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Guide d'étude exhaustif sur le règlement du second conflit mondial et les dynamiques du nationalisme au XIXe siècle
La reconfiguration de l'ordre international après 1945
Contexte de la fin du conflit :
En Europe, la Seconde Guerre mondiale prend fin au printemps . L'Allemagne signe sa capitulation le après la chute de Berlin et le suicide d'Adolf Hitler.
En Asie, le conflit perdure jusqu'à l'été. Le Japon ne capitule qu'en septembre , suite aux bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki.
Les grands vainqueurs sont les Alliés : les États-Unis, le Royaume-Uni, l'URSS et la France libre. Cependant, le pouvoir réel de reconstruction repose entre les mains de deux superpuissances : les États-Unis et l'URSS.
Les conférences interalliées et le règlement de la guerre :
Conférence de Yalta (février ) et Conférence de Potsdam (juillet-août ) : ces sommets fixent les principes fondamentaux du traitement des vaincus.
Grands principes adoptés :
Capitulation sans condition des puissances de l'Axe.
Occupation militaire par les vainqueurs.
Mise sous tutelle des institutions politiques.
Le sort de l'Allemagne : elle est divisée en zones d'occupation (étasunienne, britannique, française et soviétique). L'Autriche, l'Italie et le Japon sont également placés sous contrôle allié.
Objectifs du redressement : Le processus repose sur trois piliers : la démilitarisation, la démocratisation et la reconstruction.
Comparaison avec :
En , les vainqueurs cherchent à éviter les erreurs du Traité de Versailles, vécu comme une humiliation punitive par l'Allemagne.
La paix de se veut "réparatrice" et non purement punitive. Contrairement à la Première Guerre mondiale, elle n'est pas imposée par un traité unique rédigé sans les vaincus, mais administrée collectivement (bien que les vaincus n'aient pas leur mot à dire).
Le déclin de l'Europe et l'émergence d'un monde bipolaire
Le déclassement de l'Europe :
L'Europe perd sa position centrale dans les relations internationales. Ce déclin, amorcé durant l'entre-deux-guerres, devient irréversible.
Le continent est en ruines (ex : villes de Varsovie ou de Hanovre totalement détruites). Même la France et la Grande-Bretagne sont désormais des puissances de second rang.
On passe d'un système multipolaire euro-centré à un système bipolaire.
Les deux géants :
Les États-Unis : Sortis renforcés, leur territoire n'a pas été touché. Leur économie fonctionne à plein régime pour la reconstruction européenne. Ils possèdent l'arme atomique.
L'URSS : Malgré des pertes humaines colossales (plus de de morts), elle devient une superpuissance militaire. Elle contrôle l'Europe de l'Est et accède à l'arme atomique en .
La division en blocs :
L'Europe devient le théâtre de la rivalité entre les deux superpuissances.
À l'Ouest, les pays se tournent vers les États-Unis pour leur sécurité (bloc occidental).
À l'Est, les pays libérés par l'Armée rouge passent sous l'influence de Moscou et adoptent le modèle soviétique.
Cette rivalité débouche sur la Guerre froide, un affrontement global de près de ans.
Vers une nouvelle gouvernance mondiale : ONU et institutions
La refondation du droit international :
L'idée naît dès avec la Charte de l'Atlantique (Roosevelt et Churchill), prônant la paix, la démocratie et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Déclaration des Nations Unies () : signée par pays contre l'Axe.
Conférence de Dumbarton Oaks () : définit les bases de la future organisation.
Conférence de San Francisco (printemps ) : États fondent officiellement l'Organisation des Nations Unies (ONU).
Fonctionnement de l'ONU :
Contrairement à la SDN, l'ONU dispose d'une charte propre et d'une volonté de permanence.
Le Conseil de Sécurité agit comme un directoire des puissances avec membres permanents disposant du droit de veto : États-Unis, URSS, Royaume-Uni, France, Chine.
Limites : Dès la fin des années , l'URSS utilise massivement son veto pour bloquer les initiatives étasuniennes, effritant l'espoir d'une sécurité collective universelle.
Institutions spécialisées : Création de l'UNESCO (éducation/culture) et de l'OMS (santé) pour favoriser une paix par le développement.
Le nouvel ordre économique (Bretton Woods, ) :
pays se réunissent pour éviter l'instabilité monétaire et le repli isolationniste de .
Trois institutions clés :
FMI (Fonds Monétaire International) : garantit la stabilité monétaire.
Banque mondiale : finance la reconstruction.
GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) : favorise la baisse des droits de douane.
Modèle : Un capitalisme régulé et l'émergence de l'État-providence en Europe.
