Chapitre 7 : Familles et ordre social

Familles et ordre social

  • Les enfants vivent avec leurs parents dans le modèle dominant.

  • Croissance et évolutions législatives configurant comment faire famille en France.

  • Les lois reflètent l'évolution de la société et font exister les choses mécaniquement.

  • Volonté politique derrière les lois pour agir sur la société.

I. Pour reproduire l’ordre social, reproduire les familles

A. Les fondements sociaux reposent sur des normes familiales précises
  • Piliers anthropologiques identifiés par des structures d'organisation des communautés humaines.

  • Claude Levi-Strauss et l’anthropologie structurale :

    • Prohibition de l’inceste.

    • Forme reconnue d’union (légitimation des enfants par le mariage).

    • Répartition sexuelle des tâches dans la famille (hommes et femmes).

    • Valence différentielle des sexes (ajoutée par Françoise Héritier).

  • Article 4 de la Constitution de la IIe République (1848) : l’État s'intéresse à la famille (travail, propriété, ordre public).

  • L’État se dote d'outils statistiques (INSEE et INED) pour comprendre et objectiver la population française.

B. Les familles sont des espaces de reproduction sociale
  • Espace primaire de socialisation (sociologues).

  • L’école est le premier espace à vivre en société et les règles de fonctionnement de la famille sont des règles sociales.

  • Indicateurs sur les fondements sociaux du père et de la mère.

  • Indicateurs sur l’éducation et le mode de vie apportés dans l’identification des sexes.

  • Investissement des parents dans leurs enfants :

    • Les sœurs ont moins de ressources que leurs frères dans les adelphies mixtes.

    • Les pères s'occupent des enfants dans la forme et les mères, dans le fond.

    • Le père devient de plus en plus présent dans l’éducation de l’enfant.

  • Création de l’Association des parents d’élèves (APE).

  • L’État propose une aide aux parents pour offrir des solutions de gardes alternées en palliant des manquements législatifs et économiques.

  • Congé parental (2014) a accentué les différences de pauses pour les hommes et les femmes : un parent en a bénéficié dans les 3 ans.

  • Politique volontaire de l’État (au moins 25% des pères s’investissent dans le congé parental).

  • Questions de représentations sur le père entretenant l'éducation de l’enfant.

  • Parents âgés qui s'occupent des petits-enfants.

  • Quand la mère est seule, ce sont des personnes piégées socialement parlant qui aident un membre de sa famille à laquelle on dédit des tâches maternelles.

  • Évolution des normes familiales produit des liens adelphiques entre frères et sœurs (augmentation du divorce et des séparations dans les années 1970-1980).

  • Loi du 30 décembre 1996 inscrit dans le Code civil le principe de non-séparation des fratries (sauf si impossible ou contraire à leur intérêt).

C. Aux colonies, l’ordre social est aussi un ordre racial
  • La France arrive dans des colonies pour les transformer et créer un ordre social.

  • Dans l’économie de l’Empire français (XIXe-XXe), le couple peut être un couple de Français ou un couple entre hommes français et femmes indigènes.

  • Unions entre hommes français (soldats et administrateurs coloniaux) et autochtones sont des concubinages.

  • Au XIXe, plus d’hommes français que de femmes, donc plus de concubinage.

  • Enfants métissés dans l’Empire colonial français :

    • Rattachés à la puissance coloniale par le père et à la société indigène par la mère.

    • Situation avantageuse socialement : certains métisses ont eu des carrières politiques dans la République.

    • Vus comme enfants bâtards car métissés.

  • L’État maintient la barrière entre les populations (colonisateurs et colonisés).

  • L’enfant métisse incarne cette barrière franchie et dérange politiquement dans les droits égaux entre colonisateurs et colonisés.

  • Certains enfants métissés sont abandonnés par leurs mères et éduqués par le père (si reconnus).

  • Raisons : contextes démographiques, politiques, économiques.

  • Représentations et connaissances de l'État pour mieux connaître les Français après 1945.

  • Angoisse de la natalité.

  • Compenser les inégalités de chances dans les familles réduites.

  • Politiques se focalisent sur les familles nombreuses.

  • Dans la société indigène, les mères confient leurs enfants dans des orphelinats de l’Empire français.

  • Décret-loi du 8 novembre 1928 : milliers d'enfants métis nés de mères indigènes d’Indochine et de pères inconnus accèdent à la citoyenneté française.

  • Évoque une race française.

  • Ne garantit pas leur éducation (dépendait des politiques coloniales en vigueur).

  • Projet économique, politique et social.

  • Dans l'Empire français, tout le monde n'est pas considéré comme des sujets (ex : droit de vote).

