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Rappels: Anatomie et Physiologie de l'Appareil Urinaire

  • L'appareil urinaire est composé des reins et des voies urinaires.
  • Les reins fabriquent l'urine.
  • Les voies urinaires se divisent en:
    • Voies excrétrices supérieures (calices, bassinets, uretères): conduisent l'urine des reins à la vessie.
    • Bas appareil urinaire (vessie, urètre): évacue l'urine lors de la miction.
  • Les reins sont situés sous le diaphragme, contre la paroi postérieure de la cavité abdominale, en regard des premières vertèbres lombaires.
  • Ils sont reliés aux gros vaisseaux pré-vertébraux par leur pédicule et appartiennent à la région rétro-péritonéale.

Histologie et Physiologie des Voies Urinaires

  • L'uretère mesure environ 25-30 cm de long chez l'adulte, avec une paroi composée de:
    • Épithélium interne
    • Couche de cellules musculaires: assure le transport actif de l'urine.
    • Séreuse externe
  • La paroi de l'uretère comprend également:
    • Muqueuse urothéliale
    • Deux couches de muscle lisse (longitudinale et circulaire)
    • Adventice (vaisseaux sanguins, nerfs, lymphatiques)
  • L'urine transite par la voie excrétrice supérieure, puis le bas appareil urinaire avant d'être éliminée.
  • La voie excrétrice supérieure collecte l'urine des reins et la transporte vers la vessie.
  • L'urine progresse sous forme de bolus, propulsé par les contractions des cellules musculaires lisses (péristaltisme).
  • La progression de l'urine dépend entièrement de l'activité peristaltique.
  • Au niveau de la jonction urétéro-vésicale, le bolus est éjecté dans la vessie grâce au tonus des fibres musculaires de la paroi urétérale.
  • Un mécanisme anti-reflux empêche l'urine de remonter vers l'uretère.
    • Mécanisme passif: l'uretère est comprimé lors du remplissage de la vessie.
    • Mécanisme actif: les fibres musculaires du trigone se contractent en fin de miction, allongeant le trajet sous-muqueux de l'uretère.
  • La défaillance de ce mécanisme entraine un reflux vésico-urétéral.

Physiologie du Bas Appareil Urinaire et Cycle Mictionnel

  • Le rôle du bas appareil urinaire est de contenir et d'expulser l'urine sans effort (cycle mictionnel).
  • Le cycle alterne une phase de stockage (remplissage) et une phase d'expulsion (miction).
  • La vessie met environ 3 heures à se remplir et 30 secondes à se vider.
  • Les pressions dans la vessie et l'urètre évoluent en sens inverse pendant ces phases.
  • Phase de remplissage: les pressions intravésicales sont basses grâce aux propriétés viscoélastiques du détrusor, tandis que la pression intra-urétrale est maintenue par l'activité tonique des fibres sphinctériennes lisses et striées.
  • Phase de miction: le réflexe mictionnel est caractérisé par une contraction vésicale et/ou une relaxation sphinctérienne, inversant le gradient de pression urétrovésical.
  • La coordination vésico-sphinctérienne est essentielle au cycle mictionnel.
    • La contraction vésicale induit une relaxation sphinctérienne.
    • La contraction du sphincter strié inhibe la contraction vésicale et le besoin d'uriner.
  • Le contrôle volontaire de la miction se limite à la possibilité de refuser ou d'ordonner la miction, sans interférer sur l'automatisme vésico-sphinctérien.

Examen Clinique en Urologie: Interrogatoire

  • L'examen clinique commence par l'interrogatoire pour recueillir des informations sur l'état du patient et les symptômes.
  • L'interrogatoire comprend:
    • Données administratives: identité, âge, origine, lieu de résidence, profession, couverture médicale.
    • Motif de consultation: raison de la consultation (plainte, symptôme).
    • Antécédents:
      • Habitudes toxiques: tabac, alcool, drogues.
      • Antécédents médicaux.
      • Antécédents chirurgicaux.
      • Antécédents familiaux.
    • Histoire de la maladie actuelle: description précise du motif de consultation, circonstances de déclenchement des symptômes et leur évolution.

