Notes – Chapitre 2 : Pile TCP/IP & Adressage IP

9.1 Présentation du protocole TCP/IP

  • Objectif historique : réseau résistant aux catastrophes militaires, initié par le DoD.
  • Normalisation actuelle : septembre 1981.
  • Architecture à 4 couches :
    • Couche Application
    • Couche Transport
    • Couche Internet
    • Couche d’accès au réseau
  • Principes clés :
    • Robustesse, décentralisation, interconnexion hétérogène.
    • Chaque équipement doit disposer d’un identifiant unique (adresse IP) pour être aiguillé par les routeurs (couche 3).
    • IPv4 reste la version dominante mais souffre de pénurie d’adresses ; solutions : sous-réseaux, NAT, adresses privées, IPv6.
    • Nécessité conjointe d’une adresse MAC (physique) et d’une adresse IP (logique).

9.1.1 Origine et évolution

  • Métaphore : « nuage » représentant l’Internet où le chemin réel n’est pas visible de l’utilisateur.
  • Supporte fils, micro-ondes, fibres optiques, satellites.

9.1.2 Couche Application

  • Regroupe présentation + session + application du modèle OSI.
  • Prépare les données pour la couche Transport.
  • Protocoles principaux :
    • FTP : fiable, orienté connexion (TCP) – transfert binaires/ASCII bidirectionnel.
    • TFTP : non orienté connexion (UDP) – rapide, utilisé pour IOS Cisco, fichiers de config.
    • NFS : accès aux fichiers sur stockage distant (Sun Microsystems).
    • SMTP : envoi de courriel (texte clair uniquement).
    • Telnet : accès distant (hôte local / hôte distant).
    • SNMP : supervision des équipements.

9.1.3 Couche Transport

  • Fournit la connexion logique hôte-à-hôte.
  • Segmente/réassemble les données.
  • Fiabilité assurée par : fenêtres glissantes, numéros de séquence, ACK.
  • Protocoles :
    • TCP : connexion, contrôle de flux, fiabilité.
    • UDP : datagrammes, non fiable.

9.1.4 Couche Internet

  • Sélection du « meilleur » chemin (routage) et commutation de paquets.
  • Protocoles :
    • IP : livraison « best-effort », sans contrôle d’erreurs.
    • ICMP : messages de contrôle/erreur.
    • ARP : résolution adresse IP → MAC.
    • RARP : résolution inverse MAC → IP.

9.1.5 Couche d’accès au réseau

  • Assure la liaison physique avec le média (couvre couches 1 & 2 OSI).
  • Encapsulation IP → trame, mappage IP / MAC.
  • Protocoles et technologies : Ethernet, SLIP, PPP, pilotes NIC, modem, etc.
  • Exemple Windows : détection automatique de la carte réseau et installation des pilotes.

9.1.6 Comparaison OSI vs TCP/IP

  • Similarités : approche par couches, couche application, réseau, transport, commutation de paquets.
  • Différences :
    • TCP/IP : Appli = Appli+Prés+Sess ; Accès réseau = Physique+Liaison.
    • Moins de couches → apparence plus simple.
    • Fiabilité : UDP non fiable alors que transport OSI l’est toujours.
  • Usage :
    • OSI : modèle pédagogique.
    • TCP/IP : base d’Internet.

9.1.7 Architecture d’Internet

  • LAN : géographiquement limité, peu évolutif.
  • Interréseau : ensemble de plusieurs réseaux → Internet.
  • Routeurs : décision d’acheminement, tables de routage, évolutivité (>90\,000 routes principales, 300\,000\,000 utilisateurs).
  • Transparence : utilisateurs ignorent la complexité du « nuage ».

9.2 Les adresses Internet

9.2.1 Concept général

  • Chaque interface réseau possède une adresse IP unique.
  • Adresse IP = 32 bits ; souvent notée en décimal pointé (ex : 192.168.1.2).
  • Combinaison « réseau + hôte » → unicité mondiale.
  • Adresse MAC (48 bits) définie par le constructeur, opère en couche 2.

9.2.2 Conversion binaire ↔ décimal

  • Méthode : rechercher la plus grande puissance de 2 ≤ nombre.
  • Exemple :
    • 6\,783_{10} = 00011010\ 01111111_2 (16 bits).
    • 104{10}=011010002 (8 bits).
    • 1\,000\,000{10}=00001111\ 01000010\ 010000002 (24 bits).

9.2.3 Adressage IPv4 (hiérarchique)

  • Rôle du routeur : lire la partie réseau puis l’hôte (analogie code postal + rue).
  • 2 parties : identifiant réseau / identifiant hôte.
  • Chaque octet 0\rightarrow255.

