(24-25) SarahN_Personnalité_Synthèse

Le concept de personnalité

  • Pour le psychologue, la personnalité correspond à une théorie.
  • C'est un concept central en psychologie et dans la vie de tous les jours.
  • Il est utilisé pour décrire les autres.
    • Il permet d'avoir des images cohérentes et consistantes des personnes qui nous entourent.
    • Il implique l'existence d'une force à l'intérieur d'une personne qui influe sur ses comportements et ses pensées.
      • Il donne l'impression que des caractéristiques saillantes de quelqu'un peuvent le distinguer des autres.
  • Le concept de personnalité est présent dès l'enfance (forte personnalité / personnalité dominante).
  • La description de la personnalité et la catégorisation des autres sont déjà présentes chez les enfants.

Historique et définitions

  • Historique
    • Pourquoi ressent-on le besoin de décrire les autres en termes de personnalité ?
    • Le mot "personnalité" vient du mot latin "persona", qui désigne le masque qu'un acteur portait au théâtre pour exprimer différentes émotions et attitudes.
      • Ces masques n'étaient pas des déguisements, mais des attitudes faciales spécifiques qui donnaient naissance à des interprétations communes.
      • Ils permettaient aux acteurs de jouer différents rôles (drôles / tragiques) sans adapter leurs réelles expressions faciales, et de pallier les carences d'expression.
      • Le masque ne changeait pas pendant une action (la personnalité est stable), le nombre de masques était limité (le nombre de types de personnalité est faible), et il permettait de prévoir les actions de la personne qui les portait (image stable et cohérente des autres).
    • Dans l'Antiquité, la personnalité était ce que nous paraissons sans l'être, le rôle que nous jouons, tandis que les aptitudes étaient ce qui nous distingue des autres et ce qui convient à certains comportements.
    • Aujourd'hui, la personnalité est l'être et non le paraître, la manière habituelle dont une personne se comporte, pense et ressent des émotions.
  • Définitions
    • Il est important de décrire des caractères spécifiques de certaines personnes en s'assurant que ces descriptions sont rigoureuses, alors que pour le psychologue, la personnalité correspond à une théorie qui s'applique à tous les individus.
    • ALLPORT (1937): L'organisation dynamique, au sein de l'individu, de systèmes psychophysiques qui déterminent son comportement caractéristique et ses pensées.
    • EYSENCK (1953): L'organisation plus ou moins ferme et durable du caractère, du tempérament, de l'intelligence et du physique d'une personne ; cette organisation détermine son adaptation unique au milieu.
    • CATTELL (1950): Ce qui permet une prédiction de ce que va faire une personne dans une situation donnée.
    • BYRNE (1966): La combinaison de toutes les dimensions relativement durables de différences individuelles qui peuvent être mesurées.
    • LINTON (1986): Le conglomérat organisé des processus.
    • CARVER & SCHEIER (2000): La personnalité n'est pas une juxtaposition de pièces, mais une organisation ; c'est un concept psychologique dont les bases sont physiologiques ; elle est constituée par des patterns de réponses récurrents et consistants ; c'est une force interne qui détermine comment les individus vont se comporter ; ce n'est pas simplement là, c'est un processus dynamique à l'intérieur d'un individu ; elle est active ; elle ne se reflète pas dans une seule direction, mais bien dans plusieurs, comme les comportements, les pensées et les sentiments.
  • Terminologie
    • Tempérament