Examen Physique en Urologie

  • L'examen uro-génital commence par l'examen des urines:
    • Aspect macroscopique: couleur, clarté.
    • Bandelette urinaire: pH, globules rouges, globules blancs, nitrites (infection), glucose (hyperglycémie), cétone (acidocétose), protéine.
  • Examen des fosses lombaires:
    • Inspection: voussure, fistule, signes inflammatoires, cicatrice de lombotomie.
    • Palpation: fosse lombaire souple, indolore, libre. Le rein normal n'est pas palpable.
  • Examen de la région hypogastrique:
    • Inspection: fistule, cicatrice, voussure (masse vésicale, globe vésical), signes inflammatoires, malformation.
    • Palpation: masse hypogastrique rénitente, élastique, lisse, plongeant derrière la symphyse pubienne (vessie pleine).
    • Percussion: matité (à convexité supérieure) en cas de globe vésical.
  • Examen des organes génitaux externes chez l'homme:
    • Inspection: pilosité pubienne, scrotum.
    • Palpation du scrotum: testicules sensibles à la pression, vaginale (séreuse d'enveloppe du testicule), épididyme (bord postéro-supérieur du testicule), canal déférent (sensation de « corde à fouet »).
    • Inspection et palpation de la verge: méat uréthral (écoulement, inflammation), prépuce (phimosis, paraphimosis).
  • Toucher rectal:
    • Position: genu-pectorale ou décubitus dorsal cuisses fléchies et écartées.
    • Palpation de la prostate (taille d'une châtaigne, deux lobes latéraux séparés par un sillon médian, consistance souple, indolore), base de la vessie (souple), vésicules séminales (non palpables).
  • Examen uro-génital chez la femme:
    • Inspection du méat uréthral: sténose, caroncule, incontinence urinaire.
    • Examen sous valve: diverticule sous-uréthral, cystocèle.

La Colique Néphrétique

  • Définition: Douleur de la fosse lombaire et de l'angle costo-vertébral, irradiant de haut en bas et vers l'avant, due à la mise en tension brutale de la voie excrétrice en amont d'un obstacle.
  • C'est une urgence médicochirurgicale.
  • Signes:
    • Agitation et anxiété du patient.
    • Douleur intense, unilatérale de la fosse lombaire et de l’angle costo-vertébral, irradiant vers la région abdomino-inguinale, l'hypochondre, l'ombilic, et pouvant diffuser à tout l'abdomen.
    • Evolution par crises paroxystiques.
    • Absence de position antalgique.
    • Signes urinaires possibles: pollakiurie, brûlures mictionnelles, hématurie.
    • Signes digestifs possibles: nausées, vomissements, météorisme abdominal, iléus réflexe.

Physiopathologie de la Colique Néphrétique

  • Obstruction de la voie excrétrice supérieure.
  • Augmentation brutale et rapide de la pression dans les voies excrétrices, en particulier la pression intra-pyélique.
  • Conséquences:
    • Augmentation du péristaltisme de la voie excrétrice en amont de l'obstacle.
    • Contraction isotonique prolongée des fibres musculaires lisses de la paroi urétérale → augmentation de production d’acide lactique, irritant les fibres nerveuses.
    • Stimulation de la synthèse intra-rénale de prostaglandines E2 (PGE2) vasodilatatrices → augmentation de production de rénine et d'angiotensine → augmentation de la pression artérielle.
  • La sensation douloureuse provient des récepteurs spécifiques des terminaisons nerveuses périphériques, les signaux nociceptifs sont transportés vers la moelle épinière puis au niveau central.
  • Les niveaux médullaires sympathiques T11-T12 à L1-L2 expliquent que la douleur puisse être perçue au niveau du tube digestif ou du système génital.
  • Conséquences anatomiques si l'obstruction n'est pas résolue rapidement:
    • Dilatation et allongement de l'uretère.
    • Hypertrophie du tissu musculaire de la voie excrétrice, puis dégénérescence collagène.
  • Conséquences fonctionnelles sur le rein:
    • Réduction du débit sanguin rénal.
    • L'obstruction chronique émousse les papilles et lamine le parenchyme.