  • Avant 1946, pour devenir citoyen français métisse, il faut abandonner son statut personnel (lois locales concernant le statut civil : mariage et héritage).

  • Dépendre du code civil français en renonçant aux coutumes coloniales.

  • Polygames dans l’Empire français ne posent pas de soucis au yeux du code civil.

  • Condition forte devenant un obstacle.

  • Loi Lamine Guèye (7 mai 1946) : les sujets de l'Empire colonial français deviennent des citoyens tout en conservant leur statut personnel.

  • Accorde la citoyenneté française à tous les ressortissants des territoires d'outre-mer, abolissant le statut de l'indigénat et élargissant le droit de vote local.

  • L’État colonial impose l'âge minimum au mariage en 1930.

  • En 1951, l’État s'oppose à la polygamie : l'État français renforce son opposition à la polygamie en réaffirmant son interdiction dans le Code civil, et dit que nul ne peut contracter un second mariage avant la dissolution du premier.

  • En 1959, en Algérie la réforme du mariage musulman vise à réglementer les unions et à judiciariser la dissolution du mariage en limitant la répudiation unilatérale par un époux.

II. Une attention particulière aux familles nombreuses

A. Soutenir la natalité
  • Lutter contre l’avortement jusqu’en 1975.

  • L’État est contre l’avortement dans le code pénal depuis 1970 et punit la personne avortant.

  • Constante dans la répression activée en 1920 puis sous le régime de Vichy.

  • Interdire la propagande anti-conceptionnelle (informations des moyens de contraception).

  • S’occuper des femmes enceintes :

    • Interdiction du travail de nuit.

    • Loi Strauss (7 juin 1913) : congé de maternité (1 mois de repos).

  • Loi Andry (11 mars 1932) : code de la paternité rendant obligatoire les sur-salaires familiaux pour les salariés de l’industrie et du commerce ayant au moins deux enfants.

  • Décret-loi 12 novembre 1938 : l’État crée les allocations familiales, permettant aux parents de recevoir une aide financière de l'État, indépendamment du salaire et des entreprises.

  • Introduction d'une taxe de compensation familiale pour les célibataires et les ménages sans enfants.

B. Aider toutes les familles nombreuses
  • L'État continue de soutenir sa politique sur les familles nombreuses.

  • Soutien à des structures collectives de gardes pour accueillir la petite enfance.

  • Dès la fin du XIXe, création de pouponnières (1861 en France) pour répondre aux besoins des enfants issus de familles pauvres ou affectées par la guerre.

  • Espaces où les femmes allaitent leurs enfants

  • Conscience sociale d’aider la petite enfance mais loin dans la réalisation : construire des crèches dans les usines ouvrières.

  • Au début du XXe, les femmes bourgeoises ont la responsabilité de l’enfant mais le soutien des nourrices est demandé.

  • Les enfants bourgeois sont mis en crèche depuis 40 ans plutôt que les enfants de milieux populaires.

  • Soutenir les modes de garde.

  • Développement de l'école primaire (à partir de 6 ans) et maternelle (à partir de 3 ans).

  • Les parents n’y recourt pas au début.

  • Dans les années 1970, la moitié des enfants sont en école maternelle et dans les années 1990, c’est la totalité des enfants.

  • Loi pour une école de la confiance (28 juillet 2019) oblige les enfants dès l’âge de 3 ans à être mis à l’école maternelle et s'accompagnent d’un métier féminin.

C. Avantage certaines familles plutôt que toutes ?
  • Les familles nombreuses bénéficient d’un soutien de l’Etat.

  • Des lobbys français se donnent pour but d’attirer l’attention du gouvernement sur la nécessité de réserver aux familles nombreuses les faveurs dont l’Etat dispose.

  • L'Alliance nationale pour l'accroissement de la population française (1896) vise à favoriser la natalité en France pour contrer la dénatalité et rivaliser avec la forte natalité allemande de l'époque.

  • Taxer les familles non-nombreuses et la question de l'impôt sur le revenu.

  • La Ligue populaire des pères et mères de familles nombreuses (1908) œuvre pour obtenir des avantages matériels et des mesures de soutien pour les familles nombreuses en France.

  • Le Conseil supérieur de la Natalité (CSN) (janvier 1920) est chargé de rechercher toutes les mesures pour combattre la dépopulation, d’accroître la natalité, de développer la puériculture et de protéger et honorer les familles nombreuses.

  • Cela sert à verser des bourses pour les familles nombreuses.

  • Création de cartes de familles nombreuses, des actions sociales, de santé pour les familles nombreuses.