Notes on Magnetic Resonance Imaging (MRI)
L'IRM est une technique d'imagerie en plein essor, combinant physique nucléaire, mathématiques, chimie, biologie et physiologie. Elle offre des capacités multiples : morphologie, contraste, fonctionnelle et composition chimique, permettant d'obtenir des images détaillées des structures internes du corps humain sans recourir à des rayonnements ionisants.
Historique
Antiquité
Fascination pour l'intérieur du corps humain, avec des pratiques médicales anciennes liées à la dissection et à l'observation des organes internes.
Moitié du XXe Siècle
1939: I.Rabi : découverte du phénomène de résonance magnétique, offrant un nouvel outil pour la recherche en physique.
1946: F.Bloch et E.Purcell : description de la Résonnance Magnétique Nucléaire (RMN) sur l’eau et la paraffine, ouvrant la voie à des applications chimiques et biologiques (Nobel de chimie en 1952).
1950-70: Développement de la spectroscopie par RMN (SRM), utilisée pour déterminer les structures moléculaires.
1971: Robert Damadian : différence de signal RMN dans des tissus normaux et cancéreux, mettant en lumière son potentiel en oncologie.
1972: Peter Mansfield : formules mathématiques pour acquisitions plus rapides, améliorant la qualité et la rapidité des images.
1973: Paul Lauterbur : développement d'un système capable de récupérer des images de coupes virtuelles d'objets, révolutionnant la technique d'imagerie (gradients).
1974: Premières images d’un animal vivant par RMN, démontrant l'application pratique de l'IRM (Lauterbur et Mansfield).
1977: Premières images RMN humaines, concrétisant l'usage médical de cette technologie (Moor, Hinsaw-Mansfield).
1985: Introduction de l'IRM à 1,5 teslas, standardisant l'équipement moderne dans les cliniques.
1992: Seiji Ogawa : premières images d'un cerveau en fonctionnement, marquant une avancée significative dans l'IRM fonctionnelle.
L’Appareil IRM
Composé d’un capot, d’un aimant, d’antennes, de bobines de shim et d’une console IRM, l'appareil utilise des technologies avancées pour produire des images de haute qualité.
Cage de Faraday
Elle isole l’appareil des signaux RF extérieurs, assurant une acquisition de données propre et précise.
L’aimant
Aimant supraconducteur (jusqu’à 17T), refroidi à l’hélium liquide, offrant un champ magnétique intense et stable. L'intensité du champ est mesurée en Tesla (T), avec des niveaux plus élevés permettant une meilleure résolution des images.
Antennes RF
Adaptées à la fréquence de résonance du proton, les antennes sont cruciales pour exciter les protons et récupérer les signaux.
Gradients
Localisent le signal dans l'espace en appliquant des gradients de champs magnétiques dans les trois plans, permettant de créer des images en 3D précises.
Propriétés Magnétiques des Particules
Noyau d’hydrogène
Constituant 75% d’eau dans le corps humain, l’atome d’hydrogène possède un proton avec un moment magnétique élevé, ce qui le rend particulièrement utile en IRM.
Spin d’une Particule
Le noyau atomique possède un moment magnétique et un moment cinétique ou SPIN nucléaire . Le spin est un vecteur axial qui ne peut prendre que 2 directions : ou , influençant ainsi le comportement des protons dans un champ magnétique.
Phénomène RMN (3 étapes)
Polarisation
Alignement des protons avec le champ magnétique . Apparition d’un vecteur d'aimantation macroscopique parallèle à .
Résonnance
Introduction d’une perturbation avec un champ électromagnétique (onde radiofréquence) perpendiculaire à , à la même fréquence de résonance des protons. Le vecteur bascule dans le plan transverse, permettant l'acquisition de signal.
Relaxation
Retour à l’équilibre du système de spin après l’arrêt de l’onde RF . Relaxation longitudinale (T1) et relaxation transverse (T2) sont des paramètres essentiels à l’analyse des tissus.
Lecture du Signal
Sinusoïde amortie liée à la relaxation, fournissant des informations sur les propriétés des tissus.
Codage du Signal
Utilisation de gradients de sélection de coupe, de phase et de fréquence afin de coder l'information de manière efficace.
Acquisition d’une Image
Acquisition du plan de Fourier (codage spatial) et reconstruction de l’image (transformée de Fourier), permettant de créer des représentations visuelles exploitable par les cliniciens.
Imagerie de Diffusion
Explore les micro-mouvements des molécules d’eau, permettant d’analyser la structure du tissu cérébral, en fournissant des détails sur la connectivité entre les différentes régions du cerveau.
Diffusion
Libre: Mouvements browniens libres et aléatoires, souvent observés dans les espaces intracellulaires.
Restreinte et isotrope: Espace clos, obstacles au déplacement, affectant la diffusion de manière homogène.
Restreinte et anisotrope: Obstacles orientant les mouvements, comme les fibres nerveuses, offrant des informations sur l'intégrité de la substance blanche.
Imagerie en Tenseur de Diffusion
Permet d'évaluer l'anisotropie de diffusion dans la substance blanche cérébrale. Cartes d’anisotropie (0 = isotropie, 1 = anisotropie) fournissent des indices sur la directionnalité des fibres nerveuses. Tractographie des faisceaux de fibres aide à visualiser les circuits cérébraux.
Connectivité Anatomique Cérébrale
Exploration et reconstruction des faisceaux de fibres de la substance blanche, essentiel pour comprendre l'architecture cérébrale.
Activité Cérébrale
Liée à l'activité métabolique et à l'afflux sanguin, l'IRM fonctionnelle permet d'observer le cerveau en action, corrélant les zones d'activité avec les tâches cognitives effectuées.
Effet BOLD
Différence de susceptibilité magnétique entre les milieux intra et extra vasculaires due à la désoxyhémoglobine, mettant en lumière l’activation des régions cérébrales pendant les tâches.
Applications de la Neuroimagerie
Utilisée en neurochirurgie, dans les opérations en condition éveillée des gliomes, et pour la cartographie tumorale, l'IRM joue un rôle essentiel dans la planification et l'évaluation des traitements.
Plasticité Cérébrale
Le cerveau peut se réorganiser, mais avec des contraintes. Les neurosciences cherchent des stratégies efficaces pour les tâches cognitives, en mettant en œuvre des entraînements adaptés.
Littératie
L’acquisition de la lecture et de l’écriture transforme cognitivement et cérébralement, ayant un impact significatif sur le cortex ventral occipito-temporal (VWFA) et le cortex temporal supérieur (Planum Temporale).
Faisceau Arqué
Marqueur anatomique de la dyslexie, liant les aires de Broca et de Wernicke, impliquant une voie inférieure (orthographique) et une voie dorsale (phonologie et perception de la parole).