Histoire

La naissance de la Nouvelle-France

Première colonie

Le développement de la colonie de la Nouvelle-France est consacré à des compagnies de marchand au moment de la fondation de Québec en 1608→ Début 17eme siècle.

Elles tirent des profits en échange elles s'engagent à peupler et développer ce territoire

Des compagnies responsable de la colonisation

Le roi de France choisit les compagnies qui exploitent les ressources de la Nouvelle-France. Elles doivent gouverner et administrer le territoire. Pour assurer le peuplement elle doivent:

* Faire en sorte que la colonie accueille un certain nombre de colons chaque année

* Distribuer des terres au colons

* Fournir des outils des semelles et du bétails au premier colon

* Assurer la survie des colons en leurs envoyant par bateau la nourriture aussi longtemps que la colonie n'en produit pas suffisamment pour nourrir sa population

Les compagnes obtient le monopole du commerce des fourrures en échangeant

L’emplacement de l’établissement de Québec

La fondation du premier établissement permanent de la Nouvelle-France et la construction d’une habitation pouvant loger une trentaine de personnes et leur provision. À cet endroit, plus de 70 ans auparavant, se trouve le village de Stadaconé visité par Jacques Cartier. l’emplacement de Québec permettant à Champlin de prendre de court les concurrents français, basques et anglais qui fréquentent Tadoussac pour se livrer à la traite des fourrures. En effet, l’embouchure de la rivière Saguenay, où est situé Tadoussac, est le point d'arrivée de plusieurs trajets qu'empruntent les Autochtones pour venir échanger leurs fourrures contre des objets européens. Champlin connaît bien Tadoussac, où il a conclu ses premières alliances avec les Premières Nations. Toutefois, il a remarqué que les Hurons, qui y apportent le plus grand nombre de fourrures, circulent par le fleuve Saint-Laurent. En s'établissant à Québec Champlain s'assure qu’il sera le premier à croiser leur chemin pour commercer plus facilement.

Des débuts difficiles

La survie des colons dépend de la France. Chaque été des navires arrive de la France

avec de la nourriture, diverses marchandises et de la main d’œuvre.

Entre l’hiver et le printemps, le Québec perd 20 sur 28 colons français à cause du scorbut.

Les exploration de Champlin: de nouvelle alliance

Samuel de Champlain est également à la recherche d'un passage vers la Chine, car les Français souhaitent toujours découvrir une nouvelle route maritime vers l'Asie. Samuel de Champlain a un grand respect pour les Autochtones, qui sont des partenaires indispensables dans le commerce des fourrures. Comme il a besoin d'eux, il n'hésite pas à conclure avec eux de solides alliances, de nation à nation, comme la France le fait avec d'autres nations européennes. Ces bonnes relations avec les Autochtones vont permettre aux Français de s'adapter à ce nouveau territoire et d'en connaître les ressources. Les Français vont adopter de nouvelles techniques très utiles pour les déplacements, comme les raquettes à neige et le canot d'écorce. Cela va assurer la réussite de leur implantation sur le territoire.

En 1603, Samuel de Champlain établit une première alliance à Tadoussac avec les Montagnais, les Algonquins et les Malécites, puis en 1609, il s'allie aux Hurons. Les Hurons s'engagent à échanger avec les Français leurs fourrures contre des marchandises européennes. De leur côté, les Français acceptent de soutenir leurs nouveaux alliés dans les guerres territoriales qui les opposent aux Iroquois de la Ligue des cinq nations. Samuel de Champlain livre plusieurs batailles contre les Iroquois. Issus de la grande famille iroquoienne, ces Autochtones sédentaires occupent un territoire nommé « Iroquoisie>>.

Le commerce de fourrure à l’époque de Champlain Les Premières Nations alliées des Français chassent les animaux et préparent les peaux. De leur côté, les marchands français s'occupent d'entreposer les fourrures jusqu'à leur expédition par bateau vers la France.

Pour faire le commerce des fourrures, les marchands n'ont pas besoin d'une main-d'œuvre nombreuse puisque ce sont les Autochtones qui apportent les peaux aux établissements français. Cette situation va retarder le peuplement de la Nouvelle-France.