      • BUSS & PLOMIN (1984): Les tempéraments ont une origine biologique, ils représentent la dimension affective et émotionnelle de la personnalité, ils apparaissent tôt dans la vie et continuent à exercer un rôle à l'âge adulte. Ce sont des traits innés qui apparaissent dès l'enfance. Même si les tempéraments ont une base héréditaire, ils peuvent être modifiés par l'expérience.
      • GALIEN: Relation entre 4 tempéraments et 4 humeurs:
        • Flegmatique (lymphe): Calme - Rationnel
        • Mélancolique (bile noire): Introverti - Triste
        • Sanguin (sang): Joyeux - Optimiste
        • Colérique (bile jaune): Énergique - Ambitieux
      • CLONINGER (1986): Modèle biosocial de la personnalité:
        • Recherche de nouveauté (S-dopaminergique)
        • Évitement du danger (S-sérotoninergique)
        • Dépendance à la récompense (S-noradrénergique)
      • DIGMAN (1994): Regroupement de nombreux tempéraments:
        • Impulsivité
        • Sociabilité
        • Peur
        • Colère
      • BUSS & PLOMIN (1975):
        • Emotionnalité
        • Activité
        • Sociabilité
    • Caractère
      • Longtemps synonyme de personnalité, différents auteurs ont supprimé l'usage de ce terme parce qu'il était souvent associé à des connotations morales et reflétait un jugement de valeur plutôt négatif.
      • ALLPORT (1937) préfère la notion de trait.
      • CLONINGER (1993): Dimensions de la personnalité influencée par l'apprentissage social et cognitif et ils ne sont donc pas influencés par des facteurs héréditaires:
        • Autodétermination
        • Coopération
        • Transcendance
    • Trait et type de personnalité
      • Trait: Sous-dimension. Les traits sont des dispositions à se conduire d'une manière particulière dans différents contextes. Ils sont habituellement considérés sur un continuum allant d'un extrême à l'autre.
        • Exemples : Impulsivité, générosité, sensibilité, timidité, honnêteté.
      • Type: Dimension. Assemblage des différents traits.
        • Exemple : L'extraversion qui comprend la chaleur, la grégarité, l'activité, l'assertivité, la recherche de sensations, les émotions positives.
    • Nombre de dimensions
      • Les psychologues de la personnalité ne s'accordent pas sur le nombre de dimensions qui caractérisent la personnalité, ce qui constitue un réel problème car il n'existe pas de consensus sur ce point.
      • EYSENCK (1967): 3 dimensions
        • Extraversion >< Introversion
        • Neuroticisme >< Stabilité émotionnelle
        • Psychoticisme >< Force du moi
      • TELLEGEN (1985): 3 dimensions
        • Émotion positive
        • Émotion négative
        • Contrainte
      • CATTELL (1957): 16 dimensions
      • GUILFORD & ZIMMERMAN (1956): 14 dimensions
      • ZUCKERMAN (1994): 3, 5 ou 7 dimensions
      • CLONINGER (1993): 7 dimensions
        • Recherche de nouveauté
        • Évitement du danger
        • Dépendance à la récompense
        • Persistance
        • Auto-détermination
        • Coopération
        • Transcendance
      • DIGMAN (1990): Modèle des cinq facteurs / Big five
        • Extraversion
        • Neuroticisme
        • Agréabilité
        • Consciencieusité
        • Ouverture
      • L'analyse factorielle est une méthode statistique qui permet de réduire, à partir de l'analyse des corrélations existantes, un grand nombre de variables à un nombre plus restreint. Elle permet d'abord de déterminer les variables sous-jacentes plus fondamentales qu'on appelle des facteurs. Ensuite, elle permet de déterminer la relation entre les facteurs et les mesures/tests qui les ont fournis. Cette relation s'exprime en terme de saturation et indique la mesure dans laquelle chaque facteur influence les résultats des tests. Le nombre de facteurs dégagés par l'analyse factorielle dépend de la technique d'analyse utilisée.

