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LYMPHOMES NON HODGKINIENS (LNH) CHEZ L'ENFANT
OBJECTIFS
Définir les Lymphomes chez l’enfant
Définir les Lymphomes Non Hodgkiniens (LNH) chez l'enfant
Décrire les signes cliniques et paracliniques du lymphome de Burkitt à localisation maxillo-faciale chez le petit enfant
Décrire la classification de St Jude de LNH
Énoncer les principes de la chimiothérapie dans les LNH chez l’enfant
PLAN
I. Généralités
I.1 Définition
I.2 Intérêt
I.3 Rappels
II. Signes
II.1 TDD: Lymphome de Burkitt à localisation maxillo-faciale chez l’enfant
II.2 Formes cliniques
III. Diagnostic
III.1 Diagnostic positif
III.2 Diagnostic d’extension
III.3 Diagnostic de retentissement
III.4 Diagnostic différentiel
III.5 Diagnostic étiologique
IV. Facteurs pronostiques
V. Bilan pré-thérapeutique
VI. Traitement
Conclusion
I. GENERALITES
I.1 DEFINITION
Lymphome : Tumeur maligne du tissu lymphoïde caractérisée par une prolifération des cellules lymphoïdes dans les ganglions, la rate ou un autre organe.
Types :
Lymphome de Hodgkin : cellule de Reed-Sternberg
Lymphomes non hodgkiniens (LNH)
I.2 INTERET
Epidémiologie :
3ème cause de cancer chez l’enfant après les leucémies et les tumeurs cérébrales.
En Afrique : Burkitt+++ (très présent)
Rare avant 2 ans
Diagnostique :
Cytologie, histologie, génétique
Rôle de l'EBV (Virus d'Epstein-Barr)
Pronostique :
Urgence, risque de dissémination, chimiosensibilité
II. SIGNES
II.1 TDD: Lymphome de Burkitt à localisation maxillo-faciale chez le petit enfant
CDD (Cas clinique) :
Enfant amené par ses parents pour une tumeur maxillo-faciale, d'évolution rapide, agressive, déformant la face.
Enfant référé par les dentistes.
Interrogatoire :
Informations à recueillir :
Âge, sexe, origine, condition de vie
Début, évolution, parcours de soins
Signes fonctionnels : douleur, fièvre, anorexie, asthénie
Examen :
Inspection : Check des caractéristiques de la tumeur
Topographie, limites, contours, perte de substance, déchaussement des dents, aspect de la peau, nécrose, hémorragie, suppuration, état des yeux, du nez, de la bouche.
Palpation : Mensuration, induration, douleur provoquée, inflammation, adénopathies satellites.
Examens complémentaires
Biologie :
Hémogramme : Anémie inflammatoire, hyperlymphocytose
Vitesse de sédimentation (VS) : Accélérée
Fibrinémie : Augmentée
LDH : Taux très élevé avec syndrome de lyse tumorale spontanée
Cytologie : Cytoponction ganglionnaire de la plus grosse adénopathie.
Imagerie :
Radiographie : Lyse osseuse
Échographie : Nature de la tumeur, lymphadénopathie ?
Histologie :
Techniques : Biopsie ganglionnaire
Exérèse, ponction-biopsie, biopsie guidée, biopsie chirurgicale, biopsie tissulaire
Précautions : Déposer au laboratoire rapidement après fixation au formol
Résultat :
Présence de cellule de Burkitt avec architecture diffuse monomorphe, cellules de taille moyenne, nucléolées à cytoplasme basophile avec vacuoles lipidiques et présence de macrophages à corps tangible (apoptose).
Image de mitose+++ (aspect en ciel étoilé).
Immuno-histo-chimie : Phénotypage (CD20+, CD10+, Bcl2-)
Cytogénétique : Translocation (8;14), rarement t(2;8) ou t(8;22), recherche de l’oncogène C-myc
PCR : Détection EBV par hybridation in situ (100%)
Stadification
Stade I : Un maxillaire ou un orbite ou ganglion isolé
Stade II : Plus d’un maxillaire, uni ou bilatéral, avec ou sans atteinte orbitaire
Stade III : Toute atteinte abdominale ou intra-thoracique, avec ou sans atteinte faciale, atteinte para-spinale avec compression médullaire
Stade IV : Atteinte médullaire ou neuro-méningée
Evolution
Évolution prise de décision :
Cliniques : Température, volume tumoral, état général, dents
Para cliniques : Hémogramme.
Modalités évolutives :
Favorable sous traitement (chimiothérapie).
Dissémination : locale, régionale, générale
Complications : Hémorragies, surinfections.
II.2 Autres formes cliniques
III. DIAGNOSTIC
III.1 DIAGNOSTIC POSITIF
Clinique :
Masse tumorale maxillo-faciale
Adénopathie de plus de 1 cm, peu douloureuse, non inflammatoire
Localisation extra-ganglionnaire : ORL, digestive, cutanée
Para-clinique :
Etude cytologique : Cytoponction ganglionnaire, ponction pleurale ou péritonéale (orientation)
Etude histologique : Biopsie ganglionnaire pour confirmation et typage histologique, immuno-histochimie, cyto-génétique.
