2) embryo hitologie Morphogénèse de l’appareil urogénital – Différenciation dans le sexe masculin
DIFFÉRENCIATION DANS LE SEXE MASCULIN
La formation du phénotype masculin est un processus séquentiel caractérisé par quatre événements successifs majeurs :
Différenciation testiculaire : Transformation de la gonade indifférenciée en testicule. Ce processus survient dès la semaine de développement et est plus précoce que la différenciation féminine. Elle dépend strictement de la présence du chromosome Y.
Différenciation des voies génitales : Se déroule à partir de la semaine. Elle est régulée par les hormones produites par les cellules de Leydig (testostérone) et les cellules de Sertoli ().
Morphogénèse des Organes Génitaux Externes (OGE) : Débute au mois, presque simultanément avec le début de la migration testiculaire.
Migration des testicules : Déplacement des testicules de leur position abdominale initiale vers le scrotum.
DIFFÉRENCIATION TESTICULAIRE : PHÉNOMÈNES INITIAUX
La différenciation testiculaire repose sur trois phénomènes fondamentaux :
Séparation des gonades de l’épithélium cœlomique : Les cordons sexuels migrent en profondeur et perdent leur connexion avec la surface.
Développement de la glande interstitielle : Apparition des cellules de Leydig, cellules endocrines responsables de la synthèse de testostérone.
Délimitation de la gonade : La gonade s'isole du mésonéphros (qui exerce une influence féminisante) tout en maintenant des connexions spécifiques pour les futures voies excrétrices.
SÉPARATION DES GONADES ET DÉVELOPPEMENT DES CORDONS
Contexte anatomique :
Les gonades se développent sur la face ventrale du mésonéphros en position rétropéritonéale.
Elles sont colonisées par les cellules germinales primordiales (), d’origine extra-embryonnaire.
La partie somatique est issue du mésenchyme mésonéphrotique et de l'épithélium cœlomique.
Répartition des cellules germinales () :
Chez le mâle : Répartition dans toute l'épaisseur de la gonade.
Chez la femelle : Localisation préférentielle en périphérie.
Évolution à la fin de la semaine :
Les cordons sexuels primitifs s'enfoncent dans la médullaire et acquièrent une membrane propre.
Ils se détachent de l'épithélium cœlomique (perte de contact).
L'épithélium cœlomique de surface s'aplatit pour devenir le mésothélium.
Les cordons sexuels primitifs deviennent les cordons séminifères.
FORMATION DE L'ALBUGINÉE ET DES LOBULES
Entre le mésothélium et les cordons séminifères, le tissu mésenchymateux mésonéphrotique se condense.
Les fibroblastes de ce tissu synthétisent du collagène pour former l'albuginée, une enveloppe conjonctive fibreuse lisse et bleuâtre.
L'apparition de l'albuginée est l'un des premiers signes morphologiques de la différenciation masculine.
L'albuginée émet des cloisons conjonctives vers l'intérieur, les septa testiculaires (cloisons interlobulaires), délimitant des lobules testiculaires.
Chaque lobule contient entre et cordons séminifères.
DIFFÉRENCIATION DES CELLULES DE SERTOLI
Origine : Les cellules de Sertoli proviennent de l'épithélium cœlomique pluripotent de la crête génitale.
Induction : Leur différenciation est activée par une cascade génétique initiée par le gène SRY sur le chromosome Y.
Rôles :
Elles forment des ponts membranaires intercellulaires englobant les cellules germinales.
Elles créent l'environnement indispensable à la transformation des gonocytes primordiaux en spermatogonies souches fœtales.
Elles sécrètent l'Hormone Anti-Müllérienne ().
Morphogénèse : Les cordons séminifères s'allongent et se ramifient en profondeur tandis que les néphrons mésonéphrotiques régressent.
DÉVELOPPEMENT DE LA GLANDE INTERSTITIELLE (CELLULES DE LEYDIG)
Apparition : Dès la semaine au sein du mésenchyme mésonéphrotique.
Origine embryologique commune : Les cellules de Leydig, le mésothélium et les cordons séminifères partagent une origine liée à l'épithélium cœlomique.
Fonction endocrine : Production de testostérone, essentielle pour la masculinisation des voies génitales internes et des OGE.
Structure de la glande : Elle est constituée d'amas de cellules de Leydig situés entre les cordons séminifères et les septas, à proximité des capillaires sanguins.
