La colère, l'agression, la violence (version étudiante)

La colère, l'agression et la violence

Objectifs

  • Définir la colère, l’agression, la violence.

  • Comprendre les théories de la colère, l’agression, la violence.

  • Identifier les causes des comportements agressifs et violents.

  • Présenter un sommaire des interventions infirmières.

Introduction

  • La colère, l’agression et la violence sont des concepts dont la définition peut varier selon les expériences, les croyances, la culture et le sexe de chaque individu.

  • Ces émotions et actions peuvent se manifester isolément ou en relation les unes avec les autres,

  • On observe la colère, l’agressivité et la violence au sein des établissements de santé.

La colère

Terminologie
  • Le terme « colère » peut être imprécis et souvent confondant. Il est utilisé pour décrire une gamme d’émotions, allant de la frustration à la fureur.

    • Exemples d'états émotionnels associés à la colère :

    • Être contrarié, fâché, hostile, choqué.

    • Avoir une humeur massacrante.

    • Être offusqué ou ressentir de la rancœur.

    • Avoir du dépit et même de la haine.

Définition de la colère
  • La colère est définie comme une ÉMOTION forte en réponse à un stimulus réel ou perçu.

    • Elle n'est pas voulue et est souvent incongrue avec nos valeurs, croyances et droits.

    • Considérée comme un état émotionnel temporaire.

    • L'hostilité est souvent associée à une attitude négative permanente.

Manifestation et Fonctionnement de la colère
  • La colère fait partie de la réponse « combat / fuite », agissant comme un avertissement d’un danger imminent.

  • Historiquement, la colère a été perçue comme une mauvaise émotion menant à des comportements agressifs.

  • Cependant, il a été démontré que l'expression de la colère peut être positive (Thomas, 2001) en agissant comme une force motivatrice pour résoudre des situations problématiques.

  • La colère est un aspect normal de l'expérience humaine ; c'est l'expression dysfonctionnelle de celle-ci qui pose problème.

L’expérience de la colère
  • La colère est vécue comme une réaction interne, se manifestant par des images mentales, des pensées et des sensations physiques (battements de cœur, pression artérielle, etc.).

  • Éprouver de la colère peut signaler un manque de ressources pour faire face à une situation donnée.

Fonctions de la colère
Fonctions Positives et Utilisation Constructive
  • La colère peut :

    • Donne de l'énergie et mobilise les ressources corporelles pour l'autodéfense.

    • Favoriser la résolution d'un conflit lorsqu'elle est exprimée adéquatement.

    • Indiquer une menace à l'intégrité ou à la justice personnelle, déclenchant des réactions d'adaptation.

    • Être constructive si elle rehausse l'estime de soi et facilite la compréhension entre les individus.

Fonctions Négatives et Utilisation Destructive
  • À l'inverse, la colère peut :

    • Provoquer des comportements impulsifs sans tenir compte des conséquences.

    • Escalader les conflits, ou empêcher leur résolution, en se manifestant de façon agressive ou passive-agressive.

    • Devenir destructrice lorsqu'elle est mal redirigée, se transformant en intimidation ou en violence.

    • Camoufler de vrais sentiments, diminuer l'estime de soi et mener à l'hostilité.

Agression et Violence

Agression
  • L'agression se manifeste par :

    • Des déclarations verbales menaçantes envers autrui.

    • La nécessité de prendre en compte le contexte et l'environnement, surtout dans les unités cliniques psychiatriques.

    • Exemples d'agression :

    • Langage abusif, cris, intimidation, commentaires racistes.

Violence
  • La violence est définie comme :

    • Un acte physique utilisant la force pour causer du préjudice à une personne ou à un objet.

    • Elle communique le message que le point de vue de l’agresseur est juste alors que celui de la victime n'est pas reconnu.

Théories de la colère, de l'agression et de la violence

Théories Biologiques
  • Modèle neuroassociation cognitif :

    • C’est une réaction négative à un événement, interprétée par le cerveau, et qui peut être intensifiée ou supprimée.

  • Modèle neurostructural :

    • Interaction entre le système limbique (hippocampe, amygdale, hypothalamus) et le cortex cérébral (lobes frontaux et temporaux) pour donner un sens à l'expérience vécue.

  • Modèle neurochimique :

    • La sérotonine influence les comportements ; une baisse de celle-ci est associée à la dépression, l'irritabilité, et l'agression, entre autres.

    • Exemple : le tryptophane, présent dans certains aliments, est converti en sérotonine.

Théories Psychologiques
  • Théories psychoanalytiques :

    • Les émotions sont des pulsions instinctives. Les comportements agressifs résultent d'un mélange d'instincts et d'événements déclencheurs.

  • Théories béhavioristes :

    • Le comportement violent est une réponse externe à des obstacles à un but.

    • La théorie de l'apprentissage social indique que l'agressivité est apprise dans des environnements agressifs.

Théories Cognitives
  • Considèrent que la colère provient de croyances irrationnelles.

    • Le changement vise à modifier ces croyances et enseigner comment éviter la colère, sans s'occuper de la gestion de la colère elle-même.

Théories Socioculturelles
  • Le comportement violent est déterminé par :

    • Les expériences sociales dans la famille et la société.

    • Les conséquences sociales de l'agression physique, notamment dans des sociétés compétitives.

    • Réactions sociales face aux inégalités de statut, notamment envers les femmes.

Théories Interactionnelles
  • Ces théories combinent les perspectives biologiques et psychologiques pour examiner le comportement violent comme un problème social à adresser.

  • Le style interactionnel des individus agressifs et violents peut accroître leur tendance à des échanges négatifs.

Causes des Comportements Agressifs et Violents

Causes Possibles
  • Estime de soi érodée pendant l’hospitalisation.

  • Utilisation de la force comme moyen de retrouver un sentiment de contrôle.

  • Difficultés d'acceptation des traitements médicaux.

  • Récompenses de la violence : attention positive du personnel soignant.

  • Manque de communication efficace.

  • Perceptions faussées du personnel soignant à l'égard de l'agression et de la violence.

Groupes à risque
  • Clients présentant des idées délirantes (croyances fausses persistantes).

  • Schizophrénie paranoïde.

  • Clients souffrant d'hallucinations auditives.

  • Toxicomanie : alcool ou drogues.

  • Troubles de personnalité : antisocial, limite (borderline).

Interventions Infirmières

Prévention des Comportements Agressifs
  • Observer attentivement les comportements des clients.

  • Utiliser la communication verbale ou des médicaments pour aider l'expression des sentiments.

  • Proposer des activités physiques comme les marches pour éviter l'escalade.

  • Annoncer au client que vous allez gérer la situation si nécessaire.

  • Prendre conscience de ses propres sentiments et demander de l'aide si nécessaire.

Techniques de Communication
  • Garder un environnement calme et respecter l'espace personnel du client.

  • Utiliser un ton de voix calme et souvent le nom du client dans les interactions.

  • Informer le client des actions qui seront prises lors d'un code d'urgence (code white).

  • Toujours travailler en équipe et ne jamais frapper un client.

Approche Globale : Aspects Spirituels, Biologiques, Sociaux et Psychologiques
  • Spirituel : Prendre en compte les questions spirituelles, soutenir les activités et encourager l'espoir de changement.

  • Biologique : Administrer des agents psychotropes et surveiller la fonction hépatique.

  • Social : Développer des groupes de soutien familial, utiliser les contentions et isolements seulement en dernier recours.

  • Psychologique : Utiliser les expériences passées pour normaliser ; explorer les croyances sur l'agression et aider à gérer la situation ou à établir des contrats écrits pour prévenir l'escalade.