Interrogatoire et Examen Physique en cas de Colique Néphrétique

  • Interrogatoire:
    • Antécédents personnels et familiaux de lithiase urinaire.
    • Antécédents de pathologies lithogènes (hyperparathyroïdie, maladie de Paget, malformations urologiques).
    • Facteurs favorisants: voyage récent et prolongé, séjour en pays chaud, travail en ambiance surchauffée, immobilisation prolongée, défaut d’hydratation, modification de l’alimentation (riche en produits laitiers, protéines animales, oxalate).
  • Examen physique:
    • Complet et systématique.
    • Examen des urines: aspect, bandelette urinaire (globules rouges, globules blancs, nitrites).
    • Examen général: température, fréquence respiratoire, coloration des conjonctives.
    • Examen des fosses lombaires: la manœuvre de l'ébranlement de la fosse lombaire majore la douleur (signe de Giordano).
    • Examen des organes génitaux externes (homme): testicule homolatéral rétracté et ascensionné, non douloureux à la palpation.
    • Touchers pelviens et examen des orifices herniaires: normaux en cas de colique néphrétique d'origine lithiasique. L'examen des orifices herniaires est effectué pour éliminer une hernie inguinale étranglée.
    • Examen de l’abdomen: pour éliminer une urgence chirurgicale abdominale (appendicite, péritonite).

Conduite à Tenir Devant Une Colique Néphrétique

  1. Éliminer les douleurs qui ne sont pas des coliques néphrétiques (diagnostic différentiel).
  2. Évaluer la gravité de la colique néphrétique (diagnostic de gravité).
  3. Évoquer les étiologies de la colique néphrétique (diagnostic étiologique).
  • Diagnostic Différentiel:
    • Douleurs ostéo-articulaires: localisation lombaire, caractère mécanique, inflammatoire, survenant la nuit, raideur et déformation lombaires.
    • Appendicite: douleur de la fosse iliaque droite.
    • Cholécystite: douleur de l'hypocondre droit.
    • Pancréatite aiguë: douleur dans la partie supérieure de l'abdomen, nausées et vomissements.
    • Grossesse extra-utérine: douleurs pelviennes intenses, pertes de sang noirâtres, pâleur et malaises.
  • Évaluation de la Gravité:
    • Colique néphrétique simple: douleur isolée.
    • Colique néphrétique compliquée: douleur associée à d'autres signes:
      • Fièvre: pyélonéphrite obstructive (urgence médicale).
      • Anurie: altération de la fonction rénale (situation grave).
      • Douleur persistante et intense malgré un traitement antalgique bien conduit (colique néphrétique hyperalgique).
  • Étiologies:
    • Pathologie lithiasique (calculs urinaires): >75% des cas. Localisation: bassinet, uretère lombaire ou pelvien, méat urétéral.
    • Malformations des voies urinaires: syndrome de la jonction pyélo-urétérale, urétérocèle.
    • Pathologie inflammatoire: sténoses urétérales d'origine tuberculeuse, sténoses du méat urétéral.
    • Pathologie tumorale: tumeur de la voie excrétrice (obstruction par caillots ou sténose), tumeurs digestives envahissant l'uretère.
    • Pathologie du rétro-péritoine: fibrose rétro-péritonéale, tumeurs rétro-péritonéales.

Hématurie

  • Définition: Présence de sang dans les urines au moment de la miction.
  • Interrogatoire:
    • Consommation de substances colorant les urines (Rifampicine).
    • Facteurs de risque de cancer: tabac, exposition à des produits chimiques.
    • Antécédents personnels et familiaux de maladies rénales ou lithiasiques.
    • Antécédents de traumatisme abdominal ou lombaire.
  • Examen physique:
    • Examen général: état de conscience, constantes vitales, coloration des conjonctives (recherche de signes de gravité).
    • Examen des urines: aspect macroscopique (rouge, rosée, brunâtre, caillots).
      • Test à la bandelette urinaire: confirme la présence de globules rouges (hématurie microscopique).
      • Épreuve des 3 verres: permet de préciser la chronologie de l'hématurie pendant la miction → orientation vers l'origine:
        • Hématurie initiale (début de miction): origine sous-vésicale.
        • Hématurie terminale (fin de miction): origine vésicale.
        • Hématurie totale (toute la miction): peut provenir de n'importe quelle partie de l'appareil urinaire.
    • Examen des fosses lombaires: contact lombaire (tumeur rénale), manœuvre de l'ébranlement de la fosse lombaire (lithiase urinaire).
    • Examen de la région hypogastrique: globe vésical (rétention d'urines suite à la formation de caillots).
    • Examen des organes génitaux externes: nodule épididymaire (tuberculose uro-génitale).
    • Touchers pelviens: recherche de signes en faveur d'un cancer de prostate ou de vessie.
    • Examen systématique des autres appareils.