9.2.4 Classes A à E

  • Principe « classful addressing » : taille adaptée aux besoins.
  • Bits de tête → classe :
    • Classe A : 0xxx → 1\le premier\ octet\le126 (réseaux >16\,000\,000 hôtes).
    • Classe B : 10xx → 128\le octet\le191 (≈65\,534 hôtes).
    • Classe C : 110x → 192\le octet\le223 (254 hôtes).
    • Classe D : 1110 → multicast (224\rightarrow239).
    • Classe E : 1111 → expérimental (240\rightarrow255).
  • 127.0.0.0 réservé au bouclage (loopback).

9.2.5 Adresses réservées

  • Adresse réseau : bits hôte à 0.
    • ex : 113.0.0.0 (classe A), 176.10.0.0 (classe B).
  • Adresse broadcast : bits hôte à 1.
    • ex : 176.10.255.255.

9.2.6 Adresses publiques vs privées

  • Unicité mondiale des adresses publiques gérée par l’IANA (ex-InterNIC).
  • RFC 1918 : plages privées non routées sur Internet :
    • Classe A : 10.0.0.0/8
    • Classe B : 172.16.0.0/12
    • Classe C : 192.168.0.0/16
  • Connexion d’un réseau privé → Internet : traduction d’adresses (NAT).

9.2.7 Introduction aux sous-réseaux

  • Solution à la pénurie IPv4 : division d’un réseau en segments plus petits.
  • Outil : masque de sous-réseau.
  • Champs : réseau | sous-réseau | hôte.
  • Bits empruntés au champ hôte (min 2, max => 2 bits restants pour hôtes).
  • Analogie : indicatif régional / central / numéro local.

9.2.8 IPv4 vs IPv6

  • Problèmes identifiés (IETF 1992) :
    • Rareté des classes A/B.
    • Explosion des tables de routage (classes C).
  • Extensions IPv4 : sous-réseaux, CIDR.
  • IPv6 : 128 bits → 340\times10^{36} adresses.
    • Notation hexadécimale séparée par deux-points.
    • Adresses attribuées aux interfaces, non aux nœuds.
    • Représentation abrégée : suppression des zéros de tête, double :: pour suites de zéros.

9.3 Obtention d’une adresse IP

9.3.1 Généralités

  • Adresse MAC = locale ; IP = routable.
  • Deux méthodes d’attribution : statique / dynamique.

9.3.2 Attribution statique

  • Adaptée aux petits réseaux stables.
  • Maintien d’un inventaire pour éviter les doublons.
  • Éléments critiques (serveurs, imprimantes, routeurs) → adresses fixes.

9.3.3 RARP (Reverse ARP)

  • Associe adresse MAC connue → adresse IP.
  • Utilisé par stations sans disque ou au boot.
  • Fonctionne via serveur RARP (souvent routeur).
  • Format de trame identique à ARP ; champs différents.

9.3.4 BOOTP

  • Modèle client/serveur, un seul échange.
  • Transmet IP + passerelle + serveur + infos fournisseur.
  • Limite : pas vraiment dynamique (profil par hôte).
  • Utilise UDP ; broadcast 255.255.255.255.

9.3.5 DHCP

  • Successeur de BOOTP ; allocation vraiment dynamique.
  • Fonctionnement : pool d’adresses, bail (lease), réutilisation.
  • Avantage : mobilité des utilisateurs, « un à plusieurs » relation IP ↔ hôtes.
  • Transmet en un message : IP, masque, passerelle, DNS, etc.

9.3.6 Problèmes de résolution d’adresses

  • Nécessité d’un mapping IP ↔ MAC pour tout datagramme local.
  • Conflits (doublons) → dysfonctionnements.

9.3.7 ARP / Proxy ARP

  • ARP : requête broadcast pour obtenir MAC correspondant à IP.
  • Table ARP (cache) en RAM ; maj automatique.
  • Techniques :
    • Surveiller trafic existant (apprentissage passif).
    • Diffuser requête ARP.
  • Proxy ARP : routeur répond avec sa propre MAC pour des IP hors du LAN → connexion inter-segments.
  • Passerelle par défaut : adresse IP du routeur stockée sur l’hôte ; si non configurée, aucun trafic ne quitte le LAN.

Résumé chiffré et points clés

  • IPv4 : 2^{32}=4\,294\,967\,296 adresses (théoriques).
  • IPv6 : 2^{128}\approx3.4\times10^{38} adresses (valeur de la norme ; le texte mentionne 340\times10^{36}).
  • Classe C = 254 hôtes utilisables ; Classe B ≈65\,534 ; Classe A >16\,777\,214.
  • RFC 1918 plages privées, non routées.
  • Subnetting : au moins 2 bits empruntés ; laisser ≥2 bits pour hôtes.
  • DHCP : allocation par bail, libération/réutilisation automatique.
  • ARP : requête broadcast, réponse unicast ; indispensable pour acheminer couche 3 → couche 2.
  • Proxy ARP / passerelle par défaut : solutions pour sortir du segment local.