Renouveau poétique de La Belle Époque

Une poésie du monde moderne

Les poètes souhaitent susciter des images, il n’y a pas un souci d’intelligibilité.

Des objets modernes comme source d’inspiration

Poètes ont la volonté d’être en adéquation avec le monde moderne. Cela se traduit notamment par l’évocation d’objets ou d’éléments résolument ancrés dans le réel.

Exemple : Extrait de La prose du transsibérien de Blaises Cendrars (1913)

"Les inquiétudes/Oublie tes inquiétudes/Toutes les %%gares%% lézardées obliques sur la route/Les %%fils télégraphiques%% auxquels elles pendent/Les %%poteaux%% grimaçants qui gesticulent et les étranglent/Le monde s’étire s’allonge et se retire comme un harmonica qu’une main sadique tourmente…”

Il y a ainsi un renouvellement des thèmes des textes poétiques.

  • univers des échanges et des communications
  • monde industriel
  • progrès technologiques
  • nouvelles inventions

Une modernité formelle

Rupture de style avec les formes du passé. Les vers deviennent libres, soit détachés des contraintes de la prosodie classique

  • mètres sont irréguliers
  • strophe est abandonnée, fragmentation des poèmes (écriture discontinue)
  • ponctuation est supprimée

C’est dans cette perspective que les calligrammes, soit des poèmes-dessins, vont être inventés par Apollinaire (héritier des poètes du 19e s. et précurseur des surréalistes).

Exemple:

La colombe poignardée et le jet d'eau d'ApollinaireLa poésie simultanée : Blaise Cendrars et Sonia Delaunay

Une autre œuvre de cette époque frappe les esprits par son utilisation nouvelle du rapport entre le texte et l'image : il s'agit de La Prose du Transsibérien, de Blaise Cendrars.

Elle se présente non pas sous la forme d'un livre, mais sous celle d'un tableau associant la peinture de Sonia Delaunay au texte de Cendrars. Le texte et les dessins sont produits de manière simultanée et forment une seule œuvre d’art, unique.

Une poésie du “Moi”

La poésie de l’Esprit Nouveau demeure tout de même une poésie lyrique : le monde, évoqué par les poètes, est souvent le reflet de l’univers intérieur de celui-ci.

Exemple: C’est ce que fait notamment Blaise Cendrars dans La Prose du transsibérien.

Dans cet extrait de La Prose du Transsibérien, le châle, le train express et les paysages traversés sont à l'image de la vie du poète : \n « Je suis couché dans un plaid \n Bariolé \n Comme ma vie \n Et ma vie ne me tient pas plus chaud que ce châle \n Ecossais \n Et l'Europe tout entière aperçue au coupe-vent d'un express à toute vapeur \n N'est pas plus riche que ma vie \n Ma pauvre vie. » \n (Cendrars,La Prose du Transsibérien, 1913)

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