Stabilité de la personnalité

  • Consistance de rang

    • Les traits de personnalité sont stables, mais malléables.
    • Les individus ont besoin de stabilité et de cohérence.
    • Les psychologues ont besoin de faire des prédictions dans les domaines professionnel et clinique (travail, santé, …).
      • Si les traits de personnalité ne sont pas stables, les prédictions n'ont aucun sens.
      • Pour que les prédictions soient bonnes, les mesures de personnalité doivent l'être aussi.
    • MISCHEL (1968): Faibles corrélations des traits de personnalité dans différentes situations.
    • Stabilité intra-individuelle: Un trait peut être stable en moyenne alors que des personnes ont des profils différents.
    • Études transversales >< longitudinales
      • Comparer des personnes d'âges différents dans une étude transversale: Est-ce l'effet de l'âge ou des effets générationnels ?
  • LEWIS (1999): Les modèles de la personnalité basés sur les traits de la personnalité sont souvent considérés de manière erronée comme étant des représentations statiques, non développementales de la personnalité. Les traits de personnalité sont des constructs développementaux ; pour autant, de nombreux éléments suggèrent que la personnalité est assez stable au cours de la vie.

  • Il existe deux approches différentes pour vérifier si la personnalité est stable ou si elle évolue dans le temps:

    • Évolution du niveau moyen (mean-level):
      • Observer l'évolutions des traits de personnalité durant la vie des personnes, en moyenne, afin de dégager un profil normatif de l'évolution de la personnalité du début de l'adolescence à l'âge adulte. Cela reflète le degré avec lequel les traits de personnalité augmentent ou diminuent dans la population avec l'âge.
    • La consistance de rang (rank-order):
      • Le degré avec lequel le classement/score d'une personne pour un trait de personnalité par rapport à une autre reste stable ou non dans le temps. Cette approche est basée sur des mesure de corrélation test-retest.
  • Changement du niveau moyen avec l'âge

    • DIGMAN: La stabilité de la personnalité augmente jusqu'à 25-30 ans, pour ne plus trop progresser par la suite.
      • Chez des adolescents entre 17 et 20 ans, les notes d'extraversion et de neuroticisme sont plus élevées et les notes d'agréabilité́ et de consciencieusité sont plus faibles que chez des sujets adultes de plus de 30 ans.
      • Les individus entre 20 et 30 ans obtiennent des résultats intermédiaires (principe de maturité).
      • Après 30 ans, moins de changement s'observe, la personnalité devient plus définitive mais elle n'est pas pour autant figée.
      • Le neuroticisme diminue entre 20 et 40 ans et devient assez stable.
      • L'agréabilité et la consciencieusité augmentent continuellement avec l`âge pour décroître vers 60 ans.
      • Adolescence : Les traits négatifs s'amplifient et les traits positifs s'émoussent.
    • CLONINGER: Relations négatives entre la recherche de nouveauté et l'âge, de même que les relations positives pour la coopération et l'autodétermination.
  • Études transversales et longitudinales

    • Augmentation de la consciencieusité et de l'agréabilité.

    • Diminution de l'extraversion, du neuroticisme, et de l'ouverture.

    • Principe de maturité dans le développement de la personnalité (traits de personnalité socialement adaptés et associés à de nombreux domaines de vie : études, travail, relations sociales et intimes, santé et bien-être).

  • Différences individuelles dans le changement

    • En moyenne et sur base de mesures réalisées à différents temps, la population générale suit un pattern normatif.
    • En plus de ces modèles normatifs, il existe également des différences individuelles importantes qui entrainent des changements non normatifs de ces traits.
    • Les personnes s'écartent plus du pattern normatif entre 18 et 30 ans, il y a donc une plus grande hétérogénéité des expériences de vie car les rôles sociaux sont moins stables.
    • Il existe des différences individuelles dans le changement de personnalité : certaines personnes ne suivent pas le pattern normatif.
    • Stabilité des traits de personnalité : bonne stabilité pour les moyennes. Les résultats indiquent qu'il existe une variabilité dans le changement de la personnalité, avec une plus grande variation chez les jeunes adultes, et une plus faible chez les personnes âgées.
    • Pour tous les traits de personnalité, et à n'importe quel âge, des personnes sortent du profil normatif, ce qui implique que le développement de la personnalité n'est à aucun moment parfaitement homogène entre les individus.
  • Différences relatives de profil

