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Entretien avec Atiq Rahimi

Atiq Rahimi, né en Afghanistan en 1962, a reçu l'asile politique en France en 1985. Il est l'auteur du roman Syngué sabour - Pierre de patience, pour lequel il a reçu le prix Goncourt en 2008. Le livre La Ballade du calame est son sixième ouvrage et le troisième écrit en français.

Écrire dans une langue d'adoption

Rahimi exprime que lorsqu'il a commencé à écrire en français, cela ne représentait pas un défi personnel, mais plutôt une quête d'innocence linguistique. Chaque mot nécessitait consultation et réflexion, comme s'il apprenait cette langue pour la première fois. Bien qu'il ait écrit des travaux académiques en français, la langue littéraire soulève des émotions et des souvenirs liés à son exil.

L’expérience de l’exil

Écrire sur l'exil a été un défi pour Rahimi, car sa culture est profondément enracinée en lui. Il associe le processus d'écriture à une nostalgie et évoque comment parler de son pays et de ses sensations d'exilé exige des mots d'une grande intimité, souvent accessibles uniquement dans sa langue natale. Il se questionne sur l'impact de l'écriture en persan par rapport à l'écriture en français, suggérant que le contenu serait plus autobiographique et chargé de souvenirs.

La langue comme territoire

Rahimi a utilisé l'écriture en persan comme moyen d'établir un lien avec son pays, mais après son retour en Afghanistan en 2002, il a ressenti une transition vers le français, une "terre linguistique" différente. Il évoque également que la souffrance liée à l'exil est souvent mise en avant dans les récits, mais il souligne l'espace de liberté qu'il offre, mentionnant Victor Hugo comme exemple d'un écrivain dont l'exil a enrichi sa création littéraire.

Réflexion sur l'identité

Il conclut que son exil a été crucial à sa vocation d'écrivain, remettant en question si son identité, sa vision du monde, et son écriture auraient été les mêmes s'il était resté en Afghanistan. Son parcours souligne l'importance de l'exil non seulement comme un éloignement physique, mais aussi comme une expérience fondamentale qui forge une nouvelle identité littéraire.