La vision de Champlin

En 1618, dans une mémoire adressé au roi Louis XIII, il expose clairement son projet: faire de la Nouvelle-France une véritable colonie peuplée de Français et faire de Québec le cœur de la colonie. En plus des fourrures, il recommande aussi l'envoi de 300 familles et de 300 soldats ainsi que la présence de religieux catholique. La compagnie de Canada est responsable de Caen lui succède de 1620 à 1627. En 1627, le cardinal de Richelieux, l’homme politique le plus influent du Royaume de France, s’inspire des propositions de Samuel de Champlain pour relancer la colonisation et l’économie de la Nouvelle-France. Afin de réaliser son projet, il recommande au roi de créer une compagnie de grande envergure: la compagnie des Cents-associés qui est véritable au début de la colonie peuplement de Québec.

La compagnie des Cent-Associés

En 1628, vingt ans après sa fondation, Québec abrite seulement une dizaine de femmes et une centaine d'hommes, dont une poignée de missionnaires catholiques.

Les compagnies de marchands qui se succèdent ne répondent pas aux attentes du roi de France. En 1627, sur les recommandations de son ministre, le cardinal de Richelieu, Louis XIII confie le peuplement et le développement de la Nouvelle-France à la Compagnie des Cent-Associés aussi appelée Compagnie de la Nouvelle-France.

Le mandat de la Compagnie des Cent-Associés

Rapporter des richesses en France (peaux-fourrures) principalement de la fourrure de castor. Peupler et développer la Nouvelle France.

La Compagnie des Cent-Associés est composée de 100 actionnaires. Parmi ces actionnaires, on trouve des marchands, des nobles, des banquiers, des propriétaires de navires et des membres du clergé, dont le cardinal de Richelieu. Pour assurer le peuplement de la colonie, Louis XIII oblige la compagnie à y installer au moins 4000 colons en 15 ans. Un grand nombre de ces colons sont des engagés. Dans la colonie, ils sont logés et nourris par la personne pour qui ils travaillent et qu'ils ne peuvent quitter sous peine de lourdes sanctions. Cette personne rembourse le coût de la traversée à la Compagnie des Cent-Associés. Une fois leur contrat terminé, les engagés peuvent rester dans la colonie ou repartir en France. S'ils restent, on leur accorde une terre gratuite, comme à tous les colons qui s'établissent en Nouvelle-France. La Compagnie des Cent-Associés a aussi l'obligation de développer l'agriculture en créant des seigneuries, d'installer des colons catholiques et de soutenir l'installation de représentants du clergé catholique.

Comme les autres compagnies de marchands avant elle, la Compagnie des Cent-Associés n'a pas rempli ses obligations. Toutefois, lorsqu'ils atteignent les côtes de Tadoussac, les Français font face à une flotte de navires dirigée par les frères Kirke.

La prise de Québec par les frères Kirke

David Kirke et ses quatre frères sont nés en France, mais ils sont au service du roi d'Angleterre. Ils travaillent pour le compte de la Company of Adventurers to Canada, une compagnie qui veut contrôler le commerce des fourrures et expulser les Français du territoire de la Nouvelle-France.

En 1628, après avoir pris possession du poste de traite de Tadoussac, la flotte des frères Kirke arrête les quatre navires de la Compagnie des Cent-Associés qui se dirigent vers Québec. Cette offensive empêche non seulement l'arrivée des nouveaux colons, mais aussi le ravitaillement de Québec, que les frères Kirke veulent conquérir.

Québec résiste pendant plusieurs mois aux pressions des frères Kirke. Cepen-dant, en juillet 1629, Samuel de Champlain n'a plus le choix: la centaine de personnes que compte la colonie est au bord de la famine. Il cede la colonie aux frères Kirke et quitte la Nouvelle-France avec la majorité des colons. A son retour en Europe, Champlain apprend que la prise de Québec a eu lieu deux mois après la signature d'un accord de paix, le traité de Suze, entre la France et l'Angleterre. Elle était donc illégale. En 1632, après trois ans de négociations, le roi d'Angleterre, Charles ier , en vertu du traité de Saint-Germain-en-Laye, rend

finalement la Nouvelle-France à Louis XIII, roi de France.