    • La stabilité ipsative ou de profil permet de suivre la stabilité / variabilité intra-individuelle (relative) des traits d'une personne.
    • Elle fournit des informations sur la stabilité des caractéristiques d'une personne dans le temps.
    • Elle permet de réaliser des prédictions sur différents aspects de la vie.
    • Trois indices:
      • Élévation des scores
      • Variabilité des scores
      • Différences de pattern
    • La stabilité ipsative (des patterns) suit celle de la variabilité individuelle:
      • 90 % chez les enfants et adolescents
      • 84 % chez les jeunes adultes
      • Pratiquement 100 % chez les adultes
      • Chute légèrement après 70 ans
    • Seulement 17% de personnes de 18 à 22 ans voient leur profil se modifier dans un intervalle de quatre ans.
    • La différence de pattern dans la tranche d'âge 6-13 ans est inférieure à 10%.
    • La stabilité des profil est très élevée chez les personnes plus âgées puisqu'aucun changement n'est observé en moyenne dans un échantillon de 17 à 74 ans.
    • Au delà de 70 ans, les personnes montrent une légère diminution de la stabilité du profil.
    • L'agressivité et la vulnérabilité au stress semblent prédire modérément l'instabilité du profil, au contraire du traditionalisme et du contrôle de soi.
  • Impact de l'âge subjectif

    • Il faut distinguer l'âge réel (= chronologique) de l'âge subjectif (= celui qu'on se donne).
    • Se sentir plus jeune que son âge entraine moins de maladie, un bien-être plus élevé, une meilleure perception de sa santé, et un meilleur état physique et cognitif.
    • Se sentir plus vieux que son âge est un facteur de risque de mortalité.
    • Les personnes âgées extraverties et ouvertes se sentent plus jeunes que leur âge réel.
    • Les personnes qui rapportent un âge subjectif plus jeune en ligne de base ont une diminution moins marquée d'agréabilité et d'ouverture pendant la décennie suivante, et une plus grande augmentation de la consciencieusité.
    • L'âge subjectif diminue avec le temps, signifiant que les personnes se sentent de plus en plus jeunes par rapport à leur âge réel en avançant en âge.
    • Le neuroticisme est associé à un âge subjectif plus élevé alors que l'extraversion, la consciencieusité, l'agréabilité, et l'ouverture poussent les individus à ressentir un âge subjectif plus jeune.
    • La présence d'éléments dépressif, la pratique d'activité physique, les maladies chroniques, et la perception subjective de la santé expliquent en partie ces liens.
    • La personnalité, indirectement, va influencer la perception de son âge.
  • Influence des évènements de la vie

    • On peut penser que des évènements de vie vont « reformater » notre manière d'être afin de mieux s'adapter à la situation.
    • Les évènements de vie changent notre statut, et ces changements vont modifier notre personnalité graduellement si nous adhérons à ces statuts (néo-socioanalytic model, ROBERTS, 2018).
    • Les évènements de vie, exceptés les évènements traumatiques, sont assez souvent regroupés en positifs et négatifs, selon leur valence, ils concernent principalement le domaine de l'amour, au sens large, et celui du travail, au sens large également.
    • L'effet de neuf évènements de la vie sur la personnalité:
      • Les relations intimes
      • Le mariage
      • Devenir parent
      • Le divorce
      • Le veuvage
      • La réussite d'études supérieures
      • Le premier emploi
      • La perte d'emploi
      • La retraite
    • Méta analyse basée sur 44 études publiées entre 1995 et 2022:
      • Effets peu nombreux et la plupart très faibles (d<0,10), sauf pour:
        • Consciencieusité et la première relation (d=0,15)
        • Ouverture et le mariage (d=-0,17)
        • Neuroticisme et le diplôme (d=-0,16)
        • Consciencieusité et le premier job (d=0,27)
  • Changement volontaire de personnalité

