LM 1

LM nº 1.1 – Microbiologie médical

Microbiologie médicale

  • Traitement des échantillons

    • Pré-analytique

    • Analytique

    • Post-analytique

  • Principales géloses

    • Gélose sang de mouton

    • Gélose chocolat

    • Gélose MacConkey

  • Atmosphères d’incubation

    • Dans une étuve à l’air ambiant (21 % d’O2)

    • Dans une étuve à CO2

    • Dans une tente anaérobie

Hémoculture
  • Quand prescrire une hémoculture ?

    • Patient qui présente de la fièvre avec signes d’atteinte systémique sévères

      • Atteinte de l’état général

      • Frissons solennels

      • Tension artérielle basse

    • Lorsque certains diagnostics graves sont évoqués

      • Méningite

      • Endocardite

  • Nombre d’hémocultures

    • En général, 2 hémocultures sont prescrites par le médecin → L’infirmière prélève 4 bouteilles.

  • Pourquoi une bouteille aérobie et une anaérobie ?

    • Volume de sang idéal par hémoculture = 20 mL

    • Ratio bouillon/sang par bouteille est optimisé.

    • La littérature montre que 10 mL (ae) + 10 mL (ana) = meilleur recouvrement de bactéries

    • À cause des anaérobies (augmentation légère)

    • Meilleure croissance de certaines bactéries aérobies dans les bouteilles anaérobies

  • Pourquoi prélever 2 hémocultures (40 ml de sang) ?

    • La probabilité de trouver la bactérie dans le sang dépend du volume de sang cultivé.

    • Plus le volume est grand, plus la probabilité est haute.

    • Risque « coût-bénéfice » devient moins intéressant après 40 mL.

    • Facteur le plus important pour trouver des bactéries dans le sang si elles sont présentes.

  • Quand prescrire plus de 2 hémocultures ?

    • Endocardite aiguë :

      • Obtenir 3 hémocultures < 2 h, avant de débuter le traitement.

    • Endocardite subaiguë (germe en général peu virulent, patient non instable) :

      • Obtenir 3 hémocultures < 24 h, avant de débuter le traitement.

      • Prélever 2 autres hémocultures si la première série est négative après 24 heures.

  • Pourquoi prélever en 2 temps ?

    • Évaluer la contamination cutanée

    • Évaluer le caractère continu de la bactériémie

  • Traitement des hémocultures au laboratoire

    • Dès la réception au laboratoire, les bouteilles d’hémoculture sont déposées dans un appareil qui maintient la température à 37 °C et qui brasse les bouteilles de façon continue.

    • L’appareil détecte la présence de croissance bactérienne grâce aux métabolites générés par les bactéries dans la bouteille.

    • La technicienne effectue une coloration de Gram sur le liquide de la bouteille d’hémoculture positive et ensemence des milieux de culture (géloses) ce qui permettra d’identifier la bactérie impliquée et de procéder à un antibiogramme.

  • Interprétation des résultats des Gram d’hémoculture


  • Est-ce un contaminant ?

    • Jamais : S. aureus, S. pneumoniae, Streptococcus pyogenes (Gr. A), Listeria monocytogenes, E. coli

    • Peut-être : Staphylocoque à coagulase négative

    • Probablement : Streptocoque du groupe viridans, Bacillus spp., Candida albicans


  • Le médecin doit analyser les indices

    • Le lien entre le site de l’infection et le germe identifié est-il plausible ?

      • Exemple de lien plausible : présence de Neisseria meningitidis dans l’hémoculture d’un patient hospitalisé pour une méningite.

      • Exemple de lien peu plausible : présence de Streptococcus viridans dans l’hémoculture d’un enfant hospitalisé pour une méningite. Les Streptococcus viridans ne cause pas de méningite.

Culture de spécimens urinaires
  • Échantillon urinaire

    • Deux types d’examen de laboratoire peuvent être réalisés

      • Analyse d’urine (laboratoire de biochimie)

        • Présence de globules blancs

        • Présence de globules rouges

        • Présence de nitrites

        • Etc.

      • Culture d’urine (laboratoire de microbiologie)

        • Croissance de bactéries

  • Pré-analytique

    • L’indication de la culture d’urine est une étape cruciale.