Conduite à Tenir En Présence D’Un Patient Présentant Une Hématurie

  1. Diagnostic Différentiel:

    • Contamination des urines par du sang provenant d'une urétrorragie ou de métrorragie.
    • Coloration rouge des urines par les médicaments (Rifampicine, métronidazole, Vit B12, érythromycine).
    • Coloration rouge des urines par les pigments sanguins (myoglobinurie, hémoglobinurie).
    • Coloration rouge des urines par les aliments (betteraves).
  2. Reconnaître les Signes de Gravité:

    • Hématurie de grande abondance avec caillots sanguins → signes de choc hémorragique: hypotension, tachycardie, troubles de conscience, polypnée, sueurs, agitation, sensation de soif → prise en charge rapide en milieu de réanimation.
  3. Rechercher une Étiologie:

    • Origine néphrologique:
      • Patient jeune, infections ORL à répétition, antécédents de maladie systémique.
      • Hématurie sans caillots.
      • Œdèmes, bouffissure du visage, hypertension artérielle, protéinurie.
    • Origine urologique:
      • Hématurie avec caillots sanguins.
      • Douleurs (lombaires ou de l'hypogastre).
      • Troubles urinaires du bas appareil.
  • Étiologies selon la chronologie de l'hématurie, son importance et les signes associés:
    • Hématurie initiale: cancer de prostate, adénome de prostate.
    • Hématurie terminale: tumeur de vessie (cause la plus fréquente), cystites aigues (femme), lithiases de vessie.
    • Hématurie totale: tumeurs des voies excrétrices, cancer du rein, fistules artério-veineuses intrarénales, lithiases urinaires.

Troubles de la Miction

  • Définition: Modification d'une ou plusieurs des caractéristiques de la miction normale.
  • Motif de consultation fréquent.
  • La prévalence augmente avec l'âge.
  • Subdivision:
    • Anomalies de stockage (les plus fréquents): pollakiurie diurne, nycturie (pollakiurie nocturne), impériosités ou urgenturie, incontinence par impériosités.
    • Anomalies de la vidange vésicale: faiblesse du jet, dysurie d'attente ou de poussée, miction en plusieurs temps.
  • Physiopathologie:
    • Anomalies du stockage: augmentation du nombre de mictions par jour, pollakiurie et/ou urgenturie.
    • Anomalies de la vidange vésicale: gêne à la miction (obstacle anatomique ou obstruction fonctionnelle), dysurie.

Pollakiurie

  • Définition: Augmentation du nombre de mictions quotidiennes (>8 mictions par 24 heures), peu abondantes (< 100 ml).
    • Diurne ou nocturne.
    • Nycturie: >2 levers nocturnes pour uriner.
  • Urgenturie: Besoin mictionnel soudain, urgent et irrépressible, parfois avec pertes d'urine involontaires.
  • Interrogatoire:
    • Habitudes toxiques: tabac, alcool, drogues.
    • Prises médicamenteuses.
    • Antécédents urologiques, chirurgicaux, de traumatisme et gynéco-obstétricaux.
    • Préciser:
      • Caractère diurne ou nocturne de la pollakiurie.
      • Nombre de levers diurnes et nocturnes (calendrier mictionnel).
      • Date d'apparition et évolution de la pollakiurie.
      • Caractère permanent ou variable de la pollakiurie.
      • Retentissement de la pollakiurie.
      • Autres troubles urinaires, digestifs ou neurologiques associés.
  • Examen physique:
    • Complet, centré sur l'appareil urinaire.
    • Examen des urines: aspect macroscopique, bandelette urinaire.
    • Examen des fosses lombaires et de la région hypogastrique: globe vésical (matité à convexité supérieure), masse hypogastrique.
    • Examen des organes génitaux externes chez l'homme: méat uréthral (écoulement, inflammation, sténose), nodules inflammatoires de l’épididyme.
    • Toucher rectal: volume et consistance de la prostate, souplesse de la base de la vessie.
    • Examen gynécologique (femme): examen sous valve (cystocèle, diverticule sous-uréthral, caroncule de l’urèthre, tumeur du col utérin), toucher vaginal (consistance du col utérin, le volume et la consistance du corps utérin, masse latéro-utérine).
    • Examen neurologique: sensibilité et mobilité des différents segments, sensibilité du périnée, réflexe anal, réflexe crémastérien.
    • Examen systématique des autres appareils.