    • Changer de personnalité sera plus facile chez les jeunes adultes, période où les traits de personnalité sont plus malléables.
    • Les dimensions de personnalité sont associées à de nombreux domaines de vie (éducation, travail, qualité des relations, santé physique, bien-être).
    • Il est légitime de vouloir changer certaines dimensions afin d'atteindre un profil plus favorable.
    • Il faut changer la manière de se comporter (l'état) pour atteindre des changements des traits.
    • Beaucoup de personnes veulent changer leur personnalité vers un profil optimal.
    • Plus les personnes ont des scores faibles sur les dimensions plus elles veulent changer.
    • La volonté de changer est associée négativement à la satisfaction de vie.
    • En proposant aux personnes de glisser vers une combinaison plus harmonieuse des constituants de le personnalité, elles ressentiront un bien-être accru, moins d'éléments anxieux, et réussiront donc d'avantage ce qu'elles veulent entreprendre.
    • Il existe une mesure de désir de changement basée sur l'inventaire du big five.
    • Vouloir changer semble suffire, mais une intervention augmente l'effet.
    • Il est plus facile de forcer quelqu'un à augmenter les traits liés à la consciencieusité que ceux associés à la stabilité émotionnelle sans être motivé à changer.

Buts de la psychologie de la personnalité

  • Nombreuses interventions cliniques : changements consécutifs de la personnalité.
    • Neuroticisme et extraversion principalement.
    • Peu importe l'intervention
    • Efficacité plus marquée pour les personnes qui souffrent de troubles anxieux et dépressifs.
  • Impact d'une formation aux compétences émotionnelles sur la personnalité.
  • Description
    • 1er objectif de la psychologie de la personnalité: Description de la personnalité par des méthodes objectives.
    • La psychologie différentielle est une discipline s'intéressant aux différences individuelles, et qui englobe la personnalité (étudie aussi les aptitudes cognitives).
    • Deux méthodes de description:
      • Démarche taxonomique / lexicale: Ensemble de termes pour décrire les autres + utilisation de méthodes statistique et analyse factorielle.
      • Démarche hypothético-déductive: Valider les données empiriques.
        • Exemple : Théorie d'EYSENCK
  • Explication
    • 2ème objectif: Comment peut-on expliquer qu'une personne soit plutôt introvertie et qu'une autre soit extravertie ?
    • Conception freudienne: Les différences prennent racine dans le développement psychosexuel de l'enfant.
    • Théorie psycho biologique: Les différences sont dues en partie à des différences biologiques complexes qui interagissent avec des facteurs du milieu.
    • EYSENCK: La différence se situe au niveau de l'éveil cortical plus intense chez les seconds.
    • Les différences de personnalité s'expliquent par environ 40% de facteurs génétiques, le reste étant attribuable à l'environnement et plus particulièrement à l'environnement non partagé.
  • Prédiction
    • 3ème objectif: Les prédictions ont du sens car la personnalité est suffisamment stable.
  • Modification
    • 4ème objectif: Agir par des interventions sur des traits jugés favorables.
    • Changement de personnalité, principalement une diminution du neuroticisme et une augmentation de l'extraversion, après des prises en charge thérapeutiques de troubles cliniques, sans que qu'elles soient axées spécifiquement sur la personnalité.
    • Distinction avec la psychologie clinique:
      • La psychologie de la personnalité étudie la personnalité normale tandis que la psychologie clinique étudie plus particulièrement les troubles de la personnalité.

Qu'est-ce qu'une théorie ?

Une théorie est un ensemble de principes et de règles associés à des phénomènes divers.

