Diaporama 3
La Chine à l'heure mongole II
Le légendaire Qubilai Khan
Son nom demeure très associé à l'histoire de la Chine, souvent plus que celui de Gengis Khan.
Qubilai, bien qu'étant Mongol, est vu comme l'un des plus grands empereurs chinois.
Son règne (1260-1294) est marqué comme le second fondement de la dynastie mongole après Gengis Khan.
La conquête des Song du Sud
Achèvement de cette conquête après 40 ans de campagne, commencée après la chute des Jin en 1234.
La géographie des régions du Sud, comprenant collines, vallées, rivières et lacs, représente un défi pour les armées mongoles.
Qubilai exerce une participation active dans les années 1250.
Adaptation aux défis géographiques avec le recours à des soldats perses pour la guerre urbaine et la nécessité d'une marine pour combattre sur les voies fluviales.
Conquête finale des Song du Sud
Les Mongols contournent le problème par le Sud-Ouest en conquérant le Yunnan et le Sichuan, où les forteresses naturelles avaient été aménagées par des stratèges chinois.
Les villes de Nankin (1274) et Hangzhou (1276) tombent, cette dernière étant prise sans effusion de sang.
La fin des Song en 1279, marquée par la mort du dernier prétendant au trône.
L'effondrement des Song est dû à la faiblesse du pouvoir, les jeunes empereurs étant manipulés par des factions internes.
Les deux factions principales sont les capitulards, représentés par Jia Sidao, et les résistants patriotes, symbolisés par Wen Tianxiang, exécuté pour sa résistance.
Une intégration réussie
Sous le règne de Qubilai, une sinisation croissante est observée, influencée par des conseillers chinois qui encouragent l'adoption des pratiques locales.
Des chroniqueurs exagèrent cette sinisation, reflétant une volonté de se distancer de leurs origines nomades.
Le déplacement de la capitale
Qubilai déplace la capitale de Karakorum à Khanbalik (Pékin) en 1264.
La construction de Khanbalik sur le site de l'ancienne capitale Jin souligne le désir de Qubilai d'ancrer son pouvoir au cœur de la Chine.
Changements politiques
Adoption du nom dynastique Da Yuan (大元) en 1271, signifiant "La grande grandeur".
Qubilai se proclame empereur de Chine et adopte les cérémonies de cour chinois, intégrant ainsi des traditions locales.
Politique économique
Soutien aux diverses productions agricoles, promotion du commerce extérieur, et réintroduction du papier-monnaie en 1260.
Le développement de l'agriculture inclut la sériciculture et le défrichement de terres en Mongolie.
Problèmes de ravitaillement en grain
Difficultés d’approvisionnement à Khanbalik dues à des pirates.
Construction du Grand Canal en 1289 constitue un projet coûteux mais essentiel pour relier le Sud et le Nord.
Utilisation simultanée des voies maritimes et du Grand Canal pour le transport.
Le génie politique de Qubilai
Qubilai s'entoure de conseillers confucéens afin de renforcer son administration.
Xu Heng, un grand lettré confucéen, est nommé directeur du Collège impérial, et Liu Bingzhong joue un rôle clé dans la sinisation.
Création d'écoles pour former des cadres et investissement dans l'éducation.
La construction de la nouvelle capitale est confiée à Liu Bingzhong en 1267.
Résistances et critiques internes
Une méfiance des lettrés chinois envers Qubilai est présente dès le début de son règne.
Les critiques concernant la sinisation proviennent également de certains membres de la lignée gengiskhanide, accusant Qubilai de devenir "trop chinois".
Dans les années 1270, des rébellions menées par les descendants d'Ogodei et de Djaghataï éclatent.
Le rôle de Chabi
Chabi, l'épouse principale de Qubilai, est une conseillère fidèle et influence la sinisation ainsi que la protection du bouddhisme.
Elle contribue à l'évolution des modes, créant des vêtements adaptés aux exigences des guerres à cheval.
La fin du règne de Qubilai
La période se termine par des échecs militaires dans plusieurs régions, et par la perte de figures importantes comme Chabi et l'héritier Zhenjin.
Qubilai entre dans une période de dépression marquée par l'alcoolisme et un retrait du pouvoir.
Le déclin des Yuan
Malgré une période de prospérité, divers signes d'affaiblissement apparaissent, notamment la fragmentation de l'empire mongol.
Crises sanitaires comme la peste et luttes internes accentuent l'instabilité politique en Chine, avec une succession rapide d'empereurs entre 1294 et 1332.
Le pouvoir militaire diminue tandis que le pouvoir civil gagne en importance.
La société chinoise à l'ère mongole
Un déséquilibre démographique significatif existe entre les Chinois (environ 100 millions) et les Mongols (1 million).