CARACTÉRISTIQUES CELLULAIRES DU TESTICULE FŒTAL
Dans les cordons séminifères :
Précurseurs des cellules de Sertoli : Petites cellules rondes, noyaux en périphérie. Sécrètent dès la semaine. Elles forment un épithélium de soutien.
Spermatogonies souches fœtales : Grosses cellules rondes, noyaux centraux. Phase de mitoses intenses entre la semaine et le mois. Après le mois, elles entrent en phase G0 (quiescence) jusqu'à la naissance, suite à la chute de la testostérone. Les mitoses reprennent vers ans et la méiose à la puberté.
Entre les cordons séminifères (Glande interstitielle) :
Cellules de Leydig : Grandes cellules volumineuses. Très actives entre la et la semaine. Produisent la testostérone (virilisation) et l' (migration testiculaire via le récepteur ). Elles régressent après le mois fœtal (relais par la corticosurrénale) et reprennent leur activité vers ans.
ÉVOLUTION DES TUBES SÉMINIFÈRES
Avant la puberté : Diamètre faible, absence de lumière (pleins), peu sinueux, occupés majoritairement par les cellules de Sertoli.
À la puberté : Augmentation du diamètre et de la longueur, spiralisation (sinuosité), apparition d'une lumière centrale et démarrage de la spermatogénèse.
MÉDIASTINUM TESTIS ET VOIES INTRA-TESTICULAIRES
Le testicule s'isole du mésonéphros mais garde un contact au pôle postérieur : le Médiastinum testis (ou Corps d'Highmore).
Le Médiastinum testis contient le Rete testis, un réseau de canalicules anastomosés.
Tubes droits : Segments terminaux des cordons séminifères, dépourvus de cellules germinales, reliant les cordons au rete testis.
Le rete testis assure la jonction entre les tubes droits et les tubules mésonéphrotiques.
VOIES GÉNITALES ET DÉRIVÉS DES CANAUX DE WOLFF
Les canaux mésonéphrotiques (Wolff) persistent sous l'influence de la testostérone (androgène) et donnent :
Canaux efférents : Issus de à tubules mésonéphrotiques en contact avec le rete testis.
Épididyme : Formé par la partie proximale très contournée du canal de Wolff (tête, corps et queue).
Canal déférent : Prolongement de la queue de l'épididyme.
Vésicules séminales : Évaginations mésoblastiques du canal déférent apparaissant à la semaine.
Canal éjaculateur : Portion terminale du canal de Wolff entre la vésicule séminale et l'urètre.
Reliquats wolffiens : Appendice épididymaire (hydatide pédiculée) en haut, paradidyme en bas.
DEVENIR DES CANAUX DE MÜLLER CHEZ L'HOMME
Les canaux paramésonéphrotiques (Müller) régressent entre la et la semaine sous l'action de l'.
Vestiges persistants :
Appendice testiculaire (hydatide sessile) : Au pôle crânien du testicule.
Utricule prostatique : Petite cavité en cul-de-sac située sur la face postérieure de l'urètre prostatique, entre les canaux éjaculateurs.
GLANDES SEXUELLES ACCESSOIRES
Leur croissance et sécrétion dépendent de la testostérone.
Vésicules séminales : Origine mésoblastique (bourgeon du déférent). Produisent l'essentiel du liquide séminal.
Prostate :
Épithélium glandulaire : Origine entoblastique (Sinus Uro-Génital - SUG), se développe à la semaine.
Stroma et muscles lisses : Origine mésoblastique (mésenchyme environnant).
Fonctions : Continence (col vésical) et prévention de l'éjaculation rétrograde.
Glandes bulbo-urétrales (Cowper) : Origine entoblastique (bourgeonnements de l'urètre membraneux/pénien).
Glandes urétrales (Littré) : Le long de l'urètre pénien.
Toutes deviennent fonctionnelles vers la semaine.
DIFFÉRENCIATION DU SINUS UROGÉNITAL (SUG)
Le cloaque est divisé par le septum uro-rectal en rectum (dorsal) et primitif (ventral).
La membrane urogénitale disparaît à la semaine.
Devenir des différentes parties :
Partie supérieure : Vessie et première moitié de l'urètre prostatique.
Partie inférieure : Reste de l'urètre prostatique et urètre membraneux.
Partie distale (SUG définitif) : Urètre pénien.