  • Objectifs
    • Explication du phénomène que la théorie étudie.
    • Prédiction de nouvelles informations.
  • Fonctions
    • Organise, intègre, et résume le savoir
    • Guide la recherche: Si les données ne confirment pas la théorie, celle-ci doit être revue.
    • Les théories suggèrent des idées de rechercheLa recherche suggère des modifications de la théorieL'approche scientifique implique une réciprocité entre les théories et la recherche.
  • Étapes d'une théorie
    • Observation: Description de certaines caractéristiques des variables étudiées et les relations entre elles.
    • Généralisation: Ce qui est vrai pour un individu est vrai aussi, même s'il existe des différences d'intensité, pour un autre individu.
    • Vérification: Détermine si les constatations faites sur un individu, et généralisées ensuite à plusieurs individus, représente quelque chose de significatif.
    • Construire la théorie: Ensemble cohérent de généralisations entre lesquelles existent des relations logiques nécessaires.
  • Critères d'une théorie
    • Vérifiabilité: Une théorie doit être vérifier et tester dans la pratique.
      • Il faut qu'elle soit vraie et que les observations qui lui ont donné naissance soient reproductibles.
      • Si elle est modifiée, elle doit être à nouveau vérifier.
    • Source d'information trop étroite: Une théorie ne doit pas s'axer sur des sources d'information trop étroites.
      • Construire une théorie sur une seule source de données limite la portée de celle-ci.
    • Parcimonieuse: Un théorie doit être parcimonieuse.
      • Elle doit rendre compte des faits avec un minimum de notions, de lois et de principes.
      • La meilleure théorie est celle qui explique le plus grand nombre de faits avec les plus petit nombre de concepts.
    • Logique / cohérente / systématique: Une théorie doit être logique, cohérente et systématique.
      • La consistance logique d'une théorie suppose des concepts précis et explicites et en plus, une formalisation suffisante.
      • La simple consistance logique et le caractère systématique d'une théorie ne les confirment pas si elle n'est pas formulée dans des termes permettant une vérification empirique.
    • Compréhensible: Une théorie doit être compréhensible.
      • Pour qu'une théorie suscite l'intérêt et donne naissance à de nombreuses recherches, il faut d'abord qu'elle puisse être comprise par les spécialistes du domaine.
      • Si personne ne la comprend une théorie, elle sera vite abandonnée.
      • Elle doit décrire et expliquer tous les phénomènes importants de son objet.
    • Stimulante: Une théorie doit être stimulante.
      • Elle doit susciter enthousiasme, intérêt et un certain degré d'excitation.