    • Le clinicien doit questionner le patient pour savoir s’il a des symptômes ou non.

    • La présence de bactérie dans les urines sans symptômes associés nécessite très rarement un traitement.

  • La culture d’urine - principes

    • L’urètre distale n’est pas stérile

    • L’urine est normalement stérile

    • Comment faire la différence entre la croissance de bactéries qui proviennent de l’urètre et celles qui proviennent de la vessie ?

      • Technique de prélèvement par mi-jet.

      • Culture quantitative de bactéries (> 108 UFC/L).

    • Ne pas confondre avec le prélèvement requis pour les TAAN Neisseria gonorrhoeae et Chlamydia trachomatis.

      • Pour gonorrhée/chlamydia = début de jet

      • Pour culture d’urine = mi-jet

  • Traitement des cultures d’urine au laboratoire

    • Dès la réception au laboratoire, l’urine est ensemencée sur des géloses à l’aide d’une anse calibrée (0,001 mL).

    • Les géloses sont incubées 24 heures à 37 °C.

    • La technicienne compte les colonies qui ont poussé sur les géloses et elle identifie la ou les bactéries impliquées.

    • Un antibiogramme est réalisé si la croissance bactérienne est significative.

  • Interprétation des résultats de culture d’urine

    • Résultat de la culture

      • 108 UFC/L d’une seule bactérie

      • 105-107 UFC/L d’une seule bactérie

      • < 105 UFC/L

      • Plusieurs bactéries

    • Interprétation

      • Infection urinaire

      • Infection urinaire possible, à interpréter en fonction du contexte clinique

      • Contamination

      • Contamination

  • Le clinicien doit analyser les indices

    • Le germe identifié est-il un pathogène urinaire reconnu ?

    • Le patient a-t-il des symptômes ?

    • Y a-t-il une cause anatomique qui prédispose aux infections urinaires ?

    • Le patient a-t-il des facteurs de risque d’infections urinaires à germes résistants ?

Culture de gorge
  • Échantillon

    • Prélèvement à l’aide d’un écouvillon (Dacron ou nylon)

    • Sites anatomiques

      • Amygdales

      • Pharynx postérieur

  • Quand prescrire une culture de gorge ?

    • Angine bactérienne (Streptococcus pyogenes)

  • Traitement de la culture de gorge au laboratoire

    • Dès la réception au laboratoire, l’écouvillon est ensemencé sur une gélose sang de mouton.

    • La gélose est incubée 24 heures à 37 °C.

    • La technicienne observe la présence de colonies β-hémolytiques et identifie la bactérie impliquée.

  • Interprétation des résultats de culture de gorge

    • Croissance de Streptococcus pyogenes (Gr. A)

    • Pas de croissance de Streptococcus pyogenes (Gr. A)

Culture de spécimens respiratoires
  • Expectorations (crachat)

    • Prélèvement

      • Le patient doit tousser pour expulser les sécrétions provenant des voies respiratoires inférieures.

      • Ne pas envoyer de salive.

    • Quand prescrire une culture d’expectorations ?

      • Pneumonie

  • Traitement de la culture d’expectorations au laboratoire

    • Dès la réception au laboratoire, la technicienne sélectionne les parties purulentes du spécimen.

    • Le spécimen est ensemencé sur des géloses.

    • Les géloses sont incubées 24-48 heures à 37 °C.

    • La technicienne identifie les bactéries pathogènes et réalise un antibiogramme.

  • Interprétation des résultats de culture d’expectorations

    • Le clinicien doit analyser les indices

      • Le germe identifié est-il un pathogène respiratoire reconnu ?

      • La quantité de bactéries pathogènes est-elle significative ?

      • Y a-t-il une croissance de bactéries de la flore oropharyngée ?

Culture de pus superficiel
  • Échantillon

    • Prélèvement à l’aide d’un écouvillon

  • Traitement de la culture de pus superficiel au laboratoire

    • Dès la réception au laboratoire, l’écouvillon est ensemencé sur des géloses.

    • Les géloses sont incubées 24-48 heures à 37 °C.

    • La technicienne identifie la ou les bactéries impliquées.