La fondation de trois rivière

En 1633, Samuel de Champlain est de retour à Québec avec environ 200 colons. Le lieu choisi, nommé «Trois rivières», est situé à la rencontre de la rivière Saint-Maurice et du fleuve Saint-Laurent. Au départ, la traite des fourrures y est presque la seule activité économique, mais les Français pratiquent bientôt l’agriculture sur les terres fertiles des alentours du poste de traite. À la même époque, Samuel de Champlain confie à Jean Nicolet, un interprète très respecté par les Autochtones, l'exploration des territoires à l'ouest de la Huronie.

Samuel de Champlain meurt à Québec le 25 décembre 1635. À ce moment, la région de Québec compte à peine 200 habitants. Bien que le territoire soit encore faiblement peuplé de colons français, Samuel de Champlain a tout de même réussi à fonder le premier établissement permanent de la vallée du Saint-Laurent. À sa mort, l'avenir de la Nouvelle-France semble assuré. Pour lui succéder, la Compagnie des Cent-Associés fait appel à Charles Huault de Montmagny, qui devient, en 1636, le tout premier gouverneur de la Nouvelle-France.

Les communauté religieuse

Les communautés religieuses catholiques regroupent des hommes et des femmes qui choisissent de consacrer leur vie à Dieu. Certaines communautés religieuses soignent les malades, d'autres enseignent aux enfants ou choisissent de venir en aide aux pauvres et aux orphelins. Parmi ces communautés religieuses, certaines se donnent aussi comme mission de faire connaître la religion catholique dans d'autres pays, chez les peuples païens. Ceux et celles qui partent ainsi à létranger pour convertir les peuples païens sont appelés « missionnaires».

Savage: Terme ancien voulant dire «homme de la forêt» ce n'est ni péjoratif ni négatif.

Paien:

Qui est adepte d'une religion autre que le christianisme, le judaïsme et l'islam, qui vénère plusieurs dieux ou qui attribue une âme aux animaux et aux objets.

Église:

Avec une majuscule, le mot Église désigne l'ensemble des membres d'une communauté chrétienne, par exemple l'Eglise catholique romaine, l'Eglise anglicane et l'Eglise orthodoxe grecque.

Evangélisation:

Action d'enseigner les Évangiles, les rites et les valeurs chrétiennes en vue de convertir des personnes au christianisme.

Sauvage

Mot qui signifie • peuple primitif, non civilisé », utilisé pour parler des Autochtones d'Amérique jusqu'au 19* siècle. Au fil du temps, le mot a pris une connotation péjorative.

L'évangélisation des Autochtones

En tant que roi catholique, Louis XIII a des obligations envers l'Église de Rome et son chef, le pape. Par exemple, le roi doit soutenir les activités des communautés religieuses catholiques en France et dans ses colonies. Au cours du 17e siècle, le roi appuie donc les tentatives d'évangélisation des Autochtones en Nouvelle-France.

Pour l'Église, de même que pour la population française en général, les Autochtones, qu'ils appellent «Sauvages », n'ont pas de vrai Dieu ni de vraie religion.

L'Église veut sauver leur âme en les amenant à adopter la religion catholique. Aux yeux du roi de France, Louis XIII, les Autochtones qui se convertissent au catholicisme et qui adoptent le mode de vie des Français deviennent ses sujets, au même titre que n'importe quel autre colon français installé en Nouvelle-France.

L’envoie de missionnaires

Dès le début du 17° siècle, des missionnaires arrivent en Nouvelle-France. En 1615, ce sont les Récollets qui viennent à la rencontre des Montagnais et des Hurons. Puis, ils sont suivis par les Jésuites en 1625. Ces missionnaires appartiennent a la Compagnie de Jésus, une communauté religieuse très influente en Europe. Pour convertir les Autochtones à la religion catholique, plusieurs missionnaires vivent parmi les nations sédentaires. Pendant l'été, ils vivent au milieu des nations nomades, qui sont alors regroupées dans des campements. Ils apprennent leurs langues et leurs coutumes. En effet, la compagnie de marchands doit fournir, sur ordre du roi, tout ce qui est nécessaire aux Jésuites pour remplir leur mission. D'ailleurs, dans le document officiel qui décrit le mandat de la compagnie des Cent-Associés Louis XIII déclare que la Nouvelle-France est un territoire, chrétien où seuls des colons catholique peuvent s’installer.