Méthodes en psychologie de la personnalité

  • Les deux grandes approches de la personnalité
    • Idiographique: Considère l'individu comme une personne entière et unique.
      • La démarche consiste à se concentrer sur un individu et à observer ses caractéristiques (une ou plusieurs) dans de nombreuses situations
    • Nomothétique: Cherche des règles qui peuvent s'appliquer à de nombreux individus.
      • On étudie des caractéristiques (une ou plusieurs) d'un grand nombre d'individus en les comparant les uns aux autres.
    • Les cliniciens répondent que la méthode idiographique est la plus adéquate, car elle cherche à comprendre l'individu dans sa propre existence, dans son intimité.
  • La méthode de l'étude de cas
    • Dans l'étude de cas, on peut aussi recueillir des informations auprès de l'entourage, particulièrement s'il est difficile de les obtenir des personnes elle-même.
    • Les informations obtenues proviennent habituellement de différentes sources:
      • La situation de la famille: Combien de personne vivent ensemble, quels sont les habitudes à la maison.
      • La culture: Le groupe culturelle, la déviation culturelle.
      • L'anamnèse et les examens médicaux: L'état de santé, les maladies, le développement physique etsexuel.
      • Le développement: La naissance, les premiers signes développementaux, le développement de l'intelligence, le développement émotionnel, et le développement social.
      • L'économie: Travail, ambitions, réalisations.
      • La justice: Condamnations, délits.
      • Les activités: Hobbies, intérêts, vie sociale, habitude de vie.
    • Avantages:
      • Recueillir le plus de données sur une personne.
      • Permet de mieux cerner le problème.
      • Informations obtenues chez le sujet ou chez une personne proche.
    • Inconvénients:
      • Basée sur le souvenir qu'a la personne de sa vie.
      • Évaluateur pas neutre car le choix de ses questions et interrogations est biaisé par de nombreux facteurs, comme ses positions théoriques et ses attentes.
      • Difficile de généraliser (idiographique)
  • La méthode des corrélations
    • Mesure l'association entre deux variables: Deux variables sont corrélées entre elles si les variations de l'une correspondent plus ou moins fortement aux variations de l'autre.
    • Coefficient de corrélation:
      • r : varie entre +1 et -1
      • Spearman : variables non paramétriques
      • Pearson : variables paramétriques
    • La force de la corrélation dépend des domaines:
      • Corrélation très forte : r > 0.8
      • Corrélation forte : r(0.60.8)r \in (0.6 - 0.8)
      • Corrélation modérée : r(0.30.5)r \in (0.3 - 0.5)
      • Corrélation faible : r < 0.3
      • La significativité dépend de la taille de l'échantillon.
      • Il faut privilégier des associations fortes et particulièrement celles qui ont été reproduites dans différentes études.
    • Limite: Association pas causalité.
    • La méthode des corrélations ne fournit pas d'informations sur le lien causal entre deux variables car, dans certains cas, il n'est pas nécessaire de savoir laquelle des variables détermine l'autre.
    • La méthode des corrélation peut suggérer des relations causales entre deux variables et suscite des recherches pour vérifier, par expérimentation, si une telle relation existe ou non.
    • Absence de corrélation : pas de causalité possible.
    • L'analyse factorielle - méthode statistiques employée par de nombreux auteurs de la psychologie de la personnalité comme EYSENCK et CATTELL - repose sur des corrélations entre de nombreuses variables.
  • La méthode expérimentale
    • La méthode expérimentale répond aux faiblesses des corrélations.
    • À l'inverse de la méthode corrélationnelle, la méthode expérimentale permet de répondre à la question de la causalité et jouit d'une plus grand pouvoir d'explication.
      • L'expérimentateur s'intéresse aux effets de la manipulation d'une variable indépendante sur une autre variable dépendante.
      • Les variations de la variable indépendante déterminent ou causent les variations de la variable mesurée.
    • Précautions:
      • Les chercheurs doivent prendre différentes précautions pour s'assurer que l'effet produit par la manipulation d'une variable sur une autre est bien dû à la manipulation de la variable en question et non à l'effet d'une autre variable non contrôlée.
      • Effet John Henry: Utilisation d'un groupe expérimentale et d'un groupe contrôle.
        • Le comportement des sujets d'une expérience est influencé par le fait qu'ils sont prévenus qu'on va étudier ce comportement.
      • Effet Rosenthal: Les sujets inclus dans les expériences et les expérimentateurs eux-mêmes ont souvent des idées, des attentes par rapport à l'expérience, ce qui peut biaiser le réel effet induit par la manipulation de la variable.
        • Utilisation d'un protocole en simple ou double aveugle pour éviter ces problèmes.
      • Si la taille de l'échantillon importe, sa nature aussi. Les conclusions d'une étude portant sur des étudiants universitaires ne peuvent pas être automatiquement étendue à l'ensemble de la population.
      • L'expérimentateur ne se limite pas à la manipulation d'une seule variable, mais elle peut s'articuler sur deux, trois, quatre, variables. On parle alors d'études multifactorielles.
  • Quelle est la méthode la plus utilisée ?
    • Historiquement, avec toutes les réserves qui doivent y être associées, les études de cas ont été à la base de plusieurs théorie de la personnalité.
    • Les corrélations sont souvent utilisées même si elles n'apparaissent pas clairement.