Conduite à Tenir En Présence D’Un Patient Présentant Une Pollakiurie

  1. Différencier la pollakiurie des autres signes:

    • Pollakiurie (volume faible de chaque miction) vs. polyurie (volume uriné important) : >3 litres par 24h (diabète).
    • Nycturie par perturbation de la sécrétion nocturne d'hormone anti-diurétique: inversion de la diurèse, volume uriné la nuit > volume d’urines du jour.
  2. Évaluer la gravité de la gêne engendrée par la pollakiurie: nombre de mictions quotidiennes et existence d’une incontinence urinaire (calendrier mictionnel).

    • Calendrier mictionnel: tableau où le patient note l’heure de la miction, la quantité urinée, les apports hydriques, la nature de l’envie, quantité et circonstances de fuite.
  3. Rechercher le diagnostic étiologique:

    • Pollakiurie sensitive par irritation vésicale: cystite infectieuse ou interstitielle, calcul de vessie, tumeur de vessie (femme); hypertrophie bénigne de prostate, cancer de prostate, prostatite (homme); atteinte neurologique de la vessie (sclérose en plaques, maladie de Parkinson, accident vasculaire cérébral).
    • Pollakiurie par réduction de la capacité vésicale: petite vessie (bilharziose, tuberculose, tumeur de vessie, radiothérapie pelvienne), compression extrinsèque par une tumeur pelvienne.
    • Pollakiurie par rétention vésicale chronique incomplète: résidu post mictionnel important.
    • Pollakiurie psychogène: sensorielle (émotion, froid…), de précaution (chez les personnes incontinentes ou par crainte d’avoir à uriner dans des circonstances inadéquates).

Dysurie

  • Définition: Difficulté pour uriner avec diminution de la force du jet et augmentation du temps mictionnel, baisse du débit urinaire.
  • Physiopathologie: Anomalies de la vidange vésicale (gêne engendrée par un obstacle anatomique ou par une obstruction fonctionnelle).
  • Interrogatoire:
    • Antécédents de chirurgie urologique, troubles neurologiques, diabète, prise médicamenteuse.
    • Préciser:
      • Poussée abdominale.
      • Brûlures en cours de mictions.
      • Présence ou non de gouttes retardataires.
      • Sensation de vidange vésicale incomplète.
      • Notion de vidange en un ou plusieurs temps.
      • Jet continu ou goutte à goutte.
      • Qualité du jet: fort, moyen ou faible ; jet dispersé en pomme d'arrosoir ; jet spiralé ; jet haché réalisant une miction interrompue à une ou plusieurs reprises ; jet hésitant avec retard à l’initiation de la miction.
      • Caractère initiale, terminale ou complète.
  • Examen physique:
    • Examen neurologique: tonus sphinctériens, réflexe bulbo-caverneux, réflexe clitorido-anal, examen de la motricité et de la sensibilité.
    • Examen uro-génital: palpation des fosses lombaires, palper urétral et examen du méat (sténose méatique), toucher rectal (homme), toucher vaginal (femme).

Conduite à Tenir En Présence D’Un Patient Présentant Une Dysurie

  1. Rechercher une complication fréquente de la dysurie: la rétention d’urine.

    • La rétention d’urine est l’impossibilité d’émettre des urines.
    • Rétention aigue d’urine: impossibilité douloureuse d’uriner, globe vésical.
    • Rétention d’urine chronique: globe vésical indolore (dangereuse pour le patient, risque de retentissement sur le haut appareil).
  2. Rechercher une étiologie de la dysurie:

    • Dysuries par obstacle:
      • Chez l’homme: maladies de la prostate (HBP, cancer de la prostate, prostatite aiguë), affections de l’urètre (sténose, corps étranger), atteintes du col vésical (sclérose, tumeur),calcul vésical enclavé dans le col vésical ou dans l’urètre ; les caillots de sang..
      • Chez la femme: le prolapsus pelvien.
      • Chez l’enfant: valves de l’urètre postérieur, rétrécissements congénitaux de l’urètre, phimosis congénital.
    • Dysuries sans obstacle secondaire à:
      • Atteinte neurologique: centrale ou périphérique.
      • Causes fonctionnelles: dyssynergie vésico-sphinctérienne, maladie du col, hypo- ou acontractilité vésicale, vessie « claquée », dysurie réflexe secondaire à une pathologie anorectale.
      • Causes iatrogènes après prise médicamenteuse: alphastimulants et anticholinergiques.

