Inauguration du canal de Suez en 1869 : lien crucial entre la mer Méditerranée et la mer Rouge, raccourcissant considérablement les voyages de l'Europe vers l'Asie.
Mers et océans : recouvrent les 3/4 de la planète, fournissant des ressources cruciales pour l'économie mondiale et servant de support aux flux de la mondialisation.
Problématique : Les mers s'intègrent de manière inégale à la mondialisation, ce qui soulève des enjeux économiques, environnementaux et politiques majeurs.
Plan : exploration des ressources variées, analyse de la circulation des flux, et examen de l'intégration inégale des territoires maritimes.
I. Espaces fournissant des ressources variées
A. Ressources énergétiques et minérales
L'exploitation des ressources maritimes est inégale et techniquement exigeante.
Hydrocarbures offshore : représentent environ 30% de la production mondiale de pétrole et de gaz, avec des techniques d'extraction de plus en plus profondes (ex: Golfe du Mexique, au large du Brésil (pré-sal), et en mer de Chine méridionale).
Énergies marines renouvelables (EMR) : un secteur en croissance incluant l'éolien offshore (parcs en mer du Nord, Baltique), l'hydrolien (courants marins), l'houlomoteur (vagues), et l'énergie thermique des mers (ETM).
Minerais des fonds océaniques : tels que les nodules polymétalliques (contenant manganèse, nickel, cuivre, cobalt) en mer des Salomon. Leur exploitation est particulièrement difficile et coûteuse en raison de la profondeur et des défis technologiques et environnementaux.
B. Ressources halieutiques et biochimiques
Extraction de ressources halieutiques : environ 108 millions de tonnes de poissons sont pêchées chaque année à l'échelle mondiale.
Inégalités entre la pêche artisanale, pratiquée près des côtes pour la subsistance et les marchés locaux (répandue en Asie et en Afrique), et la pêche industrielle, utilisant des navires-usines en haute mer pour des espèces comme le thon ou la morue, menant parfois à la surpêche.
Aquaculture en expansion : élevage de poissons (saumon, tilapia), crustacés (crevettes), mollusques (huîtres, moules) et algues, notamment en Asie (Chine, Indonésie), contribuant de manière significative à la production alimentaire.
C. Ressources paysagères et culturelles
Tourisme balnéaire : concentré dans des bassins attractifs comme la mer des Caraïbes, la Méditerranée, l'Océan Indien, et l'Océanie, attire des millions de visiteurs chaque année sur les côtes ensoleillées.
Croisières : flux en forte croissance avec 28 millions de croisiéristes en 2019. Les ports clés pour ce secteur incluent Miami, Barcelone, et Venise, offrant des itinéraires de luxe et d'aventure.
II. Espaces circulant des flux
A. Flux matériels : ressources et marchandises
90% des flux commerciaux mondiaux passent par la mer, témoignant d'une forte maritimisation de l'économie.
Conteneurisation : le développement du conteneur a standardisé les chargements et révolutionné le transport maritime, le rendant plus rapide et moins cher, ce qui a boosté la multiplication du commerce international.
Trois grandes routes maritimes principales qui structurent le commerce mondial : transpacifique (Asie-Amérique du Nord), transatlantique (Europe-Amérique du Nord) et Asie-Europe.
B. Flux immatériels : informations et capitaux
90% des flux immatériels (données internet, appels téléphoniques, transactions financières) passent par les câbles sous-marins, formant un réseau mondial dense et interconnecté.
Ces réseaux relient principalement les pays développés aux pays émergents, permettant des échanges virtuels de capitaux en temps réel, essentiels pour les bourses mondiales et la délocalisation des services.
C. Flux humains : migrants et touristes
Flux migratoires : des déplacements importants s'effectuent par bateau, souvent depuis des zones à faible développement (ex: Méditerranée depuis l'Afrique vers l'Europe, ou les Caraïbes) vers les pays développés, impliquant parfois des routes dangereuses.
Tourisme de croisière : ce type de tourisme se concentre dans des zones comme la Méditerranée, les Caraïbes, et la mer de Chine, avec des navires de plus en plus grands et des itinéraires variés.
III. Intégration inégale à la mondialisation
A. Routes maritimes inégalement empruntées
Flux de matières premières : majoritairement orientés du Sud (pays producteurs en Afrique, Moyen-Orient, Amérique latine) vers les pôles de consommation et de transformation du Nord (Europe, Amérique du Nord) et de l'Asie développée (Chine, Japon, Corée du Sud).
Principales puissances maritimes : La Chine, les États-Unis, le Japon, l'Allemagne, et la Corée du Sud sont des acteurs majeurs du commerce maritime international du fait de leurs flottes, de leurs ports et de leur volume d'échanges.
B. Points de passage stratégiques
Caps et détroits : des points clés de convergence, comme le détroit d'Ormuz (crucial pour le passage pétrolier du Golfe Persique), Bab-el-Mandeb (accès à la mer Rouge), ou Malacca (reliant l'océan Indien et le Pacifique), sont des goulots d'étranglement géopolitiquement sensibles.
Canaux de Suez et Panama : ces raccourcissements stratégiques réduisent considérablement les distances et les temps de transit, apportant des revenus considérables aux pays qui les contrôlent et facilitant l'intégration des économies mondiales.
C. Flux concentrés sur certaines façades
Façades maritimes : ces interfaces entre le maritime et le terrestre concentrent les flux et les activités. Les ports clés y sont en concurrence pour attirer les armateurs et les investissements.
Importance de la façade maritime de la Chine : notamment le long de ses côtes orientales, avec des méga-ports comme Shanghai, Shenzhen ou Ningbo, est devenu la plus active au monde, en relation étroite avec les autres façades mondiales (Northern Range européenne, côtes Est et Ouest de l'Amérique du Nord).
Conclusion
Les espaces maritimes sont à la fois des réservoirs de ressources inhérentes et des supports essentiels pour les flux de la mondialisation, mais leur intégration est inégale.
Paradoxe : certains espaces maritimes soutiennent pleinement et bénéficient de la mondialisation, tandis que d'autres restent marginalisés ou sont confrontés à une surexploitation.
Réflexion sur la situation de la mer Méditerranée comme un microcosme de cette situation mondiale, avec ses flux intenses, ses ressources convoitées et ses défis géopolitiques et environnementaux.