Les réduction

Les réductions sont de petits villages construits près des postes de traite de la colonie. Ces endroits sont destinés à évangéliser et sédentariser les Algonquins nomades vivant dans la vallée du Saint-Laurent. Deux réductions sont créées par les missionnaires, la première près de Québec, en 1638, et la seconde près de Trois-Rivières, en 1641.

Les Jésuites enseignent aux Autochtones les valeurs, les rites et les textes sacrés de la religion catholique. & leur distribuent aussi de la nourriture quand celle-ci vient à man-

quer. Les Autochtones sont incités à abandonner leur mode de vie nomade et leurs croyances traditionnelles pour s'installer de façon permanente dans les réductions. Mais ces changements sont trop importants pour eux et constituent un facteur d'isolement. Les réductions sont abandonnées après quelques années. Les missionnaires vont plutôt vivre parmi les populations nomades pendant la saison estivale, quand la nourriture abonde et que les conditions de vie sont plus faciles. En hiver, cependant, quand les nations nomades se dispersent à l'intérieur des terres où elles vivent de chasse et logent dans des cabanes en peau d'animal, les missionnaires les quittent pour revenir à Québec ou Trois-Rivières, car ils n'ont pas l'habitude d'endurer des conditions de vie aussi rudes.

Les missions

Les Jésuites installent leurs premières missions permanentes en Huronie. Ce choix s'explique par le fait que les Hurons, principaux alliés des Français, sont sédentaires. Les missions jésuites sont construites à l'intérieur même ou très près des villages hurons. Les Jésuites croient qu'il est plus facile d'évangéliser les Autochtones en vivant parmi eux. Cette proximité leur permet également de gagner la confiance de certains chefs autochtones. Quelques missionnaires ont même un droit de parole dans les conseils de village. Le projet des Jésuites est ambitieux. Ils veulent transformer les Hurons, et le faire rapidement. Cela crée des tensions au sein de cette nation fière et très influente. Au début, peu d'entre eux acceptent de se convertir à la religion catholique. Puis, des épidémies mortelles se déclarent, car les Autochtones ne possèdent pas les anticorps nécessaires pour se défendre contre certaines maladies relativement sans gravité en Europe. Des maladies comme la grippe ou la variole sont jusque-là inconnues en Amérique. La maladie emporte seulement les Autochtones, et aucun missionnaire.

Cela amène un certain nombre de Hurons à adopter les croyances et les valeurs chrétiennes, dans l'espoir d'être sauvés. Cette conversion d'une partie des Hurons à la religion catholique provoque la colère de ceux qui refusent d'abandonner leurs valeurs et leurs croyances ancestrales.

Ces Hurons accusent les Jésuites de sorcellerie et d'être la cause des épidémies mortelles. À la fin des années 1640, la présence des Jésuites crée donc énormément de tensions dans les villages hurons.

Des valeurs très différente

Le mode de vie traditionnel des Autochtones et leurs valeurs sont très différents de ceux des Français. Il s'agit d'un obstacle majeur pour les Jésuites dans leurs tentatives de convertir les Autochtones. Par exemple, les enfants autochtones sont éduqués dans une grande liberté et ils apprennent en observant leurs parents. Les enfants français, quant à eux, sont éduqués en partie dans des écoles et ils doivent respecter l'autorité en suivant des règles très strictes. Les parents et les enseignants français n'hésitent pas à infliger des punitions corporelles aux enfants. Les Autochtones, quant à eux, agissent avec douceur en compagnie des enfants et font preuve de patience pour que ceux-ci adoptent les valeurs et les comportements les plus valorisés dans leur communauté.

Les missionnaires ont aussi du mal à comprendre les liens très forts qui unissent les parents et les enfants autochtones, ainsi que les membres de la famille élargie (cousins, cousines, oncles et tantes). Ils considèrent anormal que les parents refusent de se séparer de leurs enfants. En raison de ces différences de valeurs et de cette incompréhension mutuelle, les écoles mises sur pied par les Jésuites pour évangéliser et éduquer les enfants autochtones ont très peu de succès, tout comme les tentatives d'évangélisation en général.