Examens Complémentaires en Urologie: Examens Radiologiques

  • Les examens radiologiques contribuent à l’exploration de l’appareil urinaire (AUSP, échographie, UIV, UCR, TDM, IRM).
  • Chacune de ces techniques renseigne sur la morphologie rénale et des voies excrétrices, la fonction rénale et/ou les rapports avec les autres organes.
I- Radiographie de l’arbre urinaire sans préparation (AUSP)
  • Examen radiologique simple, de réalisation facile, coût réduit et fournit des informations capitales.
  • Réalisé sur un patient en décubitus dorsal et après vidange vésicale.
1. Indications et contre-indications
  • Indiqué dans le cadre du bilan d’une douleur lombaire ou de colique néphrétique et/ou la surveillance de l'évolution après une intervention chirurgicale urologique.
  • Contre indiqué chez la femme enceinte.
2. Interprétation de l’arbre urinaire sans préparation
  • Lecture du cliché d’ASP se fait de manière systématisée en suivant les étapes suivantes:

    • Les critères de réussite du cliché sans préparation:

      • La 10ème vertèbre lombaire.
      • Visibilité des 2 dernières côtes.
      • Visibilité de la symphyse pubienne.
      • Visibilité du bord externe des psoas.
      • Pénétration suffisante.
      • Absence de flou cinétique dû aux mouvements respiratoires.
    • Orientation du cliché et analyse du contenant:

      • L’opacité hépatique à droite et l’angle colique gauche qui est plus élevé que le droit.
      • Le bord externe du psoas.
      • Le cadre osseux à la recherche d’anomalies ostéoarticulaires.
    • Analyse du contenu:

      • L’ombre rénale est visible sous la forme d’image de faible opacité dont la direction est oblique en bas et en dehors. Le rein droit est plus bas situé par rapport au rein gauche.
      • Les uretères ne sont pas visibles, il faut cependant suivre leur trajet habituel à la recherche d’une calcification anormale.
      • Aire vésicale: dans les situations normales, la vessie n’est pas visible sur l’AUSP car le cliché est pris après miction et vidange complète de la vessie.
3. Les situations pathologiques
  • Pathologie osseuse: métastase osseuse sous la forme d’image de densité ou de clarté ou de lésion mixte.

  • Pathologie du psoas: hématome ou tumeur du psoas. Le bord externe du psoas n’est plus visible, on peut aussi avoir un déplacement de la ligne formant le bord externe du psoas.

  • Pathologie du rein: augmentation du volume de l’aire rénale pouvant être en rapport avec une hydronéphrose ou une pathologie tumorale.

  • Les calcifications lithiasiques: la présence d’une image radio-opaque peut être en rapport avec un calcul urinaire. Il faut préciser sa forme et sa projection.

    • Les calculs rénaux peuvent se révéler sous différentes formes:
      • Une forme « coralliforme » c’est dire qui épouse le bassinet et un ou plusieurs groupes caliciels.
      • La forme triangulaire évoquant la localisation pyélique.
      • Image en forme de clou évoquant la localisation calicielle.
      • Les petits calculs arrondis sont en général des calculs localisés au niveau du calice.
  • Identification des corps étrangers:

    • Après un acte médical, du matériel peut être mis en place dans un but diagnostique ou thérapeutique. Ce matériel qui est en général radio-opaque est visible sur l’AUSP.
      • Les sondes urétérales sont mises en place par voie endoscopique. La pratique de l’AUSP permet de vérifier la position de la sonde.
      • Les clips d’hémostase mis en place au cours d’un acte chirurgical sont aisément visibles.
      • Les objets introduits volontairement par l’urètre sont repérés sur l’AUSP.
II-Echographie rénale
  • L’échographie permet de donner des informations sur la morphologie et la vascularisation du rein. Elle permet d’explorer le rein et la portion proximale de l’uretère lombaire ainsi que son segment rétroméatique; la vessie; la prostate et le contenu scrotal).
1. Indications et contre-indications
  • En urologie, l’échographie est considérée comme l’examen de première intention qui permet d’orienter le diagnostic.
2. Résultats de l’échographie
*   L’échographie rénale normale

    *   Aspect échographique du rein normal: Image du rein à l’échographie. Aspect de rein normal: la capsule autour du rein est invisible. Le cortex et la médullaire sont hypo-échogènes, le sinus rénal est échogène. Les cavités excrétrices ne sont pas visibles.