MORPHOGÉNÈSE DES ORGANES GÉNITAUX EXTERNES (OGE)
semaine : Allongement du tubercule génital pour former le pénis (gland et hampe). Un cordon épiblastique épais apparaît sur la face ventrale.
semaine : Desquamation du cordon épiblastique pour creuser la gouttière urétrale. Les replis génitaux commencent à se rapprocher.
semaine : Fusion complète des replis génitaux sur la ligne médiane, fermant l'urètre pénien. Les bourrelets scrotaux fusionnent pour former le scrotum. La ligne de soudure est le raphé médian.
Urètre balanique : Au mois, la lame épithéliale balanique s'invagine au sommet du gland. Elle rencontre l'urètre pénien à la semaine pour ouvrir le méat urétral.
Prépuce : Formé à partir de la lame épithéliale préputiale. Sépare le gland par clivage avant la naissance (souvent non rétractable à la naissance).
Tissus érectiles : Le corps spongieux (unique, entourant l'urètre et formant le gland) et deux corps caverneux (situés au-dessus). Fonctionnels au - mois.
CONTRÔLE HORMONAL
Rôle de la Gonade : Organe relais pour la différenciation.
Testostérone (Directe) : Agit sur les récepteurs des canaux de Wolff (Épididyme, déférent, vésicules séminales).
Dihydrotestostérone () : Issue de la conversion de la testostérone par la 5̑α-réductase.
Indispensable pour la différenciation de la prostate et la virilisation des OGE (pénis, scrotum).
Un déficit en 5̑α-réductase entraîne une virilisation incomplète.
: Produite par Sertoli, provoque la régression de Müller.
: Produite par Leydig, commande le développement du gubernaculum testis.
MIGRATION TESTICULAIRE
Les testicules sont initialement en position dorsale rétropéritonéale (, près du rein).
Conditions de température : La spermatogénèse nécessite 33̸̑34 °C. À 37 °C (intra-abdominal), elle est impossible.
Structures impliquées :
Gubernaculum testis : Ligament reliant le pôle inférieur du testicule au futur scrotum.
Canaux inguinaux : Chemins traversant la paroi abdominale.
Étapes :
Phase passive ( au mois) : Croissance de l'embryon sans allongement du gubernaculum.
Phase active ( au mois) : Sous l'effet de l' et de la pression abdominale, le gubernaculum se raccourcit et tracte le testicule.
Le Processus Vaginal : Évagination du péritoine qui précède le testicule dans le canal inguinal. Il doit s'oblitérer à la naissance.
Enveloppes du cordon spermatique :
Fascia spermatique interne (Aponévrose du transverse).
Fascia crémastérique (Aponévrose de l’oblique interne).
Fascia spermatique externe (Muscle oblique externe).
ANOMALIES DES ORGANES GÉNITAUX MASCULINS
Anomalies des gonades :
Aplasie/Agénésie : Absence de testicules.
Hypoplasie : Développement insuffisant.
Dysgénésie : Structure histologique anormale.
Anomalies de migration :
Cryptorchidie : Testicule arrêté sur le trajet normal de descente. Risques : Stérilité et cancer testiculaire.
Ectopie : Testicule en dehors du trajet normal (ex: intra-abdominal).
Anomalies des voies génitales :
Agénésie des canaux de Wolff : Souvent liée à des mutations du gène CFTR (mucoviscidose). Cause fréquente d'azoospermie.
Kystes de l'épididyme : Reliquats mésonéphrotiques (paradidyme).
Anomalies des OGE :
Hypospadias : Défaut de fusion des plis urogénitaux ; le méat s'ouvre sur la face ventrale du pénis.
Épispadias : Urètre s'ouvrant sur la face dorsale. Souvent associé à l'exstrophie vésicale.
Anomalies du processus vaginal :
Hernie inguinale congénitale : Passage d'une anse intestinale si le canal reste ouvert.
Hydrocèle congénital : Épanchement de liquide péritonéal dans la tunique vaginale. Peut comprimer le cordon (ischémie testiculaire).
Torsion du testicule : Urégence chirurgicale (délai de heures). Souvent due à une mauvaise fixation du gubernaculum. Rotation du cordon entraînant une ischémie aiguë et une nécrose.
Fistule recto-vésicale : Persistance de communication due à une anomalie des plis de Rathke ou Tourneux (cloisonnement défectueux).