L’éducation et les soins au malades

Au 17e siècle, les communautés religieuses qui viennent s'établir en Nouvelle-France ne se consacrent pas seulement à la conversion des Autochtones. En effet, en France, l'éducation des enfants et les soins aux malades sont généralement sous la responsabilité des communautés religieuses. Celles qui arrivent dans la colonie y viennent pour offrir ces mêmes services à la population.

Des leur arrivée, les Jésuites construisent un collège pour assurer l'éducation des jeunes Français de Québec et de quelques Autochtones convertis. En 1635, ils fondent le Collège des Jésuites de Québec, le premier établissement d'enseignement pour garçons en Nouvelle-France.

L'arrivée des Ursulines et des Augustines

En 1639, deux communautés religieuses féminines viennent s'installer à Québec: les Ursulines et les Augustines. Les Ursulines, des enseignantes sous la direction de Marie de l'Incarnation, fondent un couvent qui sert également d'école pour filles autochtones, puis françaises. La même année, les Augustines, qu'on appelle également «Hospitalières», fondent l'Hôtel-Dieu de Québec. Il s'agit du premier hôpital de la colonie.

La vie religieuse au début de la colonie

La religion joue un rôle important dans la vie de la colonie. En tant que gardiens de la morale et des valeurs chrétiennes, les membres des communautés religieuses encadrent la vie spirituelle et sociale des habitants. Des leur arrivée, ils construisent de petites chapelles, puis des églises à Québec, à Trois-Rivières et à Montréal, pour y célébrer les rites catholiques comme les messes, les baptêmes, les mariages et les enterrements. Dans les seigneuries, la religion occupe aussi une place importante. Progressivement, des prêtres vont offrir aux populations qui vivent à la campagne des services religieux de plus en plus réguliers, jusqu'à ce qu'il soit possible de construire des églises, à partir des années 1660.

La fondation de Ville-Marie

Les communautés religieuses ne sont pas les seules à souhaiter convertir les Autochtones à la religion catholique. Des femmes et des hommes très croyants désirent eux aussi propager leur religion. Inspirés par ce qu'ils entendent et lisent sur la Nouvelle-France, notamment dans les Relations des Jésuites, certains rêvent eux aussi d'évangéliser les Autochtones.

Une société pour l'évangélisation des Autochtones

En France, le notable Jérôme Le Royer de La Dauversière fait partie d'un groupe de laïcs catholiques qui souhaitent participer à l'évangélisation des Autochtones. En 1639, avec Jean-Jacques Olier, fondateur de la communauté religieuse des Sulpiciens, il crée la «Société de Notre-Dame de Montréal pour la conversion des Sauvages de la Nouvelle-France».

En 1640, cette organisation obtient des terres situées sur l'ile de Montréal. Les dirigeants décident d'y fonder une ville missionnaire destinée à l'évangélisation des Autochtones. Leur but est également d'amener les Autochtones à adopter le même mode de vie que celui des Français. C'est le militaire français Paul de Chomedey de Maisonneuve qui a le mandat de gouverner le territoire et d'établir en Nouvelle-France un groupe de croyants composé de 54 personnes, dont 4 femmes. Il est appuyé dans sa tâche par Jeanne Mance, une infirmière laïque.

L'escale de Maisonneuve à Québec

En 1641, Paul de Chomedey de Maisonneuve et ses colons débarquent à Québec, où ils sont accueillis par le gouverneur, Charles Huault de Montmagny. Ce dernier leur déconseille d'aller jusqu'à l'ile de Montréal, car la région est fréquentée par les Iroquois, une nation ennemie des Français. Il les invite plutôt à prendre possession de l'ile d'Orléans, située près de Québec. Au printemps suivant, ignorant le danger, Paul de Chomedey de Maisonneuve et son groupe se rendent sur l'ile de Montréal qu'ils atteignent le 17 mai 1642. Le lendemain, ils y célèbrent leur première messe. Ils baptisent alors l'endroit « Ville-Marie», en l'honneur de Marie, la mère de Jésus.