Les tensions entre Mongols et lettrés chinois persistent, alimentées par des barrières culturelles et un manque de compréhension entre les deux groupes.
Stratégie de contrôle des Mongols
Les Mongols tentent de gouverner sans confier l'administration aux lettrés chinois, ce qui engendre des tensions.
Ils provisionnent des lettrés venus d'autres régions pour superviser les Chinois, mettant les lettrés dans des positions subordonnées.
La ségrégation ethnique
La société est classée en quatre catégories ethniques distinctes, avec des interdictions sur les mariages inter-ethniques.
Les fonctionnaires chinois perdent des privilèges traditionnels, ayant désormais un accès restreint aux postes importants.
La tutelle économique des marchands musulmans
Les marchands musulmans exercent un contrôle important sur le crédit et la collecte d'impôts, souvent au détriment des Chinois, suscitant le ressentiment.
Les rallonges fiscales renforcent la perception négative des marchands musulmans par la population chinoise.
Réquisition forcée des Chinois
Les Chinois sont soumis à des réquisitions obligatoires pour des corvées et des travaux, avec peu de contrôle sur leurs conditions.
Le pouvoir est largement dominé par la noblesse mongole, maintenant les Chinois dans des rôles subalternes.
Problème de gouvernance mongole
La transition de la conquête à la gestion reste un défi pour les Mongols, comme en témoigne la réputation d'incapacité à gouverner par les cavaliers.
Rôle des intermédiaires non-mongols : Yelü Chucai
Yelü Chucai joue un rôle crucial en aidant les Mongols à structurer l'administration, intégrant des Chinois et d'autres groupes non-Mongols.
Réformes sous Ogodei grâce à Yelü Chucai
Créations administratives déterminantes pour la gestion de l'empire, apportant des réformes significatives dans la taxation et le clergé.
Défi mongol : gouverner un empire sédentaire
Défi de maintenir les traditions mongoles tout en s'adaptant aux exigences d'un empire sédentaire aux traditions anciennes.
Complexité des institutions sous les Yuan
Le système institutionnel des Yuan est un mélange complexe des traditions mongoles et chinoises, hérité des dynasties précédentes.
Adoption des institutions chinoises
Mise en place de la bureaucratie avec des changements formels dans la gestion gouvernementale et la réintroduction d'éléments comme le Secrétariat et ses ministères.
Innovations administratives : les secrétariats auxiliaires
Établissement de structures régionales (xingsheng) qui deviendront des provinces pérennes dans les dynasties ultérieures.
Les darughachi : superviseurs mongols
Les darughachi, superviseurs mongols aux pleins pouvoirs, sont décrits négativement par les sources chinoises comme souvent illettrés et cupides.
La loi sous les Yuan : dilemmes et adaptations
Les Mongols doivent naviguer entre l'application des lois traditionnelles mongoles et le besoin d'adopter des lois chinoises adaptées à leur nouvel empire.
Innovations et statut social sous les Yuan
Quelques améliorations concernant le statut des femmes d'origine mongole, mais un déclin de leur statut au sein des non-Mongols.
Voyageurs dans l'empire mongol
Pax Mongolica a facilité les voyages religieux et commerciaux, avec des ambassades chrétiennes notables tentant de convertir les Mongols.
Les grands voyageurs : Marco Polo
Marco Polo, vénitien, a séjourné 20 ans en Chine, fournissant des descriptions détaillées de la vie chinoise et inspirant les explorations futures.
Les grands voyageurs : Ibn Battuta
Ibn Battuta a parcouru 120 000 km à travers l'empire, offrant des descriptions vivantes des productions chinoises et de la vie quotidienne.
Un empire cosmopolite
La Pax Mongolica a favorisé un environnement multiculturel et multiconfessionnel avec diverses administrateurs d'origine étrangère.
Lettres et arts, religions
Sous les Yuan, il y a eu un désintérêt croissant pour la culture classique chinoise, avec des conséquences pour les lettrés chinois et un développement lent des arts.
Développement de la langue vernaculaire
Une période prolifique pour le théâtre chinois avec des œuvres donnant voix à la résistance contre l'oppression mongole et explorant les thèmes locaux.
Politique religieuse sous les Yuan
Le pragmatisme religieux a permis une diversité significative dans l’empire, mais des conflits entre différentes traditions spirituelles ont émergé avec le temps.
Conclusion
Les Mongols ont réalisé une unification de la Chine, institué un État multiculturel et laissé des héritages durables.
Cependant, ils ont également causé des dommages humains, une exploitation ethnique et un déclin de la culture classique chinoise.
Leurs descendants sont restés actifs dans l'histoire, créant des tensions sous les dynasties Ming et Qing.