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L’INSUFFISANCE RESPIRATOIRE AIGUE
1. INTRODUCTION :
L’insuffisance respiratoire aigüe correspond à une altération brutale des échanges
gazeux du fait d’une défaillance dans le système ventilatoire composé :
• D’un système de conduction d’air représenté par le larynx, l’étage glottique, la
trachée, et les bronches...
• Le parenchyme pulmonaire responsable des échanges alvéolo-capillaires
• Les structures vasculaires raccordées anatomiquement avec le poumon (cœur)
• Les deux plèvres.
2. PHYSIOPATHOLOGIE :
Le rôle principal de l’échangeur pulmonaire est de fixer l’oxygène et d’éliminer le
CO2. L’unité alvéolaire est l’unité principale des échanges gazeux, Composée d’un
alvéole et d’un réseau capillaire intra et extra alvéolaire, cette unité a comme objectif
de maintenir un rapport ventilation/perfusion constant. La diminution de ce rapport est
responsable d’une hypoxémie par effet shunt, l’augmentation du même rapport est
responsable surtout d’une accumulation de CO2 et d’une hypercapnie par effet espace
mort. (Figure)
Figure : Mécanismes d’hypoxémies
3. DIAGNOSTIC D’UNE INSUFFISANCE RSPIRATOIRE AIGUE :
Reconnaitre cliniquement une détresse respiratoire est facile devant l’augmentation de la
fréquence respiratoire (polypnée) et devant un recrutement des muscles respiratoires
accessoires (tirage musculaire sus sternal et en inter costal). La cyanose (coloration
bleue) est un signe tardif qui représente un critère de gravité. Les examens
complémentaires ne sont pas indispensables pour poser le diagnostic, mais sont utiles
pour apprécier la profondeur de l’hypoxémie (gazométrie) et pour orienter le diagnostic
étiologique de cette insuffisance respiratoire aigüe.
4. ETIOLOGIES.
4.1 Atteintes des voies aériennes supérieures :
Les atteintes obstructives sont dominées par :
• les épiglotites
• les laryngites
• l’inhalation des corps étrangers
• l’œdème de Quinck.
Les compressions des voies aériennes supérieures peuvent s’observer dans les
strangulations et dans les pendaisons.
4.2 Atteintes des voies aériennes basses :
Plusieurs pathologies peuvent altérées l’écoulement du flux d’air vers les unités
alvéolaires. On parle de pathologies spastiques bronchiques :
• les bronchites aigues
• la maladie asthmatique
• les bronchiolites
• les décompensations d’une bronchopneumopathie chronique obstructive
(BPCO)
• l’obstruction bronchique complète donne des atélectasies
4.3 Atteintes du parenchyme pulmonaire :
Les atteintes parenchymateuses pulmonaires sont dominées surtout par les
Pneumopathies infectieuses, les pneumopathies d’inhalations, et par les
décompensations des pathologies interstitielles chroniques (fibrose pulmonaire).
4.4 Atteintes pleurales :
Les atteintes pleurales sont dominées par la présence des épanchements
pleuraux type pneumothorax ou pleurésies.
4.5 Atteinte de la commande centrale :
La commande centrale de la respiration peut tomber en dysfonctionnement dans
certaines pathologies comme dans les accidents vasculaire cérébraux, les tumeurs
cérébrales, et dans certaines intoxications médicamenteuse (opiacés, barbituriques,
benzodiazépines)
4.6 Atteinte de la commande périphérique :
La commande périphérique de la respiration peut être perturbée dans les atteintes
médullaires (compression, poliomyélite, sclérose latérale amyotrophique...), ou dans
les atteintes de la transmission au niveau des fentes synaptiques (myasthénie), ou dans
les atteintes du motoneurone périphérique comme c’est le cas dans les
polyradiculonévrites.
4.7 Atteintes du cœur et des vaisseaux :
L’unité des échanges alvéolaire peut être inondée dans l’oèdeme aigus du poumon
cardiogénique, donnant ainsi une insuffisance respiratoire aigüe par effet shunt.
L’altération du rapport ventilation/perfusion peut se voir dans une obstruction
vasculaire pulmonaire par embolie cruorique.
5. CONCLUSION :
L’insuffisance respiratoire aigüe est une urgence mettant en jeu à court terme le
pronostic vital. Elle impose une approche diagnostique rapide et précise pour un
traitement adapté étiologique.