Évaluation de la personnalité

  • Les sources de l'information
    • L'observation: Il n'existe pas à l'heure actuelle une méthode unique adoptée par tous les psychologues.
      • Lorsque le psychologue doit évaluer la personnalité, il peut se baser sur différents outils et ses choix orienteront significativement ses conclusions.
      • L'observation peut prendre différentes formes (observations rigoureuses de comportements, observations subjectives, échelles d'évaluation, entretiens semi structurés).
      • Il existe un outil: IPDE (International Personality Disorder Examination,1994) qui examine les troubles de personnalité́selon le DSM-V et l'ICD10.
    • Les tests de personnalité:
      • Les test de personnalité sont de loin la manière la plus répandue pour évaluer la personnalité.
      • Il existe deux catégories différentes:
        • Les test projectifs: Consistent à présenter aux sujets un matériel ambigu et peu structuré qui donne libre cours à leur imagination et qui par conséquent donne naissance à de nombreuses réponses. Le principe général étant que, comme le matériel est ambigu, l'individu va se projeter dedans et livrer ainsi une part de son inconscient.
          • Exemples: Test de RORSCHACH (Le test consiste en une série de 10 planches sur lesquelles apparaissent des taches d'encre symétriques), Thematic Apperception Test (TAT) (Le TAT est constitué de 31 planches qui représentent des dessins -tableaux ou photographies noir et blanc- à propos desquelles le sujet est prié de raconter une histoire; CAT (Children Apperception Test)).
        • Les test objectifs: Consistent à demander aux sujets de remplir eux-mêmes des questionnaires de personnalité. Dans ces questionnaires les sujets doivent indiquer comment ils pensent, comment ils se conduisent dans certaines situations, comment ils jugent certaines actions, et comment ils réagissent de manière habituelle à différentes choses. Les réponses qu'ils peuvent choisir sont limitées, afin de les interpréter de manière objective.
          • Exemples: MMPI (Minnesota Multiphasic Personality Inventory), TCI (Temperament and Character Inventory), NEO PI (Modèle des cinq facteurs), 16-PF (16 Personality Factor Inventory), ZKA-PQ (Zuckerman-Kuhlman-Aluja Personality Questionnaire).
    • Fin des mesures auto – rapportées: La manière la plus traditionnelle d'évaluer la personnalité dans la tradition psychométrique repose sur les questionnaires de personnalité et donc des mesures auto-rapportées.
      • Les mesures obtenues par ces questionnaires - même si des échelles de validité y sont incluses afin d'attester de la sincérité des réponses données - souffrent de différents biais.
      • La désirabilité sociale est l'écueil principal.
      • Il faut signaler que ces tests partent du principe que la personne est capable de s'autoévaluer avec une certaine précision, ce qui n'est pas pour autant certain même lorsque la personne en toute bonne foi estime avoir donné une image authentique de ce qu'elle est.
      • Autre techniques pour éviter les biais mentionnés: experience sampling, lifelogging, lieux de vie, big social data, capteurs portatifs, capteurs sociaux.
    • Conclusion: Il existe une large panoplie d'instrument pour évaluer la personnalité. Le choix qu'on opère dépend avant tout de ses orientations théoriques et du contexte historique et philosophique.
      • Le principe général est que la personne évaluée produit certains échantillons de comportements, et sur base des informations recueillies, le psychologue tente de déterminer les traits de la personnalité de la personne évaluée.
  • La fidélité de la mesure
    • Quelle que soit la méthode d'observation utilisée, il importe de savoir si la mesure qui a été faite est fidèle ou fiable.
      • Fidèle: Elle présente un degré élevé de consistance ou elle est reproductible.
      • Un observateur est rarement neutre car il a souvent des attentes.
      • À cause de leur subjectivité, chaque mesure est associée à une probabilité d'erreur.
    • Il existe différentes manières d'envisager la fidélité d'une mesure:
      • La consistance interne: Plusieurs items similaires pour la même dimension.
        • Poser des questions plus ou moins similaires auxquelles le sujet devrait répondre de manière