux en 1576 et 1577.
Les Guises gagnent la guerre, et négocient un nouvel édit moins favorable aux protestants : l’édit de Poitiers.
Renforcer son autorité est une urgence pour Henri III.
Il fait un remaniement ministériel :
- Il renvoie tous les ministres de son frère : la plupart étaient des italiens.
- Il renvoie sa mère Catherine de Médicis du pouvoir.
- Il fait arriver des hommes nouveaux : les mignons, ou archis mignons.
Anne de Joyeuse, et le Duc d’Épernon.
- Il demande à un théoricien (Jean Bodin) de lui rédiger un traité sur la bonne politique : il faut renforcer le pouvoir, un pouvoir centralisé. Il théorise l’absolutisme et la souveraineté.
L’autorité du roi semble se renforcer, et l’obéissance est grande.
La ligue nobiliaire des Guises se dissout.
Henri III organise un tour de France, et envoie sa mère Catherine de Médicis.
Mais ce n’est pas suffisant : 7e guerre de religion due aux inquiétudes des protestants.
A la fin de cette 7e guerre, un édit réduit les places de sureté.
b) La guerre des trois Henris, 1585-1589.
8e et dernière guerre de religions, mais aussi la plus longue et dramatique.
Le premier Henri est Henri III.
Le second est Henri de Navarre, son beau-frère, chef militaire politique des protestants.
Le dernier est Henri de Guise, chef des catholiques intransigeants.
Un évènement va permettre la renaissance des Ligues : la mort de François d’Alençon en 1984, l’héritier. Sa mort bouleverse la succession au trône. Henri de Navarre est désigné comme prochain roi, mais problème : Henri de Navarre est un prince protestant. De nombreux leaders catholiques refusent donc qu’il soit héritier et prochain roi.
Deux Ligues vont naitre :
- Ligue Parisienne
- Ligue nobiliaire des Guises
Les deux ligues vont s’unir, en se faisant appeler la sainte union.
Dès 1585, l’édit de Nemours est imposé au roi.
Henri III accepte de financer les armées de la ligue.
Il accepte aussi qu’Henri de Navarre ne soit pas son successeur… mais il n’a pas le droit, c’est contre la loi. Mais il n’as pas le choix.
Mais Henri III se rebelle, et signe une alliance avec Henri de Navarre en 1587.
Il est chassé de Paris en 1588 : pour les ligues, Henri de Guise est le vrai roi.
Henri III réuni les états généraux à Blois en 1588 : mais la majorité des députés sont favorables. Henri III mets donc a mort son principal opposant, le Henri de Guise.
Il fait aussi tuer son frère. Les deux corps sont immédiatement brulés. Il pense aussi avoir décapité la ligue. Maiiisssss il y a un troisième frère Guise, qui reprends la ligue, et s’avère très performant.
Henri III devient très impopulaire. La faculté de Paris condamne le geste d’Henri III, et délie les sujets français de leur devoir d’obéissance du roi. Le roi est déclaré hors la loi : son statut ne le protège plus. Il est désacralisé. Il devient Henri de Valois, Vilain Herodes (celui qui a ordonné un massacre d’innocents car il n’aimait pas Jésus)
Pendant le siège de Paris, le 1Er aout 1589, il reçoit un jeune émissaire de la ligue, Jaques Clément. Henri III se fait poignarder et assassiner.
Henri de Navarre devient Henri IV.
