UE 206 S2 Dépendance/addiction
UE 2.6 S2 - PROCESSUS PSYCHOPATHOLOGIQUES
Introduction
Pourquoi vous parler d'addictologie ?
Des troubles fréquents
Estimation du nombre de consommateurs de substances psychoactives en France métropolitaine parmi les 11-75 ans.
Produits illicites
Produits licites
Cannabis
17,0 M
Cocaïne
2,2 M
Ecstasy
1,7 M
Héroïne
600 000
Alcool
46,9 M
Tabac
38,2 M
Usagers
Dans l'année
4,6 M
42,8 M
1,4 M
16,0 M
700 000
13,3 M
Réguliers
Usagers
4,6 M
13,3 M
Quotidiens
Sources : Baromètre Santé 2014 (INPES), ESCAPAD 2014 (OFDT), ESPAD 2011 (OFDT), HBSC 2010 (rectorat de Toulouse).
Déterminants majeurs en termes de santé publique
Déterminants (physiologiques et comportementaux)
Avec les principaux risques pour la santé, exprimés en pourcentage des DALYs (années vécues avec handicap ajustées en fonction de la mortalité) pour la France en 2010 :
Risque alimentaire
Tabagisme
Hypertension artérielle
Indice de masse corporelle élevé
Consommation d'alcool
Inactivité physique
Hyperglycémie à jeun élevée
Cholestérol total élevé
Risques professionnels
Pollution de l'air ambiant
Consommation de drogues
Densité minérale osseuse faible
Violence dans une relation intime, guerres et catastrophes.
Accidents intentiels et non-intentionnels, autres affections non transmissibles, troubles musculo-squelettiques, maladies respiratoires chroniques,…
Conséquences sociales nombreuses
Conséquences relationnelles
Conséquences judiciaires
Conséquences professionnelles
Notion de dépendance
Cas clinique 1
Quels sont les signes de dépendance dans ce cas clinique ?
Un patient de 36 ans consulte pour la première fois pour des « problèmes avec l’alcool ».Antécédents : il consomme depuis ses 12 ans car il vient de parents « ivrognes ».
Augmentation des doses : notamment après son licenciement pour absences répétées.
Consommation actuelle : 1 bouteille de vin par jour seul chez lui et parfois des soirées « plus arrosées » avec des consommations de vodka jusqu'à l'ivresse.
Événement récent : dernièrement, il s’est battu avec un ami qui a porté plainte.
Tentatives de diminution : il essaie de réduire sa consommation, mais il n’y arrive pas car son corps « a besoin » de l’alcool.
Symptômes de sevrage : il tremble tant qu’il n’a pas bu, et quand il commence à boire, il ne peut plus s’arrêter.
Définition & critères diagnostiques
D'une approche catégorielle (DSM IV) à une approche dimensionnelle (DSM V)
Mésusage
Dépendance
Abus
Usage nocif
Usage à risque
Usage simple ou non-usage
Sévérité
Critères Diagnostiques selon DSM
Critères diagnostiques DSM IV
Abus DSM IV
Dépendance DSM V
Utilisation malgré des problèmes légaux
+
+
Incapacité à remplir les obligations
+
+
Utilisation malgré des problèmes relationnels
+
+
Utilisation malgré des risques physiques
+
+
Consommation plus importante que prévue (en quantité et en durée)
+
+
Poursuite malgré des problèmes physiques et/ou psychiques secondaires
+
+
Efforts infructueux pour diminuer ou arrêter
+
+
Perte d'intérêt
+
+
Beaucoup de temps passé
+
+
Signes de manque physiques
+
+
Tolérance
+
+
Craving
+
+
Une « vraie » maladie : Que se passe-t-il au niveau cérébral ?
Cortex préfrontal, septum, n.accumbens, amygdale, MFB, ATV
Acte I : les premières consommations
Stimulation du circuit de la récompense
Souvenirs & conditionnements
Acte I : Aspect cognitif des addictions dont les souvenirs de plaisir et les conditionnements sont des éléments déclencheurs.
Perte de plaisir & tolérance
Acte II : du plaisir au manque
Perte de plaisir & tolérance
Pensées automatiques
Craving de récompense & de soulagement
Signes physiques de manque.
Acte III : une passion déraisonnable
Impact sur les fonctions cognitives et la prise de décision due à l'activation chronique de circuits de récompense.
Addiction & facteurs d'influence
Interaction des facteurs
L'addiction est le produit de l'interaction entre :
Un individu
Facteurs individuels de vulnérabilité ou protecteurs (génétiques, comportementaux).