Culture de pus profond
  • Échantillon

    • Prélèvement à l’aide d’une seringue (ponction) ou lors d’une chirurgie

  • Traitement de la culture de pus profond au laboratoire

    • Dès la réception au laboratoire, le pus est ensemencé sur des géloses.

    • Les géloses sont incubées 24-48 heures à 37 °C.

    • La technicienne identifie la ou les bactéries impliquées.

Culture de liquide biologique normalement stérile
  • Liquide céphalorachidien (LCR)

  • Liquide pleural

  • Liquide péritonéal

  • Liquide articulaire

  • Traitement de la culture de liquide biologique normalement stérile au laboratoire

    • Dès la réception au laboratoire, le liquide est ensemencé sur des géloses.

    • Les géloses sont incubées 24-48 heures à 37 °C.

    • La technicienne identifie la ou les bactéries impliquées.

LM nº1.2 – Antibiothérapies

Les bactéries

GRAM POSITIF

  • Cocci

    • Aérobies

      • Staphylococcus

        • Aureus

        • Saphrophyticus

        • Epidermidis

        • À coagulase négative

      • Streptococcus

        • pyogenes (groupe A)

        • β-hémolytique groupe C et G

        • agalactiae (groupe B)

        • pneumoniae

        • viridans

      • Enterococcus spp. (infection urinaire, endocardite, flore normale de l’intestin)

    • Anaérobies

      • Flores normales de la bouche et de l’intenstin

  • Batônnets

    • Aérobies

      • Bacillus

        • Anthracis

        • Cereus

      • Listeria monocytogenes

    • Anaérobies

      • Clostridium

        • Perfringens

        • Difficile

        • Tetani

        • Botulinum

GRAM NÉGATIFS

  • Cocci

    • Neisseria

      • Gonorrhoeae

      • meningitidis

    • Moraxella catarrhalis

  • Batônnets

    • Aérobies

      • Bordetella pertussis

      • Haemophilus influenzae

      • Legionella

      • Enterobacteriaceae

        • Escherichia coli

        • Salmonella spp.

        • Shigella spp.

        • Yersinia enterocolitica

        • Klebsiella pneumoniae

        • Proteus spp.

      • Pseudomonas aeruginosa

      • Kingella kingae (arthrite et ostéite)

      • Pasteurella multocida

      • Helicobacter pylori

DIVERS (bactéries non vues à la coloration de Gram)

  • Chlamydia trachomatis (urétrites, cervicites, infection pelvienne, infertilité)

  • Chlamydophila pneumoniae (agent de pneumonie «atypique»)

  • Mycoplasma pneumoniae (agent de pneumonie «atypique»)

  • Mycobacterium tuberculosis (agent de la tuberculose)

  • Treponema pallidum (agent de la syphilis)

Les antibiotiques

Principales classes d'antibiotiques

  • β-lactamines:

    • Pénicillines

      • « Naturelles » : pénicilline V, pénicilline G

        • Spectre :

          • Streptocoques ß hémolytiques (tous)

          • Majorité des streptocoques incluant les Streptococcus pneumoniae

          • Treponema pallidum

          • Cocci Gram positif anaérobies

        • Effets secondaires :

          • Allergie (fièvre et/ou éruption)

          • Néphrite interstitielle

      • Résistantes à la pénicillinase : cloxacilline

        • Spectre :

        • Effets secondaires :

      • Aminopénicillines : amoxicilline

        • Spectre :

          • Streptocoques B-hémolytiques (tous), majorité des autres streptocoques dont S. pneumoniae, Enterococcus faecalis, Listeria monocytogenes, certaines entérobactéries (E. coli, Shigella spp., Salmonella spp., Proteus mirabilis), certains Haemophilus influenzae.