Les débuts de Ville-Marie

Les colons de Ville-Marie construisent un fort, quelques maisons et une chapelle au bord du fleuve. Jeanne Mance fonde le premier hôpital de la ville, qu'elle nomme « Hôtel-Dieu », comme celui de Québec. Pour protéger les lieux, les colons érigent une haute palissade tout autour des bâtiments.

L'année suivante, en 1643, les Iroquois découvrent leur présence. Ils attaquent la colonie à de nombreuses reprises. Ces attaques répétées, en plus de terroriser les habitants et de faire plusieurs victimes parmi les colons, nuisent à la culture des terres et aux récoltes. En effet, les champs se trouvent à l'extérieur de la palissade et les habitants de la ville craignent de s'y rendre, de peur de subir l'assaut des Iroquois. Au cours des premières années, Ville-Marie doit en grande partie sa survie au ravitaillement qui provient de Québec et de la France.

Les premières seigneuries

Au 17e siècle, le régime seigneurial est en application en France. Il s'agit d'un mode de distribution, de division et d'occupation des terres qui existe depuis le Moyen Age. Pour favoriser la colonisation de la Nouvelle-France, le cardinal de Richelieu fait implanter par la Compagnie des Cent-Associés un mode de distribution des terres semblable dans la colonie. Cette façon de faire a pour objectif d'organiser, de peupler le territoire et d'y développer l'agriculture afin de pouvoir répondre aux besoins alimentaires de la colonie.

La distribution des seigneuries

A partir de 1627, la Compagnie des Cent-Associés doit contrôler et administrer, au nom du roi, l'ensemble du territoire de la Nouvelle-France. Afin d'établir ces nouveaux arrivants, la compagnie a la responsabilité de distribuer des portions de territoire, appelées «seigneuries», à des seigneurs qui seront responsables du développement de ces seigneuries.

Un seigneur doit donc attirer des colons dans sa seigneurie et distribuer gratuitement des terres à ceux qui en font la demande. Ces terres s'appellent des «censives», et les colons qui les reçoivent, des «censitaires ». En Nouvelle-France, les seigneurs et les censitaires ne sont pas vraiment propriétaires de leurs terres. Toutefois, un seigneur ou un censitaire peut vendre sa terre ou sa seigneurie et la léguer en héritage à ses enfants. Mais s'il ne respecte pas ses devoirs, on peut lui confisquer sa terre ou sa seigneurie. Le seigneur, ou le gestionnaire nommé par le roi de France, la récupère alors et la distribue à quelqu'un d'autre.

La diversité sociale des seigneurs

En Nouvelle-France, une seigneurie peut être attribuée à une personne ou à un groupe de personnes. Ainsi, des individus, comme des officiers militaires ou des marchands, peuvent devenir seigneurs. Également, des groupes de personnes, comme des communautés religieuses, peuvent se voir attribuer une seigneurie.

L'origine sociale des seigneurs varie en Nouvelle-France. En effet, un noble n'a pas le même rang social qu'un bourgeois, mais tous deux peuvent devenir seigneurs. De plus, une seigneurie peut être détenue par une femme ou un groupe de femmes. C'est le cas lorsqu'un seigneur meurt et que son épouse lui succède dans l'administration de la seigneurie. C'est aussi le cas des seigneuries administrées par des communautés religieuses féminines, comme les Ursulines ou les Augustines.

La composition des seigneuries

Les seigneuries sont composées des éléments suivants:

* le domaine du seigneur (les terres où se trouvent le manoir seigneurial, c'est-à-dire la maison du seigneur, et parfois le moulin à blé):

* les censives (les terres des censitaires) ;

* la terre de la fabrique (le terrain réservé à l'église, au presbytère et au cimetière);

* la commune (les terres utilisées par l'ensemble des habitants de la seigneurie).

