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L'Affrontement des Superpuissances, l'Équilibre de la Terreur et l'Émergence du Tiers-Monde
Rappel sur la Guerre Froide et les Alliances Militaires États-uniennes
La Guerre froide est définie comme un affrontement entre deux modèles et deux visions du monde : le capitalisme porté par les États-Unis et le communisme défendu par l'URSS.
Il s'agit d'une rivalité globale sans combat direct entre les deux superpuissances, aboutissant à un monde bipolaire organisé en deux blocs.
L'Europe est l'épicentre du conflit avec la mise en place de zones d'influence et la division du continent, bien que la rivalité déborde en Asie, en Amérique et en Afrique.
Les alliances militaires régionales jouent un rôle crucial du côté états-unien, notamment avec l'OTAN et l'Otaze.
Accords bilatéraux et aide militaire :
À côté des alliances multilatérales, les États-Unis utilisent des accords signés directement entre Washington et un autre pays (sans institution internationale).
Objectif : sécuriser des alliés fiables et installer durablement des troupes dans des zones stratégiques.
Exemples d'accords majeurs : le Japon et les Philippines en , et la Corée du Sud en .
Le Mutual Defense Assistance Act de permet de financer massivement l'équipement et la modernisation des armées alliées au Moyen-Orient, en Europe et en Asie via l'envoi d'armes, de véhicules et de conseillers.
Réseau mondial de bases :
Fonctions : intervention rapide en cas de crise et surveillance des zones sensibles.
Dans les années , ce réseau compte près de bases réparties dans pays, avec environ de soldats stationnés à l'étranger.
Ce dispositif permet d'encercler militairement le bloc soviétique et de contrôler étroitement les propres alliés des États-Unis.
La Réponse et la Structure du Bloc Soviétique
Face à l'endiguement, l'URSS structure son camp à deux niveaux :
Niveau 1 (Bloc européen) : Très intégré et sous contrôle strict de Moscou, centré sur les démocraties populaires d'Europe de l'Est.
Niveau 2 (Extérieur) : Réseau d'influence plus souple et opportuniste, s'appuyant sur les pays en voie de décolonisation.
Instruments institutionnels :
Le Comecom () : Coordination des économies socialistes.
Le Pacte de Varsovie () : Réponse militaire à l'OTAN plaçant les armées d'Europe de l'Est sous commandement soviétique.
Doctrine de la souveraineté limitée : L'URSS s'estime en droit d'intervenir si un État socialiste s'écarte du modèle communiste, comme illustré par les cas hongrois en et tchécoslovaque en .
Influences extra-européennes :
Alliance avec la Chine : Traité d'assistance mutuelle en cas d'agression signé en .
Stratégie dans le tiers-monde : Utilisation de levier comme les accords d'armement et les alliances par procuration (soutien aux mouvements anti-impérialistes).
Exemples : Égypte de Nasser ( via la Tchécoslovaquie), Angola, Mozambique, Éthiopie.
Frictions et ruptures internes :
Yougoslavie () : Tito refuse la subordination à Moscou, prône un socialisme indépendant et devient une figure des non-alignés.
Rupture sino-soviétique : Divergence idéologique sur la "coexistence pacifique" de Khrouchtchev. Rupture officielle en , affrontement militaire en à la frontière. Dans les années , Pékin se rapproche des États-Unis (sous Nixon) pour contrebalancer l'URSS.
L'Équilibre de la Terreur et la Course aux Armements
L'équilibre de la terreur explique l'absence d'affrontement direct.
Évolution technologique :
Monopole états-unien jusqu'en ( test soviétique).
Bombe H : États-Unis en , URSS en .
Missiles balistiques intercontinentaux dans les années pour frapper n'importe quel point du globe.
Spoutnik () : Preuve que Moscou possède des fusées capables de toucher les États-Unis.
Parité nucléaire : Atteinte dans les années , rendant la guerre "impensable" par destruction mutuelle assurée.
Coûts économiques :
Dépenses soviétiques : Augmentation de à par an pendant ans.
Dépenses états-uniennes : En , au pic de la guerre de Corée, la défense représente du budget fédéral.