        • Effets secondaires :

          • Allergie (fièvre et/ou éruption)

          • Néphrite interstitielle

      • Avec inhibiteur de β-lactamase :

        • Amoxicilline/acide clavulanique : associe un inhibiteur de bêta-lactamase (acide clavulanique) et une bêta-lactamine (amoxicilline)

          • Spectre :

Streptococcus β-hémolytiques (tous)

Streptococcus viridans (majorité)

Enterococcus faecalis

Staphylococcus aureus (excluant SARM)

Haemophilus influenzae ( > 95%)

Moraxella catarrhalis

Plusieurs entérobactéries

Anaérobies incluant Bacteroides fragilis, des

Clostridium sp. (pas Cdiff)

  • Effets secondaires

Allergie (fièvre et/ou éruption)

Néphrite interstitielle

Gastro-intestinal (diarrhée, nausée)

  • Pipéracilline/tazobactam : combinaison d’un inhibiteur de bêta-lactamase (tazobactam) et une bêta-lactamine (pipéracillin)

    • Spectre : Idem à l'amoxicilline/acide clavulanique, + Pseudomonas aeruginosa + Majorité des entérobactéries

    • Effets secondaires : Allergie (fièvre et/ou éruption), Néphrite interstitielle, Gastro-intestinal (diarrhée, nausée)

    • Céphalosporines

      • 1ere génération : céfazoline/cefadroxil/cephalexin

        • Spectre :

          • Staphylococcus aureus (excluant SARM)

          • Streptocoques ß hémolytiques (tous)

          • Streptocoques viridans

          • Quelques Entérobactéries (ex. : E. coli, Proteus, Klebsiella)

        • Effets secondaires :

          • Allergie (fièvre et/ou éruption)

          • Néphrite interstitielle

          • Gastro-intestinal (diarrhée, nausée)

      • 2eme génération : céfuroxime

        • Spectre :

        • Effets secondaires :

      • 3eme génération : ceftriaxone

        • Spectre :

        • Effets secondaires :

    • Carbapénèmes : méropénème

      • Spectre :

        • Effets secondaires :

  • Aminoglycosides: gentamicine

    • Spectre : Entérobactéries (ex. : E. coli, Proteus, Klebsiella), Pseudomononas aeruginosa

      • Aucune activité contre les bactéries anaérobies

      • Synergie avec la pénicilline et l'ampicilline contre les entérocoques et certains streptocoques

    • Effets secondaires :

      • Néphrotoxicité

      • Ototoxicité vestibulaire et auditive (vertiges, surdité)

  • Tétracyclines: doxycycline

    • Spectre : Staphylococcus aureus (dont plusieurs souches de SARM), Mycoplasma pneumoniae, Chlamydia spp Plasmodium sp. (toutes les espèces)

    • Effets secondaires : Photosensibilité, gastrite/oesophagite

  • Fluoroquinolones: ciprofloxacine, lévofloxacine

    • Spectre de la ciprofloxacine

      • Entérobactéries (E. coli, Proteus,

      • Klebsiella, Salmonella, Shigella, Yersinia),

      • Campylobacter

      • Pseudomonas aeruginosa

      • Pas d’activité anti-anaérobie

    • Spectre de la lévofloxacine

      • Entérobactéries (E. coli, Klebsiella),

      • Mycoplasma pneumoniae, Chlamydia spp., Legionella spp., Pseudomonas aeruginosa, Streptococcus pneumoniae, Staphylococcus aureus (excluant SARM)

    • Effets secondaires des fluoroquinolones

      • Gastro-intestinal (diarrhée, nausée, colite à Cd)

      • Tendinite, toxicité neurologique, dysglycémie, prolongation de l’intervalle QT.

      • Non recommandée chez les enfants et la femme enceinte ou qui allaite

  • Nitroimidazoles: métronidazole

    • Spectre :

      • Bactéries anaérobies incluant Bacteroides fragilis et Clostridium difficile

      • Certains parisites

    • Effets secondaires : Inappétence, arrière-gout métallique

  • Inhibiteurs de la synthèse de l'acide folique: sulfaméthoxazole-triméthoprime (TMP-SMX)

    • Spectre :

      • Cocci Gram positif (incluant le SARM)

      • Entérocoques (autres qu'ERV)

      • Bâtonnets Gram positif,

      • C. difficile (si administré par voie orale)

    • Effets secondaires :

      • Réaction liée à la perfusion,

      • Néphrotoxicité,

      • Leucopénie

  • Macrolides: azithromycine

    • Spectre : Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae, Mycoplasma pneumoniae, Bordetella pertussis, Campylobacter jejuni, Legionella spp., Chlamydia

    • Effets secondaires : Nausée/vomissement, diarrhée, prolongation de l'intervalle QT

  • Glycopeptides: vancomycine

    • Spectre :

    • Effets secondaires :

Mécanismes d'action généraux

Les antibiotiques peuvent agir sur les bactéries en ciblant différents processus :

  • Synthèse de la paroi cellulaire:

    • Les β-lactamines et les glycopeptides inhibent la synthèse du peptidoglycane, un composant essentiel de la paroi cellulaire bactérienne.