Les débuts de l'agriculture en Nouvelle-France

La plupart des céréales, des légumes, des fruits et des animaux présents dans l'alimentation des Français n'existent pas En Nouvelle-France en 1608. Au début de la colonie, Samuel de Champlain et, par la suite, les seigneurs à l a tête des premières seigneuries font venir de France, par bateau, des semences de céréales (blé, orge, seigle et avoine) et de légumes (carotte, oignon, navet, etc.). Ils font également venir des arbres fruitiers (pommiers, poiriers et pruniers) et des animaux de ferme (bœufs, porcs et volailles). Les colons font plusieurs emprunts aux Premières Nations, comme la culture du maïs et de la citrouille ou la récolte de l'eau d'érable qu'ils transforment en sucre.

Progressivement, grâce à leurs essais, les Français apprennent à tenir compte des conditions climatiques propres à la Nouvelle-France et constatent qu'ils peuvent cultiver à peu près les mêmes produits que dans leur région d'origine. À la fin des années 1650, l'adaptation de l'agriculture française aux conditions de la Nouvelle-France est complétée et la colonie peut nourrir sa population. Toutefois, la colonie dépend encore de la France pour diversifier son alimentation et pour compenser d'importantes pertes causées par les guerres iroquoises.

Un dur travail

Lorsqu'ils s'installent sur une seigneurie, les censitaires doivent construire leur maison et défricher leur terre avant de pouvoir la cultiver. Il leur faut en moyenne une année de travail pour défricher un champ qui peut nourrir une personne. Il faut donc

une dizaine d'années de travail pour défricher les terres pour nourrir une famille moyenne. Par la suite, il faut encore agrandir l'espace cultivable afin de laisser reposer la terre une année sur deux pour qu'elle demeure fertile. Il faut aussi aménager des prairies où le bétail broute en été et où pousse le foin en prévision des mois d'hiver. En somme, il faut une vie complète pour aménager une bonne terre qui permet à une famille moyenne de subvenir à tous ses besoins.

L'organisation sociale et économique des seigneuries

Au sein de la colonie, les seigneurs et les censitaires doivent respecter des lois ainsi que des contrats précisant leurs droits et leurs devoirs. En Nouvelle-France, les lois, les contrats et le règlement des conflits entre les seigneurs et les censitaires suivent la Coutume de Paris.

Les devoirs du seigneur envers le roi

Lorsqu'il reçoit sa seigneurie, le seigneur doit jurer fidélité au roi. S'il ne respecte pas ses obligations envers le souverain, il peut se voir imposer des amendes ou même se faire confisquer sa seigneurie.

Le seigneur a l'obligation de déclarer la présence de minerais (fer, argent, cuivre, or) ou de chênes (un bois précieux réservé à la construction navale) dans sa seigneurie. Il n'a pas le droit d'exploiter ces ressources, car elles ne lui appartiennent pas. Elles sont réservées à l'usage exclusif de la compagnie et du roi.

Les droits du seigneur et les devoirs des censitaires

Les censitaires ont plus de droits en Nouvelle-France qu'en France et leurs obligations sont moins lourdes.

Contrairement à la France, dans la colonie, au 17e siècle, les censitaires ont le droit de chasser sur leur terre et de pêcher dans le cours d'eau qui se trouve devant leur terre.

Les redevances au seigneur et la dime sont moins élevées qu'en France. De plus, aucun impôt royal n'est prélevé sur les récoltes. Cet impôt n'est perçu que sur les fourrures de castor (25%) et les peaux d'orignal (10%). Cette situation favorable s'explique par le fait que les premiers colons en Nouvelle-France doivent commencer à zéro sur une terre non défrichée et sans maison. Toutefois, leur niveau de vie est généralement plus élevé que celui des paysans en France après 15 ou 20 ans de travail acharné.

Les guerres iroquoises

Le long conflit qui oppose les Français et leurs alliés aux Iroquois a pour cause principale le bouleversement du mode de vie des Autochtones provoqué par l'arrivée des Français sur le territoire. Vers 1640, les rivalités qui opposent les Iroquois aux Français et à leurs alliés autochtones ne cessent de s'intensifier. Les Iroquois attaquent à plusieurs reprises les établissements français ainsi que les nations autochtones alliées des Français.

Une situation explosive

Les territoires de chasse, en particulier ceux qui sont riches en castors, et le contrôle du commerce des fourrures représentent des enjeux de plus en plus importants. Au sud de la vallée du Saint-Laurent, près du lac Champlain, les Iroquois font la traite des fourrures avec les Hollandais de Fort Orange, des marchands concurrents des Français. Fort Orange se trouve près de l'actuelle ville d'Albany, dans l'État de New York.