*   Les situations pathologiques rénales détectées par l’échographie

    *   Hydronéphrose: Hydronéphrose majeure (du fait de la réduction de l’index cortical) avec un contenu finement échogène des cavité pyélocalcielle évoquant une pyonéphrose.
    *   Kyste rénal: Le contenu du kyste apparait en noir (anéchogne, transonore) (car il n’ya pas de réflexion des ondes acoustiques.
    *   Lithiase rénale: La lithiase réfléchit totalement les ondes acoustiques et donne un aspect hyperéchogène (en blanc) avec cône d’ombre postérieur.

    *   L’hydronéphrose se traduit en échographie par des zones pseudokystiques multiples, bien limitées, se décomposant en éléments périphériques correspondant aux calices dilatés, et en un élément liquidien central appartenant au bassinet. Des coupes frontales et obliques montreront la continuité entre les calices et le bassinet.
    *   Le kyste rénal apparait sous la forme d’une lésion anéchogène avec renforcement postérieur des échos. La paroi kystique n’est pas mesurable.
    *   La tumeur rénale apparait sous la forme d’une masse iso-échogène, ou légèrement hypo-échogène ou hyperéchogène. A l’échographie Doppler couleur, cette lésion est vascularisée et le flux vasculaire est très rapide.
    *   La lithiase rénale apparait sous la forme d’un foyer hyperéchogène, avec ombre acoustique.

*   L’échographie de la vessie

    *   L’échographie de la vessie permet d’analyser les éléments suivants:
        *   Mesure de la capacité vésicale et du résidu post-mictionnel.
        *   Etude de la paroi vésicale.
        *   Etudie du contenu vésical.

*   L’échographie prostatique
    *   L’échographie de la prostate par voie sus-pubienne (vessie en réplétion) ou mieux, par voie endorectale permet d’analyser les éléments suivants:
        *   Le volume de la prostate.
        *   L’échostructure prostatique: la prostate est habituellement d’échostructure homogène entourée d’une zone hyperéchogène correspondant au tissu graisseux péri-prostatique.

*   L’échographie scrotale
    *   Identifie les différents éléments du contenu scrotal.
    *   Etudie les dimensions des deux testicules.
    *   Etudie l’échostructure testiculaire.
    *   Analyse la vascularisation testiculaire.
III-L’urographie intra veineuse
  • L’urographie intra-veineuse est réalisée par l’injection intraveineuse d’un produit iodé hydrosoluble éliminé sélectivement par les reins. L’urographie intra-veineuse est un examen qui permet à la fois une étude fonctionnelle et morphologique de l’appareil urinaire. Elle a l’avantage d’étudier l’ensemble de l’arbre urinaire.
1- Indications et contre-indications
  • L’UIV est indiquée dans certains cas de malformations des voies urinaires supérieures.
  • Les contre-indications à l’UIV sont représentées par:
    • La grossesse évolutive.
    • L’allergie à l’iode.
    • L’insuffisance rénale.
2- Résultats normaux
  • Une fois injecté dans la circulation, le produit de contraste se distribue à l’ensemble de l’organisme, il sera secrété par les deux reins (néphrographie) puis excrété par les voies excrétrices de façon bilatérale et symétrique. Seront visualisés de manière successive: les calices, les bassinets, les uretères et la vessie.
3- Les situations pathologiques
  • Le rein muet désigne l’absence totale d’opacification d’un rein du fait de la destruction du parenchyme par différents processus pathologiques.
  • Le syndrome de jonction pyélo-urétérale désigne l’obstruction de la jonction pyélo-urétérale avec hydro-néphrose à l’UIV.
  • La vessie pleine est remplie de façon homogène sauf dans les cas de