  • Synthèse des protéines:

    • Les aminoglycosides, les tétracyclines et les macrolides se lient aux ribosomes bactériens et inhibent la synthèse des protéines.

  • Synthèse de l'ADN:

    • Les fluoroquinolones inhibent les enzymes impliquées dans la réplication de l'ADN bactérien.

  • Synthèse de métabolites essentiels:

    • Le TMP-SMX inhibe la synthèse de l'acide folique, un métabolite essentiel pour la croissance bactérienne.

Les β-lactamines

  • Mécanisme d’action

    • Les β-lactamines se lient aux protéines liant la pénicilline (PLP), des enzymes impliquées dans la synthèse du peptidoglycane.

    • Cette liaison empêche la formation des ponts peptidiques entre les chaînes de peptidoglycane, affaiblissant la paroi cellulaire.

    • La bactérie devient alors vulnérable à la lyse osmotique et meurt.

  • Mécanismes de résistances aux β-lactamines

    • Production de β-lactamases: Enzymes bactériennes qui hydrolysent l'anneau β-lactame des antibiotiques, les rendant inactifs.

    • Modification de la cible (PLP): Mutations dans les PLP qui empêchent la liaison des β-lactamines.

      • Exemple: le SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline) possède une PLP modifiée (PLP2a) qui le rend résistant à la plupart des β-lactamines.

  • Solutions pour la résistances aux β-lactamines

    • β-lactamines résistantes aux β-lactamases: cloxacilline, oxacilline, céfazoline.

    • Inhibiteurs de β-lactamases: acide clavulanique (amoxicilline-acide clavulanique), tazobactam (pipéracilline-tazobactam).

  • Retour à la modification de la cible

    • Impact : L'antibiotique ne peut plus se lier à sa cible et exercer son action.

    • Exemple : Le SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline) possède une PLP modifiée (PLP2a) qui le rend résistant à la plupart des β-lactamines.

      • Puisque le mécanisme de résistance n’est pas une β-lactamase, l’utilisation d’antibiotiques résistants aux β-lactamases (p. ex. cloxacilline et céfazoline) n’aide pas.

        • La résistance à la cloxacilline est un signe distinctif du SARM.

      • De même, l’utilisation d’antibiotiques avec des inhibiteurs de β- lactamases (p. ex. amoxicilline-acide clavulanique et pipéracilline-tazobactam) n’aide pas.

      • La vancomycine est souvent utilisée pour traiter les infections à SARM. D'autres options incluent la daptomycine, la linézolide et le tédizolide.

  • Spectre d'activité des β-lactamines : varie selon la molécule.

    • La pénicilline a une bonne activité contre les cocci Gram positifs et certaines anaérobies.

    • L'amoxicilline a un spectre plus large que la pénicilline, incluant certaines bactéries Gram négatives.

    • L'amoxicilline-acide clavulanique a un spectre encore plus large, incluant des bactéries productrices de β-lactamases.

    • Les céphalosporines de 1ère génération ont une bonne activité contre les Gram positifs.

    • Les céphalosporines de 3ème génération ont une meilleure activité contre les Gram négatifs.

    • Le pipéracilline-tazobactam et les carbapénèmes ont un large spectre d'activité.

  • Effets secondaires des β-lactamines 

    • Réactions allergiques: éruption cutanée, fièvre.

    • Troubles gastro-intestinaux: diarrhée, nausées.

    • Néphrite interstitielle: inflammation des reins.

Vancomycine

  • Classe: Glycopeptide.