III.2 DIAGNOSTIC D’EXTENSION
Bilan d’Extension :
Clinique : Recherche d’autres adénopathies, hépatosplénomégalie (HSM), atteinte extra-ganglionnaire (ORL, thyroïdienne, cutanée, testiculaire, neurologique)
Biologie : LDH, uricémie, calcémie, créatinine plasmatique, électrophorèse des protéines, ponction lombaire (PL)
Imagerie : Radiographie thoracique, radiographie cavum, échographie abdominale, tomodensitométrie (TDM) cervico-thoraco-abdomino-pelvienne, biopsie ostéo-médullaire, TEP-TDM, scintigraphie
Extension loco-régionale : Bucco-dentaire, ORL, oculaire, thoracique, abdominale
Extension générale : Métastases médullaires, neuro-méningées
Classification de St Jude
Stade I : Une localisation ganglionnaire ou extra-ganglionnaire à l’exclusion de l’abdomen ou du médiastin
Stade II : Deux (ou plus) localisations ganglionnaires et/ou extra-ganglionnaires du même côté du diaphragme ; ou localisation primitive digestive, avec ou sans atteinte du premier relais ganglionnaire mésentérique résécable par chirurgie segmentaire.
Stade III : Localisations ganglionnaires et/ou extra-ganglionnaires de part et d’autre du diaphragme – ou tumeur primitive intra-thoracique – ou localisation abdominale étendue – ou tumeur para-spinale ou épidurale
Stade IV : Atteinte médullaire et/ou du système nerveux central.
III.3 DIAGNOSTIC DE RETENTISSEMENT
Métabolique : Syndrome de lyse (hyperuricémie)
Respiratoire : Compression médiastinale
Digestif : Invagination intestinale
Rénal : Insuffisance rénale
Autre : Infections, hémorragie
III.4 DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
Devant l’atteinte ganglionnaire :
Maladie de Hodgkin : cellule de Reed-Sternberg
Tuberculose ganglionnaire : IDRt, GenXpert
Sarcoïdose
Mononucléose infectieuse
Syndrome lymphoprolifératif à EBV
III.5 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
Facteurs étiologiques :
Environnementaux : Pesticides organophosphorés
Infectieux :
EBV
HTLV
VIH
Déficits immunitaires :
Primitifs :
Syndrome de Wiskott-Aldrich
Ataxie-Télangiectasie
Secondaires :
Infection à VIH
Traitement immunosuppresseur
Transplantation d’organe
Infections virales (Oncovirus) : EBV, HTLV
Autres : Facteurs génétiques, champs magnétiques, radiations ionisantes, pesticides…
IV. FACTEURS PRONOSTIQUES
Age
Type histologique
Stade
Taux de LDH
V. BILAN PRE THERAPEUTIQUE
Rechercher des antécédents de néoplasie avec chimiothérapie
Évaluer la fonction rénale : ionogramme sanguin, créatininémie, azotémie
Autres : uricémie, calcémie, phosphorémie
Évaluer l’état du cœur : ECG, échocardiographie
Faire sérologie hépatite B
Surveiller : diurèse, poids, TA
VI. TRAITEMENT
VI.1 CURATIF
BUTS
Arrêter la prolifération tumorale
Éviter les rechutes et complications
MOYENS
Chimiothérapie :
Cyclophosphamide
Prednisone
Méthotrexate haute dose (HD)
Cytarabine
Oncovin (Vincristine)
Acide folinique
Autres moyens
Adjuvants : Antalgiques, uricolytiques, déparasitage
Réanimation : Transfusion, rééquilibrage hydro-électrolytique
Hyperhydratation alcaline
Soins de soutien : Nutrition, psychothérapie
MODALITES
Pré induction : COP (Cyclophosphamide, Oncovin, Prednisone)
Induction : 2 COPM (Cyclophosphamide, Oncovin, Prednisone, Méthotrexate HD + Acide folinique)
Consolidation : 2 CYM (Cytarabine, Méthotrexate HD + Acide folinique)
Entretien : Cyclophosphamide, Oncovin, Prednisone, Méthotrexate HD + Acide folinique
INDICATIONS
Lymphome de Burkitt : Traitement intensif à forte dose, sur 4 à 6 mois, avec des intervalles très courts, et prophylaxie méningée, selon l’âge et le pronostic.
Guérison : 90%, rechutes rares après 1 an.
Sénégal : Protocole GFAOP
Autres lymphomes : Protocoles fonction des écoles
VI.2 PRÉVENTIF
Prévention primaire : Lutte contre les infections, pesticides, conseil génétique
Prévention secondaire : Prévention des rechutes
Prévention tertiaire : Prise en charge des complications et séquelles
Conclusion
Lymphomes : Groupe de pathologies malignes
Diagnostic : Collaboration entre cliniciens, biologistes, anatomo-pathologistes, cyto-généticiens…
Facteurs viraux incriminés.
Burkitt endémique en Afrique.
Tumeurs chimiothérapeutiques sensibles.