Son environnement
Socioculturel, accès aux substances, habitudes familiales.
Une substance psychoactive ou un comportement.
Facteurs de vulnérabilité individuels
Facteurs génétiques & biologiques
Facteurs psychologiques :
Traits de personnalité (impulsivité, recherche de sensation, dépendance affective…)
Personnalités pathologiques (antisociale, borderline, évitante, dépendante…)
Psychopathologie évolutive (TDHA, bipolarité, trouble de l'humeur …)
Facteurs de vulnérabilité environnementaux
Sociaux et culturels :
Statut socio-professionnel, statut culturel (religion), accès aux substances psychoactives.
Familiaux : Habitudes, exposition, rôle des pairs.
Facteurs liés à la substance psychoactive
Pourcentage d'usagers développant une addiction à la substance qu'ils consomment:
TABAC 32%
HÉROÏNE 23%
COCAÏNE 17%
ALCOOL 15%
STIMULANTS AUTRES QUE COCAÏNE (AMPHETAMINES, ETC.) 11%
MEDICAMENTS PSYCHOTROPES 9%
CANNABIS ET ANALGESIQUES 9%
SUBSTANCES HALLUCINOGENES 5%
POPPERS, COLLES, SOLVANTS, ETC. 4%
Cas clinique 2
Situation 1
Un homme de 47 ans est amené aux urgences. Somnolent, allongé sur un brancard. Quel(s) problème(s) d’addiction suspectez-vous?
Traitement habituel :
Méthadone 60 mg/jour (dépendance aux opiacés)
Valium 5 mg x 3/jour (benzodiazépine à risque addictogène)
Seroplex 20 mg/jour
Situation 1 - Symptômes d'overdose aux opiacés
Triade de l'overdose aux opioïdes :
Dépression du système nerveux central (sédation pouvant aller jusqu'au coma).
Dépression respiratoire.
Myosis (pupilles resserrées).
Traitement d'une overdose aux opiacés :
Prise en charge en réanimation, injection IV de naloxone (Narcan)
Oxygénothérapie et assistance respiratoire si nécessaire
Surveillance : scope, ECG, glycémie, état de conscience, respiration.
Situation 2
Patient comateux, hypotonique, léger dépr. respiratoire.
Problèmes d'addiction suspectés :
Intoxication aux BZD: Injection de flumazénil comme antidote, décontamination digestive, oxygénothérapie, surveillance.
Situation 3
Patient agité, tremblant, dit voir des insectes; symptômes de delirium tremens.
Que faire ?
Mise en place d'un traitement par diazépam (Valium) et réhydratation, vitaminothérapie B1 IV.
Addictions aux urgences
Problèmes associés
Intoxication: agitation, conduites à risque, décompensation psychiatrique.
Overdose: coma, arrêt respiratoire.
Pathologies fréquemment associées :
Traumatismes, infections, atteintes neurologiques, maladies hépatiques.
Les troubles liés à l'usage de substances
Alcool - Dernières recommandations
Ne pas dépasser 10 verres standards/semaine et pas plus de 2 verres standards/jour.
Ne pas consommer si: grossesse, pathologies, conduite automobile…
Verre standard
Un verre standard = 10 g d'alcool pur:
10 cl de vin rouge/blanc à 12°
25 cl de bière à 5°.
Sevrage alcoolique
Évaluation du risque
Consommation quotidienne, heure de la première prise, symptômes de manque.
Score de Cushman pour le sevrage alcoolique
Evaluation des symptômes (pouls, PA, fréquence respiratoire, tremblements, sueurs, agitation, troubles sensoriels)
Traitement préventif du sevrage
Benzodiazépines longue durée d'action et vitaminothérapie B1.
Attention à l'insuffisance hépatique (oxazépam à préférence).
Les troubles liés à l'usage de substances - Tabac
Traitement du sevrage tabagique
Propositions systématiques à tout fumeur hospitalisé: Patchs, varenicline (Champix).
Addictions comportementales
Types d'addictions comportementales
Jeu d'argent pathologique, addiction sexuelle, addiction aux écrans, achats compulsifs, addiction à l'exercice physique, troubles du comportement alimentaire.
Adresses utiles à donner aux patients
Contact de l'ELSA, consultation en externe, prévention, associations, groupes d’entourage, ressources en ligne.
Conclusion
Merci de votre attention
Denote the importance of understanding addiction as a multidimensional issue that requires a holistic approach to treatment and management.