  • Mécanisme d'action: Inhibe la synthèse du peptidoglycane en se liant aux précurseurs du peptidoglycane, empêchant la formation de la paroi cellulaire.

  • Administration: intraveineuse (IV) ou orale (pas d'absorption systémique).

  • Spectre d'activité: Cocci Gram positifs, incluant le SARM, les streptocoques et les entérocoques.

    • Pas d’activité contre les bactéries Gram – si administrée par voie orale

  • Effets secondaires:

    • Réactions liées à la perfusion (syndrome de l'homme rouge).

    • Néphrotoxicité.

    • Ototoxicité (rare).

Ciprofloxacine

  • Classe : Fluoroquinolones

  • Mécanisme d’action : Inhibe la synthèse de l’ADN

  • Administration : IV, orale (excellente biodisponibilité)

  • Spectre habituel : Entérobactéries (Gram –), Pseudomonas aeruginosa

    • Pas d’activité contre les anaérobies

    • La ciprofloxacine est le seul antibiotique oral qui peut traiter une infection à Pseudomonas aeruginosa.

  • Toxicité : Gastro-intestinaux (nausée, diarrhée), neurotoxicité, tendinite, allongement du QTc.

  • Précautions : Non recommandée chez les enfants et la femme enceinte ou qui allaite.

Lévofloxacine et moxifloxacine

  • Plus de couverture Gram positif

    • S. pneumoniae

    • Streptocoques β-hémolytiques

    • S. aureus

  • Particularités

    • Moxifloxacine : Pas de couverture P. aeruginosa et pas d’excrétion dans l’urine.

    • Meilleure couverture anaérobie

Gentamicine

  • Classe : Aminoglycoside

  • Administration : IV

  • Mécanisme d’action : Inhibe la synthèse de protéines

  • Spectre habituel : Entérobactéries (Gram –), Pseudomonas aeruginosa, synergie avec pénicilline pour entérocoques et certains streptocoques

    • Pas d’activité contre les anaérobies et Gram +, sauf en cas de combinaison antibiotique pour synergie.

  • Effets secondaires : Néphrotoxicité (réversible), ototoxicité (irréversible !), surdité, troubles d’équilibre, tératogène.

Métronidazole

  • Classe : Nitroimidazole

  • Mécanisme d’action : Inhibe la synthèse d’ADN

  • Administration : IV, orale (excellente biodisponibilité)

  • Spectre habituel : Anaérobies incluant le Clostridioides difficile, certains parasites (Giardia, Trichomonas vaginalis, amibes)

    • Pas d’activité contre les bactéries aérobies Gram + et Gram –.

  • Effets secondaires : Toxicité (inappétence, arrière-gout métallique)

  • Précautions : Ne pas administrer chez la femme qui allaite, ne pas administrer dans le premier trimestre de la grossesse.

Azithromycine

  • Classe : Macrolides

  • Mécanisme d’action : Inhibe la synthèse d’ADN

  • Administration : IV, orale (excellente biodisponibilité)

  • Spectre habituel : S. pneumoniae, H. influenzae, atypiques, B. pertussis, C. jejuni

    • Pas d’activité contre S. aureus et certains anaérobies.

  • Effets secondaires : Gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhée), allongement du QTc.

Sulfaméthoxazole-triméthoprime

  • Classe : Inhibiteurs de la synthèse de l’acide folique

  • Mécanisme d’action : Inhibe la synthèse de l’ADN/ARN

  • Administration : IV, orale (excellente biodisponibilité)

  • Spectre habituel : S. aureus (SASM et SARM), quelques entérobactéries (Gram –), certains parasites (P. jirovecii), anaérobies

    • Pas d’activité contre Streptococcus β-hémolytique.

  • Effets secondaires : Gastro-intestinal (nausées, vomissements), rash, atteinte moelle osseuse (globules blancs, plaquettes), néphrotoxicité (hyperkaliémie), attention à la « fausse » augmentation de la créatinine (10 %).

