S1
P.Lachenal
Trouver un article en lien avec un des articles du cours et les mettre en lien.
Introduction générale
Le genre: Entrée par la controverse
En 2011, la reforme des manuels d’SVT inclue enfin les questions de genre.
En 2013, la loi du mariage pour tous bouleverse une nouvelle fois les codes.
Les manifestations contre le mariage pour tous, inclue aussi des pancartes, “non à la théorie du genre”. La théorie du genre n’existe pas mais a été inventé par les politiques. Nous parlons en vérité des études de genre.
Par le passé on parlait d’études féministes ou d’études pour les femmes pour parler des études de genres. Aujourd’hui l’idée que les études de genres proviennent des études féministe sont discuté.
Sexualité: « ensemble des diverses modalités de la satisfaction instinctuelle liée à la reproduction de l’espèce. (Larousse 2002)
Sexualité renvoie ici à l’idée de reproduction et de nature
Idée de son usage au pluriel = faire éclater les visions essentialistes de la sexualité => distinction sexualité/reproduction. La sexualité est une construction sociale, imbriquée dans rapports de pouvoir.
Comment définir le genre:
On peut distinguer 4 dimensions analytiques différentes et complémentaires dans les études sur le genre:
Le genre est une Construction sociale
Le genre est un Processus relationnel
Le genre est un Rapport de pouvoir
Le genre est à L’intersection d’autres rapports de pouvoir
“Le genre renvoi à un système de bicatégorisation hiérarchisé, entre les sexes et entre les valeurs de représentations qui leurs sont associé” (L. Bereni, S. Chauvin, A. Jaunait, A. Revillard, Introduction aux études sur le genre, 3e édition, Louvain-la-Neuve, De Boeck, 2020, p. 8.)
Le Genre (toujours singulier) peut être vu comme un rapport social et les sexes comme catégories/positions produites par ce rapport social.
Etudes de genre : histoire d’un champ de recherche
Au cœur des débats se trouve une prise de conscience majeure : le discours scientifique n’est ni neutre, ni objectif mais au contraire possède une dimension idéologique.
=> C’est dans ce contexte historique que vont se formaliser progressivement les études sur les femmes, les études féministes et les études de genre – trois domaines de recherche différents mais historiquement liés entre eux par des questionnements communs.
La domination masculine:
La critique de la domination masculine, et notamment de la manière dont celle-ci affecte la production du savoir scientifique, se trouve au cœur des réflexions émergentes.
Les chercheuses – il s’agit alors exclusivement de femmes – qui s’investissent dans ces champs de recherche s’élèvent également contre le déterminisme biologique qui consiste à attribuer à chacune des catégories sexuées – « femmes » et « hommes » – des caractéristiques présentées comme naturelles.
Pour faire voler en éclats ces représentations caricaturales, les chercheuses multiplient les travaux insistant sur la diversité des manières d’être femme ou homme, et sur les processus sociaux au travers desquels on apprend à être soit l’un soit l’autre.
Dans l’histoire:
Certaines historiennes s’emploient également à donner, à l’aide des archives, une lecture sexuée des événements politiques et phénomènes historiques, dénonçant l’invisibilisation systématique des actions et mobilisations des femmes.
dans les groupes sociaux:
De leurs côtés, les sociologues et anthropologues s’appliquent à montrer que si les jeunes garçons et filles ne sont généralement pas élevés de la même manière, les caractéristiques et tempéraments associés à chacun des sexes peuvent varier du tout au tout selon les groupes sociaux.
Dire que les caractéristiques attribuées à chaque sexe sont déterminées par la culture, et non pas par la nature, revient à nier l’idée qu’il y aurait des fonctions ou des capacités spécifiquement féminines ou masculines.
Cela revient à dire qu’aucune structure hiérarchique n’est donnée pour toujours et que toute organisation sociale – notamment celle qui repose sur la domination masculine – n’est qu’un possible parmi d’autres, et peut donc être modifiée.
Étymologie du mot genre:
Le mot « genre » vient initialement du monde médical, et plus précisément de la psychiatrie, ainsi que de la psychologie et de la sexologie.
Robert STOLLER, psychiatre et psychanalyste
1968, Sex and Gender: On the Development of Masculinity and Femininity, Science House, New York City.