Depuis plusieurs années, les Hollandais n'hésitent pas à échanger des armes à feu contre des peaux de castor. Ces armes sont un avantage important pour les Iroquois au moment où ceux-ci décident de s'approprier les territoires de chasse d'autres nations autochtones, comme celles des Hurons.

A cette époque, les Hurons sont déjà affaiblis par les maladies d'origine européenne introduites par les Français qui vivent parmi eux. Les épidémies qui frappent les Hurons augmentent les tensions entre les clans convertis et les clans non convertis à la religion catholique. Ces derniers accusent les Jésuites de transporter avec eux de mauvais esprits qui rendent leurs frères malades. Des conflits fratricides éclatent.

La destruction de la Huronie

En 1648, les Iroquois attaquent la Huronie. Ils détruisent les missions jésuites et brûlent les villages des Hurons convertis.

Les Français avaient comme politique de fournir peu d'armes à feu à leurs alliés autochtones. En Huronie, les missionnaires jésuites n'en donnaient qu'aux convertis. Affaiblis par les maladies, par les divisions internes, et en grande partie privés d'armes à feu, les Hurons ne peuvent donc résister aux assauts des Iroquois. Un grand nombre d'entre eux sont tués, ainsi que plusieurs jésuites. Les rares

rons

survivants se dispersent au nord du lac Huron puis s'éloignent encore davantage, jusqu'à l'ouest du lac Michigan et même du lac Supérieur. Un petit groupe de convertis se réfugie également à Québec, chez leurs alliés français. Les Hurons qui s'opposaient aux missionnaires français sont adoptés par les Iroquois et ils deviennent membres de cette nation.

La Nouvelle-France vers 1660

Vers 1660, la Nouvelle-France est encore peu peuplée. La colonie fait face à des difficultés économiques et à l'hostilité des Iroquois. Les attentes du roi de France et du cardinal de Richelieu ne sont pas comblées: il n'a pas été possible de rentabiliser la colonie grâce à la Compagnie des Cent-Associés.

Une population peu nombreuse

Entre 1627 et 1660, la Compagnie des Cent-Associés ne parvient à installer que 1250 des 4000 colons exigés par le roi de France. Les seigneuries manquent donc encore grandement de colons pour se développer. De plus, à cette époque, il y a de deux à trois fois plus d'hommes que de femmes dans les seigneu-ries, ce qui ne favorise pas l'augmentation de la population. Les unions entre des Français et des Autochtones, qui auraient pu compenser le très petit nombre d'unions avec des femmes d'origine française, sont très rares, puisque les Autochtones hésitent à adopter le mode de vie des Européens et continuent de vivre à l'écart des établissements français.

Une économie fragile

En 1645, la Compagnie des Cent-Associés est au bord de la faillite. Elle doit céder l'administration de la colonie et le monopole de la traite des fourrures à un regroupement de marchands de la Nouvelle-France, la Communauté des Habitants. Sept ans plus tard, cette dernière est elle-même en difficulté financière. La destruction de la Huronie par les Iroquois lui fait perdre sa principale source d'approvisionnement en fourrures. Vers 1660, la Compagnie des Cent-Associés et la Communauté des Habitants sont pratiquement ruinées. Ainsi, ni l'une ni l'autre n'est en mesure de subvenir aux besoins financiers de la colonie.

La menace iroquoise

Depuis plusieurs années, les Iroquois attaquent toutes les nations autochtones alliées des Français. À l'exception d'une période de trêve conclue entre les Français et les Iroquois de 1653 à 1658, ils sont aussi une menace constante pour les trois établissements français de la vallée du Saint-Laurent: Québec, Trois-Rivières et Ville-Marie. Les attaques contre les établissements français reprennent de plus belle en 1660. Elles se poursuivent également contre les nations autochtones alliées des Français qui se sont réfugiées à l'ouest des lacs Michigan et Supérieur, très loin du pays des Iroquois qui, lui, est situé au sud du lac Ontario.