La justice internationale et le concept de crime contre l'humanité
Une innovation juridique :
Pour la première fois, la responsabilité individuelle des dirigeants remplace la simple responsabilité de l'État.
L'objectif est de juger les responsables sans accabler l'ensemble de la population.
Les tribunaux militaires internationaux :
Procès de Nuremberg (novembre - octobre ) : juge hauts responsables nazis.
Types de crimes définis :
Crimes contre la paix : déclenchement d'une guerre d'agression.
Crimes de guerre : violation des lois du conflit.
Crimes contre l'humanité : persécutions et exterminations de civils.
Procès de Tokyo : tribunal similaire pour les dirigeants japonais.
Héritage :
Apparition du terme génocide, inspiré par la Shoah et le souvenir du génocide arménien.
Adoption en de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.
Principe nouveau : certains crimes ne peuvent plus être protégés par la souveraineté d'un État.
La Seconde Guerre mondiale comme catalyseur de la décolonisation
L'effondrement du mythe de la puissance coloniale :
La défaite des Européens face au Japon (-) brise l'image de toute-puissance des métropoles.
Les colonies ont été massivement mobilisées (soldats, travailleurs) et réclament désormais un retour en droits.
Un contexte international favorable :
Les métropoles (France, Royaume-Uni) sont ruinées et affaiblies.
Les deux superpuissances (USA, URSS) se disent anti-impérialistes et soutiennent le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Premières ruptures en :
Vietnam : Déclaration d'indépendance par Hô Chi Minh.
Indonésie : Proclamation d'indépendance par Sukarno.
Algérie : Émeutes de Sétif.
Théorie et concepts : Nation et Nationalisme
Définition de la Nation :
Ce n'est pas un phénomène naturel ou biologique, mais une construction historique qui apparaît à la fin du siècle.
Deux approches de recherche :
Primordialisme : vision ancienne/biologique où la nation repose sur un héritage immuable (langue, ethnie).
Constructivisme : vision moderne où la nation est fabriquée pour donner une légitimité populaire à l'État.
Les deux conceptions nationalistes :
Conception subjective et volontaire (souvent associée à la France) : La nation est un "plébiscite de tous les jours", une volonté de vivre ensemble.
Conception culturelle et ethnique (souvent associée à l'Allemagne) : La nation est une communauté subie par la langue, le sang et les coutumes.
Note : En réalité, les nationalistes entremêlent souvent ces deux visions.
Les outils de construction de l'État-nation :
Symboliques : Écriture d'une histoire nationale (choix de héros, fêtes), invention d'un drapeau, standardisation de la langue (le français n'était pas majoritaire en France avant la fin du siècle).
Politiques et administratifs : École, service militaire, uniformisation des poids, mesures et monnaies à l'échelle nationale.
Revers : Cette quête d'homogénéité conduit souvent à l'exclusion ou à la violence contre les minorités (religieuses, linguistiques) jugées étrangères au corps national.
Le nationalisme au XIXe siècle : unification et fragmentation
Le nationalisme libéral :
Au siècle, il est perçu comme un mouvement d'émancipation et de participation politique, loin du nationalisme agressif du siècle.
Les unifications exemplaires :
Allemagne : Menée par la Prusse et Bismarck. Processus par le haut via trois guerres ( vs Danemark, vs Autriche, vs France). Proclamation de l'Empire à Versailles en .
Italie : Menée par le Piémont-Sardaigne et Cavour. Alliance avec la France contre l'Autriche. Unification achevée en (Rome devient capitale en , Florence l'était auparavant).
Le défi des empires multiethniques :
Empire Ottoman : Surnommé l'homme malade de l'Europe. Système confessionnel mis à mal par les indépendances (Grèce en , Serbie/Roumanie en ). Tentative d'Ottomanisme (citoyenneté égale) qui échoue, menant à un repli sur l'identité musulmane et à la persécution des Arméniens (années ).
Empire Austro-Hongrois : Dynastie des Habsbourg régnant sur peuples. Le Compromis de crée une double monarchie (Autriche et Hongrie séparées pour l'administration mais unies par l'Empereur et l'Armée). Ce compromis frustre les autres minorités (Tchèques, Croates, Polonais) qui réclament à leur tour l'indépendance.
Questions & Discussion
Question sur les slides : Un étudiant demande si le PowerPoint est disponible.
Réponse : La projection ne fonctionne pas techniquement. Le document est sur Moodle. Les versions sont complétées au début de chaque séance.
Question sur les trois objectifs de redressement : Un étudiant demande une précision sur le second terme.
Réponse : Il s'agit de la démocratisation, qui inclut notamment le processus de dénazification pour les pays vaincus.