Approche clinique du traitement antibactérien

  • Éléments à considérer

    • Microorganisme (microorganismes les plus probables, spectre de l’antibiotique)

    • Site de l’infection

    • Distribution de l’antibiotique au site de l’infection

    • Présence d’un corps étranger

    • Hôte (âge, fonction rénale/hépatique, effets secondaires antérieurs, grossesse, système immunitaire)


  • Traitement empirique

    • Avant de connaître le microorganisme

    • Basé sur la sévérité de la maladie et les organismes probables

  • Traitement dirigé

    • Une fois que l’on connaît les pathogènes en cause

Antibiotiques et l’approche syndromique

  • Flore microbienne

    • La flore microbienne normale peut causer des infections si les défenses de l'hôte sont compromises.

    • Sites importants: oropharynx, peau, système digestif, vagin, rectum.

    • Exemples de bactéries:

      • Oropharynx: Streptococcus viridansStaphylococcus aureus.

      • Peau: Staphylococcus aureusStreptococcus pyogenes.

      • Système digestif: Entérobactéries, Bacteroides spp.


  • Infections du système respiratoire

    • Otite moyenne (enfant > 3 mois): Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae, Moraxella catarrhalis.

    • Pharyngite: Streptococcus pyogenes.

    • Rhinosinusite: Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae, Staphylococcus aureus.

    • Pneumonie: Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae, Legionella spp., Mycoplasma pneumoniae, Chlamydophila pneumoniae.


  • Infections du système digestif

    • Flore intestinale: Entérobactéries, Bacteroides spp., Enterococcus spp.

    • Infections courantes: diverticulite, appendicite, cholangite.


  • Infections du système urologique

    • Cystite: Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae, Proteus spp., Staphylococcus saprophyticus.

    • Pyélonéphrite: Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae


  • Infection du système neurologique

    • Méningite bactérienne: Streptococcus pneumoniae, Neisseria meningitidis, Listeria monocytogenes, Haemophilus influenzae.

    • Méningite néonatale (< 1 mois): Escherichia coli, Streptococcus agalactiae, Listeria monocytogenes.


  • Système musculo-squelettique

    • Infection osseuse et articulaire: Staphylococcus aureus, Streptococcus spp.

    • Infection cutanée: Staphylococcus aureus, Streptococcus pyogenes


  • Système cardiovasculaire

    • Bactériémie: présence de bactéries dans le sang.

      • Pratiquement toutes les bactéries mentionnées précédemment peuvent causer une infection systémique via le sang.

    • Certaines bactéries ont une plus grande propension à établir une infection persistante en se fixant à l’endothélium vasculaire.

      • Staphylococcus aureus est la plus fréquemment impliquée.

Tests pour vérifier la sensibilité des bactéries aux antibiotiques

  • Concentration minimal inhibitrice (CMI)

    • La CMI est la plus faible concentration d'antibiotique qui inhibe la croissance visible d'une bactérie.

    • Déterminée en laboratoire en exposant une quantité standard de bactéries à différentes concentrations d'antibiotiques.

    • Utilisée pour classifier une souche bactérienne comme sensible (S), intermédiaire (I) ou résistante (R) à un antibiotique.

  • Tests pour déterminer la CMI :

    • Disques antibiotiques

      • Disques imprégnés d'antibiotiques sont déposés sur une gélose ensemencée avec la bactérie.

      • L'antibiotique diffuse dans la gélose, créant un gradient de concentration.

      • La zone d'inhibition autour du disque est mesurée et comparée à des standards pour déterminer la sensibilité.

    • Gradient antibiotique

      • Bandelette contenant un gradient de concentration d'antibiotique est déposée sur une gélose ensemencée. La CMI est lue directement sur la bandelette à l'endroit où la croissance bactérienne est inhibée.

    • Méthodes automatisées

      • Carte antibiogramme : Système automatisé qui utilise des cartes contenant différents antibiotiques.

      • Concentration précise d’une souche bactérienne en suspension : La croissance bactérienne est mesurée dans chaque puits et la CMI est déterminée automatiquement.

  • Interprétation des résultats

    • Les résultats des tests de sensibilité sont généralement présentés sous forme de tableau avec les antibiotiques testés et la classification S, I ou R.

    • La CMI peut également être indiquée pour certains antibiotiques.

    • L'interprétation des résultats doit tenir compte du site de l'infection, des caractéristiques du patient et des recommandations locales.