Et c’est parce qu’il permettait d’insister sur la part socialement construite des identités sexuées, que le mot « genre » va s’imposer aux chercheuses engagées dans le chantier déconstructionniste pour devenir un outil fondamental de leur projet scientifique et politique.
Premières recherches:
Les premières recherches mobilisant le « genre » confirment la pertinence scientifique du terme et lui offrent progressivement une légitimité dans le monde académique.
En 1972, la sociologue britannique Ann Oakley publie Sex, Gender and Society.
Les études:
En 1975, l’anthropologue américaine Gayle Rubin publie The Traffic in Women, essai devenu incontournable dans lequel elle formalise un « système sexe/genre », invitant à penser les femmes et les hommes comme des « construits », et non comme des « donnés », et le genre comme un rapport social inégal défini en partie par l’hétérosexualité et l’oppression systématique des femmes.
La performativité invisibilisée:
Cette réalité fabriquée est constituée comme une essence intérieure, une intériorité qui institue l’intégrité du sujet, qui devient sa vérité: « en d’autres termes, les actes, les gestes, les désirs exprimés et réalisés créent l’illusion d’un noyau interne et organisateur du genre » (269)
Elle retient cette idée de Foucault que le corps n’est pas sexué avant sa détermination à travers un discours.
C’est seulement une fois que ce discours a fait valoir sa norme, que le corps cherche à se conformer à cette norme et réalise cette identité sexuelle : c’est alors seulement qu’il acquiert une identité en tant que sexe, qu’il devient corps sexué.
« De tels actes, gestes et accomplissements, au sens le plus général, sont performatifs, en ce sens que l’essence ou l’identité qu’ils sont censés refléter sont des fabrications, élaborées et soutenues par des signes corporels et d’autres moyens discursifs. Dire que le corps genré est performatif veut dire qu’il n’a pas de statut ontologique indépendamment des différents actes qui constituent sa réalité.» (Trouble dans le genre, p. 259)
La question de l’identité pour Butler:
Ce qui importe dans le désir de reconnaissance, ce n’est pas d’être reconnu dans ce que nous sommes (cette identité « véritable »). Ce qui importe c’est la quête de ce qu’il nous est possible de devenir.
La performativité invisibilisée
Cette réalité fabriquée est constituée comme une essence intérieure, une intériorité qui institue l’intégrité du sujet, qui devient sa vérité: « en d’autres termes, les actes, les gestes, les désirs exprimés et réalisés créent l’illusion d’un noyau interne et organisateur du genre » (269)
Ce noyau interne est un effet mais il apparaît comme une cause.
En conséquences, « les pratiques disciplinaires qui produisent ce genre apparemment cohérent sortent de fait du champ de vision »
Elle retient cette idée de Foucault que le corps n’est pas sexué avant sa détermination à travers un discours.
C’est seulement une fois que ce discours a fait valoir sa norme, que le corps cherche à se conformer à cette norme et réalise cette identité sexuelle : c’est alors seulement qu’il acquiert une identité en tant que sexe, qu’il devient corps sexué.
« De tels actes, gestes et accomplissements, au sens le plus général, sont performatifs, en ce sens que l’essence ou l’identité qu’ils sont censés refléter sont des fabrications, élaborées et soutenues par des signes corporels et d’autres moyens discursifs. Dire que le corps genré est performatif veut dire qu’il n’a pas de statut ontologique indépendamment des différents actes qui constituent sa réalité.» (Trouble dans le genre, p. 259)
La question de l’identité pour Butler:
Ce qui importe dans le désir de reconnaissance, ce n’est pas d’être reconnu dans ce que nous sommes (cette identité « véritable »). Ce qui importe c’est la quête de ce qu’il nous est possible de devenir.
Ouvrages majeurs:
Trouble dans le genre, 2005 [Gender Trouble 1990]
Ces corps qui comptent, 2009 [Bodies that matter 1993]
Le pouvoir des mots, 2004 [Excitable speech 1997]
La vie psychique du pouvoir, 2002 [The psychic life of power 1997]
Antigone. La Parenté entre vie et mort, 2003 [Antigone's Claim 2000]
Défaire le genre, 2006 [Undoing Gender 2004]
Vie précaire. Les Pouvoirs du deuil et de la violence après le 11 septembre 2001, 2005 [Precarious Life 2004]
Le Récit de soi, 2007 [Giving an Account of Oneself 2005]