En , les deux superpuissances cumulent des dépenses militaires mondiales.
Accords de limitation :
Création du "téléphone rouge" en pour la communication directe.
Traité de Moscou () : Interdiction des essais atmosphériques.
Traité de non-prolifération nucléaire (TNP, ) surveillé par l'AIEA.
Accords SALT () : Limitation du nombre de missiles stratégiques.
L'Organisation des Nations Unies (ONU) et sa Paralysie
Créée pour garantir la paix mondiale, l'ONU est paralysée par le droit de veto au Conseil de sécurité (États-Unis, URSS, Chine, France, Royaume-Uni).
Entre et , plus de résolutions sont bloquées ( par l'URSS, par les États-Unis).
Exception : Guerre de Corée () car l'URSS boycottait la séance.
Dépendance et marginalisation :
L'ONU dépend politiquement et financièrement de ses membres. Dans les années , elle connaît un déficit de plus de .
Les puissances agissent souvent hors du cadre onusien (ex: invasion de l'Irak en par les États-Unis sans mandat).
La Période de la Détente (-)
Débute après la crise de Cuba pour éviter la destruction mutuelle.
Détente en Europe :
Portée par Willy Brandt (RFA) et son "Ostpolitik".
Traité de Moscou () : Reconnaissance des frontières de .
Traité Fondamental () : Normalisation des relations RFA/RDA.
Accords d'Helsinki () : Sommet du dialogue Est-Ouest ( pays). Confirme les frontières et consacre les principes de droits humains, stimulant la dissidence (ex: Charte de Vaklavavel en Tchécoslovaquie).
Limites de la détente :
La rivalité se déplace dans le tiers-monde : Guerre du Vietnam (soutien URSS/Chine au Nord), Angola, Éthiopie, Mozambique.
Retour des tensions : Intervention soviétique en Afghanistan () et Crise des euromissiles.
Fin de la confrontation : Arrivée de Gorbatchev en et dialogue avec Ronald Reagan.
Affirmation du Tiers-Monde et Non-Alignement
Définitions conceptuelles :
Tiers-monde : Concept universitaire des années faisant référence au Tiers-État (ceux qui ne sont rien et veulent devenir quelque chose). Désigne les pays pauvres, souvent issus de la décolonisation.
Tiers-mondisme : Idéologie défendant l'émancipation de la périphérie rurale dominée par le centre industriel.
Non-alignement : Doctrine diplomatique visant l'indépendance vis-à-vis des deux blocs. Repose sur principes (souveraineté, non-ingérence, refus d'alliances au service des grandes puissances).
Difficultés de la "Troisième Voie" :
Division interne : Certains penchent vers l'URSS (Inde, Irak) ou les États-Unis (Pakistan, Soudan).
Fragilité économique et dépendance extérieure rendant l'indépendance réelle presque impossible.
Étapes fondatrices :
Conférence de Bandung () : Indonésie. puissances initiatrices (Inde, Birmanie, Sri Lanka, Pakistan, Indonésie). Pose les bases sans créer d'institution.
Déclaration de Brioni () : Rencontre entre Tito (Yougoslavie), Nérou (Inde) et Nasser (Égypte) pour donner une existence politique au mouvement neutraliste.
Conférence de Belgrade () : Premier sommet officiel ( pays). Ligne anti-occidentale, soutien à l'indépendance algérienne. Cuba est le seul représentant d'Amérique latine.
Questions & Discussion
Question : Quel était l'enjeu de l'alliance sino-soviétique pour la guerre de Corée ?
Réponse du professeur : Il y a deux enjeux. Premièrement, l'URSS s'engage à soutenir militairement la Chine par des dépenses militaires. Deuxièmement, le traité prévoit une assistance mutuelle : si les États-Unis attaquaient la Chine à cause de son engagement en Corée, l'URSS devrait entrer en guerre pour la soutenir.
Question : Les soldats déployés dans les bases à travers le monde étaient-ils Européens ?
Réponse du professeur : Non, il s'agit de soldats états-uniens. Une précision sur les notes du tableau : l'abréviation "eu" utilisée par le professeur signifie "États-Unis" et non "Union Européenne".